Temps Ordinaire
31ème dimanche
Année A - saint Matthieu

1

Forces Armées de Guyane

3 novembre 2002

Apparences

2

Bosnie Herzégovine

30 octobre 2005

Le sens du service

3

Fort Neuf de Vincennes

30 octobre 2011

Etre remarqué

4

Athies & nesle

5 novembre 2017

Faites-le et observez-le

Malachie 1,14b-2,10
Psaume 130
Thessaloniciens 2,7b-9.13
Matthieu 23,1-12

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3 novembre 2002

Forces Armées de Guyane

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Apparences

Les personnes qui nous entourent nous font souvent le reproche d’avoir une double vie, une bien pieuse à la messe et l’autre peu chrétienne dans le quotidien. Elles en profitent pour justifier leur absence le dimanche, en précisant qu’ils ont une vie plus conforme à l’Evangile que ‘certains’ qui vont à la réunion dominicale.

La foi catholique insiste beaucoup sur le fait que l’homme est pécheur, et que s’il attendait d’être le plus parfait possible avant de s’approcher des Sacrements, il ne les recevrait que sur son lit de mort – et encore.

L’épître de saint Jacques nous invite à montrer notre foi par les œuvres (cf. Jc 2,18) mais l’Evangile nous invite aussi à la modestie et à ce que « la main gauche ignore ce que fait la main droite » (Mt 6,3) Il est vrai que les œuvres montrent la foi, mais les œuvres sont souvent secrètes et la personne que je vais juger sévèrement et de façon péremptoire parce que son attitude dans la vie courante ne correspond pas à ce que je pense de l’Evangile, est une personne qui agit dans le secret, prenant chez elle des personnes pour les alphabétiser ou les catéchiser, pensant aux personnes isolées et n’hésitant pas à les aider. Cela ne se voit pas mais est réellement dans l’esprit de l’Evangile.

L’extrait de l’évangile de Matthieu qui nous est proposé ce dimanche nous invite à suivre la loi, même si ceux qui l’enseignent ne la suivent pas eux-mêmes. Ce n’est pas parce que le prêtre ou ceux qui composent la communauté ne me plaisent pas que je ne dois pas aller à la messe. En fait, ce serait me punir moi-même : sous prétexte que je n’y trouve pas ce que je cherche, je me prive d’un don de Dieu qui me permettrait de mieux chercher ce que je peux y trouver.

Chaque Sacrement valide me donne l’Esprit Saint pour une mission particulière, la communion et l’écoute de la Parole de Dieu dans la célébration du sacrifice du Christ me donne la nourriture nécessaire pour que ma foi – et donc mes œuvres – grandisse. Ce n’est pas la sainteté des participants qui fait la validité de la messe et de la communion, c’est un don gratuit de Dieu : il se donne à moi et j’irai le refuser parce que le contexte humain ne me convient pas ! Dieu se contente bien de ce contexte humain pour s’y rendre présent sous la forme de son Corps et de son Sang et moi, je ne m’en satisferais pas ?

Plutôt que de juger tel ou tel, regardons-les avec l’œil du Christ et souvenons-nous de la phrase terrible qu’il a prononcée un jour « Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! » (Jn 8,7) cela nous ramènera à une meilleure vision de l’image de Dieu qui a été créée (cf. Gn 1,26ss)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

30 octobre 2005

Bosnie Herzégovine

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Le sens du service

« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »

Nos contemporains jugent facilement que le service est le contraire du pouvoir et de la puissance. Ils estiment que servir les autres les met en position d’infériorité et qu’il vaut mieux être le maître plutôt que le serviteur.

L’Evangile prend cette conception à contre-pied. A sa suite l’Eglise surprend le monde entier par son organisation interne composée de ministres ce qui, étymologiquement, signifie serviteurs.

Souvent, des personnes me posent la question de savoir comment je pourrais être promu, quels sont les diplômes nécessaires pour devenir évêque, cardinal ou pape ; s’il y a une campagne électorale ou des visites comme pour entrer à l’Académie Française. Ils ne voient dans l’Eglise qu’une société humaine alors qu’elle est beaucoup plus que cela.

L’Eglise choisit parmi les hommes qui se sentent appelés par Dieu à se mettre à son service et après un discernement, elle en ordonne quelques-uns uns. Certains seront diacres c’est à dire au service de la charité de l’Eglise et de la gestion de la communauté à laquelle ils seront envoyés, dans ce but, ils célèbrent habituellement les Sacrements du Baptême et du Mariage ; parmi les diacres, l’Eglise choisit des hommes pour les ordonner prêtres c’est à dire délégués par l’évêque pour réunir la communauté et présider au nom du Christ les Sacrements qui font grandir les chrétiens, c’est à dire l’Eucharistie, le Sacrement de la Réconciliation, et le Sacrement des malades. Parmi les prêtres, l’Eglise discerne ceux qui seront évêques, c’est à dire au service de la conduite et de l’enseignement de la communauté locale dont ils sont seuls responsables devant Dieu, c’est lui qui appelle les hommes dont son diocèse a besoin et les ordonne diacres ou prêtres, c’est lui aussi qui confirme par l’onction le don de Dieu qui est fait au Baptême.

Parmi les évêques, l’évêque de Rome a un service particulier : s’assurer que tous les évêques du monde professent la foi catholique, sans interférer dans la direction spirituelle de leurs diocèses. Il choisit aussi des personnes susceptibles de l’aider dans sa charge de pasteur universel de l’Eglise : ce sont les cardinaux (qui ne sont pas forcément ordonnés) Les cardinaux qui ont été ordonnés prêtres élisent le successeur en cas de décès du Pape.

