Sixième semaine sans assemblée
2ème sSemaine de Pâques

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CoVid-19

Les églises peuvent fermer
Nos cœurs restent ouverts

  1. La crainte de Dieu
  2. Nicodème
  3. Références
  4. Le groupe des Sadducéens
  5. Il eut faim
  6. Un jeune garçon anonyme
  7. Saint Marc

De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie (Jean 20,21)

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19 avril 2020
Dimanche de la Miséricorde

La Crainte de Dieu

Cette expression surprend toujours parce que nous ne retenons qu’un seul sens du mot ‘crainte’ celui qui est synonyme de peur. Cette acceptation a même été développée au point de devenir une véritable terreur à certaines époques. C’est par une conception très humaine de la justice de Dieu qui pèserait nos péchés et nos égarements avec un trébuchet rigoureux.

Il y a deux révélations, au moins, qui s’inscrivent en faux face à cette interprétation.

La première consiste en la justice de Dieu. La pesée de nos péchés se fait en mettant de l’autre côté l’amour de Dieu pour les hommes. Le Père n’a-t-il pas accepté le sacrifice de son Fils pour la rémission de tous les péchés de tous les hommes ? Et malgré le prix payé pour la rançon il demanderait encore des comptes ? La justice de Dieu n’est pas un jugement mais au contraire ce qui va rendre juste le pécheur.

La seconde est illustrée par la finale la fable de La Fontaine les deux amis : « Vous m’êtes en dormant un peu triste apparu J'ai craint qu'il ne fût vrai ; je suis vite accouru. » Voilà le vrai sens de La crainte de Dieu, c’est la peur de ne plus être en communion avec Lui, non dans la perspective d’un châtiment mais simplement par amour. Une incertitude de tous les instants de ne plus être chrétien, de ne pas correspondre à l’amour infini de Dieu, Père, Fils et Esprit.

Ce que vivait la première communauté est une inquiétude de vie, d’être configuré au Christ, non seulement par le Baptême, mais aussi par une vie qui lui serait conforme. Nous comprenons mieux alors les agissements des premiers disciples de Jésus ressuscité : ils sont « fidèles à écouter l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle » pour apprécier si leur façon e vivre est évangélique ; « [fidèles] à rompre le pain et à participer aux prières » pour recevoir la force de l’Esprit Saint qui leur donne le discernement dans le quotidien.

Dans la situation d’isolement que nous vivons actuellement, confinés ou au travail, nous suivons l’exemple de cette première communauté chrétienne : fidèles à l’enseignement des Apôtres en lisant et en appliquant  la Parole qui nous est donnée ; fidèles à la communion fraternelle par l’entraide qui se manifeste partout ; fidèles à une prière commune grâce aux moyens de communication ; mais privés pour l’instant de la fraction du pain qui avive notre désir de communauté.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de Notre Dame de Nesle
Modérateur de sainte Radegonde

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20 avril 2020

Nicodème

Nicodème est un personnage récurrent dans le IVème évangile et dans trois épisodes de la vie de Jésus :

  • Il vient rencontrer personnellement Jésus pour professer sa foi, il est le Messie : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Mais il vient de nuit, en cachette, par peur des autres pharisiens alors qu’il est lui-même un docteur de la Loi reconnu et respecté. ; « un notable parmi les juifs »
  • Membre du Sanhédrin, il essaie de défendre – timidement – Jésus devant les pharisiens : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » (Jean 7,51) Mais il ne développe pas ses arguments pour la défense de celui qu’il considère comme le Messie. Il se tait lorsqu’on l’accuse d’être un disciple craignant pour sa propre vie
  • Après la mort de Jésus, il monte au tombeau avec une quantité importante d’aromates pour ensevelir le corps martyrisé : « il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. » (Jean 19,39) C’est au crépuscule, au moment où le sabbat va commencer, le moment ou tout Jérusalem prépare la fête, discrètement, il accompagne Joseph d’Arimathie pour rendre ce dernier hommage au Maître – avec démesure.

Nicodème croyait en Jésus mais la pression sociale, sa place parmi ses pairs, le ‘qu’en dira-t-on’ l’empêchait de se déclarer ouvertement disciple de cet homme. Dans l’obscurité, il vient l’écouter et se recueillir sur son corps. Pourtant Jésus l’avait averti : « celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. » (Jean 3,21) L’évangéliste ne nous dit pas si Nicodème a rejoint les rangs des chrétiens après la Résurrection du Christ suivant notre humeur nous répondrons affirmativement ou négativement…

La personne de Nicodème permet à l’évangéliste de viser chacun d’entre nous : nous croyons au Christ, Fils éternel du Père venu pour sauver tous les hommes, mais nous aussi nous sommes sensibles à notre position sociale, à la façon dont nous sommes perçus par nos contemporains. De temps en temps, nous défendons l’Eglise et la Parole de Dieu mais – trop souvent – assez mollement comme Nicodème au milieu des autres pharisiens.

