Vigile de Pâques

1

Forces Armées de Guyane

30 mars 2002

"Il vous précède en Galilée"

2

Brigade Franco-Allemande

22 mars 2008

Re-Création

3

Fort Neuf de Vincennes

23 avril 2011

La lumière

4

Secteur Vermandois

19 avril 2014

(sur)Abondance

5

Athies & Nesle

15 avril 2017

Le premier jour

Genèse 1,1-2,2 + Psaume 103
Genèse 22,1-13.15-18 + Psaume15
Exode 14,15-15,1 + Exode 15,1-17
Isaïe 54,5-14 + Psaume 2
Isaïe 55,1-11+ Isaïe 12
Baruc 3,9-15.32-4,4 + Psaume 18B)
Ezéchiel 36,16-17a.18-28 + Psaume 50
Romains 6,3-11 + Psaume 117
Matthieu 28,1-10

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30 mars 2002

Forces Armées de Guyane

n° 141

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" Il vous précède en Galilée "

Seul indice de l'ange pour les femmes, cette phrase sibylline : les Apôtres verront le Seigneur là où ils ont été appelés.

Cette réflexion pourrait sembler insuffisante pour que les Apôtres partent d'autant plus que l'attestation est donnée par des femmes dont le témoignage n'est pas recevable suivant la loi juive.

Il y a donc pour nous deux indications essentielles pour notre foi :

1. Le message du Christ ne s'adresse pas à telle ou telle catégorie de personnes, il choisit qui il veut pour délivrer la Bonne Nouvelle, des enfants, des femmes des hommes, sans distinction d'âge ou de condition. Chaque personne répond avec ce qu'elle est et elle met ses qualités propres au service de l'Evangile.

2. Le Christ nous précède, c'est à dire que pour la mission qu'il nous confie il nous prépare le chemin, nous ne devons pas avoir peur de ce qui nous est demandé puisque le Christ lui-même est devant nous et nous montre la route, voire même, il écarte les difficultés qui seraient en dehors de nos forces.

Pour partir en mission, il faut donc que nous nous rappelions de l'appel que le Seigneur nous a lancé et des circonstances qui l'ont entouré, de la joie que nous avons ressentie en l'entendant et des facilités qui nous ont été données depuis pour la mener à bien. Alors nous saurons que nous sommes apôtres nous aussi.

Dans l'évangile de saint Matthieu, la mission qui nous est confiée à travers les Apôtres est " Allez de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père du Fils et du Saint Esprit ". Le classement des propositions est important : nous devons d'abord faire des disciples, c'est à dire leur enseigner et leur montrer par notre vie qui est Jésus, le Fils Unique du Père, Dieu lui-même, venu pour offrir sa vie pour la rémission des péchés de tous les hommes et femmes, avant de les baptiser. C'est notre témoignage qui doit amener au Baptême. Mais en même temps, les sacrements de l'initiation, Baptême, Confirmation, Eucharistie sont des dons de Dieu dans lesquels il s'engage à nous donner sa force et à nous précéder en Galilée.

Puissions-nous être de tels disciples, saisis par la joie de Pâques !

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

22 mars 2008

Brigade Franco-Allemande

n° 367

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Re-Création

La liturgie de la vigile pascale nous propose un parcours – non exhaustif – de l’histoire du Salut en commençant par la semaine de la Création du monde dans le premier chapitre du livre de la Genèse. Le septième jour Dieu se reposa. Le peuple de l’Ancienne Alliance en a déduit l’origine du Sabbat.

La mise au tombeau du corps de Jésus le sixième jour est la fin de cette première création de l’être humain signifiée par la mort du Fils de l’homme. Sa résurrection, le huitième jour, est le signe d’un renouveau dans la Création, c’est un nouvel homme – nouvel Adam – qui se lève de la sépulture. Le Fils de l’homme est mort, le Fils de Dieu apparaît dans sa gloire.

Le message que l’Ange délivre aux saintes femmes est de dire aux disciples qu’Il les précède en Galilée. Jésus confirme ce message en disant non plus les disciples mais parlant de ses frères.

