22ème dimanche du
Temps Ordinaire
Année "C" saint Luc

1

Lycée Militaire d'Autun

30 août 1998

Quand vous êtes venu vers Dieu, il n'y avait rien de matériel

2

Forces Armées de Guyane

3 septembre 2001

Mon ami, monte plus haut !

3

Bosnie Herzégovine

29 août 2004

Ils n'ont rien à te rendre

4

Brigade Franco-Allemande

2 septembre 2007

Invités par amour

5

Fort Neuf de Vincennes

29 août 2010

Le Médiateur de l'Alliance Nouvelle

6

Secteur Vermandois

1er septembre 2013

Désintéressement

7

28 août 2016

Gratuité

Siracide 3,17-29
Psaume 67
Hébreux 12,18-24
Luc 14,1-14

Si vous désirez recevoir toutes les semaines l'éditorial pour le dimanche suivant,
envoyez-moi votre adresse de courriel et vous serez inscrit dans la liste de diffusion.

30 août 1998

Lycée Militaire d'Autun

Retour en haut de la page

Quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel

La définition de Dieu dans le catéchisme national, qui a eu cours jusqu'après le Concile de Vatican II (1962-1965), est " Dieu est un pur esprit, infiniment bon et infiniment aimable ". Il ne saurait être question de limiter Dieu à une réponse aussi sèche, mais elle est l'aboutissement de la réflexion de l'Eglise au cours des siècles. Aujourd'hui, dans le catéchisme de l'Eglise catholique, il y a plusieurs pages qui permettent, non pas de définir Dieu, mais d'en donner une approche et de permettre à chacun de Le rencontrer.

C'est bien de cela dont il est question. La foi met l'homme en mouvement :

- Tel Abraham à qui Dieu dit " Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père pour le pays que je t'indiquerai " (Gn 12,1) et Abraham obéit à Dieu, il fait confiance à Dieu ;

- Tel Moïse qui, après quelques tergiversations, va aller trouver le Pharaon pour lui demander de laisser partir le peuple de Dieu ;

- Tels les prophètes qui, appelés par Dieu pour aller annoncer au Peuple qu'il s'est égaré, qu'il a quitté les voies du Seigneur, vont s'acquitter de leur tâche avec leur propre personnalité ;

- Tel Jean-Baptiste qui appelle à la conversion du cœur ;

- Tels les saints que l'Eglise nous donne, non comme modèles, mais comme exemples de personnes qui, dans leur vie et avec ce qu'ils étaient, ont su répondre à l'appel de Dieu.

Tels enfin nous-mêmes qui répondons, en fonction de nos capacités, de notre personnalité, du temps que nous avons en dehors de nos devoirs d'état, à la mission que Dieu nous a confiée. Les réponses de chacun sont apparemment très inégales, mais rappelons-nous la parabole des talents, ou bien la comparaison de la sœur de sainte Thérèse de Lisieux, un dé à coudre plein d'eau est comparable à un seau plein d'eau : ils sont tous les deux pleins, chacun suivant sa contenance…

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Lycée Militaire d'Autun


3 septembre 2001

Forces Armées de Guyane

Retour en haut de la page


Mon ami monte plus haut !

Le passage de l'évangile qui nous est proposé dans la liturgie de ce jour nous montre les invités qui prennent la première place et qui sont obligés de la laisser pour des personnes plus importantes. Au contraire, d'autres se mettent volontairement dans les dernières places pour avoir l'honneur d'être invité à venir dans les premières.

Nous comprenons bien le sens de la parabole parce que les événements qui y sont relatés nous sont sans doute arrivés dans un sens ou dans l'autre.

Mais nous confondons souvent humilité et humiliation.

L'humilité ne consiste pas à se considérer comme le dernier des derniers, mais à reconnaître notre place devant Dieu tout-Puissant, Père, Fils et Saint Esprit ; à nous situer face à Lui en tant que créature. Par contre, nous devons Lui rendre grâce pour les dons qu'il a mis en nous. Ces dons nous devons les faire fructifier (voir la parabole des talents) et en faire profiter tous les hommes, nos frères. Comment considérer un musicien de génie qui s'enfermerait dans une cave pour jouer pour lui tout seul ?

