3ème dimanche de Pâques
Année "A"

1

Forces Armées de Guyane

13 avril 2002

Emmaüs

2

Garnison d'Angers

10 avril 2005

Esprits lents à comprendre

3

Brigade Franco-Allemande

6 avril 2008

Reste avec nous

4

Fort Neuf de Vincennes

8 mai 2011

Aussitôt

 

voir aussi le soir du jour de Pâques 2012 : Modèle de la messe

5

Secteur Vermandois

4 mai 2014

Ils le reconnurent

6

Athies & Nesle

30 mars 2017

La fraction du pain

Actes 2,14.22-33
Psaume 15
1Pierre 1,17-21
Luc 24,13-35

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13 avril 2002

Forces Armées de Guyane

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Emmaüs

Je ne sais pas ce qui est le plus remarquable dans ce texte,

  • la désespérance des compagnons qui quittent Jérusalem, sûrs d'avoir perdu leur temps en suivant cet homme qu'ils croyaient être le Messie, déçus qu'il n'ait pas rétabli le royaume de David ;
  • le fait qu'ils ne reconnaissent pas celui dans lequel ils avaient placé leurs espoirs alors qu'ils ont vécu avec lui tous les jours pendant un certain temps ;
  • la patience de Jésus qui leur explique dans toutes les Ecritures qu'il fallait qu'il souffrît et mourût ;
  • l'insistance intriguée avec laquelle ils veulent retenir cet homme qui parlait si bien alors qu'il feignait d'être ignorant des événements ;
  • l'ouverture de leurs yeux et de leur cœur au moment du partage du pain et la disparition de Jésus ;
  • leur retour précipité à Jérusalem pour prévenir les Apôtres.

Je crois que c'est ce dernier point qui fascine le plus. Ces deux hommes avaient quitté Jérusalem alors que des femmes avaient témoigné de la résurrection révélée par un ange, sans curiosité vis à vis de cette déclaration. Cela est déjà surprenant ! N'auraient-ils pas dû rester pour en savoir davantage ? Sans doute leur désespoir était-il plus grand que la confiance qu'ils accordaient à des racontars de bonne femme éplorées. Mais qu'ils décident de retourner, immédiatement, de nuit, à Jérusalem, après avoir marché toute la journée pour prévenir ceux qui se cachaient par peur des juifs est tout à fait exceptionnel.

Pourtant l'annonce de la Bonne Nouvelle n'attend pas ! Ce besoin d'aller annoncer que le Seigneur est ressuscité est impérieux ; ils ne pouvaient pas prendre le temps de dormir.

Toute cette progression sur le chemin d'Emmaüs est également la nôtre lors de notre participation à la messe : nous venons avec la faiblesse de notre vie demander au Seigneur prends pitié de nous, bien que nous ne l'ayons pas reconnu dans les signes qu'il nous adresse quotidiennement ; puis nous écoutons sa Parole et l'explication qu'il nous en donne pour aujourd'hui ; nous le reconnaissons dans le pain et le vin devenus son Corps et son Sang ; enfin nous sommes envoyés en mission auprès de nos frères qu'ils connaissent ou pas.

Rien n'a changé, chacun d'entre nous est toujours sur la route d'Emmaüs soit à l'aller, seul désemparé, ou bien déjà réconforté par Jésus, soit au retour, fiers et impatients d'aller porter la Bonne Nouvelle.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

10 avril 2005

Garnison d'Angers

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Esprits lents à comprendre

Lorsqu’il s’adresse aux pèlerins d’Emmaüs, le Christ ressuscité leur reproche de ne pas avoir compris à partir des Ecritures qu’il fallait qu’il souffrît. La lecture messianique des textes de la Bible, à l’époque de Jésus, envisageait un roi comme David qui rétablirait le Grand Israël comme royaume autonome en rejetant toute occupation étrangère. Les psaumes et les chants du serviteur souffrant du prophète Isaïe étaient lus comme les avanies que subissait le peuple de Dieu depuis deux ou trois siècles avec des occupations successives par différents peuples. Les scribes et les rabbis y voyaient davantage la prédication de la profanation du Temple à la période des frères Maccabées (voir les livres des Martyrs d’Israël) que s’appliquant à un seul homme.

Les disciples du Christ n’ont pas pu comprendre que ces messages faisait allusion à Jésus. Le titre de fils de l’homme que Jésus se donnait dans ses paraboles et ses discours évoque une venue dans la gloire et non dans une condamnation d’émeutier entraînant l’infamie d’une mort sur la croix.

Mais nous sommes vingt siècles après les événements ; nous n’avons pas l’excuse d’une interprétation limitée des textes sacrés, depuis deux mille ans des commentaires, des méditations, des homélies ont développé cet aspect de la mission du Christ.

