Huitième semaine sans assemblée
4 ème Semaine de Pâques

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CoVid-19

Les églises peuvent fermer
Nos cœurs restent ouverts

  1. Prière pour les vocations
  2. Mes brebis
  3. Unité de Dieu
  4. L'imposition des mains
  5. Je suis - le Nom de Dieu
  6. des demeures une mason
  7. Montre-nous le Père

Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.(Jean 10,10)

50
3 mai 2020
3ème Dimanche de Pâques
Dimanche des vocations

Prière pour les vocations

Les chrétiens forment un peuple saint, chacun est configuré au Christ, prêtre, prophète et roi par le Baptême et la Confirmation. Mais il faut en distinguer le sacerdoce ministériel, fonction particulière de certains membres dans le corps entier. Ce sacerdoce, que confère un sacrement, se situe dans le prolongement de la mission que le Fils a reçue du Père et transmise aux Apôtres, dont les évêques sont les successeurs. Ceux-ci à leur tour se sont associés des coopérateurs, les prêtres, que leur ordination rend capables d'agir au nom du Christ.

L'Eucharistie est au centre de la vie ecclésiale mais tout particulièrement de la vie sacerdotale. En rappelant que le sacrifice spirituel que doivent offrir tous les hommes s'intègre dans le sacrifice de l'unique Médiateur, il situe l'évangélisation dans une perspective cultuelle. Pour évangéliser les hommes, le prêtre doit les rencontrer. Si son Ordination le met à part – sans le séparer – son ministère lui fait une nécessité de vivre au milieu du monde. Envoyé par l’évêque et en son nom, le prêtre célèbre les Sacrements pour un peuple dans lequel il devient l’image du Christ pasteur menant les brebis aux plus verts pâturages.

Ces hommes ont répondu à un appel spécifique de Dieu pour se mettre à son service. Cet appel peut passer par bien des médiations : une révélation, une rencontre, au sein d’une famille, dans une communauté mais c’est toujours l’Eglise qui discerne les prêtres dont elle a besoin ici et maintenant.

Encore faut-il que cet appel puisse être entendu, c’est ce qu’a rappelé le Concile Vatican II : « Les parents, les maîtres et les différents éducateurs doivent faire en sorte que les enfants et les jeunes soient conscients de la sollicitude du Seigneur pour son troupeau, avertis des besoins de l'Eglise et prêts, si le Seigneur les appelle, à répondre généreusement avec le prophète : "Me voici, envoie-moi" (Isaïe 6,8). Mais cette voix du Seigneur qui appelle, il ne faut pas s'attendre à ce qu'elle arrive aux oreilles du futur prêtre d'une manière extraordinaire. Il s'agit bien plutôt de la découvrir, de la discerner à travers les signes qui, chaque jour, font connaître la volonté de Dieu aux chrétiens qui savent écouter : c'est à ces signes que les prêtres doivent donner toute leur attention » (décret sur le ministère des prêtres n°11) Tout chrétien doit être attentif à être un révélateur de cet appel !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de Notre Dame de Nesle
Modérateur de sainte Radegonde

51
4 mai 2020

Mes brebis

La plus ancienne représentation du Christ se trouve dans la catacombe de San Calisto à Rome. Elle montre le Bon Pasteur entouré de brebis portant un agneau sur ses épaules – sans doute celle qui s’était perdue (cf. Luc 15,4). S’il n’y a que dans le IVème évangile que Jésus parle des disciples en les appelant ‘mes brebis’, cette analogie entre le Christ à la tête de l’Eglise et un pasteur attentif à chaque membre de son troupeau était gravée dans tous les esprits dès les premiers siècles.

Déjà dans l’Ancien Testament, par la voix de ses prophètes Jérémie et Ezéchiel, à de nombreuses reprises, le Seigneur Dieu se présentait comme le pasteur de son peuple : « Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis » (Ezéchiel 34,12) ; c’est pourquoi l’évangéliste rappelle la parole du Fils : « Mon Père me les a données […] Le Père et moi, nous sommes UN ». Ainsi s’accomplissent les promesses du Père dans le Fils.