J'ai de la valeur aux yeux du Père : il a donné la vie de son Fils unique pour effacer la faute originelle, Il s'est engagé à nous donner son Esprit dans chaque Sacrement que nous vivons. Si le Père m'aime à ce point, comment puis-je ne pas m'aimer ? Comment puis-je dévaloriser et mépriser ce que je suis ?
L'humilité est donc d'accepter ce que je suis, de constater dans ma vie combien je suis loin du chemin qui conduit vers le Père, d'écouter l'Esprit Saint qui me parle, dans la prière, dans la lecture de Sa Parole ; et il me parle par les autres.

La lecture évangélique d'aujourd'hui nous invite donc à regarder notre vie, sans fanfaronnade, sans dépréciation, à ma juste valeur. Demandons à l'Esprit Saint de nous donner cette objectivité.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier des Forces Armées en Guyane


29 août 2004

Bosnie Herzégovine

Retour en haut de la page


Ils n'ont rien à te rendre

L’évangile de saint Luc ne nous dit pas si le pharisien qui a invité Jésus l’a fait par pure forfanterie afin d’être envié d’avoir à sa table cette personne dont tout Jérusalem parle, ou bien s’il l’a fait par adhésion du message délivré dans lequel il reconnaît la voix de Dieu. Sans doute y a-t-il un peu des deux sentiments.

Tous les invités se pressent pour être à proximité du maître de maison et de l’invité de marque dans le but de pouvoir entendre ce qu’ils vont se dire soit par curiosité soit par intérêt pour l’enseignement de ce prédicateur.

Devant cet aréopage, Jésus les met en garde contre une valorisation excessive de soi-même : l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes n’est pas forcément celle que les autres leur portent ! Il ne leur reproche pas leur soif d’apprendre et de l’écouter, n’a-t-il pas dit à Marie qui l’écoutait assise à ses pieds qu’elle a choisi la meilleure part et qu’elle ne lui sera pas enlevée ? Il condamne leur esprit de préséance et de fatuité.

Dans la seconde partie de la parabole, il demande à ses auditeurs de ne pas inviter les personnes qui peuvent leur rendre leur invitation. Il serait facile d’inviter un personnage influent uniquement dans le souci d’être invité à sa table en retour, et, en le mettant à la place d’honneur, d’espérer être également bien placé chez eux.

Au contraire il leur propose d’inviter les exclus, ceux qui ne pourront pas rendre l’invitation, ceux dont la société ne veut pas, qu’elle rejette, ceux qui ont perdu leur statut d’hommes par un handicap social ou physique.

A la lumière de la Résurrection, le chrétien sait qu’il est invité tous les dimanches en particulier à venir partager la table du Christ, mieux encore à manger son Corps. Qu’il se mette au premier ou au dernier rang, il sera toujours aussi près du Christ, il pourra entendre, méditer, comprendre la Parole de Dieu qu’il nous annonce pour aujourd’hui. Quant à communier, que ce soit en premier, en dernier ou au milieu, quelle importance cela peut-il avoir face à l’immensité du mystère et au don total que Jésus nous fait de lui-même ?

Pourrons-nous lui rendre cette invitation ? Ne sommes-nous pas les pauvres, estropiés et aveugles dont il parle ?

Le plus difficile est sans doute d’accepter tout cela en sachant que nous ne pouvons pas rendre l’équivalent. Humainement, nous nous sentirions peut-être diminués si nous n’étions pas spirituellement élevés à la mesure du Fils éternel de Dieu.

père JeanPaul Bouvier
aumônier catholique en Bosnie Herzégovine


2 septembre 2007

Brigade Franco-Allemande

Retour en haut de la page


Invités par amour

Chacun d’entre nous a une tendance certaine à se croire le centre du monde, au point que nous nous demandons quelquefois si les autres existent lorsque je ne suis pas là ! Aveuglés par notre égocentrisme, nous évaluons les qualités de ceux qui nous entourent à l’aune des nôtres.

A partir de cette petite parabole, le Christ Jésus invite ceux qui croient en Lui à regarder autour d’eux avec Son propre regard, un regard d’amour et d’estime. Chaque homme ou chaque femme est sans doute le (la) meilleur(e) dans un certain domaine et moins compétent(e) dans d’autres. De même que les enfants d’une même famille sont différents mais aimés pour ce qu’ils sont, de même le Père aime tous Ses enfants tels qu’Il les a créés et comme tous les parents Il désire le mieux pour chacun d’entre eux. Soyons fiers de ce que nous sommes mais n’en soyons pas imbus.

La lecture de ce texte nous incite à considérer de quelle façon nous répondons à l’invitation dominicale. Est-ce comme cet homme qui estime que cela lui est dû ? Ou bien la joie d’être invité est-elle renouvelée chaque semaine ?

