Fête de la Sainte Trinité
année C - saint Luc

1

Lycée Militaire d'Autun

1998

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

2

Bosnie Herzégovine

4 juin 2004

Symbole (XIème Concile de Tolède - 645)

3

Brigade Franco-Allemande

3 juin 2007

La Sainte Trinité (Paul VI)

4

Fort Neuf de Vincennes

30 mai 2010

La Sainte Trinité

5

Secteur Vermandois

26 mai 2013

Symbole ?

6

22 mai 2016

1 + 1 + 1 = 1 = 3

Proverbes 8,22-31
Psaume 8
Romains 5,1-5
Jean 16,12-15

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7 juin 1998

Lycée Militaire d'Autun

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Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Cette formule, souvent utilisée dans nos célébrations, est une véritable profession de foi ; c'est même celle que nous a donné Jésus Christ lui-même lorsqu'il dit à ses disciples : " Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. " (Mt 2,19).

De même, le jour de la Pentecôte, le discours que Pierre adresse à le foule venue en pèlerinage annonce le même mystère : " Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il [Jésus] a reçu du Père l'Esprit Saint, objet de la promesse et il l'a répandu. " (Ac 2,33)

De même, saint Paul utilise des formules trinitaires dans ses salutations lorsqu'il écrit aux églises, dont la phrase reprise par les catholiques au début et par les protestants à la fin de leurs célébrations : " La grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous ! " (2Co 13,13).

La question se pose donc de savoir si, nous aussi, nous utilisons de telles formulations lorsque nous nous adressons à d'autres chrétiens. Nous sommes peut-être trop timorés pour cela ! Mais qui pense que l'apostrophe " Salut ", qui est populaire, est en fait un souhait pour que l'interlocuteur soit conscient du Salut qui lui est offert par la mort et la résurrection du Christ ; ou bien lorsque nous faisons des " adieux ", nous nous donnons rendez-vous pour le jour de la Résurrection ?

Ces expressions et mots, utilisés si souvent, ont perdu le sens que le christianisme leur donnait . C'est de notre responsabilité de chrétien baptisé et confirmé de savoir inventer de nouvelles expressions qui ne soient pas édulcorées de leur sens mais qui, au contraire, seront un signe, un témoignage manifeste de notre appartenance au Christ.

Nous avons là un exemple de tradition vivante : si nous continuons à utiliser des termes dénués de sens, notre foi se videra également de sa substance. Il faut sans doute réapprendre à faire confiance au Christ lorsqu'il intercède après du Père pour nous donner l'Esprit.

" Au demeurant, frères, soyez joyeux, affermissez-vous ; exhortez-vous. Ayez même sentiment, vivez en paix, et le Dieu de la charité et de la paix sera avec vous. " (2Co 13,1)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Lycée Militaire d'Autun


4 juin 2004

Bosnie Herzégovine

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La Trinité divine
Symbole du XIème Concile de Tolède -7 novembre 675

Ce concile provincial ne réunit que dix-sept évêques. Lors de son ouverture, le métropolitain Quiricius proposa un symbole de foi qui fut adopté peu après et qui garde pour nous son importance. On y trouve les pensées les plus profondes et les formules les plus dures sur les deux principaux mystères du christianisme, la Trinité et 1'Incarnation. il s'agit en fait d'emprunts aux décisions dogmatiques antérieures, surtout celles du Vème concile de Tolède de 638 ; aux symboles, de foi, surtout celui dit d'Athanase; et aux ouvrages des grands docteurs de l'Eglise, Ambroise de Milan (v. 340-397) Hilaire de Poitiers (v. 315-367/368), Fulgence de Ruspe (467-532), et particulièrement Augustin (354-430) La haute considération dont a joui ce symbole dans la suite des temps en a fait un document dogmatique très important. Il n'a été approuvé expressément ni par un concile œcuménique, ni par un pape, mais la plupart de ses affirmations sont de foi.

Nous confessons et nous croyons que la sainte et ineffable Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, est un seul Dieu par nature, d'une seule substance, d'une seule nature, ainsi que d'une seule majesté et puissance.