Père JeanPaul Bouvier

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21 avril 2020

Références

Lorsque Jésus en peu de mots évoque le Serpent de bronze, un érudit comme Nicodème pense immédiatement à l’épisode du Peuple de Dieu sans le désert. Mais ce n’est pas notre cas ! Voici le passage auquel le Seigneur fait allusion :

« Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ! » (Nombres 21,4-9)

Jésus précise qu’il faut que le Fils de l’homme soit élevé comme le Serpent de bronze. C’est une autre allusion compréhensible pour Nicodème :

« Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Daniel 7,13-14)

Ce ‘Fils d’homme’ vient avec les nuées qui sont un des attributs de Dieu. Cette nuée qui guidait le peuple dans le désert (cf. Exode 13,21), qui remplit la Tente de la Rencontre lorsqu’elle est achevée (cf. Exode 40,1-35) et pareillement lorsque Salomon consacre le Temple de Jérusalem (cf. 1Rois 8,1-13)

La juxtaposition de ces deux éléments, le Serpent et la Nuée suggère deux interprétations possibles de l’enseignement du Christ :

  • Quiconque regarde le Christ en Croix, élevé de terre au ‘lieu du Crâne’, le Golgotha put y voir Dieu-le-Fils offrant sa vie pour le pardon des péchés de tous les hommes et dire comme le centurion qui gardait l’endroit : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! » (Matthieu 27,54). Cette déclaration est une profession de foi qui appelle le Salut : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. » (Matthieu 10,32)
  • Le Christ invite Nicodème à aller plus encore et à contempler, à travers le sacrifice de la Croix, la Gloire  de Dieu manifestée dans le Fils lorsque son retour sera annoncé par les nuées.

Contemplant combien ce texte est expliqué par l’Ecriture, il incite à nous laisser imprégner par la parole que Dieu adresse aux hommes pour que nous soyons toujours plus proches de Lui en comprenant le message qu’Il délivre à chacun de nous aujourd’hui et là où nous sommes.

Père Jean Paul Bouvier

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22 avril 2020

Le groupe de Sadducéens

Dès leur origine les Sadducéens ne cessent de s'opposer aux Pharisiens, luttant avec eux pour s'assurer la prédominance politique dans le pays. Leur nom (Sadduqim) semble dériver de celui de Sadoq, le Grand Prêtre investi par Salomon (cf. 1Rois 2,35), dont les descendants se considéraient comme les détenteurs légitimes du sacerdoce israélite. Ils sont mal connus car ils disparaîtront dans la catastrophe de 70, et ils n'ont laissé pratiquement aucun écrit.

Si le mouvement Sadducéen compte dans ses rangs des laïcs, la plupart des membres appartiennent à la classe sacerdotale. Le Grand Prêtre et les prêtres occupent parmi eux les premières places, et leur influence se fait surtout sentir dans le cadre du Temple puisqu’ils ont le monopole des sacrifices.

Laïcs ou prêtres, les Sadducéens se recrutent de toutes manières dans les classes aisées de la société Juive. Ils constituent un groupe assez fermé, fondé sur le privilège de la naissance et de la fortune, et n'exercent que peu d'influence sur les masses populaires.

Proches du pouvoir, ils se montrent accueillants à l'hellénisme et conciliants à l'égard de l'occupant romain... dans la mesure où leurs privilèges sont sauvegardés. Ils préconisent donc la modération et s'attachent à contenir les mouvements insurrectionnels et messianiques. C'est sans doute pour cela qu'ils jouent un rôle important dans les récits de la Passion de Jésus. Cependant, en 66, l'un d'entre eux déclenchera la révolte, et plusieurs n'hésiteront pas à payer de leur vie leur attachement à la Loi et au culte de Dieu.

Comme les Pharisiens, les Sadducéens ont leurs scribes, avec une théologie et un droit propre, qui n'ont été transmis que très fragmentairement puisqu'ils ont été supplantés ensuite par ceux des Pharisiens. Dans le domaine doctrinal, ils font figure de conservateurs intransigeants.