Cette invitation est beaucoup large qu’il ne paraît : tous les hommes sont frères du Christ, même ceux qui ne sont pas ses disciples dans le sens propre et elle s’adresse non seulement aux femmes présentes au matin de Pâques mais à tous ceux qui veulent transmettre le message d’amour et de pardon.

Aujourd’hui c’est à nous que s’adressent ces deux messages pour nous inciter à annoncer aux frères du Christ qu’Il nous précède, non pas dans une Galilée géographique mais dans le Royaume de Dieu, c’est là que nous le verrons.

Nous devons toujours garder présent dans notre esprit cette affirmation : le Christ Jésus, Fils unique du Père, nous montre le chemin qui conduit à la vision de sa gloire dans le Royaume. L’Ange qui gardait l’entrée du Paradis avec un glaive de feu (cf. Genèse 2,24) est venu rouler la pierre qui fermait le tombeau auquel le péché avait condamné l’homme et la femme.

Père JeanPaul Bouvier

23 avril 2011

Fort Neuf de Vincennes

n° 545

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La lumière

La liturgie de la Vigile Pascale commence par le feu nouveau auquel est allumé le cierge pascal millésimé qui servira pendant l’année pour les Baptêmes, mais aussi pour les célébrations d’obsèques. C’est le symbole du Christ ressuscité auquel nous sommes configurés par le Baptême et qui nous ouvre le Royaume, la mort n’est alors qu’un passage dans notre vie éternelle.

La liturgie de la Parole s’ouvre par la lecture de la Création où la Lumière est la première chose que Dieu crée : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme, et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : ‘Que la lumière soit’. Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. » (Genèse 1,1-4)

Parallèlement, le prologue de l’évangile de saint Jean reprend la Création par la lumière : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas saisie. » (Jean 1,1-5)

Jésus commençant sa vie publique cite le prophète Isaïe : « Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. Dès lors Jésus se mit à prêcher et à dire: ‘Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche.’ » (Matthieu 4,16-17 ; cf. Isaïe 8,23)

Enfin le livre de l’Apocalypse décrit le Royaume : « De nuit, il n'y en aura plus; ils se passeront de lampe ou de soleil pour s'éclairer, car le Seigneur Dieu répandra sur eux sa lumière, et ils régneront pour les siècles des siècles. » (22,5)

En allumant notre cierge au début de la Vigile au cierge Pascal, nous penserons à cette présence de Dieu auprès de nous, Il illumine notre vie, nous permet d’avancer avec confiance dans les ténèbres de ce monde et d’être les vainqueurs du mal. Le cierge baptismal qui m’a été remis ou remis à mon parrain n’est que le signe de cette lumière que je découvre dans la méditation de la Parole et dans la fréquentation des Sacrements.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

19 avril 2014

Secteur Vermandois

n° 747

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(sur)Abondance

En se fondant sur les anciennes célébrations, le Concile Vatican II a choisi de restaurer l’antique Vigile Pascale dans la nuit de samedi à dimanche complétant ainsi la simple ‘Liturgie de la Lumière’ prévue par le rite de saint Pie V.

Cette restauration comprend une place importante pour la liturgie de la Parole. Huit lectures, dont sept de l’Ancien Testament, accompagnées d’un psaume ou d’un cantique responsorial et suivies de la proclamation de l’évangile ! Cela fait beaucoup ! Trop penseront la plupart des personnes participant à cette liturgie et la plupart des paroisses se contenteront des lectures qui sont précisées comme ‘obligatoires’ et feront l’impasse sur les autres… Pourtant chacun des passages de la Parole a son importance dans le projet de Dieu

Le Premier récit de la Création (Genèse 1,1-2,4) montre l’efficacité de la Parole de Dieu : « Dieu dit… et cela fut ! » La lumière que nous célébrons avec le Feu nouveau et le Cierge Pascal, symboles du Christ ressuscité, est créée en premier et l’humanité est créée « à l’image de Dieu » en dernier « Le septième jour Dieu se reposa » comme le sommet de cette Création« Dieu vit que cela était très bon »

Le Sacrifice d’Abraham (Genèse 22,1-13.15-18) donne cette image du père qui ne refuse pas la vie de ce fils unique qui est la réalisation de la promesse de Dieu ; ce récit a toujours été considéré par les chrétiens comme une préfiguration du Sacrifice du Fils : Isaac chargé du bois pour l’holocauste est l’image de Jésus chargé de sa croix. Par sa foi en Dieu, Abraham ne refusa pas son fils ; par son amour de l’homme, le Père accepte le sacrifice du Fils.