Pourtant, comme les compagnons d’Emmaüs, nous aimerions ne retenir que le côté glorieux et nous sommes quelquefois déçus que le Christ ne se manifeste pas dans sa gloire dès aujourd’hui. L’Ecriture nous donne les clefs de l’action à mener. Ne nous contentons pas d’une explication habituelle et scolastique, dans notre méditation de la Parole de Dieu, laissons-nous saisir par le Christ qui nous expliquera l’interprétation à en donner pour notre temps.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier de la Garnison d’Angers et du groupement de gendarmerie du Maine & Loire
Adjoint temporaire de l’aumônier des FAG Le père Gaétan Favriaux

6 avril 2008

Brigade Franco-Allemande

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Reste avec nous !

Les deux compagnons qui marchent vers Emmaüs sont si troublés par l’enseignement de l’inconnu qui les accompagne qu’ils cherchent n’importe quel prétexte pour qu’il continue à leur parler. Cette scène n’est pas sans évoquer la réflexion de Pierre lors de la Transfiguration « Construisons trois tentes ! » (cf. Matthieu 17,4 et pp) Lors d’une rencontre intense avec le Fils Unique du Père, il est impensable de s’en séparer !

Mais cette rencontre a une seconde conséquence ; les deux compagnons rebroussent chemin, pourtant ils avaient précisé que la nuit tombait avant le repas pris avec le Christ. C’est donc de nuit qu’ils retournent à Jérusalem malgré la prévention qu’ont les juifs de cette époque contre l’obscurité : « A l’instant même » précise saint Luc ; le message ne peut attendre, ils ont vu le Ressuscité !

La leçon elle aussi est double puisque la rencontre de ces deux personnes avec le Christ est relatée comme un modèle pour les croyants

  • D’une part ce passage nous montre que l’étude et surtout l’écoute de la Parole de Dieu contenue dans les Ecritures emplissent le cœur de l’homme et lui procurent un bonheur et un accomplissement ineffables.
  • D’autre part les compagnons ne vont pas directement évangéliser autour d’eux, avant toute chose, ils vont en référer aux Apôtres qui vont les conforter en disant qu’à eux aussi le Seigneur est apparu. Ainsi ils évoquent le chemin que doit prendre tout chrétien lorsqu’il se sent investi d’une mission, il doit d’abord en soumettre la véracité à l’Eglise ; un chrétien ne se donne pas sa mission, il la reçoit du Christ à travers l’Eglise.

Cette approche permet donc un discernement sur la mission que le Seigneur me confie : je ne suis pas seul à croire en ma révélation, toute l’Eglise s’engage avec moi dans cette démarche et m’appuie dans la voie l’évangélisation qui m’a été donnée.

Je rencontre le Christ Ressuscité dans chaque messe, dans chaque rencontre, dans chaque prière ; il ne reste plus qu’à se mettre en route, même si apparemment il fait nuit, la Lumière née de la Lumière me guidera.

Père JeanPaul Bouvier

8 mai 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Aussitôt

Les compagnons d’Emmaüs, stupéfaits de ce qu’ils avaient vu et entendu, ayant reconnu Jésus à la fraction du pain, reprennent la route immédiatement et retournent à Jérusalem pour annoncer leur rencontre avec le Ressuscité aux disciples.

Rien ne les effraye, ni la nuit éclairée par la pleine lune, ni la fatigue bien qu’ils aient déjà marché toute la journée, ni la distance jusqu’à Jérusalem ; la Nouvelle est si importante qu’elle ne souffre aucun délai. Arrivés au Cénacle, après leur récit, ils apprennent que Jésus est aussi apparu à quelques Apôtres.

Quelle leçon pour nous, chrétiens vivant dans le XXIème siècle ! Nous aussi nous constatons l’apparition de Jésus dans la fraction du pain à laquelle nous participons tous les dimanches – au moins. Avons-nous la même urgence d’annoncer à nos frères que nous l’avons vu ?

Pourtant la messe a le même schéma que ce passage d’évangile :

  • Comme les compagnons d’Emmaüs déçus de la tournure des évènements, nous venons à l’église chargés de nos soucis de la semaine, quelquefois découragés par les aléas de la vie et ‘quelqu’un’ nous rejoint, là où nous en sommes et fait route avec nous ;
  • Les lectures qui suivent nous apprennent que le Messie devait souffrir, que le projet de Dieu est de toute éternité : dès avant la Création dit saint Pierre dans sa lettre, Il voulait que l’homme soit en communion avec Lui ;
  • La fraction du pain eucharistié nous permet de reconnaître le Christ offrant en sacrifice son Corps et son Sang dans le Cénacle la veille de sa crucifixion en présence de ses disciples en leur demandant explicitement : ‘Faites ceci en mémoire de moi’ ;
  • L’‘Ite missa est’, traduit en français par ‘Allez dans la paix du Christ’ ne signifie pas que nous sommes tranquilles pour une semaine mais que la mission existe, la paix du Christ n’est pas un dépôt immobile mais un don à partager avec tous les autres.

Ainsi chaque fois que nous participons à la messe, nous sommes comme ces deux hommes qui partaient, désespérés, de Jérusalem vers Emmaüs le Christ nous montre qu’il est avec nous quelles que soient les circonstances de notre vie.

Nous devons comme eux ‘aussitôt’ nous mettre en chemin pour annoncer le Christ Vivant, Ressuscité !

