Temps Ordinaire
32ème dimanche
Année A - saint Matthieu

1

Forces Armées de Guyane

10 novembre 2002

Erreur formatrice

2

Bosnie Herzégovine

6 novembre 2005

Attente

3

Fort Neuf de Vincennes

6 novembre 2011

La proximité de la Sagesse

4

Athies & Nesle

12 novembre 2017

Ne soyez pas abattus

Sagesse 6,12-16
Psaume 62
1 Thessaloniciens 4,13-18
Matthieu 25,1-13

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10 novembre 2002

Forces Armées de Guyane

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Erreur formatrice

Il est surprenant de lire le passage de la première épître aux Thessaloniciens qui nous est proposé dans la liturgie de ce dimanche. Saint Paul y évoque, sans doute à cause de questions posées par ses correspondants, le retour du Christ. Les chrétiens, dans l’attente de cet événement, se demandaient ce qu’il adviendrait de ceux qui mourraient avant ce retour.

Si l’on excepte un hypothétique évangile de Matthieu écrit en araméen, la première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens est le plus ancien écrit chrétien qui nous soit parvenu. Elle est datée, d’après les exégètes, de l’année 50 soit 17 ans seulement après la mort et la Résurrection du Christ Jésus. La plupart des chrétiens pensaient que le retour du Christ serait immédiat, sans attendre. En fait, ils reprenaient la même erreur que les Apôtres lorsqu’ils demandaient à Jésus ressuscité « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer le royaume en Israël ? » (Ac 1,6) pensant que l’épisode de la crucifixion et de la résurrection était une manifestation de Dieu tendant vers une restauration d’un royaume terrestre.

La question qu’ils posaient pour ceux qui étaient morts n’était pas dénuée de sens. Saint Paul est dans cet état d’esprit : il pense que le Christ reviendra de son vivant. Mais le fait d’être vivant ne lui donnera aucune préséance par rapport à ceux qui sont déjà morts : tous, morts qui ressusciteront et vivants seront appelés dans le même temps par le Seigneur.

Saint Paul est mort lui aussi ! Mais son explication tient toujours. Lui-même et ses contemporains avaient oublié la réponse que Jésus avait faite à la question de ses Apôtres : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité. » (Ac 1,7) Ils avaient une vision trop courte.

Mais notre vision actuelle est-elle meilleure ? Nous avons complètement perdu de vue le retour du Christ, pour nous, il est impossible que ce soit de notre vivant et nous ne voyons la résurrection des morts que dans un avenir très lointain. Si la lecture de l’épître nous fait sourire par la naïveté de son interprétation, la nôtre n’est pas meilleure, la lecture de l’évangile de ce dimanche nous le rappelle : « Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » (Mt 25,13)

Notre christianisme est à vivre de la même façon que celle des chrétiens de Thessalonique, comme si le Christ devait revenir tout de suite, maintenant ! Serais-je prêt à le recevoir ?

Pourtant, c’est ce que je demande plusieurs fois par jours : « Que ton règne vienne ! »

 Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

6 novembre 2005

Bosnie Herzégovine

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Attente

De sa formation pharisienne, saint Paul retient que le règne du Messie doit être immédiat et lorsqu’il écrit aux Thessaloniciens, il pense que le Christ Jésus va revenir d’une façon imminente.

Cette lettre est le plus ancien ouvrage chrétien que nous possédions, il date sans doute du début des années 50, avant même que les évangiles de Marc et de Matthieu ne soient rédigés. Elle nous donne un aperçu de la foi des tout premiers chrétiens et aussi de leurs inquiétudes : certains croyants, adeptes de la doctrine de Jésus sont déjà morts sans voir le règne de Dieu arriver. Sont-ils perdus ? Saint Paul les rassure en leur affirmant qu’ils ressusciteront après la mort comme le Christ est ressuscité après trois jours dans le tombeau.

Ceux qui seront vivants lors du retour du Fils de Dieu, venant sur les nuées comme annoncé par le prophète Daniel, passeront directement de la vie terrestre à la vie éternelle sans connaître la mort, mais ceux qui seront déjà décédés ne seront pas pénalisés et ressusciteront pour participer à l’arrivée triomphante du Messie.

Ecrite à une époque donnée, la Parole de Dieu est intemporelle et si elle s’adresse d’abord aux contemporains, elle s’adresse aussi à nous, vingt siècles après. Au lendemain de la Toussaint et de la commémoration des défunts, quelle est notre conception de la Résurrection ? L’attendons-nous avec autant d’impatience que les correspondants de saint Paul ? Sommes-nous prêts à accueillir le Christ venant dans la gloire ? Empêtrés dans le confort matériel et dans les soucis quotidiens, nous oublions l’essentiel : Le Père a envoyé son Fils pour nous sauver ! L’anamnèse que nous disons ou chantons après la consécration est-elle une phrase que nous pensons réellement ou bien une réponse toute faite sans grande signification ? Pourtant elle est le résumé du Mystère de la foi !

L’Evangile de saint Matthieu lu ce jour nous invite à être prêt pour le retour, à tenir notre lampe allumée et à avoir suffisamment d’huile : il sera trop tard pour aller en chercher !