Nous professons que le Père n'est ni engendré ni créé, mais qu'il est inengendré. Il ne tire son origine de personne ; de lui le Fils reçoit sa naissance et le Saint Esprit sa procession. Il est donc lui-même source et origine de toute la divinité. Il est aussi le Père de sa propre essence et, de son ineffable substance, il a engendré ineffablement le Fils ; et cependant il n'a pas engendré autre chose que ce qu'il est lui-même Dieu [a engendré] Dieu, la lumière, la lumière. De lui est donc ((toute paternité au ciel et sur la terre " [Ep 3, 15]

Nous affirmons aussi que le Fils est né de la substance du Père sans avoir eu de commencement, avant les siècles, et cependant il n'a pas été fait car ni le Père n'a jamais existé sans le Fils, ni le Fils jamais sans le Père. Et cependant, le Père n'est pas du Fils comme le Fils du Père, parce que le Père n'a pas reçu du Fils la génération, mais le Fils l'a reçue du Père. Le Fils est donc Dieu issu du Père, mais le Père n'est pas Dieu issu du Fils. Père du Fils, il n'est pas Dieu par le Fils. Celui-ci est Fils du Père et Dieu par le Père. Le Fils est cependant égal en toutes choses à Dieu, le Père, parce qu'il n'a jamais ni commencé ni cessé de naître. Nous croyons aussi qu'il a une seule substance avec le Père. C'est pourquoi on dit qu'il est homoousios au Père, c'est-à-dire de même substance que le Père ; en grec en effet homo signifie un, et ousia substance ; les deux mots joints font "une substance ". On doit croire que le Fils a été engendré et qu'il est né non de rien ni d'une autre substance, mais du sein du Père, c'est-à-dire de la même substance. Eternel est donc le Père, éternel est le Fils. Si le Père a toujours été, il a toujours eu un Fils, dont il était le Père c'est pourquoi nous confessons que le Fils est né du Père sans commencement. Ce même Fils de Dieu, de ce qu'il a été engendré du Père, nous ne l'appelons pas une partie de Sa nature divisée, mais nous affirmons que le Père parfait a engendré son Fils parfait sans diminution ni division, parce qu'il appartient à la divinité seule de n'avoir pas un Fils inégal. Ce Fils est Fils de Dieu par nature, non par adoption. Nous devons croire que le Père ne l'a engendré ni par volonté ni par nécessité, car en Dieu aucune nécessité n'existe et la volonté ne précède pas la sagesse.

Nous croyons aussi que l'Esprit Saint, qui est la troisième Personne dans la Trinité, est Dieu, un et égal au Père et au Fils, de même substance et aussi de même nature. Il n'est cependant ni engendré ni créé, mais il procède de l'un et de l'autre, il est l'Esprit de tous deux. Nous croyons aussi que l'Esprit n'est ni inengendré, ni engendré. Si nous le disions inengendré, nous affirmerions deux Pères. Si nous le disions engendré, nous semblerions prêcher deux Fils. Cependant, on ne dit pas qu'il est seulement l'Esprit du Père, mais à la fois l'Esprit du Père et du Fils. Il ne procède pas du Père vers le Fils ni ne procède du Fils pour sanctifier les créatures, mais il apparaît bien comme ayant procédé à la fois de l'un et de l'autre, parce qu'il est reconnu comme la charité ou la sainteté de tous les deux. Nous croyons donc que le Saint Esprit est envoyé par les deux, comme le Fils l'est par le Père. Il n'est pas considéré comme moindre que te Père et le Fils, à la manière dont le Fils atteste qu'il est moindre que le Père et l'Esprit Saint à cause de la chair qu'il a prise.

Voici comment parler de la sainte Trinité : on doit dire et croire qu'elle n'est pas triple, mais trine. On ne peut dire justement que la Trinité soit en un seul Dieu, mais qu'un seul Dieu est Trinité. Dans les noms des Personnes, qui expriment les relations, le Père est référé au Fils, le Fils au Père, le Saint Esprit aux deux. Quand on parle des trois Personnes en considérant les relations, on croit cependant en une nature ou substance.

