33ème dimanche du
Temps Ordinaire
Année "C" saint Luc

1

Lycée Militaire d'Autun

15 novembre 1998

Détruisez ce Temple, en trois jours, je le reconstruirai.

2

Fort Neuf de Vincennes

14 novembre 2010

Vous serez détestés de tous

3

Secteur Vermandois

17 novembre 2013

Le Temple de Dieu

4

Nesle & Athies

13 novembre 2016

Ce qu’il faut faire pour nous imiter

Malachie 3,19-20a
Psaume 97
2Thessaloniciens 3,7-12
Luc 21,5-19

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15 novembre 1998

Lycée Militaire d'Autun

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Détruisez ce Temple, en trois jours, je le reconstruirai.

Cette expression que l'on trouve aussi dans les évangiles de Matthieu (26,61) de Marc (14,58) et de Jean (2,19sv.) et ce dimanche en Luc, est utilisée par Jésus en face des ses disciples qui admirent les pierres et la richesse du Temple de Jérusalem.

En utilisant une telle formule qui scandalise ses auditeurs pour qui le Temple est le seul lieu de la présence de Dieu, le Christ veut attirer leur attention sur leur façon de concevoir Dieu, de l'enfermer dans le Saint des saints, sans l'autoriser à en sortir.

Ce Temple est fait de main d'homme (Mc 14,58). La restauration en avait été commencée par le roi Hérode le grand au moment de la naissance de Jésus. La motivation du roi était davantage politique pour se faire reconnaître et se concilier les juifs (il était plus ou moins un usurpateur) que spirituelle (il n'avait aucun rôle spirituel, il ne semble même pas qu'il fût oint).

Cette idée sera reprise dans les écrits du Nouveau testament : " Mais le Très-Haut n'habite pas dans ce qui est fait de main d'homme " (Actes 7,48) et surtout dans l'épître aux Hébreux : " Car Christ n'est pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu ". (Hébreux 9,24)

Les conclusions que nous pouvons en tirer pour nous dans notre propre histoire sont que très souvent nous aussi nous enfermons Dieu, dans une église, dans le tabernacle, dans les œuvres caritatives. Nous faisons une dichotomie totale entre notre "vie de tous les jours " et notre "vie spirituelle ".

A notre Baptême et à toutes les vigiles pascales, nous évoquons le Christ comme la Lumière de notre vie, comme celui qui éclaire nos pas, comme celui qui nous guide vers le Royaume de Dieu. Est-il question d'une lumière intermittente comme les guirlandes de Noël ? Que nenni ! Le Christ nous éclaire à chaque instant de notre vie de pécheurs. Nous ne la voyons pas parce que nous fermons les yeux ou que nous nous mettons des lunettes noires.

Le chrétien, où qu'il soit, est un homme debout, les yeux ouverts, dans la Lumière, prêt à proclamer le Christ à temps et à contretemps. Relisons le chapitre 25 de l'évangile de saint Matthieu "à chaque fois que vous l'avez fait au pus petit de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. "

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Lycée Militaire d'Autun


14 novembre 2010

Fort Neuf de Vincennes

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Vous serez détestés de tous

En parlant de ‘laïcisme agressif envers l’Eglise Catholique’ lors de son voyage en Espagne, le pape Benoît XVI a soulevé un tollé de protestations diverses ; le droit de se sentir agressée est refusé à l’Eglise pourtant force est de constater que toutes les occasions semblent bonnes pour ridiculiser ou accuser de passéisme le pape, le clergé et les fidèles, formes de persécution nouvelles et insidieuses.

L’attentat contre la cathédrale de Bagdad n’a entraîné aucune protestation de ces mouvements antiracistes qui montent aux créneaux dès qu’il s’agit d’un édifice religieux non chrétien : « Ce ne sont que des catholiques ! » (sic) Les personnes qui ont été touchées à l’extérieur de l’église ont été qualifiées ‘d’innocentes victimes’ mais pas celles qui célébraient pacifiquement à la messe !

L’évangile de ce dimanche montre que Jésus avait prévenu ses disciples, le message d’amour et de Salut qu’il leur donne à transmettre ne peut pas être bien reçu par l’humanité parce qu’il remet en cause son confort intellectuel et matériel. En même temps qu’il annonce la difficulté de cette annonce, il assure ses auditeurs de son aide sans restriction en leur disant : « Vous n’avez pas à vous soucier de votre défense, moi-même je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. » (Luc 21,15)

C’est bien ici et maintenant que le Fils éternel du Père inspire ceux qui sont persécutés à cause de son Nom. Chaque chrétien est directement inspiré par Lui pour vivre l’Evangile dans le monde qui l’entoure, seul, en communauté locale ou dans l’Eglise universelle. A travers les siècles des prophètes et des saints se sont levés, illuminés par l’Esprit Saint, le défenseur que le Christ avait promis d’envoyer à des disciples (cf. Jean 14-16) Et cela n’a pas cessé : aujourd’hui encore des hommes et des femmes témoignent par leur vie de cette inspiration divine.