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

4 mai 2014

Secteur Vermandois

n° 750

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Ils le reconnurent

Ce récit est beaucoup plus qu’une simple anecdote arrivant à deux disciples, c’est une véritable catéchèse de la messe avec ses quatre temps : accueil, écoute et explication de la Parole, partage eucharistique et envoi.

La rencontre. Le manque de foi de ces deux hommes est leur péché, ils n’ont pas cru à l’accomplissement de la prédication du Maître, ils n’ont pas cru au témoignage des femmes qui affirment avoir vu Jésus vivant, ils n’ont même pas cherché à le vérifier. Ils quittent Jérusalem déçus dans leur espérance et craignant des représailles de la part des Juifs.

Le partage de la Parole. Juifs eux-mêmes, ces deux hommes connaissent bien la Parole Dieu et les citations de Moïse et des prophètes qu’utilise Jésus leur sont familières. Avançant sur la route, ils commencent à percevoir où l’Ecriture les amène lorsqu’elle est expliquée par Celui qui est « Le Chemin, La Vérité et la Vie » (cf. Jean 14,6)

L’action de grâce. Subjugués par la relecture des Ecritures que leur propose cet inconnu, ils deux compagnons insistent pour qu’il reste avec eux. La tentation de garder pour soi un état de grâce est fréquente dans les récits évangéliques ; ainsi Pierre voulait garder Moïse, Elie et Jésus lors de la Transfiguration (cf. Marc 9,2-8) Mais Jésus ne leur explique plus l’Ecriture, il leur en montre l’accomplissement : « il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. » (Luc 24,30) La disparition de Jésus au moment précis où il bénit et fractionne le pain est aussi une explication pour les compagnons qui le reconnaissent dans le pain béni et rompu : les yeux ouverts par la méditation de la Parole de Dieu, ils voient la présence du Christ dans son Corps sous l’apparence du pain.

L’annonce. « A l’instant même » précise saint Luc, ils repartent vers Jérusalem : la compréhension du mystère pascal ne peut attendre. La nuit est tombée mais cela ne les arrête pas, le message est trop important pour être remis à plus tard.

Ainsi en est-il pour nous, nous vivons ces quatre étapes lorsque nous venons participer à la messe. Accueillis par le Christ, nous ne le reconnaissons pas de prime abord en raison de nos difficultés, nos soucis et nos doutes qui nous obsèdent et obscurcissent notre vue spirituelle. Ecoutant la Parole de Dieu avec passion ( ?) nous voudrions aussi en méditer l’explication qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Lors de la consécration du pain et du vin en rappelant les paroles du Christ « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang. » nous reconnaissons le Sauveur Celui qui nous dit : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui. » (Jean 6,56) Rendus forts par cette révélation toujours renouvelée, nous partons dire à nos frères que nous avons vu le Ressuscité.

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

30 avril 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°939

La fraction du pain

C’est à ce geste que les disciples reconnaissent Jésus, sans doute étaient-ils à la célébration de la Pâque avec les autres et les paroles du maître leur reviennent en mémoire : « Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : ‘Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi’ » (Luc 22,19) Pour leur faire comprendre que sa présence est désormais dans ce pain sur lequel il prononce lui-même l’action de grâce, Jésus « disparaît à leurs regards. » en leur laissant la mémoire de ‘son corps donné pour eux’.

L’effet de cette révélation est immédiat : « A l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. » Pourtant le jour baissait avant le repas partagé avec le Seigneur, c’est donc dans la nuit qu’ils retournent voir les Apôtres. C’est n’est pas l’urgence de prévenir les Apôtres qui les presse ainsi mais l’impétueuse nécessité d’annoncer la Bonne Nouvelle comme pour saint Paul : « En effet, annoncer l’Evangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. » (1Corinthiens 9,16a)

Comme les disciples d’Emmaüs, nous nous présentons à la messe chargés des soucis quotidiens, quelquefois des déceptions accaparent nos pensées… Là, le Seigneur vient nous rejoindre, sans que nous le sachions ; il nous donne sa Parole, « partant de Moïse et de tous les Prophètes. » ainsi que son explication pour que nos cœurs s’enflamment et que nous soyons préparés à le reconnaître dans la fraction du pain, mémoire de ‘son corps donné pour nous’.

Lorsque le prêtre fractionne l’hostie qui vient d’être consacrée et en met un morceau dans le calice, il n’y plus d’un côté le Corps et de l’autre le Sang du Christ mais ils sont réunis comme dans l’être vivant : chair et sang ensemble. Pendant cette action la communauté réunie chante ‘Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde’, preuve de sa foi en la présence réelle du Fils Sauveur sur l’autel.

Ensuite, c’est le pain fractionné qui est montré à l’adoration de la foule : « Voici l’Agneau de Dieu… » qui reconnaît le Christ sous l’apparence de l’hostie, et comme le centurion nous disons : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole… » (cf. Matthieu 8,8)

Enfin l’‘Amen’ est une nouvelle affirmation dans la présence réelle du Fils incarné ; il signifie notre foi dans la parole du Christ à ses Apôtres : « Ceci est mon Corps livré pour vous, […] vous ferez cela en mémoire de moi ! »

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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