Rejetant toute tradition orale, ils s'en tiennent rigoureusement au texte de la Loi dont les prêtres sont, à leurs yeux, les seuls interprètes autorisés. Ils se montrent d'ailleurs très attachés à cette prérogative. Ils n'ont que dédain pour les développements dogmatiques récents et nient notamment l'immortalité personnelle, le jugement après la mort, la résurrection et, peut-être aussi, l'existence des anges.

Ils demeurent attachés aux conceptions des anciens sages d'Israël telles qu'elles s'expriment par exemple dans les livres des Proverbes ou de Qohélet : pour eux, la vie de l'homme aboutit au sombre séjour du Shéol. En outre, ils restent très distants par rapport aux spéculations apocalyptiques de l'époque.

Pour toutes ces raisons, ils ne pouvaient que s’opposer à la prédication de Jésus, puis des Apôtres.

Père JeanPaul Bouvier

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23 avril 2020

Il eut faim !

« Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable.

Cette phrase prête un peu sourire lorsqu’elle est lue en chaire ; l’esprit humain, toujours caustique, pense qu’au bout de quarante jours il est logique que le corps, la ‘Chair’, réclame ce qui lui est dû.

C’est oublier que le jeûne – juif puis chrétien – n’est pas constitué par une absence totale de nourriture mais qu’elle soit remise à sa place afin que l’esprit, par une attitude détachée de l’alimentation, puisse se libérer des contingences matérielles et se tourner totalement vers Dieu.

Il y a aussi le symbolisme du chiffre quarante : « Et la pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. » (Genèse 7,12) ; « Moïse entra dans la nuée et gravit la montagne. Moïse resta sur la montagne quarante jours et quarante nuits. » (Exode 24,18) ; Jésus Ressuscité forme ses Apôtres : « pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. » (Actes 1,3)

Le nombre indique qu’il y a un ‘avant’ et un ‘après’ la période ainsi déterminée mais ce n’est pas une césure complète : il faut que l’homme construise l’après. Dieu lui propose ce temps privilégié comme une alliance renouvelée, il ne lui impose pas un chemin déterminé !

  • Ainsi Noé ne sort pas de l’arche immédiatement, il attend la décrue avant de pouvoir planter une vigne (symbole du peuple de Dieu)
  • Ainsi Moïse doit attendre que les hébreux se purifient et se débarrassent des regrets de leur vie en l’Egypte, qu’ils deviennent un peuple nouveau et fasse confiance au Seigneur
  • Ainsi les Apôtres doivent attendre le don de l’Esprit Saint de la Pentecôte pour annoncer l’Evangile et inviter toute l’humanité à entrer dans le Royaume.

Nous en sommes là ! Depuis quarante jours nous vivons un jeûne eucharistique et nous avons faim ! Mais nous savons qu’il nous faut encore attendre, combattre les tentations qui se présentent à nous toujours plus vivaces. Attendre le jour où nous serons de nouveaux Noé initiateurs d’un peuple renouvelé ; nouveaux Moïse pour donner la Loi de Dieu autour de nous ; nouveaux Apôtres pour révéler l’amour du Père : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? » (Romains 8,31-32)

« Ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. » (Actes 2,47)

Père JeanPaul Bouvier

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24 avril 2020

Un jeune garçon anonyme

Le quatrième évangéliste insiste sur l’importance de l’assistance, il précise une ‘grande’ foule et un verset après une foule ‘nombreuse’. Ces gens se précipitent pour voir et écouter cet homme dont la parole touche le cœur et non pas seulement l’intelligence : il fait comprendre la portée du projet de Dieu sur l’humanité et chaque personne se sent radicalement concernée et transformée.

Mais Jésus ne se contente pas de délivrer son message, il a le souci de chaque homme et de chaque femme individuellement y compris dans les détails matériels comme la nourriture ; cette multitude a besoin d’une alimentation spirituelle mais leur corps a aussi besoin d’une nourriture plus concrète. Le Christ ‘teste’ la confiance de ses disciples en leur demandant d’aller acheter du pain pour nourrir cette foule. Philippe n’y voit que l’impossibilité financière, le groupe des Apôtres n’a pas assez d’argent pour ‘acheter’ du pain ; André recense ce qu’ils ont : cinq pains et deux poissons qu’un jeune garçon a apportés avec lui.

