Deuxième semaine sans assemblée
4ème de Carême

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CoVid-19

Les églises peuvent fermer
Nos cœurs restent ouverts

  1. Perceptions
  2. croire à la Parole
  3. La Parole efficace
  4. Marie à l'Annonciation
  5. Voici tes dieux
  6. Un vrai jeûne
  7. Niodèm

Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu,
comment ne pas accueillir de même le malheur ? (Job 2,10)

8
22 mars 2020
4ème dimanche de Carême

Perceptions

La perception du monde qui nous entoure varie en fonction des sens que nous utilisons ; chacun de ces sens, la vision, l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût, nous révèle une interprétation différente de notre espace de vie. Les informations combinées de ces sens nous donnent l’illusion de connaître et de maitriser tout ce qui nous environne. Mais c’est une erreur, notre perception est leurrée par ces sens justement parce qu’il n’y en a que cinq. Les chauves-souris explorent et chassent par écholocation dans les grottes où elles vivent grâce aux ultrasons qu’elles émettent et reçoivent ; à l’inverse, les éléphants sont capables de produire des infrasons et de les reconnaître sur de très longues distances ; d’autres exemples pourraient être pris dans la nature.

L’homme est limité par son corps, mais il n’y a pas que cet aspect : il est créé à l’image de Dieu (cf. Genèse 1,27) qui met en lui son Esprit pour le discernement (cf. Genèse 2,7) pour l’émerveillement du psalmiste : « qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur. » (Psaume 8,5-6)

Les trois lectures de ce dimanche nous guident pour que nous sachions ne pas nous laisser abuser par la limite de nos sens :

  • « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1Samuel 16,7b). Nous sommes appelés à regarder comme le Seigneur, et à voir le cœur de l’autre pour l’aimer !
  • « Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière » (Ephésiens 5,8). Nous sommes lumière lorsque nous sommes comme des phares qui attirent nos frères et sœurs, en toute sécurité puisque bien éclairés, vers le Seigneur.
  • « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » (Jean 9,36) Nous ne finirons jamais de découvrir le Seigneur c’est pourquoi cette demande revient sans cesse dans nos prières : ‘Seigneur revête-toi à moi

Dans les circonstances actuelles (CoVid-19) ne laissons pas nos sens occulter la présence du Père à tous ses enfants souffrants, en attendant la reprise des assemblées eucharistiques utilisons pleinement la lumière que le Christ nous donne dans la méditation de son évangile pour que puissions ouvrir notre cœur.

Père JeanPaul Bouvier

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23 mars 2020

Croire à la Parole

De retour en Galilée après ce (premier ?) pèlerinage à Jérusalem pour la Pâque, la renommée de Jésus l’a précédé : « Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. » (Jean 2,23). Cette réputation est sans doute encore amplifiée par les habitants de Cana qui se souviennent du miracle de l’eau changé en vin raconté par les serviteurs qui avaient puisé l’eau dans les jarres.

Survient un fonctionnaire royal (d’autres traductions parlent d’un centurion ou d’un officier). Il vient, animé par un fol espoir : cet homme dont on rapporte tant de merveilles pourrait-il guérir son fils ? Il le supplie de venir jusqu’à Capharnaüm. « Jésus lui répond : ‘Va, ton fils est vivant.’ L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. » (v.50) Le père veut croire que son fils est sauf ; il se contente de cette parole mais ce n’est que rentré chez lui qu’il se rend « compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : ‘Ton fils est vivant.’ Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison. » (v.53)

Combien de paroles le Seigneur nous a-t-il dites ? Nous lisons les textes bibliques régulièrement, et nous les méditons ; nous les entendons, en temps normal, tous les dimanches à la messe dominicale ; parfois nous les partageons avec d’autres chrétiens. Mais quelle est notre réponse ? Quelle est notre foi ? Nous ne nous rendons pas compte qu’ils se réalisent dans nos vies à l’heure même où le Christ nous parle.

« Combien de temps encore ce peuple me méprisera-t-il ? Combien de temps refuseront-ils de croire en moi, de croire tous les signes que j’ai accomplis au milieu d’eux ? » (Nombres 14,11) Nous avons bien plus que les signes reçus par les Hébreux dans le désert : nous avons l’annonce de la Résurrection ; nous recevons l’Esprit Saint dans les Sacrements ; mais peut-il être dit de nous : ‘Alors il croit, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.’ ?

