5ème dimanche du Temps Ordinaire

Année A - saint Matthieu

1

Forces Armées de Guyane

10 février 2002

Carnaval

2

Fort Neuf de Vincennes

6 février 2011

Ce n’est pas le langage de la sagesse !

3

Secteur Vermandois

9 février 2014

Combler les désirs du malheureux

4

Athies & Nesle

5 février 2017

Le Messie crucifié

Isaïe 58,7-10
Psaume 111
1Corinthiens 2,1-5
Matthieu 5,13-16

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10 février 2002

Forces Armées de Guyane

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Carnaval

Ce week-end précède le mercredi des cendres qui marquera la fin du carnaval 2002. En regardant les recensions qui ont été montrées à la télévision, le chrétien peut penser que la société est bien loin du chemin qui mène à Dieu.

Mais en y regardant de plus près n'est-ce pas une caricature, un peu outrancière, de la vie en société, où chaque personne - pourtant à visage découvert - masque sa personnalité profonde en jouant sur les apparences ? Peu de personnes, y compris nous-mêmes, laissent voir ce qu'elles sont réellement ; le qu'en dira-t-on est une menace permanente, comme une épée de Damoclès sur nos têtes.

Si cela est vrai dans notre vie quotidienne, cela est encore plus vrai dans notre vie spirituelle et dans notre façon de vivre l'évangile devant le regard des autres. Trop souvent, nous hurlons avec les loups alors que nous devrions annoncer l'Evangile à temps et à contre-temps ; nous nous rangeons à l'opinion commune pour ne pas sembler hors du temps présent et déconnectés de la société alors que les exigences de l'Evangile nous appellent à être des éveilleurs et à construire une société plus juste, plus humaine et plus spirituelle.

Non seulement nous nous déguisons en gens normaux au lieu d'arborer fièrement notre christianisme, mais nous prenons dans les textes bibliques et dans la tradition de l'Eglise ce qui nous arrange, ce qui nous permet, en particulier, de feindre d'ignorer le grand commandement : Aimer Dieu par dessus tout et aimer son prochain comme soi-même. Or la Bible ou les textes ne l'Eglise ne sont pas un marché où nous ne prendrions que ce qui nous est utile dans l'immédiat, c'est un tout indivisible. Etre chrétien, c'est s'engager dans les pas du Christ, c'est accepter d'être mal vu comme il l'a été, d'être aussi mal compris que lui, d'être rejeter par ceux que nous aimons, d'être trahi par celui à qui nous avons fait confiance.

Le Carême, temps de conversion, va débuter cette semaine. Si nous faisions spirituellement ce que font les touloulous et tololos physiquement : rangeons nos oripeaux et oublions-les au fond d'une malle pour être nous-mêmes, pour nous ouvrir à l'Esprit Saint qui, seul, peut nous permettre d'être nous-mêmes : des hommes, des femmes, images de Dieu, debout, fiers de notre condition que le Fils de Dieu a voulu partager avec nous.

Bien sûr, au long de l'année les déguisements reviendront, mais moins chargés, moins voyants, moins opaques et de Carême en Carême, nous parviendrons à la porte où nous attend le Bon Berger.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

6 février 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Ce n’est pas le langage de la sagesse !

En développant sa pensée sur l’annonce de l’Evangile, saint Paul insiste sur le côté spirituel de cette annonce : ce ne sont pas les grands discours bien bâtis et argumentés qui convertissent mais bien la pratique de la foi et la communion avec le Rédempteur.

L’Eglise a besoin, et a eu besoin tout au long des siècles, de théologiens pour affiner la profession de foi face à de mauvaises interprétations ; les Conciles ont apporté leur pierre à cette construction dogmatique ; les diverses publications du Vatican ont également contribué à éclaircir et à fixer certains points qui pouvaient prêter à confusion.

Ce n’est pas en lisant la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin ou les arguties de saint Augustin lors de la Conférence de Carthage que nous nous sommes convertis, c’est la rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus qui nous a permis d’entrer et de progresser sur le chemin du Royaume.

Souvent, nous développons des discours qui ne peuvent pas être reçus parce que notre vie est en contradiction avec les mots que nous prononçons. C’est un appel – une fois de plus – à la conversion personnelle : c’est en vivant concrètement l’Evangile que son annonce se fera ; comme le dit saint Paul aux Corinthiens : « c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (2,5)

Jésus lui-même dit à ses disciples : « ne vous préoccupez pas de ce que vous direz, mais dites ce qui vous sera donné sur le moment: car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit Saint. » (Marc 13,11) C’est en vivant de la Parole de Dieu et par elle que nous annoncerons efficacement le message du Salut proposé à toute l’humanité.

En vivant régulièrement les Sacrements que le Seigneur a laissés entre les mains de ses Apôtres, nous recevons cet Esprit Saint qui nous a été promis ; la Grâce d’état qui nous est enseignée par l’Eglise est le don et l’engagement du Père pour nous permettre de vivre avec Lui et par Lui dans les circonstances présentes.

Aujourd’hui, comme à l’époque de saint Paul, nous passons pour fous d’être chrétiens, davantage encore si nous nous affirmons comme des personnes qui essaient de vivre selon les préceptes de l’Evangile ; cela semble tellement déraisonnable ! Pourtant, malgré l’esprit anti-chrétien qui souffle actuellement sur le monde et les persécutions manifestes ou insidieuses, il n’y a jamais eu autant de demandes de Baptême d’adultes dans les siècles récents.

