Première semaine
d'autorisation des assemblées
7ème Semaine de Pâques

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Alléluia ! Tu seras ma louange dans la grande assemblée (Psaume 21[22] ,26)

  1. Avant que le monde existe
  2. Avez-vous reçu l'Esprit Saint ?
  3. Eux, ils sont dans le monde
  4. Ils n'appartiennent pas au monde
  5. Investiture des disciples
  6. Suis-moi
  7. Son témoignage est vrai

Quelle joie quand on m'a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » (Psaume 121[122],1)

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7ème dimanche de Pâques
24 mai 2020

Avant que le monde existe

Dans le grand discours après la Cène (Jean 13,31-17,26), l’auteur du IVème évangile développe la révélation que le Christ fait sur lui-même dans son enseignement particulier aux Apôtres. A partir de la demande qui lui est faite et qui l’étonne : « Philippe lui dit : ‘Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.’  Jésus lui répond : ‘Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?’ » (Jean 14,8-9) Jésus va faire cette longue explication sur l’intimité qui existe entre lui et le Père.

La lecture continue de ces quatre chapitres semble avoir, au premier regard, une certaine redondance, comme si Jésus répétait les mêmes choses simplement pour être sûr qu’elles entrent dans mémoire des Apôtres ; mais à chaque apparente redite le Christ ajoute un élément supplémentaire qui précise son exposé et par petites touches successives il complète la révélation sur sa Personne, sur le lien qui l’unit au Père et sur l’Esprit qui vient du Père et du Fils pour permettre à l’humanité de pénétrer toujours plus avant dans ce mystère.

La conclusion de ce long discours arrive : « Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. » (Jean 17,5) Cette Gloire a été partiellement occultée par son Incarnation mais elle est rendue visible dans les œuvres du Fils et tout particulièrement lors de son baptême par Jean (cf. Jean 1,32) et la Transfiguration (cf. Matthieu 17,2). Tout cela l’évangéliste l’avait annoncé dès le début de son livre : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. » (Jean 1,1-3)

La Gloire du Père peut maintenant s’exprimer dans l’obéissance du Fils ; Jésus révèle qu’il porte le Nom qui avait été révélé à Moïse : « JE SUIS » (cf. Exode 3,14). Il le révèle aux gardes venus l’arrêter (cf. Jean 18,6) au Grand Prêtre et au Sanhédrin (cf. Marc 14,62) et même devant Pilate (cf. Jean 18,36). Le nouvel Agneau Pascal meurt au moment  où celui de l’Ancienne Alliance est sacrifié dans le Temple.

Le Christ Ressuscité n’enseigne plus ses Apôtres : il leur a tout révélé mais ils ne peuvent pas encore le comprendre et il leur a promis : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. » (Jean 14,16)

Nous avons la Révélation complète, demandons avec ferveur l’Esprit Saint qui nous permette de l’interpréter  aujourd’hui

Père JeanPaul Bouvier
Curé de Notre Dame de Nesle
Modérateur de sainte Radegond

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25 mai 2020

Avez-vous reçu l’Esprit Saint ?

Cette question que saint Paul pose aux disciples d’Ephèse a de quoi surprendre. Ces hommes croient en Jésus Christ puisqu’ils sont qualifiés du terme de disciples, mais l’Apôtre s’aperçoit que leur formation a été incomplète : ils n’ont reçu que le baptême de Jean, un baptême de conversion ; ils l’ont reçu avec un désir profond de se tourner vers Dieu et d’abandonner une vie pécheresse mais leurs actes et leur compréhension de l’Ecriture dénotent une lacune : ils n’ont « même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. »

Aussitôt saint Paul, à partir de leurs connaissances, leur enseigne que la prédication de Jean conduisait à la révélation de celui qui devait venir, le Messie : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » (Matthieu 3,11). Lui, Jean avait été annoncé par les prophètes comme étant la « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Matthieu 3,3 ; cf. Isaïe 40,3)

Par le Baptême ‘Au nom du Seigneur Jésus’ et l’imposition des mains de l’Apôtre des Gentils, l’Esprit vient en eux. Par cette effusion, ils reçoivent des dons qui se manifestent de diverses façons, la glossolalie et la prophétie en sont les signes les plus remarquables. Plus tard, saint Paul mettra en garde à propos de ces dons : « Dès lors, celui qui parle en langues, qu’il prie pour être capable d’interpréter. » (1Corinthiens 14,13).