L’épreuve que nous vivons actuellement nous permet de nous recentrer sur l’essentiel en discernant les signes que le Seigneur nous envoie pour étayer notre foi et ainsi la rendre un peu plus ferme : d’une certaine façon, nous avons, comme le fonctionnaire, à retourner à Capharnaüm pour constater que nos prières sont exaucées

Père JeanPaul Bouvier

10
24 mars 2020

La Parole efficace

Hier, pour la guérison du fils du fonctionnaire royal, Jésus n’avait eu que cette phrase : « Va, ton fils est vivant ! » Il s’avère ensuite que l’enfant avait été guéri au moment même où ces mots étaient été prononcés. Aujourd’hui, pour cet homme malade depuis si longtemps, c’est un ordre qui lui est donné : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » et « aussitôt » le paralysé reçoit la force qui  lui permet d’obéir à cette injonction.

Cela évoque en nous le premier récit de la Création (Genèse 1,1-2,4a) : « Dieu dit… et ce fut ainsi » Dieu crée par sa Parole tout ce qui existe ! Dans cet esprit, l’évangéliste saint Jean dès son prologue, présente le Christ comme la Parole incarnée : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. » (Jean 1,1-3) Le ‘Logos’ créateur s’incarne pour que la Parole soit parmi nous et nous révèle directement ce que les prophètes ne faisaient que transmettre : « A bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (Hébreux 1,1-2)

Avec cette toile de fond, nous pouvons lire différemment la vision d’Ezéchiel proposée en première lecture. Traditionnellement, l’Eglise interprète l’eau qui sort du côté droit du Temple comme l’eau du Baptême sortant du Christ crucifié par le côté droit percé par le coup de lance du garde romain (cf. Jean 19,34). Cette eau purifie tout le pays, y compris la mer morte qui est ‘assainie’, reconstituant ainsi l’Eden perdu. Mais nous pourrions aussi y voir la Parole (Dieu-le-Fils) qui vient de Dieu-le-Père pour répandre Dieu-l’Esprit dans le monde purifiant l’Humanité et lui faisant porter un fruit abondant en toute saison.

Constatant la puissance qui est donnée par la Parole alors que beaucoup d’entre nous se sentent démunis dans un confinement forcé, il est peut-être temps de sortir la Bible des rayonnages de notre bibliothèque pour y trouver la Parole qui remet l’homme debout et entendre jésus nous dire : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »

Père JeanPaul Bouvier

11
25 mars 2020
Annonciation

Marie à l’Annonciation

Mais le Père des miséricordes a voulu que l'Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l'œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie. Ce qui est vrai à un titre exceptionnel de la Mère de Jésus donna au monde la vie, la vie même qui renouvelle tout, et fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d'une si grande tâche. Rien d'étonnant, par conséquent, à ce que l'usage se soit établi chez les saints Pères, d'appeler la Mère de Dieu la Toute Sainte, indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l'Esprit-Saint, et formée comme une nouvelle créature. Enrichie dès le premier instant de sa conception d'une sainteté éclatante absolument unique, la Vierge de Nazareth est saluée par l'ange de l'Annonciation, qui parle sur l'ordre de Dieu, comme "pleine de grâce" (cf. Luc 1,28). Au messager céleste elle fait elle-même cette réponse : "Voici la servante du Seigneur, qu'il en soit de moi selon ta parole" (Luc 1,38). Ainsi Marie, fille d'Adam, donnant à la parole de Dieu son consentement, devient Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché ne la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement, comme la servante du Seigneur, à la personne et à l'œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce du Dieu tout-puissant au mystère de la Rédemption. C'est donc à juste titre que les saints Pères considèrent Marie comme apportant au salut des hommes non pas simplement la coopération d'un instrument passif aux mains de Dieu, mais la liberté de sa foi et de son obéissance. En effet, comme dit saint Irénée, "par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause de salut". Aussi avec lui, bon nombre d'anciens Pères disent volontiers dans leurs prédications : "Le nœud dû à la désobéissance d'Eve, s'est dénoué par l'obéissance de Marie ; ce que la vierge Eve avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l'a dénoué par sa foi" ; comparant Marie avec Eve, ils appellent Marie "la Mère des vivants" et déclarent souvent : "par Eve la mort, par Marie la vie".