« N’ayez pas peur ! » (Matthieu 17,7 & Jean 6,20) N’ayez pas peur de vous montrer fous dans ce monde qui l’est encore davantage ! Rivarol (1753-1801) disait ironiquement pour son siècle : « Avoir raison vingt quatre heures avant tout le monde, c’est passer pour fou pendant vingt quatre heures » Cela fait vingt siècles que les chrétiens passent pour fous !

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

9 février 2014

Secteur Vermandois

n°729

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Combler les désirs du malheureux

Le Seigneur inspire au prophète quelques pistes pour vivre en fidèle de Dieu : partager son pain avec l’affamé, accueillir l’isolé, vêtir le démuni. Mais il précise aussi les conditions dans lesquelles doit s’exercer ces œuvres charitables : ‘donner de bon cœur’ et ‘combler les désirs du malheureux’.

Donner de bon cœur’ signifie que le donateur accepte de se séparer totalement de ce qu’il donne, c'est-à-dire ne pas demander des comptes sur ce qui est donné : celui qui reçoit est libre de faire ce qu’il veut avec ce qu’il a reçu. Un don est un don, si la main gauche ignore ce que donne la main droite, à fortiori les autres hommes ignorent ces gestes charitables y compris ceux qui en bénéficient, seul le Seigneur doit connaître cette action (cf. Matthieu 6,3-4) Trop souvent nous désirons suivre le chemin qu’emprunte la ‘bonne action’ que nous avons faite : elle n’est pas ‘donnée de bon cœur’.

La seconde prescription, ‘combler les désirs du malheureux’ est encore plus précise que la précédente. Il ne s’agit pas de donner ce que nous voulons mais de rechercher quels sont les désirs de celui qui est secouru : ce n’est pas l’estimation du bienfaiteur qui compte mais le désir du malheureux. Jésus lui-même ne demande-t-il pas à l’aveugle qui mendiait à l’entrée de Jéricho : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Luc 18,41) lui laissant le libre choix de l’aide qu’il lui demandait en criant « Fils de David, aie pitié de moi ! » (Luc 18,39)

Ces deux indications que le Seigneur donne aux croyants sont tournées vers le même but : restaurer le malheureux dans la totalité de sa personne humaine en lui donnant les moyens d’être libre et responsable de ses décisions. Pour le chrétien cela signifie chercher à connaître l’autre – sans le juger – pour réponde au mieux à ses aspirations, c’est ainsi que nous pourrons appliquer la demande du Christ : « Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13,34)

« La charité dépasse la justice, parce que aimer c’est donner, offrir du mien à l’autre ; mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c’est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir. Je ne peux pas ‘donner’ à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Qui aime les autres avec charité est d’abord juste envers eux. Non seulement la justice n’est pas étrangère à la charité, non seulement elle n’est pas une voie alternative ou parallèle à la charité: la justice est ‘inséparable de la charité’ » (Benoît  XVI ‘Caritas in veritate’ introduction)

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

5 février 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°921

Le Messie crucifié

Saint Paul, bien qu’il ait été formé par les plus grands rabbins du judaïsme (cf. Actes 22,3) ne veut pas mettre en avant ses connaissances en matière de l’Ecriture ou de la Loi de Moïse : seul le Christ compte à ses yeux. Lors de l’évangélisation de la ville d Corinthe, il n’a pas cherché à tirer avantage de ses qualités de rhéteur pour convaincre avec une argumentation philosophique, sa prédication est une transmission de la foi : «  J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis. » (1Corinthiens 11,23)

Tout au long des deux épîtres aux Corinthiens, saint Paul souligne que la faiblesse des prédicateurs est la preuve que leurs paroles ne viennent pas d’eux-mêmes mais de la Puissance de l’Esprit Saint qui inspire les personnes et leurs discours. En cela la personnalité du porteur de la Bonne Nouvelle n’a pas d’importance : seule la délivrance du message compte.

S’adressant en premier dans les synagogues à des personnes imprégnées du judaïsme, il était pourtant difficile d’annoncer que celui qui affirme être le Messie : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. […] Alors il se mit à leur dire : ‘Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre’. » (Luc 4,18a.21), l’envoyé de Dieu, a été rejeté par ceux-là mêmes qui l’attendaient depuis des siècles. Comment croire en un Messie crucifié ?

La confiance de saint Paul dans l’inspiration que le Seigneur lui donne est une source de réconfort pour nous. Notre époque n’est pas meilleure que celle de cette lettre, au moins saint Paul s’adressait-il à des personnes connaissant l’Ancien Testament ! Notre temps est dans l’ignorance de l’Ecriture ; les prophéties ne sont plus présentes dans la pensée de nos contemporains, mais l’Esprit Saint inspire tous ceux qui désirent ardemment porter l’Evangile à la portée de tous avec les mots qui conviennent aux auditeurs.

Nous aussi, « dans la faiblesse, craintif et tout tremblant », nous nous présentons devant nos frères et sœurs ne voulant rien connaitre d’autre que « Jésus Christ, ce Messie crucifié ». La grâce qui nous est donnée d’être enfants de Dieu par le Baptême et Apôtres par la Confirmation permet à chacun d’annoncer – à sa façon et selon ses capacités – que Dieu le Fils est venu pour sauver l’humanité. Notre foi invite à la confiance, notre Dieu, Père, Fils et Esprit ne nous abandonne pas, au contraire il s’est engagé à être près de nous : « Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14,26) En laissant agir l’Esprit, nous sommes de véritables témoins et évangélisateurs de notre temps.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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