Le passage de la mer Rouge (Exode 14,15-15,1) est le signe de la libération du Peuple de Dieu de l’esclavage en Egypte prélude à une nouvelle vie d’hommes libres ; le passage par l’eau baptismale est la réalisation de ce qui n’était donné qu’en figure : la libération du péché et l’entrée dans la Vie éternelle d’hommes ‘à l’image de Dieu’.

La première lecture d’Isaïe (54,5-14) redit la tendresse de Dieu ainsi que la permanence de son amour et de sa sollicitude pour l’Homme. L’Alliance est rappelée avec l’assurance d’une ère de paix pour tous les hommes.

La seconde lecture d’Isaïe (55,1-11) invite à chercher le Seigneur et la promesse d’une Alliance nouvelle où la Parole de Dieu sera entendue et produira du fruit : « ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat » Cette Parole est un don gratuit dont chaque homme peut se repaître à satiété.

Le prophète Baruc (3,9-15.32-4,4) annonce clairement la venue de la Sagesse parmi les hommes pour rendre la Loi complète, ce que le Christ affirme à ses disciples : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Matthieu 5,17) indiquant par cette phrase inspirée de Baruc que les temps annoncés par les prophètes sont venus, il n’y a plus à attendre.

Le prophète Ezéchiel (36,16-17a.18-28) annonce la rémission des péchés et une nouvelle création de l’humanité à laquelle il dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » L’Esprit que promet Jésus : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14,26)

Saint Paul (Romains 6,3b-11) exprime la conclusion du projet du Père pour l’homme, l’appeler à vivre l’éternité avec Lui « Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle » Le Baptême, nouvelle traversée de la mer Rouge est un passage, en adhérant à la profession de foi du Baptême nous affirmons déjà entrer dans la vie éternelle : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort » (Jean 11,25)

Tous ces textes conduisent le croyant à méditer sur la patiente pédagogie de Dieu, Père, Fils et Esprit. La Résurrection du Christ préfigure la  résurrection de toute l’humanité dans la Gloire de Dieu.

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

15 avril 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°936

Le premier jour

Jésus meurt au milieu de l’après-midi le vendredi, Joseph d’Arimathie se dépêche d’aller voir Pilate pour que le corps puisse être enseveli avant le début du Sabbat : « Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre. » (Matthieu 27,59-61)

Après avoir respecté scrupuleusement le Sabbat, ce sont ces deux femmes qui viennent au tombeau « à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine » (v.1) Le tombeau s’ouvre, il est vide ! L’ange leur annonce : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. » (v.6)

Le premier récit de la Création montre que l’homme et la femme sont créés à image de Dieu le sixième jour (cf. Genèse 1,26-31), c'est-à-dire un vendredi puisque le septième jour Dieu se repose. Il bénit ce jour, la sanctification du Sabbat (samedi) a été tirée de cette bénédiction en impliquant l’interdiction de faire le moindre ouvrage. La tradition juive montre que par la suite l’être humain n’a pas su rester en communion avec Dieu en désobéissant au seul commandement qui lui avait été donné : « L’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2,17)

Crucifié un vendredi, Jésus emporte à la Croix, avec lui, les péchés de tout homme et toute femme et en particulier cette désobéissance originelle. « L’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Romains 6,6) L’ancienne création s’achève le Vendredi Saint !

Ressuscitant le dimanche, premier jour de la Création, le Fils inaugure une re-création où l’homme n’est plus séparé du Père mais restauré dans la pleine communion. Le ‘Verbe fait chair’ a assumé jusqu’à la mort notre condition humaine, il montre par sa Résurrection que ce n’est pas une fin : il vit dans notre chair glorifiée dont la Transfiguration (cf. Matthieu 17) était une préfiguration. L’Ascension du Christ marque l’entrée de notre chair dans le Royaume et la Pentecôte nous donne dès maintenant l’Esprit qui permet le discernement ‘du bien et du mal.

« Alors le Seigneur Dieu […] insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. » (Genèse 2,7)

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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