Vatican II – Lumen Gentium n°56

A la suite des grands auteurs chrétiens et de la tradition, le Concile Vatican II met en évidence les attitudes opposées d’Eve et de la Vierge Marie ; la première refuse la responsabilité de ses actes : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » (Genèse 3,13), la seconde assume pleinement la mission que le Seigneur lui confie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » (Luc 1,38). Par cette réponse l’ère de la Rédemption est ouverte. Marie devient ‘Théotokos’ = porteuse de Dieu (concile d’Ephèse 431) véritablement Mère de Dieu.

En ces heures difficiles, la fête d’aujourd’hui nous rappelle que le Fils Eternel a voulu être l’un d’entre nous, né d’une femme, pour manifester que nous sommes ses frères et sœurs, aussi bien par la chair que par l’esprit. Notre vocation, comme la Vierge Marie, est de faire la volonté du Seigneur : « celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Matthieu 12,50) « Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » – Jean 6,40)

Père JeanPaul Bouvier

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26 mars 2020

Voici tes dieux !

C’est ainsi que le peuple acclame le Veau d’or en lui offrant des sacrifices ! Ils manifestent de cette façon une ingratitude complète à l’égard du Seul Vrai Dieu qui les a libérés de l’esclavage du pays d’Egypte !

Dieu révèle à Moïse ce que le peuple a fait ; sa réflexion semble plus triste  que courroucée, Il fait part à son interlocuteur de son intention de supprimer ce peuple si peu reconnaissant. Pour demander l’assentiment de Moïse, Dieu lui dit : « Laisse-moi faire » semblant de la sorte lui demander la permission de punir. Le lecteur croyant qui connaît la Bible et les rapports de Dieu avec son peuple constate que, en provoquant la réaction de Moïse, Dieu ne cherche qu’à entendre sa plaidoirie pour le peuple de façon à avoir une ‘raison’ pour pardonner.

Ce n’est pas la seule perversion du peuple de Dieu depuis l’époque de Moïse jusqu’à nous. Malgré les avertissements lancés par les prophètes, malgré la pédagogie du Fils de Dieu, malgré l’évangélisation menée par les Apôtres, malgré l’enseignement de l’Eglise et la prédication des saints, des groupes d’hommes et de femmes ont interprété le message d’Amour qui leur est donné en le déformant par rigorisme ou par laxisme. Le Père a toujours pardonné, non plus par l’intercession d’hommes comme les prophètes, mais par l’intercession de son Fils : son cœur de Père ne demande qu’à pardonner.

Nous ne construisons plus réellement de veaux d’or physiques, palpables auxquels nous offririons des sacrifices, mais qu’en est-il de l’interprétation des textes sacrés que nous mettons à toutes les sauces, adaptant l’Ecriture à notre vie au lieu de faire le contraire : vivre selon la Parole de Dieu ; nous faisons notre propre religion en nous retranchant derrière des lois que nous forgeons selon nos envies.

Les scribes et les pharisiens reprochent à Jésus d’accueillir les pécheurs et même de manger avec eux, ils jugent ce qu’ils estiment être juste selon une loi humaine en abandonnant la Loi qui vient de Dieu ; de même nous jugeons nos actes, et surtout les actes de nos semblables, en fonction de lois que nous nous donnons nous-mêmes.

Les adorateurs du Veau d’or avaient besoin de l’intercession de Moïse pour être remis sur le chemin de Dieu ; nous avons besoin de l’intercession du Fils Eternel pour nous approcher de la volonté du Père. Cette intercession est tangible lorsque nous confions nos péchés à ceux qui sont configurés au Christ par le Sacrement de l’Ordre. Comme Moïse ces hommes rappellent au Père qu’il a promis de pardonner et d’envoyer son Esprit à ceux qui le lui demanderaient. Le prêtre qui me donne l’absolution manifeste ce plaidoyer du Fils devant le Père qui ne demande qu’à pardonner aux pécheurs et les inviter à sa table pour manger avec eux.