Si la voix du Pasteur est un appel afin de rester près de lui, elle laisse libre d’être écoutée ou refusée : « Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! » (Matthieu 23,37). Mais le Bon Berger continue à appeler pour qu’aucun ne se perde.

Cette voix paraît difficile à percevoir dans le brouhaha actuel, elle semble être si éloignée qu’elle nous apparaît inaccessible. Justement, c’est elle-même qui nous dit : « Car cette loi que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte. {…] Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » (Deutéronome 30,11.14) A côté de l’appel à la sainteté que le Pasteur lance au troupeau, il y a l’appel personnel qui est destiné à préciser ce qui est attendu de chacun en fonction de ses possibilités et capacités.

L’oraison et la méditation de l’Ecriture sont les clefs du discernement qui permettent à chacun de répondre à la mission particulière qui lui est confiée et les Sacrements donnent la force de la mener à bien. Le Fils nous appelle à donner le meilleur de nous-mêmes mais il ne nous laisse pas seuls : « celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, » (Jean 14,12).

Père JeanPaul Bouvier

52
5 mai 2020

Unité de Dieu

Le IVème évangile est écrit par celui qui croit dès qu’il voit le tombeau vide (cf. Jean 20). Il a une perception toute particulière du mystère du Christ. En attribuant à Jésus le rôle de pasteur du troupeau, il lui donne déjà une place qui, dans l’Ancien Testament, est celle de Dieu : « Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau : resplendis au-dessus des Kéroubim, » (Psaume 80[79],1) et « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. » (Psaume 22[21],1).

Ce développement autour de la notion de ‘Bon pasteur’ qui est proposée par la liturgie depuis quelques jours est une démonstration de l’évangéliste sur la divinité du Christ. Cette affirmation sera ensuite complétée par la promesse de l’Esprit Saint, troisième Personne de la Sainte Trinité : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur » (Jean 15,26)

Le risque est grand de voir dans cette unité de Dieu une fusion des Personnes. Le quatrième Concile du Latran (1215) répond aux doctrines divergentes  en publiant une profession de foi dès le début de ses travaux : « Nous croyons fermement et nous affirmons simplement qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu, éternel, immense et immuable, incompréhensible, tout-puissant et ineffable, Père et Fils et Saint Esprit ; trois Personnes, mais une essence, une substance ou nature absolument simple ; le Père ne vient de personne, le Fils vient du Père seul, et le Saint Esprit également de l'un et de l'autre. Sans commencement, toujours et sans fin, le Père engendre, le Fils naît et le Saint Esprit procède. Ils sont consubstantiels, semblablement égaux, également tout-puissants, également éternels. » Depuis le début de l’évangélisation, l’Eglise ne cesse d’affirmer ce principe essentiel ; le quatrième Concile du Latran ne fait que rappeler en les développant les implications du dogme catholique.

Rien de changé au XXIème siècle. Même parmi les fidèles les plus pratiquants, le Père est perçu comme Dieu, le Fils et le Saint Esprit sont envisagés comme des compléments de Dieu. Preuve en est lorsque nous récitons le Credo, nous disons d’une traite : « Je crois en Dieu le Père tout-Puissant » alors qu’il y a une séparation : « Je crois en Dieu » ce qui est l’introduction développée ensuite : « [Je crois à Dieu] Père tout-Puissant… [Je crois à Dieu] son Fils Unique… [Je crois en Dieu] l’Esprit Saint… »

Essayons de nous en rappeler…

Père JeanPaul Bouvier

53
6 mai 2020

 « Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir. » (Actes 13,3)

L’imposition des mains

La main peut servir à de multiples usages. Lever la main sur quelqu'un peut avoir au moins deux significations :

  • Frapper, gifler, faire mal à l'autre
  • Saluer, appeler, bénir.

