Cinquième semaine sans assemblée
Octave de pâques

Si vous désirez recevoir toutes les semaines l'éditorial pour le dimanche suivant,
envoyez-moi votre adresse de courriel et vous serez inscrit dans la liste de diffusion.

CoVid-19

Les églises peuvent fermer
Nos cœurs restent ouverts

  1. Pierre aperçoit - le disciple voit !!
  2. Arranger ma vérité
  3. Que devons-nous faire ?
  4. Esprits lents à comprendre
  5. Vous serez mes témoins
  6. C'est le Seigneur
  7. Refus de croire

Vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ. (Romains 6,11)

29
12 avril 2020
Dimanche de le Résurrection

Pierre aperçoit – Le Disciple voit !

Dans le texte grec du IVème évangile les deux verbes sont différents, même si un traducteur peu attentif pourrait les traduire tous les deux par ‘voir’. Le premier celui qui s’applique à Pierre, traduit ici par ‘apercevoir’ est voir en spectateur, poser son regard ; le second pour l’autre Disciple’ signifie voir en analysant, discerner, découvrir.

Cela correspond à l’attitude de ces deux hommes : Pierre contemple la scène avec étonnement, il constate ce que Marie-Madeleine leur a dit, le tombeau est vide, le corps de Jésus n’est pas là, où peut-il avoir été mis ? Pour l’autre Disciple, au contraire, l’évidence saute aux yeux, si le Christ n’est pas dans le linceul bien étalé à sa place, il est ressuscité ! Non pas comme Lazare avait été réanimé : « Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : ‘Déliez-le, et laissez-le aller.’ » (Jean 11,44). Le Christ est sorti d’une façon tout à fait différente, ayant abandonné les linges mortuaires à leur place. L’autre Disciple perçoit ainsi la révélation du mystère de la Résurrection.

Pierre est un des disciples de la première heure, choisi parmi les Apôtres puis établi comme berger des brebis du Seigneur. Il a été témoin de la Transfiguration de Jésus parlant avec Moise et Elie (cf. Marc 9,2) tout en se demandant ce que voulait dire ressusciter d’entre les morts (cf. Marc 9,10). Mais il n’a pas pu veiller avec le Christ au jardin de l’agonie (cf. Marc 14,37) et il va jusqu’à renier Celui dont il disait être prêt à mourir pour Lui (cf. Marc 14,72).

L’autre disciple n’apparaît qu’au moment de la Cène. Il est placé entre Pierre et Jésus (cf. Jean 13,23-24). Au pied de la Croix, il reçoit la Vierge Marie comme Mère et il devient son fils. C’est lui parmi tous les disciples qui reconnaîtra et montrera à Pierre le Seigneur Ressuscité présent au bord du lac (cf. Jean 21,7)

Chacun d’entre nous a, comme Pierre et l’autre disciple, son propre charismr pour annoncer l’Evangile et nous nous retrouvons avec eux dans l’immense communion des saints, « une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. » (Apocalypse 7,9). Dans l’atmosphère de confinement actuel, nous ressentons plus encore cette présence intemporelle de l’Eglise.

Père JeanPaul Bouvier

30
13 avril 2020

Arranger ma vérité

Lors de son procès, les grands-prêtres avaient fait venir de faux témoins pour affirmer devant leur tribunal que Jésus voulait détruire le Temple. Après sa mort, ils ont soudoyé les soldats de garde au Tombeau pour qu’ils accusent les disciples du vol de son cadavre.

Comme c’est facile de maquiller la vérité pour la faire correspondre à ce qui est souhaité qu’elle soit. Ce n’est pas toujours volontaire, tous les scientifiques savent que leur lecture des résultats d’une expérience est directement influencée par ce qu’ils cherchaient à démontrer en montant cette étude.

Pour les grands-prêtres, il était impossible que Jésus ressuscitât ; donc il n’est pas ressuscité, mais le corps a été dérobé. Pour saint Thomas aussi c’était impossible, il demandait les preuves des sévices que le supplicié avaient endurés : les trous dans les mains et la plaie dans le côté et il obtient cette réponse : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » (Jean 20,29). Pour beaucoup de nos contemporains, c’est tout aussi impossible, cela ne peut être qu’une mystification.