Père JeanPaul Bouvier

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27 mars 2020

Un vrai jeûne

Il y a deux semaines, je célébrais – avec difficultés – une dernière fois la messe avec la petite communauté du vendredi matin. Depuis les églises sont fermées et la plupart des personnes sont confinées chez elles en attendant impatiemment des jours meilleurs

Encore mieux qu’à l’époque, je réalise la joie des habitants des atolls de Polynésie Française lorsque je venais avec la visite sanitaire du service de santé des armées, quelques heures, tous les deux ou trois mois. A peine débarqué de l’hélicoptère, le chef de l’atoll se précipitait vers moi avec un collier de fleurs et me conduisait directement à leur petite chapelle. Aussitôt la cloche sonnait à la volée, j’avais à peine le temps de mettre les vêtements sacerdotaux que j’avais apportés que l’église était pleine et que, déjà, une hymne était chantée à tue-tête. Je ne comprenais pas les paroles, mais l’allégresse et le bonheur y étaient sensibles. Les larges sourires en étaient la preuve. Quel que soit le jour, quelle que soit l’heure, la messe ne pouvait pas être manquée, mais la communauté se réunissait aussi tous les dimanches pour prier, écouter la Parole  et chanter le Seigneur.

Comme eux, aujourd’hui, vous êtes contraints à vivre un jeûne eucharistique, privés de la présence de vos prêtres enfermés chez eux au lieu de vous accueillir dans les églises. Mais la grande différence réside dans la conception même de la messe : pour ces isolés, hommes, femmes et enfants, elle est un vrai don et une fête dont la rareté fait qu’ils en profitent pleinement ; pour nous, elle était devenue un dû habituel et si nous ratons un dimanche, « bof, c’est pas grave. » Ces gens sont toujours des affamés de Dieu alors que nous sommes devenus des chipoteurs en choisissant ce qui nous arrange…

Les événements actuels nous réveillent. Nous réalisons la chance que nous avions ! Pour nous, les prêtres, de pouvoir célébrer accompagnés par des communautés vivantes même si nous leur reprochions souvent leur passivité ; pour les membres de ces assemblées d’avoir des messes dominicales régulières, souvent moins éloignées de leur domicile que le supermarché dans lequel ils font leurs courses habituellement.

Quelle attitude avoir dans de telles circonstances ? Nous ne devons céder ni à l’amertume, ni au découragement ! Au contraire soyons dans l’action de grâce : par cette privation le Seigneur se révèle à nous plus fortement encore. L’évangile de ce jour nous rappelle que nous ne pouvons connaître Dieu que par Celui qui vient de lui, le Fils : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » (Jean 14,6*7)

Père JeanPaul Bouvier

 

24
28 mars 2020

Nicodème

Curieux personnage que Nicodème, il apparaît trois fois dans l’évangile de saint Jean : aux chapitres 3, 7 (texte de ce jour) et 19.

Présenté par Jésus qui dit de lui : « Tu es un maître qui enseigne Israël » (3,10) il semble donc être un homme important, un notable et un pharisien (cf. 3,1). Il vient de nuit interroger Jésus, sans doute pour ne pas être vu, mais reconnaît en lui un homme qui vient de Dieu en raison des signes qu’il accomplit. Nicodème n’est pas venu pour piéger Jésus comme beaucoup de Pharisiens mais pour profiter de sa prédication.

Lorsque les grands-prêtres décident de tuer Jésus, il essaie de s’interposer (cf. 7,51) pour qu’au moins Jésus puisse se défendre et s’expliquer, mais il n’est pas écouté, il est même accusé d’être un des disciples du ‘Galiléen’.

Joseph d’Arimathie est allé seul demander le corps de Jésus à Pilate, mais ensuite Nicodème est venu l’aider en apportant une quantité importante d’aromates et ensemble ils mettent le corps au tombeau. (cf. 19,39)

Nicodème croyait en Jésus mais la pression sociale, sa place parmi ses pairs, le ‘qu’en dira-t-on’ l’empêchait de se déclarer ouvertement disciple de cet homme. Dans l’obscurité, il vient l’écouter et se recueillir sur son corps. Pourtant Jésus l’avait averti à la fin de leur conversation : « celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. » (Jean 3,21) L’évangéliste ne nous dit pas si Nicodème a rejoint les rangs des chrétiens après la Résurrection du Christ, suivant notre humeur nous répondrons affirmativement ou négativement…

A travers Nicodème, c’est chacun d’entre nous qui est visé : nous croyons au Christ, Fils éternel du Père venu pour sauver tous les hommes, mais nous aussi nous sommes sensibles à notre position sociale, à la façon dont nous sommes perçus par nos contemporains. De temps en temps, nous défendons l’Eglise et la Parole de Dieu mais – trop souvent – assez mollement comme Nicodème au milieu des autres pharisiens.

Père JeanPaul Bouvier


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