La main est, avec la parole, un des moyens de communication les plus expressifs dont l'homme dispose.

La main évoque aussi la Puissance de Dieu et même l'Esprit de Dieu. Imposer la main sur quelqu'un, c'est plus que lever les mains en l'air, c'est plus qu'une bénédiction, c'est communiquer à l'autre quelque chose qu'on a soi-même reçu de Dieu (cf. la transmission de la promesse faite à Abraham)

1. Dans l'Ancien Testament

L'imposition des mains exprime, avec réalisme, le caractère de la bénédiction qui n'est pas simplement parole mais aussi acte. Ainsi Jacob transmet à toute sa postérité les richesses de bénédiction qu'il a lui-même reçu de ses ancêtres Abraham et Isaac : « Que ta descendance croisse et multiplie sur toute la terre » (Genèse 48,13-16)

L'imposition des mains indique que l'Esprit de Dieu met à part un être qu'Il s'est choisi, que Dieu en prend possession, qu'Il lui donne autorité et aptitude pour exercer une fonction, une mission. Ainsi les lévites sont mis à part (cf. Nombres 8,10); ainsi l'Esprit de sagesse emplit Josué le disposant à assurer la charge de chef du peuple avec pleins pouvoirs, au nom de Dieu (cf. Deutéronome 34,9 ; Nombres 27,15-23)

2. Dans les évangiles

Signe de bénédiction : Jésus impose les mains aux petits enfants pour les bénir (Marc 10,16)

Signe de délivrance : Par ce geste, Jésus guérit les malades : « Femme te voilà débarrassé de ton infirmité dit-il à la femme courbée, puis il lui imposa la main et elle se redressa à l'instant même » (Luc 13,13) Même geste pour la guérison de l'aveugle de Bethsaïde (cf. Marc 8,23-36) ou pour CHACUN des malades accourus pour le voir (cf. Luc 4,40)

3. Dans la vie de l'Eglise primitive

Selon la promesse et la demande du Christ ressuscité, les disciples imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guérit (cf. Marc 16,18). Par ce geste, Annanie redonne la vue à Paul converti (cf. Actes 9,12), et Paul à son tour restitue la santé et guérit le gouverneur de Malte (cf. Actes 28,8-9)

Ce geste transmet les dons de l'Esprit Saint. Ainsi Pierre et Jean imposent les mains aux Samaritains qui, baptisés par Jean-Baptiste, n'avaient pas encore reçu l'Esprit Saint (cf. Actes 8,17); Paul fait de même pour les gens d'Ephèse (cf. Actes 19,6). Ce geste de l'imposition des mains apparaît dès lors comme un signe visible, porteur d'une réalité divine.

Ce pouvoir de la transmission de l'Esprit Saint est tellement visible et efficace que Simon le magicien offrira de l'argent pour avoir le même pouvoir (cf. Actes 8,18-24).

Par l'imposition des mains, l'Eglise transmet un ‘pouvoir spirituel’ adapté à une mission spéciale, dépendant de tâches déterminées. C'est le cas lors de l'institution des "SEPT" (cf. Actes 6,6) consacrés par les Apôtres au service de la communauté hellénistique; de même pour l'envoi en mission de Paul et de Barnabé (cf. Actes 13,3); à son tour, Paul impose les mains à Timothée (2Timothée 1,6) et Timothée refera ce geste sur ceux qu'il aura choisi pour le service de l'Eglise (1Timothée 5,22).

4. Dans l'Eglise aujourd'hui

L'Eglise continue à imposer les mains en des sens qui sont précisés chaque fois par la prière qui accompagne ce geste. Le geste est toujours porteur des dons de l'Esprit Saint.