Par le Baptême, nous sommes entrés dans la Vie éternelle avec le Christ ressuscité ; par la Confirmation nous sommes devenus propagateurs de la Bonne Nouvelle du Salut ; ces grâces d’état qui nous ont été données ne doivent pas être passées sous silence, laissons agir le feu de la Parole qui rend notre cœur tout brûlant comme pour les disciples d’Emmaüs (cf. Luc 24,13ss)

Sainte Bernadette, devant l’incrédulité de son curé, lui aurait dit : « La Dame m’a chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. » Comme elle, nous avons le devoir d’annoncer l’Evangile par le discours et l’exemple de notre vie, pas de forcer les gens à croire.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique du Fort Neuf de Vincennes


17 novembre 2013

Secteur Vermandois

n° 714

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Le Temple de Dieu

Les chrétiens – d’une façon générale – n’ont qu’une notion approximative de l’importance du Temple de Jérusalem dans la foi juive. Si, par le passé, les croyants de l’Ancien Testament ont érigé des stèles et des autels, ce n’étaient que des empilements provisoires de pierres brutes, abandonnés aussitôt qu’ils avaient été utilisés (e.g. le ‘sacrifice d’Abraham’ Genèse 21,1-13) Ce n’est que lorsque le Peuple de Dieu a été constitué par la libération de l’esclavage d’Egypte, dans le désert que Dieu demande à Moïse la construction d’un lieu spécifique pour y effectuer les sacrifices et holocaustes prescrits : la ‘Tente de la Rencontre’ (cf. Exode 25-27) pour abriter l’‘Arche d’Alliance’, le trône du seul vrai Roi d’Israël.

La construction par le roi Salomon du premier Temple de Jérusalem (#950 av. JC) mettra fin aux pérégrinations de la ‘Tente de la Rencontre’ dont les éléments seront rangés avec soin dans une dépendance ; l’‘Arche d’Alliance’ est déposée dans le ‘Saint des saints’ du Temple. Totalement détruit en 586 par le roi Nabuchodonosor, il est reconstruit sur ordre du roi de Perse, le païen Cyrus, en 538. Les travaux d’agrandissement et d’embellissement entrepris par le roi Hérode (73-4 av. JC) ne seront jamais finis : le Temple est définitivement détruit en 70 ap. JC.

Dès les origines, l’édifice – Tente ou Temple – est considéré comme la demeure de Dieu, son trône est l’Arche d’Alliance (cachée ou disparue en 586) C’est le seul lieu où oblations, sacrifices et holocaustes peuvent être offerts. Dieu lui-même a choisi l’endroit où le peuple viendra l’adorer : le mont Sion qui domine la ville royale de Jérusalem. Dieu est Unique, il ne peut avoir qu’une seule demeure. Le Temple dédié au Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob que les Samaritains ont construit sur le mont Garizim est un sacrilège aux yeux des Juifs (cf. Jean 4,19-20)

Le Saint des saints abrite la présence réelle de Dieu, nul ne doit y entrer, seul le Grand-Prêtre y pénètre le jour du ‘Yum-Kippur’ (le Grand Pardon) pour y prononcer le Nom de Dieu révélé à Moïse afin de rappeler à Dieu les promesses faites à son Peuple et obtenir le pardon des fautes.

Dans ces conditions, chaque parole et chaque action que Jésus aura dans le cadre du Temple prend une importance particulière. Il établit le parallélisme entre le Temple terrestre et la demeure céleste : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » (Jean 2,16) et « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. » (Jean 14,2) Il prépare ses disciples à un changement radical en substituant son Corps à cet édifice de pierre, l’Eglise au Temple : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai […] Mais il parlait du temple de son corps. » (Jean 2,19.21)

L’exhortation de saint Pierre nous permet de mieux comprendre et d’appliquer dans notre vie ces paroles du Christ : « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. » (1Pierre 2,5)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois


13 novembre 2016

Paroisses Nersle & Athies

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n°905


Ce qu’il faut faire pour nous imiter

En lisant cette lettre de saint Paul, la parabole du Pharisien et du Publicain (cf. Luc 18,9-14) vient à l’esprit : l’Apôtre ne serait-il pas en train de vanter sa façon de vivre comme celui qui était debout dans le Temple et qui détaillait son respect des prescriptions de la Loi pour ‘démontrer’ à Dieu combien ses qualités devaient être reconnues.

Par rapport à celui-ci, saint Paul ne cherche pas à être mis sur un piédestal, au contraire il souligne que sa prédication est ‘gratuite’, il ne cherche pas à en tirer un profit personnel ou à être traité comme un personnage important. Sa réflexion est plus proche de celui qui disait : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir. » (Luc 17,10) et son devoir est impérativement d’annoncer l’Evangile : « Annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1Corinthiens 9,16)

La vie de saint Paul n’est pas exemplaire et ce n’est pas à ce niveau qu’il demande à être imité, mais au niveau de la foi et de la nécessité qu’il ressent de proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus, Dieu le Fils Ressuscité. Tout en étant conscient que le Père l’a choisi pour annoncer l’Evangile aux païens, il n’en tire aucune gloire personnelle car c’est Dieu qui parle en lui : « Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère ; dans sa grâce, il m’a appelé ; et il a trouvé bon de révéler en moi son Fils » (Galates 1,15-16)

Saint Paul en profite pour réprouver ceux qui sont « affairés sans rien faire » (v.11) Cette expression fait sourire car nous reconnaissons sans peine telle ou telle personne dans nos communautés dont nous avons l’impression qu’elles brassent du vent. C’est le cas de tous ceux qui cherchent à tirer un profit – quel qu’il soit – de leur travail pour l’Evangile. Mais c’est surtout – pour chacun d’entre nous – un appel à la vigilance et à l’examen de conscience : mon annonce est-elle d’annoncer simplement l’amour de Dieu, Père, Fils et Esprit ou bien est-ce une mise en valeur de ce que JE suis ?

Vanité et orgueil sont des travers auxquels personne n’échappe. Il est donc essentiel que notre annonce de Jésus-Christ soit en premier lieu soumise à l’aval de l’Eglise Universelle, en deuxième temps dans le sens que l’église locale a défini en fonction de ses besoins propres et enfin par la prière qu’elle soit remise entre les mains du Père en demandant l’Esprit Saint afin que ce soit lui qui s’exprime par notre travail.

Nous savons bien ce qu’il faut faire pour imiter saint Paul’. Faisons-le !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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