Nous n'affirmons pas trois substances comme nous affirmons trois Personnes, mais une substance et trois Personnes. En effet, le Père est Père, non par rapport à lui-même, mais par rapport au Fils. Le Fils est Fils, non par rapport à lui-même, mais par rapport au Père. De même, le Saint Esprit ne se réfère pas à lui-même, mais au Père et au Fils, parce qu'il est appelé l'Esprit du Père et du Fils. De même, quand nous disons Dieu, nous n'exprimons pas une relation à un autre, comme celle du Père au Fils ou du Fils au Père ou du Saint Esprit au Père et au Fils. Dieu n'est référé qu'à lui-même.

Si on nous interroge sur chacune des Personnes, nous devons confesser qu'elle est Dieu. On dit que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, que le Saint Esprit est Dieu, chacun en particulier ; cependant, ce ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu. De même, on dit que le Père est tout-puissant, que le Fils est tout-puissant, que le Saint Esprit est tout-puissant ; cependant ce ne sont pas trois tout-puissants, mais un seul Tout-puissant, comme nous professons une lumière et un principe. Nous confessons et nous croyons que chaque Personne en particulier est pleinement Dieu et que toutes trois sont un seul Dieu. Elles ont une divinité, une majesté, une puissance unique, indivisée, égale, qui ne diminue pas en chacun et qui n'augmente pas dans les trois. Elle n'est pas moindre quand chaque Personne est appelée Dieu en particulier ; elle n'est pas plus grande quand les trois Personnes sont appelées un seul Dieu.

Cette sainte Trinité, qui est un seul vrai Dieu, n'est pas hors du nombre mais elle n'est pas enfermée dans le nombre. Dans les relations des Personnes, le nombre apparaît ; dans la substance de la divinité, on ne peut saisir ce qui est objet de nombre. Il y a donc indication de nombre uniquement dans les rapports qu'elles ont entre elles, mais il n'y a pas pour elles de nombre, en tant qu'elles sont elles-mêmes. Il faut un nom de nature à cette sainte Trinité, tel qu'il ne puisse être utilisé au pluriel dans les trois Personnes. Pour cela nous croyons ce que l'Ecriture dit : " Grand est notre Seigneur et grande est sa puissance, et sa sagesse n'a pas de nombre " (Ps 146, 51) Ce n'est pas parce que nous disons que ces trois Personnes sont un seul Dieu, que le Père est le même que le Fils ou que le Fils est le Père, ou que nous pouvons dire que celui qui est le Saint Esprit est le Père ou le Fils. Celui qui est le Fils n'est pas le Père, et celui qui est le Père n'est pas le Fils, ni le Saint Esprit n'est celui qui est le Père ou le Fils. Cependant, le Père est cela même qu'est le Fils, le Fils cela même qu'est le Père, le Père et le Fils cela même qu'est le Saint Esprit, c'est-à-dire un seul Dieu par nature. Quand nous disons que le Père n'est pas celui-là même qui est le Fils, nous nous référons à la distinction des Personnes. Mais quand nous disons que le Père est cela même qu'est le Fils, le Fils cela même qu'est le Père, le Saint Esprit cela même qu'est le Père et le Fils, nous exprimons que cela appartient à la nature ou à la substance par laquelle Dieu est, parce qu'ils sont substantiellement un. Nous distinguons les Personnes, mais nous ne divisons pas la divinité.