Notre réunion du dimanche n’est pas comme celle d’un club fermé, même si nous avons plaisir à nous retrouver, c’est avant tout un ressourcement indispensable pour chacun d’entre nous quel que soit l’âge, la place dans la société ou la formation, c’est un aliment spirituel pour être toujours plus proche de Dieu, Père, Fils et Esprit. Chacun d’entre nous reçoit comme il peut l’enseignement de la Parole et la nourriture du Corps du Christ.

Nous devons prendre soin que cette participation ne soit pas une habitude ou un devoir, mais une réponse d’amour à un appel d’amour. Elle ne doit pas être non plus une parenthèse dans notre vie, chrétiens pendant la messe et seulement pendant la messe. Cette rencontre avec Notre Seigneur est un élan qui nous pousse à vivre toujours en conformité avec l’Evangile.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse militaire


29 août 2010

Fort Neuf de Vincennes

Retour en haut de la page


Le Médiateur d’une Alliance nouvelle

En lisant le livre de la Genèse, nous nous apercevons qu’il y a une relation directe entre Dieu et telle ou telle personne avec Adam et Eve (Genèse 2,4-3,24) avec Caïn (Genèse 4,9-16) avec Noé (Genèse 7,1-9,17) et surtout avec tout le cycle d’Abraham et ses descendants directs.

Ensuite les livres de l’Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome montrent l’intimité entre Dieu et Moïse qui se parlent « face à face comme un homme parle à son ami » (Exode 33,11) A plusieurs reprises Moïse monte sur la montagne vers le Seigneur pour un plaidoyer pour le peuple qui s’est détourné de l’adoration du seul Dieu ou qui récrimine contre Lui malgré toutes les preuves qui lui sont données.

Les prophètes ont également reçu des messages de Dieu pour le peuple, quelquefois accompagnés d’actes symboliques de la part de l’homme inspiré, mais ils n’avaient pas la même intimité avec Dieu.

Tout ceci est bien connu des destinataires de la Lettre aux Hébreux et l’auteur veut leur démontrer que tout ceci a changé avec la Nouvelle Alliance passée par le sacrifice du Fils de Dieu. Il ne s’agit plus d’un homme ‘ami’ mais créature de Dieu ; il s’agit de son propre Fils, « vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, de même nature que le Père » (cf. le symbole de Nicée-Constantinople)

La manifestation de Dieu au Sinaï avait été grandiose et effrayante, au point que le Peuple ne voulait plus entendre cette voix de Dieu ; la manifestation du Fils pour être plus discrète n’en est pas moins plus importante et quiconque l’entend selon la prescription du Fils : « de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit » (cf. Luc 10,27) loin de ne plus vouloir l’entendre, demande à approfondir cette connaissance de Dieu qui s’offre à ceux qui la cherchent.

Le médiateur de l’Alliance Nouvelle est vrai Dieu, engendré du Père et vrai homme, né d’une femme. Il offre de le suivre jusque dans sa Résurrection, non plus pour offrir des sacrifices dans un Temple construit de main d’homme mais dans la ‘Jérusalem céleste’ où il n’y plus besoin de la médiation des sacrifices faits dans le Temple puisque le vrai médiateur se trouve auprès du Père : « De temple, je n'en vis point en elle; c'est que le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout, est son temple, ainsi que l'Agneau » (cf. Apocalypse 21,22)

Père JeanPaul Bouvier


25 août 2013

Secteur Vermandois

Retour en haut de la page


Désintéressement

Le pape Benoît XVI nous a donné, il y a déjà plus de quatre ans, une encyclique au titre particulièrement significatif : ‘Caritas in Veritate’. Dans ce document, il soulignait que la charité – l’amour – devait être exercée dans la vérité. En d’autres termes, le chrétien est appelé non pas à ‘faire la charité’ dans le sens péjoratif de l’expression, mais à ‘vivre la charité’.