Par le Baptême ‘au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit’ nous avons reçu l’Esprit qui fait de nous des fils et des filles de Dieu, frères et sœurs de Jésus Christ, mais l’imposition des mains par l’évêque, successeur des Apôtres, lors de la Confirmation fait de nous des interprètes de l’Ecriture. Nos actes et nos paroles seront alors de véritables témoignages du Christ Ressuscité parce qu’ils seront inspirés par l’Esprit : « Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. » (1Corinthiens 12,11)

Alors la question de saint Paul peut être posée à chacun de nous : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint ? » Etes-vous confirmés ?

Père JeanPaul Bouvier

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26 mai 2020

Eux, ils sont dans le monde

Le IVème évangéliste révèle que le Fils du Père a – d’une certaine façon – préparé sa succession et il prie pour ceux qui vont pouvoir annoncer l’amour de Dieu. Dans sa prédication et dans l’enseignement qu’il a donnés spécifiquement à ceux que « le Père lui a donnés », le Christ leur a permis de recevoir la Parole que le Père a donné au Fils.

Le Fils va vers le Père, il est glorifié le jour de l’Ascension : « tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. » (Actes des Apôtres 1,9). La nuée qui a déjà manifesté la Gloire de Dieu en la personne du Fils le jour de la Transfiguration.  Mais aussi la nuée qui a guidé le peuple pendant quarante ans dans le désert après sa libération de l’esclavage d’Egypte.

Jésus délègue ceux qui croiront en Lui pour prendre sa place dans le monde. Lourde responsabilité ! Impossible à moins d’être en communion avec le Père de la même façon que le Fils ; c’est pourquoi, dans sa prière, Jésus demande à ce que ses disciples aient la même gloire que la sienne, une gloire qui vient de Dieu et qui retourne à Dieu.

Le Christ a glorifié le Père en « accomplissant l’œuvre qui lui avait été confiée » (cf. v.4) ceux qui lui sont configurés par le Baptême doivent glorifier le Père en accomplissant l’œuvre qui leur est confiée aujourd’hui.

Saint Jean précise l’œuvre qui est demandée aux croyants en explicitant celle du Christ : « Je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues. » les chrétiens reçoivent la Parole de Dieu, inscrite dans la Bible et la Tradition de l’Eglise ; ce n’est pas pour la garder égoïstement mais au contraire la donner gratuitement et largement autour d’eux comme le Christ l’a partagée à tous ceux qui voulaient l’entendre.

L’annonce du Royaume de Dieu n’est pas l’apanage d’une élite, ni une question de connaissance, il suffit de recevoir la Parole de Dieu et de la transmette. Il appartient à certains de rédiger des ouvrages de théologie ou d’exégèse dans le silence d’un bureau, à d’autres d’aller au loin en quittant tout, mais à tous il est demandé d’être dans le monde, présents aux autres hommes et femmes et, comme le Christ, de les aimer tels qu’ils sont !

Père JeanPaul Bouvier

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27 mai 2020

Ils n’appartiennent pas au monde

Les propositions que pose le IVème évangéliste semblent être antinomiques : ne pas appartenir au monde et ne pas être retiré du monde ; cette réflexion vaut la peine de s’y arrêter quelques instants.

Le christianisme est une religion de liberté : toute la Loi se résume en un seul commandement comportant deux facettes : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12,29-31) Le disciple de Jésus n’appartient qu’à Dieu, il ne peut appartenir à quoi ou à qui que ce soit d’autre : « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » (Luc 16,13) Appartenir au monde serait mettre le matérialisme avant la foi en Dieu, c'est-à-dire ne voir et ne considérer que sa propre personne. Saint Thomas d’Aquin (1224-1274) dénonce cet aspect dans la ‘Somme Théologique’ (q.84,1a,2ae) et met en exergue les sept péchés capitaux (capitaux = tête de chapitre, péchés dont dépendent tous les autres) qui conduisent l’homme uniquement vers la recherche d’une jouissance personnelle et immédiate.

Etre retiré du monde aurait un sens équivalent, dès les premiers textes de la Bible l’homme est présenté comme un être qui a besoin d’une compagnie : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » (Genèse 2,18) Etre retiré du monde conduirait l’homme à une solitude qui lui serait néfaste.