En particulier, T O U S les sacrements comportent une imposition des mains :

  • Dans le Baptême, l'évêque, le prêtre ou le diacre impose les mains au futur baptisé avant de le baptiser dans l'eau.
  • Dans la Confirmation, l'évêque et les prêtres présents imposent les mains sur ceux qui vont recevoir l'onction.
  • Dans l'Eucharistie, l(es)'évêque(s) ou/et le(s) prêtre(s) impose(nt) les mains sur le pain et sur le vin avant le récit de l'institution, mais aussi sur le peuple qui participe à la célébration.
  • Dans le Sacrement de Réconciliation et de Pénitence, l'évêque ou le prêtre impose la (les) main(s) sur celui qui reçoit l'absolution.
  • Dans le Mariage, l'évêque, le prêtre ou le diacre impose les mains sur les deux époux pendant la bénédiction nuptiale.
  • Dans le Sacrement de l'Ordre, les évêques imposent les mains au futur évêque, les évêques et les prêtres imposent les mains au futur prêtre, l'évêque seul impose les mains au futur diacre.
  • Dans l'Onction des malades, l'évêque ou le prêtre impose les mains sur le malade avant de faire l'Onction avec l'huile des malades (différente du Saint Chrême).

En conclusion

Nous aussi, nous avons été mis à part, comme Paul et Barnabé. En ayant reçu ces impositions des mains dans les Sacrements que nous avons vécus, nous recevons en même temps une mission particulière de la part du Seigneur ET la grâce nécessaire pour réussir à remplir cette mission.

Nous entendons dans la Parole de Dieu : « Confiance, lève-toi, Il t’appelle ! » (Marc 10,50)

Père JeanPaul Bouvier

54
7 mai 2020

Je suis, Le Nom de Dieu

Connaître le nom de quelqu'un c'est avoir le pouvoir de l'appeler, et donc un certain ascendant sur lui. C'est ainsi que Dieu donne à l'homme le pouvoir de nommer tous les animaux pour qu'il domine sur la création : « Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun. » (Genèse 2,19).

En donnant son nom, sous la forme des quatre lettres YHWH, Dieu donne à Moïse un pouvoir d'invocation et de communication : « Dieu dit à Moïse : ‘Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”.’ ». Moïse est le seul être humain à être désigné comme celui qui parlait avec Dieu « face à face, comme on parle d’homme à homme. » (Exode 33,11).La traduction habituelle est un temps verbal hébreu ancien du verbe ETRE, un présent inaccompli ou présent intemporel « je suis [toujours] ». Faute d'équivalent, la traduction grecque, latine et française nous donne souvent "Celui qui est, qui était et qui sera".

Ce nom de Dieu, ou du moins sa prononciation, va être gardé secret à travers les siècles. C'est cela qui est visé dans le commandement de Dieu : "Le nom du Seigneur tu ne prononceras en vain". Seul le Grand-Prêtre connaît ce Nom et a le droit de le prononcer, une fois par an, dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, le jour du Yum-Kippur pour appeler Dieu au pardon des péchés de son peuple. Depuis la destruction du Temple (en 70 après Jésus-Christ), nul n'a prononcé ce Nom.

Après avoir lavé les pieds des disciples, Jésus se donne ce Nom à lui-même : « moi, JE SUIS » mais ils ne comprennent pas ce que cette affirmation veut dire, il faut attendre que l’Ecriture s’accomplisse

Jésus lui-même s'applique ce nom par deux autres fois.

La première fois lors de son arrestation au Jardin des Oliviers : "Qui cherchez-vous? - Jésus de Nazareth. - Je suis!" (Jean 18,4) Devant la puissance du nom de Dieu, ceux qui venaient l'arrêter reculent et tombent.

La seconde fois lors de sa comparution devant Caïphe : "Es-tu le fils du Béni? - Je suis, et vous verrez le fils de l'homme siéger à la droite de la Puissance et revenir sur les nuées du ciel." (Marc 14,62) Le grand-Prêtre déchire alors ses vêtements et déclare devant le Sanhédrin qui n'a pas bougé : N'avez-vous pas entendu le blasphème? Jésus ayant dit le nom de Dieu, Je Suis, seul le grand-Prêtre pouvait comprendre le blasphème de cet homme qui se donne le nom de Dieu.