Nous reconnaissons donc la Trinité dans la distinction des Personnes. Nous professons l'unité à cause de la nature ou substance. Ces trois sont donc un comme nature, non comme Personne. Cependant il ne faut pas concevoir ces trois Personnes comme séparables, puisque nous croyons qu'aucune n'a jamais existé, n'a jamais accompli quelque œuvre ni avant l'autre ni après l'autre ni sans l'autre. Elles sont inséparables en ce qu'elles sont et en ce qu'elles font. Entre le Père qui engendre, le Fils qui est engendré et l'Esprit Saint qui procède, nous ne croyons pas qu'il y ait eu quelque intervalle de temps par lequel celui qui engendre aurait précédé un moment l'engendré, ou l'engendré aurait manqué à celui qui engendre, ou le Saint Esprit, en procédant, serait apparu comme venant après le Père et le Fils. C'est pourquoi nous déclarons et croyons cette Trinité inséparable et distincte. Nous parlons de trois Personnes, selon ce qu'ont défini nos pères, pour qu'elles soient connues comme tel les, non pour qu'elles soient séparées. Car si nous considérons ce que la sainte Ecriture dit de la Sagesse : " Elle est la splendeur de la lumière éternelle " (Sg 7, 26), de même que nous voyons la splendeur ne faire qu'un avec la lumière inséparablement, de même nous confessons que le Fils ne peut être séparé du Père. Comme nous ne confondons pas ces trois Personnes, dont la nature est une et inséparable, aussi nous déclarons qu'elles ne sont absolument pas séparables. Car la Trinité elle-même a daigné nous montrer cela si clairement que, même dans les noms dont elle a voulu que chaque Personne fût désignée, elle n'a pas permis qu'on comprenne l'une sans l'autre : le Père en effet ne peut être connu sans le Fils et le Fils n'est pas découvert sans le Père. La relation elle-même, dans sa dénomination personnelle, empêche de séparer les Personnes et, quand elle ne les nomme pas ensemble, elle les indique ensemble. Personne ne peut entendre l'un de ces noms qu'il ne soit forcé de comprendre aussi l'autre. Ces trois étant donc un et cet un étant trois, chaque Personne garde cependant sa propriété. Le Père a l'éternité sans naissance. Le Fils, l'éternité avec la naissance. Le Saint Esprit, la procession sans naissance, avec l'éternité.


3 juin 2007

Brigade Franco-Allemande

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La Trinité

8. Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, créateur des choses visibles - comme le monde où s'écoule notre vie passagère - et des choses invisibles - comme les purs esprits qu'on nomme aussi les anges -, et aussi créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

9. Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-Puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. "Il est celui qui est", comme il l'a révélé à Moïse (Ex 3,14) ; et il est "Amour", comme l'Apôtre Jean nous l'enseigne (1jn 4,8) : en sorte que ces deux noms, Etre et Amour, exprime ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, "habitant une lumière inaccessible" (1Tm 6,16), est en lui-même au-dessus de tout nom, de toute chose et de toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Saint Esprit, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l'obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l'éternelle vie. Les liens mutuels constituant éternellement les trois Personnes, qui sont chacune le seul et même être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois Saint, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine (Dei Filius ch.4 Concile Vatican I, 14 avril 1870). Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l'unité de Dieu, bien qu'ils ne connaissent pas le mystère de la très sainte Trinité.

10. Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint Esprit, Personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois Personnes divines, "également éternelles et semblablement égales" (symbole d'Athanase vers 450), surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l'être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours "on doit vénérer l'unité dans la Trinité et la Trinité dans l'unité

Paul VI (Iovanni-Battista Montini 1897-1978) pape de 1963 à 1978
Profession de foi Catholique
30 juin 1968


30 mai 2010

Fort Neuf de Vincennes

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La Sainte Trinité

Lorsque des chrétiens se réunissent pour prier Dieu, cela commence toujours par le symbole chrétien par excellence : le signe de la Croix accompagné des paroles « Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. » Malheureusement ce geste est souvent fait de façon automatique, plus ou moins consciente, à la va-vite quelquefois à peine esquissé.

Pourtant lorsque nous faisons ce geste et disons ces paroles, nous faisons une réelle profession de foi en soulignant l’égalité des trois Personnes de la Trinité comme la Tradition de l’Eglise l’a toujours affirmé. Egalité n’est pas identité ni même similitude. La paternité, l’incarnation ou la spiritualité ne sont pas des attributs de Dieu mais réellement des Personnes distinctes.