Les chrétiens par la grâce des Sacrements reçoivent l’Esprit de discernement qui leur permet d’analyser les événements les plus inattendus et d’y distinguer l’action du Seigneur : « Car rien n’est impossible à Dieu. » (Luc 1,37)

En particulier dans cette crise que nous traversons, devant toutes ces personnes qui risquent leur vie pour sauver celle des autres cela rappelle la phrase de Jésus : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean 15,13) Toutes n’ont pas la foi mais elles reconnaissent en l’Autre un frère ou une sœur. Nous redécouvrons aussi les liens de la famille que nous en soyons éloignés ou (trop) proches. Et pour nous tout particulièrement, nous redonnons à la communauté toute son importance depuis que nous en sommes privés.

Devant tous ces bouleversements, nous entendons tout spécialement les paroles du Christ glorieux : « Il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » (Jean 20,19) et aussi : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28,20)

Père JeanPaul Bouvier

31
14 avril 2020

Que devons-nous faire ?

Combien de fois, en tant que confesseur, j'ai entendu cette question : ‘Que dois-je faire ??’ Et à chaque fois, je repense à cette même question qui est posée à saint Pierre le jour de la Pentecôte. Et à chaque fois, je suis frappé par la simplicité de la réponse de l’Apôtre : « Convertissez-vous ! » suivi de la promesse : « Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. ».

Quelle leçon devons-nous tirer de cette péricope des Actes des Apôtres ? En premier lieu que le message de l'Evangile nous renvoie toujours à notre propre conscience éclairée par l’Esprit : ‘Que dois- je faire ici et maintenant ? Est-ce que c’est inspiré par Dieu ?’ La réponse dépendra des circonstances : celle que je vais donner aujourd'hui n'est peut-être pas celle que je donnerai demain ou que j'aurais donnée hier et elle est certainement différente de celle que donnerait une autre personne.

Dieu le Père a créé l'être humain libre en lui laissant même la possibilité de se séparer de son Créateur ; Dieu le Fils nous propose un chemin pour venir vers le Père et met en nous, par les Sacrements qu'il nous a laissés, Dieu l'Esprit pour que nous ayons en nous la force de prendre cette route.

L'Eglise, inspirée par l'Esprit Saint, conseille de faire un ‘examen de conscience’ le soir pour reprendre sa journée avec le Seigneur, non pas seulement en fonction d'une loi, mais en fonction des contingences qui m'ont amené à faire tel acte ou à dire telle parole. Le passage d'Evangile d'aujourd'hui est une invitation à regarder ma vie comme le Christ regardait ceux qui venaient vers lui, sans complaisance mais avec amour.

La réponse à la question initiale est donc une autre question : " Que ferait le Christ s'il était à ma place ? " La direction que je donnerai à ma vie sera beaucoup plus claire et plus évangélique.

Père JeanPaul Bouvier

32
15 avril 2020

Esprits lents à comprendre

Lorsqu’il s’adresse aux pèlerins d’Emmaüs, le Christ ressuscité leur reproche de ne pas avoir compris à partir des Ecritures qu’il fallait qu’il souffrît. La lecture messianique des textes de la Bible, à l’époque de Jésus, envisageait un roi comme David qui rétablirait le Grand Israël comme royaume autonome en rejetant toute occupation étrangère. Les psaumes et les chants du serviteur souffrant du prophète Isaïe étaient lus comme les avanies que subissait le peuple de Dieu depuis deux ou trois siècles avec des occupations successives par différents peuples. Les scribes et les rabbis y voyaient davantage la prédication de la profanation du Temple à la période des frères Maccabées (voir les livres des Martyrs d’Israël) que s’appliquant à un seul homme.

Les disciples du Christ n’ont pas pu comprendre que ces messages faisaient allusion à Jésus. Le titre de fils de l’homme que Jésus se donnait dans ses paraboles et ses discours évoque une venue dans la gloire et non dans une condamnation d’émeutier entraînant l’infamie d’une mort sur la croix.