Pour nous aujourd'hui ce nom est perdu, mais pas la possibilité de l'appel. Le Fils unique de Dieu nous a donné un autre nom pour appeler Celui qui est : Notre Père. Il a voulu signifier ainsi que nous sommes, ensemble, aimés de Dieu et héritiers du Royaume puisque par le Baptême nous sommes configurés au Christ, le Premier né d'entre les morts, vivant aujourd'hui dans le Royaume et nous guidant pour que nous-mêmes en prenions possession.

Père JeanPaul Bouvier

55
8 mai 2020

Des demeures – Une Maison

Au fil des ans et des siècles, l’Esprit Saint n’a cessé d’inspirer aux successeurs des Apôtres, les évêques, des moyens pour propager la Bonne Nouvelle : ils forment des théologiens qui continuent la prédication des Apôtres en précisant la foi de l’Eglise, mais aussi, et dans le même temps, ils suscitent des personnes qui sont plus adaptées pour répondre simplement à telle ou telle situation nouvelle dans un esprit évangélique.

Ainsi des mouvements se forment à la suite de fondateurs inspirés tout au long de l’histoire de l’Eglise, certains ont eu une vie éphémère si la situation qui les avait fait naître cessait, ils disparaissaient ; d’autres au contraire ont perduré jusqu’à nos jours en se réformant fréquemment pour répondre toujours mieux aux besoins du peuple chrétien.

Cela ne va pas sans risques car chaque groupe, comme au temps des Apôtres, a une tendance naturelle à ne voir que ses semblables et à exclure les autres. Comme au Ier siècle les successeurs des Apôtres ont la responsabilité d’assurer la cohésion de l’Eglise en montrant aux différentes sensibilités spirituelles qu’elles sont animées du même Esprit Saint reçu lors de leur baptême et qu’avec leurs particularités elles font partie d’un tout qui est l’Eglise locale guidée par l’évêque dans l’église universelle.

La lectures de ce passage d’évangile invite les groupes de chrétiens et chaque personne de ces groupes à une réflexion sur l’exclusion que nous pouvons faire des autres qui ne nous sont pas semblables dans la forme. N’oublions que le fond est le même, nous sommes tous en route sur le ‘Chemin, la Vérité et la Vie’ qu’est le Fils et par Lui chacun de nous voit le Père. Loin d’exclure, réjouissons-nous d’une telle prolifération dans l’Eglise de voix qui s’élèvent pour annoncer l’Evangile avec des accents différents.

Père JeanPaul Bouvier

56
9 mai 2020

Montre-nous le Père

« Il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : ‘Nous voudrions voir Jésus.’ » (Jean 12,20-21)

C’est ce même Philippe qui fait maintenant cette demande : « Montre-nous le Père ». Les Grecs étaient sans doute animés par une curiosité envers cet homme dont tout le monde parlait à Jérusalem ; cela ne peut pas être le cas pour Philippe qui suit Jésus depuis ‘si longtemps’, c’est une demande de foi : il croit que Jésus peut les mettre en présence de Dieu !

La réponse de Jésus semble être empreinte à la fois de tristesse et de lassitude : malgré toutes les œuvres qu’ils ont vues et tous les enseignements qu’ils ont entendus, malgré les explications qui leur étaient données en privé, les Apôtres n’ont toujours pas compris qu’ils étaient avec Dieu-le-Fils qui s’est incarné pour apporter le Salut à l’humanité.

Même après la Résurrection : « Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. » (Matthieu 28,16-17)

Ne sommes-nous pas dans la même position ? Depuis ‘si longtemps’ nous  entendons la Parole du Seigneur, nous avons  reçu l’Esprit dans les Sacrements, nous communions avec foi à son Corps, nous voyons ses œuvres dans l’Eglise et à l’extérieur d’elle…

Pensons à cela lorsque nous aurons la grâce de pouvoir comminer à nouveau régulièrement

Père JeanPaul Bouvier


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