Ainsi le Fils dans son intercession pour l’humanité auprès du Père prie pour que l’homme ne soit pas ‘du’ monde mais pour qu’il soit ‘dans’ le monde. Cette prière de Jésus est toujours d’actualité, à travers les générations, la tradition de l’Eglise a transmis cette affirmation fondamentale : le disciple du Christ n’appartient pas au monde, mais en aucun cas il n’est indifférent au monde, au contraire il doit être un membre actif de la construction de la société en ayant pour objectif l’avènement du Royaume.

Déjà le Concile Vatican II était soucieux de répondre aux questions des chrétiens devant l’évolution de la société humaine et invite les fidèles à participer à une réflexion profonde sur leur responsabilités : « Mû par la foi, se sachant conduit par l'Esprit du Seigneur qui remplit l'univers, le peuple de Dieu s'efforce de discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d'une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l'homme, orientant ainsi l'esprit vers, des solutions pleinement humaines. » (Constitution pastorale, l’Eglise dans le monde de ce temps n°11- 7 décembre 1965) Ce texte retentit avec une puissance renouvelée à chaque génération.

Père JeanPaul Bouvier

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28 mai 2020

Investiture des disciples

Le discours après la Cène est un long monologue (Jean 14-17) dans lequel le Fils parle au Père devant les Apôtres. La liturgie catholique en propose une lecture suivie depuis trois semaines aux messes quotidiennes. Les chrétiens possédant un missel ou un périodique dédié à cet usage lisent les extraits de ce texte et souvent reviennent aux jours précédents en ayant l’impression d’avoir déjà lu le même passage la veille ou l’avant-veille.

Bien sûr il n’en est rien. Comme les peintres impressionnistes, le IVème évangéliste dresse un tableau par petites touches successives en jouant sur des nuances proches mais légèrement différentes. L’ensemble décrit le passage de la présence et l’enseignement du Fils dans le monde à la présence et le témoignage du Corps mystique du Christ, l’Eglise, dans le monde.

Après avoir lavé les pieds des disciples dans le Cénacle, Jésus leur dit : « Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. » (Jean 13,13) Il leur  rappelle ainsi : « un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. » (13,16)

Changement de ton au début du discours après la Cène : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » (15,15) De serviteurs, les disciples passent à l’appellation d’amis ayant la même connaissance de la volonté du Père et, à ce titre, ils seront traités de la même façon : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. » (15,18)

Jésus explique à ses disciples qu’il doit partir afin qu’ils puissent être envoyés proclamer le Royaume : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (16,13-14)

C’est dans la communion du Père et du Fils que l’Esprit peut venir pour animer la communauté des disciples ; le Fils glorifie le Père et le Père glorifie le Fils de la Gloire qui était avant que le monde existe. Les disciples unis au Christ deviennent UN en Lui : « Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (17,22-23)

Disciples du Christ nous partageons sa Gloire comme fils et filles du Père. Notre humanité partagée par le Fils est entrée dans le sanctuaire et nous sommes envoyés comme des christs dans le monde. Avec le Christ nous entrons dans l’éternité : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. » (17,24)

Père JeanPaul Bouvier

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29 mai 2020

Suis-moi

Par trois fois, au bord du lac, Jésus Ressuscité pose la question « M’aimes-tu ? » à Simon-Pierre, la réponse est immédiate : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ! » et l’auteur du IVème évangile précise que Simon-Pierre est peiné que Jésus lui pose cette question avec tant d’insistance. L’Apôtre aurait-il oublié que, dans l’obscurité du prétoire, avant que le coq chante, il a renié par trois fois appartenir aux disciples de ‘cet homme’ (cf. Marc 14,67-72) ? A la suite de ces questions et de ces réponses Jésus dit à Simon-Pierre : « Sois le Pasteur de mes brebis. » et il lui dit encore : « Suis-moi. »

Lors de leur première rencontre, Jésus avait déjà appelé Simon à le suivre en lui faisant une promesse : « il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient l'épervier dans la mer ; car c'étaient des pêcheurs. Et il leur dit : "Venez à ma suite, et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes." » (Matthieu 4,18-19) La réalisation de cette promesse pour Simon-Pierre est beaucoup plus importante que la promesse elle-même, il ne s’agit plus de ‘pécher des hommes’ sans distinction, et de façon désordonnée mais de ‘paître les brebis du Seigneur’ ; c’est à  dire garder la « foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue... » (Apocalypse 7,9) composée des disciples du Fils envoyé par le Père pour sauver l’humanité.