Jésus aurait pu transformer des pierres en pain comme le Diable l’avait suggéré dans les tentations au désert (cf. Luc 4,3) ; il aurait pu renouveler le miracle de la manne (cf. Exode 13,31sv.) ; il aurait pu créer du pain ex nihilo mais il a voulu que cela vienne de l’assemblée, que ce soit une participation active de ceux qui l’écoutent. C’est donc ce qu’avait apporté un jeune garçon dans son sac qui sert de base au miracle de la multiplication des pains.

Ce ‘jeune garçon’ reste anonyme, nous savons simplement qu’il accepte de partager avec Jésus ce qu’il a prévu pour son propre repas, sans se douter que sa petite contribution va permettre de nourrir ‘cinq mille hommes’…

Chacun d’entre nous, chrétiens d’aujourd’hui, est ce jeune garçon ! Ce passage de l’Evangile nous interroge sur ce que nous possédons : cherchons ce que-nous pouvons mettre aujourd’hui à la disposition du Christ et de son Eglise ? Même si nos forces et nos moyens nous semblent dérisoires, soyons sûrs que, s’ils sont donnés avec foi et confiance, ils serviront à nos frères et sœurs, bien au-delà de leur nécessaire, cela deviendra surabondant, nos ‘cinq pains d’orge’ deviendront, après satiété, ‘douze paniers pleins’… Ce que nous offrons n’est pas une question de quantité ou de valeur, la ‘pauvre veuve’ n’offrait que ‘deux piécettes’ (cf. Luc 21,1-4) au Temple de Dieu et pourtant elle provoque l’admiration de Jésus parce qu’elle les donne sans arrière-pensée.

L’Evangile est un guide pour nos vies, les personnages secondaires – comme ce jeune garçon – nous montrent des façons de servir le Christ, elles sont diverses, variées et adaptées à la personnalité de chacun. Il est bon de tirer profit de ces exemples pour que chacun trouve sa propre voie.

Père JeanPaul Bouvier

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25 avril 2020

Saint Marc

Une trentaine d’années après la mort, la Résurrection et l’Ascension du Christ, les témoins de ces événements ont commencé à disparaître. Il semblait alors indispensable de fixer par écrit leurs témoignages afin de pouvoir les transmettre de communauté en communauté de façon sûre et universelle. Peu de temps après, la persécution de Néron en 64 a entrainé le martyre de saint Pierre, crucifié puis inhumé dans le cimetière du mont Vatican, ainsi que la martyre de saint Paul décapité à l’extérieur de la ville.

Saint Marc, celui que Pierre appelle ‘son fils’ (cf. 1Pierre 5,14)) a aussi été le compagnon de saint Paul : « Quant à Barnabé et Saul, après avoir accompli leur ministère à Jérusalem, ils revinrent, ramenant avec eux Jean, surnommé Marc. » (Actes 12,25 ; cf. Actes 15,37-39). Il est le premier à rédiger un ensemble de la prédication de Jésus avant la destruction de Jérusalem et du Temple de Dieu (70) et même avant la persécution. Papias (évêque d’Hiérapolis vers 150, la plus ancienne tradition parlant du Nouveau Testament et l’attribuant nommément aux auteurs) le désigne comme l’interprète de Pierre dans sa prédication romaine. Même s’il apparait en second dans les Bibles, il est bien le plus ancien.

Le prologue de saint Marc est plus que laconique, un verset : « Commencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » (Marc 1,1) Ce qui s’est passé avant ne présente pour lui aucun intérêt, ce qui compte c’est la prédication de Jésus. Marc est un jeune homme qui suit ce Messie annoncé par les prophètes, les origines de cet homme charismatique qui subjugue les foules passent au second plan.

Une des rares scènes qui n’apparaissent que dans l’évangile de saint Marc se situe lors de l’arrestation de Jésus, tous les disciples s’enfuient : « un jeune homme suivait Jésus ; il n’avait pour tout vêtement qu’un drap. On essaya de l’arrêter. Mais lui, lâchant le drap, s’enfuit tout nu. (Marc 14,51-52). Il semblerait que cette anecdote soit arrivée à l’auteur lui-même traumatisé d’avoir fui ainsi, la nudité étant source d’opprobre dans le judaïsme.

En ce jour où l’Eglise nous invite à le fêter, cela peut être pour nous l’occasion de le relire entièrement (c’est le plus court : 16 chapitres seulement) nous aurons ainsi l’occasion d’écouter la prédication de chef des Apôtres telle qu’il la faisait dans la ville de Rome. Nous serons confortés dans notre désir de transmettre la Bonne Nouvelle comme annoncée par Simon-Pierre : « Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant’ ! »

Père JeanPaul Bouvier


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