7ème dimanche du Temps Ordinaire

Année A - saint Matthieu

1

Fort Neuf de Vincennes

20 février 2011

Tu aimeras ton prochain comme toi-même !

2

Secteur Vermandois

23 février 2014

Vous êtes le Temple de Dieu

3

Athies & Nesle

19 février 2017

Ne pas haïr son frère dans son cœur !

Lévitique 19,1-2.17-18
Psaume 102
1 Corinthiens 3,16-23
Matthieu 3,38-48

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20 février 2011

Fort Neuf de Vincennes

n°521

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Tu aimeras ton prochain comme toi-même !

Cette phrase qui est mise habituellement dans la bouche de Jésus au cours de ses prédications est prescrite par Dieu à Moïse lors de leurs rencontres sur la montagne. Ce n’est donc pas une révolution qui est annoncée par l’Evangile mais un rappel des préceptes fondamentaux de l’enseignement donné tout au long de l’histoire du Peuple de Dieu.

Le discours de Jésus va plus loin en invitant à aimer jusqu’aux ennemis, non pas dans un esprit ‘tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil’ mais pour montrer la spécificité du chrétien. Tous les hommes aiment leurs semblables, le chrétien aime tous les hommes et par sa façon de vivre en société, il leur annonce la Bonne Nouvelle du Salut.

Mais amour n’est pas permissivité ! Le livre du Lévitique précise en même temps à ne pas hésiter pour réprimander les membres de ce peuple. Jésus demande à ce nous allions voir ceux qui pêchent pour les détourner de leur péché, seul d’abord, puis en cas d’insuccès à deux ou trois, enfin devant la communauté (cf. Matthieu 18,15-17) Aimer son prochain ne signifie pas le laisser faire ce qu’il veut : ce serait alors de l’indifférence et non pas l’amour qui nous est demandé.

La frontière entre ingérence et correction fraternelle est ténue, dans chaque cas le chrétien demande à l’Esprit Saint qu’il a reçu au Baptême et à la Confirmation la conduite à tenir pour ne pas outrepasser ce qui est juste. La parabole de la paille et de la poutre (cf. Matthieu 7,3-7) est d’une grande aide pour ne pas reprocher aux autres mes propres péchés.

Ce qui est vrai à l’échelon personnel l’est aussi pour les communautés civiles ou religieuses : l’Eglise est dans son rôle prophétique lorsqu’elle rappelle que l’Homme doit être premier dans les décisions du monde. Tout ce qui dévalorise l’humanité ou qui touche à l’intégrité de la personne doit être condamné avec force d’où que vienne cette dévalorisation. En reconnaissant les péchés de ses membres, l’Eglise montre que la perfection n’est pas encore de ce monde, mais qu’elle y aspire par les efforts de conversion qu’elle entreprend aidée par la grâce du Père.

C’est grâce au pardon que nous pouvons nous convertir, sans lui nous ne pourrions que tourner en rond dans notre péché. Le pardon est une des spécificités du christianisme : le Père pardonne aux hommes par le sacrifice de son Fils ; en nous faisant participer à ce sacrifice Il nous invite à exprimer ce pardon dans toute notre vie, en particulier envers nous-mêmes. Si nous savons accepter le pardon de Dieu avec humilité et sincérité, nous pourrons pardonner aux autres et ainsi les aimer tels qu’ils sont plutôt que de chercher à les faire entrer dans un moule qui ne pourrait leur convenir.

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ! » (Matthieu 3,48) En sachant pardonner, aux autres comme à moi-même, je serai sur la voie de la perfection.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

23 février 2014

Secteur Vermandois

n°731

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Vous êtes le Temple de Dieu

Comme la ‘Tente de la Rencontre’ que Moïse avait construite pendant l’Exode selon les ordres de Dieu, le Temple de Jérusalem est la demeure de Dieu ; il a pris possession de la première comme du second en l’envahissant par la Nuée au point que les prêtres ne pouvaient plus rester à l’intérieur de l’enceinte ni y faire de sacrifices tant elle emplissait le sanctuaire (cf. Exode 40,35 ; 1Rois 8,10) Dieu est unique dit le premier commandement (cf. Deutéronome 6,4) pour les juifs il ne peut y avoir qu’un unique Temple : celui de Jérusalem érigé à l’endroit que Dieu a choisi.