Il ne s’agit donc pas d’une hiérarchie dans le sens public mais d’hommes qui assurent un service dans l’Eglise, service qui peut être changé par l’Eglise en fonction de ses besoins.

Tout chrétien se met au service de l’Eglise, à l’endroit où il se trouve quelle que soit sa situation dans le monde, il reçoit une grâce particulière pour remplir son devoir d’état en tant que chrétien. Il s’agit d’agir en conscience. La prière nous permet de remplir pleinement notre devoir de chrétien dans la société où nous nous trouvons.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Militaire Catholique en Bosnie Herzégovine

30 octobre 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Etre remarqué !

A plusieurs reprises, Jésus reproche l’ostentation des moments religieux, ceux qui se prient au croisement des chemins pour être bien vus de leurs concitoyens (cf. Matthieu 6,5-6) ; les riches qui viennent en grandes pompes déposer de leur superflu dans le trésor du Temple (cf. Luc 21) ; ceux qui corrigent les défauts de leurs frères sans voir les leurs qui sont plus importants (cf. Luc 6,41-42) A chaque fois, Jésus leur rappelle que ce n’est pas le fait d’être vu des hommes qui est important mais que ce qu’ils ont dans leur cœur soit vu de Dieu.

Rien n’a changé depuis l’époque où Jésus parcourait la Palestine, aujourd’hui encore chacun d’entre nous aime être remarqué et – d’une certaine façon – que sa piété soit admirée, quitte à en ‘rajouter’ un peu.

Cela ne signifie pas qu’il faille absolument cacher ses dévotions pour être chrétien, si c’était le cas toute évangélisation serait impossible ; mais Jésus nous invite à davantage d’objectivité en mesurant nos qualités avec la même sévérité que nous jugeons les qualités de nos frères et sœurs. Ne pas se parer de titres prestigieux s’ils ne correspondent pas à une réalité vécue :

  • Ne pas se faire appeler Père (avec une majuscule) s’identifiant ainsi au Père céleste, mais un enfant a tout à fait le droit – le devoir – d’appeler celui qui lui a donné la vie et/ou qui l’a élevé de ce nom ;
  • Ne pas se faire appeler Maître car les hommes et femmes que nous côtoyons ne sont pas nos esclaves mais des frères et sœurs à aimer et, si nous avons une responsabilité sur eux c’est un service et non un pouvoir ;
  • Ne pas se faire appeler ‘Rabbi’ (enseignants) car ce que nous transmettons avec les moyens qui nous sont donnés ne vient pas de nous mais de la révélation : « La Parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous » (Thessaloniciens 9,13)

En s’adressant à disciples, Jésus leur propose un examen de conscience sur leur vie quotidienne et sur leur façon de concrétiser la Bonne Nouvelle qu’il leur annonce.

A travers les siècles, le Fils Unique du Père s’adresse aussi à nous et nous invite à considérer notre relation aux autres.

« Vous m'appelez "Maître" et "Seigneur", et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous. » (Jean 13,13-15)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

5 novembre 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°970

Faites-le et observez-le

Cette incise tempère profondément les reproches que Jésus fait aux scribes et Pharisiens : il reconnait que, malgré les travers humains que ces personnes peuvent avoir, ils « enseignent dans la chaire de Moïse » (v. 2) Il ne faut donc pas juger leur attitude individuelle qui n’a que peu d’importance mais il est essentiel d’écouter la Parole de Dieu qu’ils délivrent et de la mettre en pratique.

Dieu a choisi de parler par des hommes. Il les appelle à la sainteté, mais il les prend tels qu’ils sont avec leur caractère, leurs défauts, leurs péchés... N’a-t-il pas demandé à Moïse d’aller parler au Pharaon bien qu’il avoue « ne jamais avoir été doué pour la parole » et avoir « la bouche lourde et la langue pesante » (Exode 4,10) ? De même pour les prophètes Isaïe issu de la famille royale (cf. Isaïe 6,1-13), Jérémie issu du milieu sacerdotal (cf. Jérémie 1,4-10), Amos simple éleveur de bœufs (cf. Amos7,12-15) Dieu lui-même leur confère une mission précise et il leur donne une nouvelle capacité : celle de parler en son Nom – mais ils n’ont pas toujours été écoutés car ils étaient jugés sur leur apparence ou leur appartenance à une caste.

Les contemporains de Jésus tombent dans le même travers : « Jean le Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” » (Luc 7,33-34) Ils voient dans ces constatations une raison de ne pas écouter ce qui leur est dit par Dieu le Fils.

Il est facile de rejeter la Parole de Dieu sous le prétexte que ceux qui l’annoncent ne sont pas saints : puisqu’ils ne font pas ce qu’ils nous demandent, pourquoi le ferai-je ? Mais s’il fallait attendre d’être parfaitement saint pour parler du Salut révélé par Jésus-Christ, il n’aurait jamais pu être annoncé ! C’est à la diversité des Apôtres que Jésus dit : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé » (Matthieu 28,19-20)

Cette harangue de Jésus nous met en garde contre une ostentation de mauvais aloi, mais il insiste sur la Parole qui est annoncée. Nous devons prendre conscience que les honneurs qui peuvent nous être réservés ne sont pas pour notre personne mais pour ce que nous représentons : l’amour du Père dans lequel nous mettons notre espérance.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies

L’âne chargé de reliques


Un baudet chargé de reliques
S'imagina qu'on l'adorait
Dans ce penser
il se carrait
Recevant comme siens l'encens et les cantiques.
Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit :
«Maître baudet, ôtez-vous de l'esprit
Une vanité si folle.

Ce n'est pas vous, c'est l'idole,
A qui cet honneur se rend,
Et que la gloire en est due »
D'un magistrat ignorant
C'est la robe qu'on salue.

(Fables de La Fontaine Livre V fable 14)


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