Les derniers mots de la Bible chrétienne sont : « Viens Seigneur Jésus ! » Essayons d’y penser, au moins de temps en temps.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Militaire Catholique en Bosnie Herzégovine

6 novembre 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Proximité de la Sagesse

La définition de la Sagesse donnée par la première lecture pourrait être appliquée à d’autres présences de Dieu. Sa Parole est présentée avec une proximité et un rôle similaires : « Elle [la Parole] n'est pas dans les cieux, qu'il te faille dire: "Qui montera pour nous aux cieux nous la chercher, que nous l'entendions pour la mettre en pratique ?" Elle n'est pas au-delà des mers, qu'il te faille dire: "Qui ira pour nous au-delà des mers nous la chercher, que nous l'entendions pour la mettre en pratique ?" Car la parole est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu la mettes en pratique. » De même la Loi n’est pas seulement sur des tables de pierre mais les prophètes rappellent que Dieu la met dans le cœur des fidèles : « Mais voici l'alliance que je conclurai avec la maison d'Israël après ces jours-là, oracle de Yahvé. Je mettrai ma Loi au fond de leur être et je l'écrirai sur leur cœur. Alors je serai leur Dieu et eux seront mon peuple. » (Jérémie 31,33)

Ces éléments prennent un sens nouveau lorsque nous les regardons à travers la venue du Fils de Dieu : sa proximité est affirmée par le Christ lui-même : « Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. » (Matthieu 18,20) et cette promesse après la Résurrection : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin de l'âge. » (Matthieu 28,20)

Figure de la Sagesse, le Christ ne se contente pas d’être au milieu de nous, il est venu pour nous enseigner afin que nous soyons libres et conscients de le suivre ; il surpasse ainsi tout ce qui a été fait avant sa venue parmi nous : « de sa plénitude nous avons tout reçu, et grâce sur grâce ; car la Loi a été donnée par Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu personne ne l'a jamais vu ; un Dieu, Fils unique qui est dans le sein du Père, Celui-là l'a fait connaître. » (Jean 1,16-18)

La Sagesse est assise à la porte de celui qui la cherche, de même le Christ est présent pour ceux qui le cherchent pour nous expliquer les Ecritures en ce qui le concerne comme pour les compagnons d’Emmaüs(cf. Luc 24) et en ce qui concerne la mission qui nous est donnée comme pour Paul envoyé aux païens (cf. Actes des Apôtres 9)

Aujourd’hui, les chrétiens nourris par la Parole et par les Sacrements sont dépositaires de cette Sagesse, non pas pour un profit immédiat et personnel mais pour la manifester au monde. Nous sommes ceux qui la rendent proche de tous les hommes : « Au détour des sentiers elle leur apparaît avec un visage souriant. » (Sagesse 6,16) Ce ne sont pas des dogmes que nous transmettons mais une foi souriante et active, une Sagesse pour notre monde d’aujourd’hui ! A voir nos frères et sœurs dans la foi, nous ne constatons pas beaucoup de ‘sourires

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

12 novembre 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°971

Ne soyez pas abattus

Tirée du contexte, cette expression a quelque chose de choquant : comment demander à des personnes qui viennent d’être séparées – même momentanément – d’un être cher de ne pas être abattues ? Le Christ au tombeau de Lazare ne reproche pas à Marthe et Marie de pleurer, il ne cherche pas à les consoler, il leur rappelle simplement que leur frère ressuscitera (cf. Jean 11,1-43).

Mais justement dans ce passage de saint Paul, il y a un contexte : « Comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (v.13) Pour ces derniers, la mort est une fin définitive, l’arrêt total d’échanges affectifs, un manque absolu de relations personnelles : la mort est la disparition complète et irrévocable de l’être aimé. L’Apôtre rappelle à ses correspondants qu’il ne doit pas en être ainsi pour eux. S’il ne néglige pas la peine et la douleur, c’est parce qu’elles sont chrétiennes : ne sont-elles pas un signe extérieur de l’amour qui existe entre les personnes ? La douleur de la séparation s’estompe avec le temps, mais la peine de l’absence subsiste toujours.

A l’époque où saint Paul écrit cette lettre aux Thessaloniciens – chronologiquement  la plus ancienne de toutes ses lettres – lui-même pense que cette séparation sera brève, il écrit : « nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux [les défunts], à la rencontre du Seigneur. » (v.17). Il attend le retour du Christ de façon immanente : de son vivant ! Ceux qui seront vivants lors du Retour glorieux du Fils passeront sans rupture de la vie terrestre à la vie de ressuscité sans connaître la mort qui sera vaincue.

Vingt siècles après cette épître, les chrétiens ne se posent plus la question de savoir ce qu’il adviendra de ceux qui sont morts, mais ils ont aussi perdu le sens de l’attente immédiate de la venue du ‘Fils de l’Homme’ pourtant à de nombreuses reprises, dans sa prédication, Jésus a prévenu ses disciples – et nous en faisons partie – : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » (Matthieu 25,13) Il est nécessaire de revivifier notre veille par l’écoute de la Parole et la fréquentation des Sacrements. Ne laissons pas nos lampes sans huile !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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