Dans ce contexte, la parole de saint Paul est extrêmement forte : il affirme qu’il existe  un temple différent alors qu’il a été formé par les meilleurs maîtres pharisiens comme il le précise lui-même : « je suis Juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j’ai été élevé dans cette ville-ci [Jérusalem], et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères » (Actes 22,3) Un temple immatériel composé de la communauté des croyants. L’Esprit Saint inspire l’ensemble de la communauté et il inspire individuellement chacun des croyants.

Le Fils est présent dans ce temple spirituel comme il l’a promis à ses disciples : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Matthieu 18,20) Cette promesse est réaffirmée après la Résurrection : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28,20) Le Temple de Jérusalem était limité dans l’espace, les sacrifices et holocaustes ne pouvaient être offerts que dans ce lieu, le temple spirituel est partout où se trouvent ceux qui appartiennent au Christ : « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. » (1Pierre 2,5)

Les paroles de Jésus Christ, Fils du Père et celles de ces deux Apôtres n’ont pas vieilli, depuis près de deux mille ans elles ont construit l’Eglise, ce nouveau temple spirituel où est constamment offert l’unique Sacrifice du Fils. Les hommes et les femmes qui composent cette Eglise sont pécheurs mais ils cherchent sincèrement Dieu, Père, Fils et Esprit dans l’Ecriture : « Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée. Il n’est pas dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? Il n’est pas de l’autre côté de la mer, pour que tu dises : Qui passera pour nous de l’autre côté de la mer et nous l’ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ? C’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » (Deutéronome 30,11-14) afin de pouvoir être « Parfaits comme votre Père céleste est parfait ! » (Matthieu 5,48) comme le Christ le demande à ses disciples

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

19 février 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°923

Ne pas haïr son frère dans son cœur !

Beaucoup de chrétiens pensent que l’apologie de l’amour ne se trouve que dans l’Evangile par les paroles que Jésus prononce : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13,34) mais aussi lorsqu’elles sont relayées par ses disciples : « Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres. » (1Jean 2,11) Ces chrétiens ne retiennent de l’Ancien Testament que la ‘loi du Talion’ : « œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. » (Exode 21,24-25)

Les dix commandements sont pourtant déjà très explicites sur le rapport entre les hommes ; seulement les trois premiers décrivent la dévotion qui est due à Dieu, les sept autres préceptes concernent l’attitude que le croyant doit avoir vis-à-vis de son semblable en demandant le respect des personnes et des biens d’autrui.

Dans le souci de bien appliquer le décalogue dans la vie courante, le livre des Lévites, écrit par la classe sacerdotale, entre dans le détail de chacun des commandements (Lévitique 19) mais il ne se contente pas de l’aspect extérieur, c’est une attitude intérieure qui est demandée. En particulier, il me demande de chasser toute haine contre mon frère dans mon cœur ! Il est – presque – facile de dissimuler le ressentiment que je peux porter à une personne, mais enlever cela de mon cœur est beaucoup plus difficile !

Dans mes prières quotidiennes avec les mots que Jésus a laissés à ses disciples, comment puis-je demander le pardon comme je pardonne aux autres sans avoir quelques scrupules parce que je sais pertinemment que je suis incapable de pardonner ‘dans mon cœur’ avec sincérité ? Serais-je hypocrite ? Mais en prononçant cette phrase avec foi, je compte sur la force de l’Esprit que le Père m’envoie pour progresser dans cette voie de l’amour du prochain. Encore faut-il être attentif aux paroles que je dis et ne pas ânonner des expressions sans en méditer le sens profond.

Cette constatation n’est ni défaitiste ni déprimante, elle nous invite à faire confiance au Père qui a envoyé Fils pour nous donner le Saint-Esprit, nous sauver du péché et de nous-mêmes comme le rappelle le disciple : « Si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. » (1Jean 3,20) Dieu connaît notre faiblesse et pour y remédier il nous offre sa force pour appliquer le principe d’aimer son prochain.

Aimer l’autre, c’est aussi ne pas le laisser s’enfermer dans l’erreur ou le péché mais le reprendre avec amour, sans haine et sans rancune. En montrant à mes frères et sœurs que Dieu les aime tels qu’ils sont mais qu’il les appelle à mieux, je renforcerai ma propre foi et je répondrai plus librement et plus spontanément à la mission que le Père me confie. Le Fils ne nous a-t-il pas dit : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Matthieu 5,48)

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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