Dans les récits évangéliques, Jésus fustige ceux qui donnent avec ostentation pour se faire remarquer comme ces notables qui déposent visiblement de grosses sommes dans le trésor du Temple (cf. Marc 12,41-44) afin de provoquer l’admiration des foules. Le don fait à Dieu peut même être aux détriments d’autres personnes : « Si un homme dit à son père ou à sa mère: Ce dont j’aurais pu t’assister est corban, c’est-à-dire, une offrande à Dieu, vous ne le laissez plus rien faire pour son père ou pour sa mère, annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. » (Marc 7,11-13a)

Vivre la charité implique un désintéressement total. Combien de personnes lorsqu’elles font un don à une personne ou à une association exigent de savoir ce qui est fait de ce don pour être surs qu’il soit bien utilisé ? Jésus nous dit de ne rien attendre en retour ; le don que je fais est un abandon de tout pouvoir sur ce que j’ai donné, sinon ce n’est plus un don mais un prêt dont j’attends un intérêt immédiat, dans un esprit ‘donnant-donnant’. La seule rétribution que le chrétien doit viser est celle qui vient du Père : « Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6,3-4)

« Heureux les invités au festin du Royaume ! » nous dit la liturgie de la messe. En répondant : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dit seulement une parole et je serai guéri. » nous reconnaissons que nous recevons un véritable don : le Fils éternel du Père nous offre de communier à son Corps Ressuscité sans que nous puissions lui rendre quoi que ce soit, plus encore par cette communion il nous donne l’Esprit pour vivre en homme véritable : en image de Dieu (cf. Genèse 1,26) tels qu’il a voulu nous créer.

Configurés au Christ par notre Baptême, rendus missionnaires actifs par la Confirmation, nous devons prendre modèle sur Celui qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie par amour pour chacun d’entre nous et respecter la consigne qu’il nous a laissée : « C’est ici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » (Jean 15,12)

Père JeanPaul Bouvier
curé "in solidum" du Secteur Vermandois


28 août 2016

Secteur Vermandois

Retour en haut de la page

n° 892


Gratuité

« Invite ceux qui ne peuvent rien te donner en retour » dit Jésus à son hôte. Cela fait penser – à contrario – à ces ‘Rallyes’ où les enfants de ‘bonne famille’ se retrouvent d’abord pour apprendre à jouer au bridge puis pour des soirées dansantes chez un des couples de parents. Tout cela pour être sûrs qu’il n’y aura pas de mésalliance : de cette façon le jeune garçon – ou la jeune fille – choisira quelqu’un de son milieu. Ce sont là des invitations intéressées, motivées par un souci de caste : on reste entre ‘gens bien’.

Les hommes qui se précipitent sur les premières places sont dans cet état d’esprit, ils pensent pouvoir retirer de leur présence à ce repas une réputation pour avoir été vus à proximité du notable qui a invité ou mieux encore comme étant proches de cet homme dont tout Jérusalem parle ; ils recherchent une gloriole personnelle, une reconnaissance dont ils pourront ensuite tirer un profit social voire financier.

De même, le texte ne dit pas si le pharisien qui a invité Jésus l’a fait par intérêt pour l’enseignement du Christ, ou si c’est aussi pour exhiber son importance, l’affluence à ce déjeuner prouverait plutôt la seconde version ou au moins un mélange des deux.

C’est là un travers bien humain, chacun d’entre nous aime ‘avoir le beau rôle’ et être vu en compagnie de personnes influentes, la prolifération des autoportraits avec des célébrités sur les téléphones cellulaires en est une marque évidente.

Par l’exemple de cette invitation, Jésus nous montre qu’il ne saurait en être ainsi pour ses disciples : ce qu’ils font doit être totalement désintéressé, sans arrière-pensées, sans calcul. Donner à ceux qui ne peuvent pas rendre ; donner sans espoir de retour, pas même espérer un mot ou un geste de remerciement : « Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » (Matthieu 10,8)

C’est ainsi que le Père agit avec nous en donnant son Fils : « Tous les hommes ont péché, ils sont privés de la gloire de Dieu, et lui, gratuitement, les fait devenir justes par sa grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. » (Romains 3,23-24)

En venant à la messe, je suis handicapé par mes péchés comme ces ‘boiteux’ et ces ‘estropiés’ que Jésus propose d’inviter ; restauré par la manducation du Corps du Christ, je repars avec des forces neuves : les forces de l’Esprit. Je ne peux rien rendre d’équivalent à Celui qui m’a invité à ce repas si ce n’est l’action de grâce et l’annonce du Salut pour que tous les hommes puissent bénéficier de la joie de l’Evangile. A chaque fois, le Fils me dit : « Mon ami, monte plus haut. » non pas géographiquement dans l’église ou dans la société, mais spirituellement plus haut vers le Père où tous nous avons la première place préparée par le Christ.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies


Index


papes


Conciles


Prières


Saints


liens


JP Bouvier


éditoriaux


Ministères


Récollections


Réactions