Par cette délégation, Simon-Pierre reçoit la mission d’être le ‘Vicaire du Christ’, ce qui signifie suivant l’origine latine de ce mot - ‘vicarius’ - le suppléant ou le remplaçant ; il n’est pas le « mercenaire, qui n'est pas le pasteur et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s'enfuit, et le loup s'en empare et les disperse. » (Jean 10,12) Il est le Pasteur légitime du Peuple de la Nouvelle Alliance, lui à qui le Seigneur a dit : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais moi j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Luc 22,32) l’assurant ainsi de l’aide de l’intercession du Fils auprès du Père pour remplir cette mission.

Chaque jour, le Christ nous pose la même question : « M’aimes-tu ? » mais notre réponse n’est pas toujours aussi immédiate que celle de Simon-Pierre, pourtant c’est de la spontanéité de notre réponse que dépend la mission qui nous sera donnée par le Seigneur ; si, engoncés dans le confort de l’habitude, nous répondons du bout des lèvres ‘oui, Seigneur tu le sais’, nous manifestons un doute quant à l’efficacité de l’intercession du Christ pour nous aider à réaliser la tâche qui nous est confiée.

Simon-Pierre « fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois: "M'aimes-tu?" » Sommes-nous aussi peinés que le Christ nous pose cette question chaque jour ? Le temps de Pâques qui s’achève après la complexité du confinement aurait dû nous re-susciter en nous montrant le Christ Vivant dans son Eglise. Dans ces nouvelles conditions, nous pouvons affirmer avec Simon-Pierre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. »

Père JeanPaul Bouvier

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30 mai 2020
Sainte Jeanne d'Arc

Son témoignage est vrai.

Ce disciple’, l’auteur du IVème évangile, est le ‘disciple que Jésus aimait’ qui n’apparaît dans le livre qu’à partir du récit de la dernière Cène. C’est à lui que Jésus révèle pendant le repas celui qui le livrerait (cf. Jean 13,26). Alors que tous les disciples ont fui par peur, il est le seul homme à être au pied de la Croix et c’est à lui que le Christ confie sa mère (cf. 19,26-27). C’est également lui qui est le premier à croire à la Résurrection lorsque, pénétrant dans le tombeau vide derrière le chef des Apôtres, « Il vit et il crut » (20,8). Seul il reconnaît le Christ Ressuscité sur le rivage du lac et le révèle aux Apôtres (cf. 21,7).

« C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites » (21,24). Le IVème évangile est un témoignage particulier, très différent des autres évangiles qui se rapprocheraient plus d’un style ‘hagiographique’ décrivant les faits et gestes du Maître en même temps qu’ils détaillent son enseignement. L’évangéliste Jean connaît probablement ces récits à partir de la prédication des Apôtre inspirés par l’Esprit Saint, récits qui passent de communauté en communauté et qui sont mis par écrit pour être transmis et ne pas perdre la parole de ceux qui ont été témoins de l’œuvre de Dieu parmi les hommes.

Cela n’est pas le but de ‘ce disciple’. Tout son livre est la révélation de la divinité du Fils incarné : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était  auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. […] Et le Verbe s’est fait chair. » (1,1.14) La raison pour laquelle le Fils s’incarne est le salut des hommes par la volonté du Père. L’enseignement du Christ est alors entièrement orienté vers l’homme appelé à partager la divinité de Celui qui a choisi de partager notre humanité.

Par de nombreuses incises, l’évangéliste Jean va construire le chemin qui mène au Père par le Fils dans l’Esprit (exemples non exhaustifs) :

  • « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » (1,12-13
  • « Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. (2,19.21)
  • « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. (3,5)
  • « Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » (4,23-24)
  • « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » (10,27-30)

  • « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire. » (17,24)
  • Mort de Jésus à l’heure où l’agneau pascal est sacrifié dans le Temple (cf. 19,29-31
  • « le premier jour de la semaine. » (20,1) Premier jour de la nouvelle Création

C’est à nous aujourd’hui d’écouter ce témoignage, et comme l’auteur le dit tous les livres de la terre ne suffiraient pas pour contenir l’ensemble des choses que le Seigneur a faites, il nous signifie ainsi que c’est à nous d’écrire les livres suivants par notre vie et le témoignage de notre foi. Faisons en sorte que nous disions également : Notre témoignage est vrai !

Père JeanPaul Bouvier


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