Le quatrième Concile du Latran (12ème œcuménique 11-30 novembre 1215) répond aux doctrines hérétiques en publiant une profession de foi dès le début de ses travaux : « Nous croyons fermement et nous affirmons simplement qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu, éternel, immense et immuable, incompréhensible, tout-puissant et ineffable, Père et Fils et Saint Esprit ; trois Personnes, mais une essence, une substance ou nature absolument simple ; le Père ne vient de personne, le Fils vient du Père seul, et le Saint Esprit également de l'un et de l'autre. Sans commencement, toujours et sans fin, le Père engendre, le Fils naît et le Saint Esprit procède. Ils sont consubstantiels, semblablement égaux, également tout-puissants, également éternels. » Depuis le début de l’évangélisation, l’Eglise ne cesse d’affirmer ce principe essentiel ; le quatrième Concile du Latran ne fait que rappeler en les développant les implications du dogme catholique.

Rien de changé au XXIème siècle. Même parmi les fidèles les plus pratiquants, le Père est perçu comme Dieu, le Fils et le Saint Esprit sont envisagés comme des compléments de Dieu. Preuve en est lorsque nous récitons le Credo, nous disons d’une traite : « Je crois en Dieu le Père tout-Puissant » alors qu’il y a une séparation : « Je crois en Dieu » ce qui est l’introduction développée ensuite : « [Je crois au] Père tout-Puissant… [Je crois à] son Fils Unique… Je crois en l’Esprit Saint… »

La fête célébrée le dimanche après la Pentecôte permet de mieux concevoir ce grand mystère : la glorification du Fils dans la Résurrection de Pâques entraîne à la glorification de l’Esprit dans le don de la Pentecôte et conduit à la glorification du Père dans l’éternité. Cette glorification ne dure pas seulement le temps d’une messe dominicale, pensons-y lorsque nous traçons le signe de la croix, faisons-le ample et respectueusement.

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes


26 mai 2013

Secteur Vermandois

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Symbole ?

L’origine grecque de ce mot signifie ‘mettre ensemble’, il est logique que les chrétiens aient utilisé ce terme pour ‘mettre ensemble’ les différents éléments qui sont nécessaires pour exprimer la foi chrétienne..

Ces deux symboles professés par tous les chrétiens commencent par l’affirmation centrale de toute foi : « Je crois en Dieu ! » # « Je crois en un seul Dieu ! » Cette affirmation est extraite du livre du Deutéronome : « Écoute, Israël: Le Seigneur notre Dieu est le seul Dieu ! » (6,4) et Jésus la donne comme unique commandement dans son enseignement  : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et à lui seul tu rendras un culte. » (Luc 4,8)

Cet axiome de base étant posé, les deux symboles vont définir la foi due aux trois Personnes de la Sainte Trinité : le Père qui a créé toute chose, le Fils qui s’est incarné pour le Salut de l’humanité et l’Esprit Saint qui anime l’Eglise et les croyants. Les hérésies des premiers siècles ont obligé les Conciles de Nicée (325) et de Constantinople (341) à préciser dans le symbole qu’ils définissent tels ou tels points qui ne semblaient pas être suffisamment développés dans le ‘symbole des Apôtres

La complexité de l’affirmation chrétienne d’un seul Dieu en trois Personnes distinctes a entraîné des spéculations théologiques depuis la fondation de l’Eglise au jour de la Pentecôte jusqu’à aujourd’hui ; chaque théorie a été analysée par les évêques de toute l’Eglise et celle-ci y a répondu – positivement ou négativement – en général par la convocation de Conciles Œcuméniques et plus rarement par une déclaration venant du Souverain Pontife après avoir consulté des théologiens compétents et reconnus.

Depuis le symbole des Apôtres (connu d’Ignace d’Antioche au début IIème siècle) l’Eglise n’a cessé de peaufiner sa compréhension du mystère de la Sainte Trinité s’appuyant avant tout sur l’Ecriture et l’enseignement de Jésus-Christ mais aussi sur la tradition et les conclusions des Conciles.

« Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint Esprit, Personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois Personnes divines, "également éternelles et semblablement égales" (symbole d'Athanase vers 450), surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l'être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours "on doit vénérer l'unité dans la Trinité et la Trinité dans l'unité. » (profession de foi de Paul VI - 30 juin 1968)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois


22 mai 2016

Secteur Vermandois

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n°875


Ces trois Personnes sont un seul Dieu et non trois dieux. Les trois ont une substance, une essence, une nature, une divinité, une immensité, une éternité, et tout est un [en eux], là où l'opposition constituée par les relations le permet. A cause de cette unité, le Père est tout entier dans le Fils, tout entier dans le Saint Esprit ; le Fils est tout entier dans le Père, tout entier dans le Saint Esprit ; le Saint Esprit tout entier dans le Père, tout entier dans le Fils. Aucun ne précède l'autre en éternité, ne dépasse l'autre en grandeur, ne surpasse l'autre en puissance. De toute éternité et sans commencement, le Fils a son origine du Père ; de toute éternité et sans commencement, le Saint Esprit procède du Père et du Fils » (Bulle "Cantate Domino" d'Eugène IV – 4 février 1442)

1 + 1 + 1 = 1 = 3

Posée ainsi, la foi chrétienne paraît impossible et irrationnelle. Mais Dieu n’est pas une équation mathématique. La pédagogie de Dieu nous révèle dès l’Ancien Testament que Dieu est Trinité : « le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. » (Les mots souffle et esprit sont identiques en hébreu) le IVème évangéliste parlant du Verbe dit « le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. » (Jean 1,1-3) « Trois hommes étaient debout près d’Abraham » (Genèse 18,2) mais il s’adresse à eux par le mot « Seigneur » (Genèse 18,3) au singulier.

Il nous faut rectifier l’équation sèche des nombres et avoir le regard de la foi : le Père, le Fils et l’Esprit sont un seul Dieu en trois personnes distinctes unies dans une parfaite communion qui n’est pas confusion. Une difficulté vient du fait que dans le langage courant le mot ‘Dieu’ désigne fréquemment le Père. Même dans la proclamation de la foi, nous lions « Je crois en Dieu le Père tout Puissant » alors qu’il faudrait les détacher : « Je crois en Dieu » et affirmer les paragraphes : « 1. Dieu le Père tout Puissant ; 2. Dieu le Fils ; 3. Dieu le Saint Esprit. » Le pape Paul VI commençait ainsi sa profession de foi : « Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, créateur des choses visibles […] et des choses invisibles […], et aussi créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle » (30 juin 1968)

Une erreur profonde qui pourtant est fréquente serait de dire que le Dieu est Père lorsqu’il crée, qu’il est Fils lorsqu’il s’incarne et qu’il est Esprit lors il suscite les prophètes et les saints. Ce serait réduire la Sainte Trinité à une espèce de ‘Fregoli’ divin qui changerait de costume en fonction de son activité. La foi catholique affirme trois Personnes distinctes dans la communion d’une même ‘substance’ divine.

Le Père, le Fils et l’Esprit sont également coéternels, existant dans la même Gloire ‘avant la fondation du monde’ (cf. Jean 17,24) le Fils est engendré non pas créé, l’Esprit procède du Père et/par le Fils (cf. symbole de Nicée Constantinople) reprenant la condamnation faite par l’évêque de Salamine, Epiphane (†403) : « Pour ceux qui disent qu'il fut un temps où le Fils ou le Saint Esprit n'étaient pas, ou qu'ils ont été créés du néant, ou qu'ils sont d'une autre substance ou d'une autre essence ; ou ceux qui déclarent que le Fils de Dieu ou le Saint Esprit sont soumis au changement ou à l'altération, ceux-là, l'Eglise catholique et apostolique, notre mère et la vôtre, les anathématise. »

Ces méditations sur Dieu, Père, Fils et Esprit nous interrogent sur notre propre conception de ce mystère. Faisons confiance à la Foi de l’Eglise.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies


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