Mais nous sommes vingt siècles après les événements ; nous n’avons pas l’excuse d’une interprétation limitée des textes sacrés, depuis deux mille ans des commentaires, des méditations, des homélies ont développé cet aspect de la mission du Christ.

Pourtant, comme les compagnons d’Emmaüs, nous aimerions ne retenir que le côté glorieux et nous sommes quelquefois déçus que le Christ ne se manifeste pas dans sa gloire dès aujourd’hui. L’Ecriture nous donne les clefs de l’action à mener. Ne nous contentons pas d’une explication habituelle et scolastique, dans notre méditation de la Parole de Dieu, laissons-nous saisir par le Christ qui nous expliquera l’interprétation à en donner pour notre temps.

Père JeanPaul Bouvier

33
16 avril 2020

Vous serez mes témoins

Le mot ‘témoin’ est beaucoup plus fort que la façon dont il est utilisé habituellement ; le mot grec est marturos dont la tradition a utilisé la translittération en martyre (l’exécution) et martyr (la personne).

Le chrétien est donc, par définition même, un martyr puisqu’il est appelé à témoigner à temps et à contretemps de cet événement inouï qu’est la Résurrection du Christ, gage de notre propre résurrection à la fin des temps.

Une tentation serait de se dire que tout le monde connaît Jésus-Christ est qu’il n’est plus nécessaire de l’annoncer dans notre société.

C’est vrai et c’est faux.

C’est vrai parce que la personne humaine de Jésus est enseignée dans les collèges au point de vue historique, comme un individu qui a marqué son époque et que ses disciples ont transformé l’histoire du monde occidental jusqu’à aujourd’hui.

C’est faux parce que la Personne divine de Jésus, le Fils unique du Père et coéternel à Lui, n’est plus tellement perçue par nos contemporains, voire même par certaines personnes qui se disent chrétiennes.

Notre témoignage d’aujourd’hui a donc un autre point d’application que celui que les Apôtres ont eu, même si le message à faire passer n’a pas changé d’un iota. >Nous devons dégager le Christ Jésus de son image de « fondateur de religion » pour lui rendre, dans la conscience des hommes, son action de Sauveur.

Dans notre époque matérialiste, il est important de souligner que le Salut n’est pas une affaire de réussite sociale mais de réussite humaine. En nous dégageant de la course au biens matériels, nous pourrons être comme le dit l’Apôtre Paul des coureurs du Christ, ceux qui courent  pour la palme du vainqueur et non pour une récompense en espèces sonnantes et trébuchantes (cf. 1Corinthiens 9,24). En avançant sur le chemin du Christ nous n’aurons peut-être pas la considération de nos contemporains, mais nous pourrons nous épanouir dans notre humanité pour devenir vraiment homme comme le Christ lui-même.

« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Matthieu 5,48) disait Jésus à ses Apôtres, prenons cette exhortation pour nous aujourd’hui, nous sommes appelés à la perfection et, au lieu de dire que ce n’est pas possible, que personne ne peut être parfait, faisons confiance à l’Esprit que nous recevons quotidiennement et témoignons d’un Christ vivant qui n’abandonne pas des disciples.

Père JeanPaul Bouvier

34
17 avril 2020

C’est le Seigneur !

Une fois de plus le ‘disciple que Jésus aimait’ est le premier à reconnaître le Seigneur ressuscité. Comme le matin de la Pâques, au moment où il est entré dans le tombeau après s’être effacé devant Simon-Pierre : « il voit et il croit » (cf. Jean 20,8). Il regarde les événements avec les yeux de la foi !

Apparemment, les autres disciples n’ont pas été troublés par la pêche miraculeuse que cet inconnu leur a permis de faire. Cent cinquante-trois gros poissons ! Ils auraient dû se rappeler du début du ministère public de Jésus (cf. Luc 5,4-6) A l’époque ils avaient reconnu en Lui l’envoyé de Dieu, Celui que tout Israël attendait « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. » (Luc 5,11)

« Aucun des disciples n’osait lui demander : ‘Qui es-tu ?’ Ils savaient que c’était le Seigneur. » Cette attitude des disciples surprend, ils semblent être pétrifiés devant cette apparition, ils attendent de savoir ce que le Christ leur veut.

Ce passage de l’évangile de saint Jean est instructif pour nous puisque nous sommes chrétiens, disciples du Christ.

Quelquefois, nous faisons ce que nous savons faire, comme ces pêcheurs qui connaissent bien leur métier, mais sans efficacité. Nous avons besoin que le Christ vienne nous dire de recommencer, mais cette fois avec Lui, sur Ses conseils pour que ce soit ‘productif’ : « C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits » (Matthieu 7,17)

Quelquefois, nous savons reconnaître la présence du Christ comme ‘le disciple que Jésus aimait’ et nous la signalons autour de nous à ceux qui ne l’ont pressentie même si ce sont d’autres que nous qui prendront l’initiative d’aller au-devant de Lui.

Quelquefois, comme Simon-Pierre nous nous ‘jetterons à l’eau’ (au sens figuré) pour rejoindre le Seigneur après nous y être préparés pour que nous soyons présentables devant Lui.

Notre vie spirituelle est une alternance entre ces attitudes, et bien d’autres, mais toujours guidée par une approche du Christ. Le temps de confinement que nous vivons permet de relire notre passé pour y découvrir les appels du Seigneur.

Père JeanPaul Bouvier

35
18 avril 2020

Refus de croire

Un jour, un homme apostropha un prêtre à la sortie de la messe :

- Je ne crois pas en Dieu et j’en suis fier !
- Avez-vous lu l’Ancien Testament ?
- Non ! Je vous dis que je ne crois pas en Dieu !
- Avez-vous lu le Nouveau Testament ?
- Puisque je vous dis que je ne crois pas !
- Avez-vous lu les écrits des saints, de l’Eglise, des papes ?
- Mais enfin ! Je vous dis que je ne crois pas !
- Alors ne dites pas que vous ne croyez pas, dites que vous êtes ignorant et ne soyez pas fier de votre ignorance.

Ce n’était pas le cas des disciples. Depuis leur plus tendre enfance, ils avaient été baignés dans la culture et les textes bibliques. Pendant pratiquement trois ans, ils ont suivi Jésus, ils ont vécu avec Lui, ils ont vu les miracles qu’il a fait, ils ont entendu ses prédications, ses appels pour croire en Lui comme Sauveur, ses annonces de la Passion et de la Résurrection.

Pourtant lorsque Marie-Madeleine vient leur dire qu’elle L’a vu et qu’Il est vivant, ils refusent de la croire et ils continuent « à s’affliger et à pleurer ». Comme ce n’est pas humainement possible, cela ne peut pas être vrai. De même lorsque deux hommes qui avaient quitté Jérusalem désespérés de la mort de Celui qu’ils croyaient « que c’était lui qui allait délivrer Israël. » (Luc 24,21) reviennent leur annoncer qu’ils L’ont rencontré sur la route, les disciples ne les croient pas. Ils sont tous comme Thomas : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jean 20,25). Il faut que le Christ Ressuscité lui-même se manifeste à eux pendant le repas (comme pour les compagnons d’Emmaüs)

Et nous ? Nous connaissons l’Ecriture et tout ce que l’Eglise nous a transmis à travers les siècles ; par les Sacrements nous recevons l’Esprit Saint qui nous permet d’interpréter tous les signes qui nous sont donnés et l’œuvre du Christ dans le monde et comme à ses disciples « il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs »

Le confinement que beaucoup d’entre nous sont obligés de vivre devrait nous permettre d’approfondir notre lecture de cette parole pour ne plus être ignorants comme cet homme qui se disait athée. Le Seigneur nous donne cette opportunité, ne la laissons pas passer !

Père JeanPaul Bouvier


Index


papes


Conciles


Prières


Saints


liens


JP Bouvier



éditoriaux


Ministères


Récollections


Réactions