Temps Ordinaire
17ème dimanche
Année B saint Marc

2Rois 4,42-44
Psaume 144
Ephésiens 4,1-6
Jean 6,1-15

1

Forces Armées de Guyane

26 juillet 2003

Supportez-vous les uns les autres

2

Fort Neuf de Vincennes

29 juillet 2012

Un jeune garçon anonyme

3

Secteur Vermandois

26 juillet 2015

Miracles participatifs

4

Athies & Nesle

29 juillet 2018

Action de grâce

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26 jullet 2003

Forces Armées de Guyane

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n°200

Supportez-vous les uns les autres…

Vaste programme !

Le Christ nous demande de nous aimer les uns les autres, saint Paul, en demandant que nous nous supportions les uns les autres, n’est pas moins exigeant.

En lecture cursive, nous pourrions comprendre le verbe ‘supporter’ comme une tolérance dans le sens où je supporte la douleur, même si elle est difficile à accepter. Devrais-je supporter les autres de cette manière-là ?

Dans l’esprit de saint Paul, il ne s’agit pas d’accueillir de façon superficielle, sans se donner complètement. Il s’agit réellement de ‘supporter’ les autres comme un arc-boutant supporte le poids de l’église gothique, c’est à dire en maintenant ferme dans la foi. Se supporter les uns les autres n’a donc rien à voir avec une tolérance laxiste, mais au contraire une exigence d’aide et d’amour vis à vis de frères et sœurs plus faibles dans la foi et dans la pratique quotidienne du christianisme.

C’est le support mutuel des chrétiens entre eux qui construit l’Eglise. La prière de chacun sert au salut de tous, l’action de chacun sert à l’édification de tous. Chacun selon sa vocation propre et ses talents personnels est une pierre indispensable de l’édifice complet. Certains sont appelés par Dieu à être des guides spirituels que l’Eglise met en exergue, d’autres à des fonctions de gestion ou à des offices d’enseignement, tâches sans doute plus discrètes et plus ingrates mais nécessaires.

Des hommes sont appelés par Dieu pour rendre le Christ présent aux différentes communautés, les diacres rendent présent le Christ serviteur ; les prêtres rendent présent le Christ prêtre offrant constamment son sacrifice au Père dans l’Esprit ; les évêques rendent présent le Christ pasteur et enseignant ; mais tous les baptisés rendent présent le Christ au monde contemporain chacun selon l’appel qu’il a reçu personnellement de Dieu.

La prière commune et la prière personnelle nous permettent de nous sentir épaulés par tous les autres chrétiens afin de répondre à cet appel dans l’Eglise et avec elle

père JeanPaul Bouvier
Aumônier catholique des Forces Armées en Guyane

29 juillet 2012

Fort Neuf de Vincennes

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n°626

Un jeune garçon anonyme

Le quatrième évangéliste insiste sur l’importance de l’assistance, il précise une ‘grande’ foule et un verset après une foule ‘nombreuse’. Ces gens se précipitent pour voir et écouter cet homme dont la parole touche le cœur et non pas seulement l’intelligence : il fait comprendre la portée du projet de Dieu sur l’humanité et chaque personne se sent radicalement concernée et transformée.

Mais Jésus ne se contente pas de délivrer son message, il a le souci de chaque homme et de chaque femme individuellement y compris dans les détails matériels comme la nourriture ; cette multitude a besoin d’une alimentation spirituelle mais leur corps a aussi besoin d’une nourriture plus concrète. Le Christ ‘teste’ la confiance de ses disciples en leur demandant d’aller acheter du pain pour nourrir cette foule. Philippe n’y voit que l’impossibilité financière, le groupe des Apôtres n’a pas assez d’argent pour ‘acheter’ du pain ; André recense ce qu’ils ont : cinq pains et deux poissons qu’un jeune garçon a apportés avec lui.

Jésus aurait pu transformer des pierres en pain comme le Diable l’avait suggéré dans les tentations au désert (cf. Luc 4,3) ; il aurait pu renouveler le miracle de la manne (cf. Exode 13,31sv.) ; il aurait pu créer du pain ex nihilo mais il a voulu que cela vienne de l’assemblée, que ce soit une participation active de ceux qui l’écoutent. C’est donc ce qu’avait apporté un jeune garçon dans son sac qui sert de base au miracle de la multiplication des pains.

Ce ‘jeune garçon’ reste anonyme, nous savons simplement qu’il accepte de partager avec Jésus ce qu’il a prévu pour son propre repas, sans se douter que sa petite contribution va permettre de nourrir ‘cinq mille hommes’…

Chacun d’entre nous, chrétiens d’aujourd’hui, est ce jeune garçon ! Ce passage de l’Evangile nous interroge sur ce que nous possédons : cherchons ce que-nous pouvons mettre aujourd’hui à la disposition du Christ et de son Eglise ? Même si nos forces et nos moyens nous semblent dérisoires, soyons sûrs que, s’ils sont donnés avec foi et confiance, ils serviront à nos frères et sœurs, bien au-delà de leur nécessaire, cela deviendra surabondant, nos ‘cinq pains d’orge’ deviendront, après satiété, ‘douze paniers pleins’… Ce que nous offrons n’est pas une question de quantité ou de valeur, la ‘pauvre veuve’ n’offrait que ‘deux piécettes’ (cf. Luc 21,1-4) au Temple de Dieu et pourtant elle provoque l’admiration de Jésus parce qu’elle les donne sans arrière-pensée.

L’Evangile est un guide pour nos vies, les personnages secondaires – comme ce jeune garçon – nous montrent des façons de servir le Christ, elles sont diverses, variées et adaptées à la personnalité de chacun. Il est bon de tirer profit de ces exemples pour que chacun trouve sa propre voie.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

26 juillet 2015

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n°826

Miracles participatifs

La liturgie de l’Eglise nous propose deux récits de multiplication de nourriture : celui d’Elisée dans le second livre des Rois avec vingt pains d’orge et un sac de grains et celui de Jésus avec cinq pains d’orge et deux poissons. Le récit d’Elie et la veuve de Sarepta aurait pu être ajouté : malgré la disette qui règne depuis plusieurs années, la femme donne au prophète la poignée de farine et le peu d’huile qui lui restent pour faire le dernier repas avec son fils : « Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Elie. » (1Rois 17,16)

Bien qu’elles aient des réticences, ces personnes font confiance à l’homme de Dieu, Elie, Elisée et Jésus. Le miracle n’est possible qu’avec l’aide de ces dons faits par cette veuve, le prophète ou ce jeune garçon ; tous, ils avaient prévu pour eux-mêmes la nourriture nécessaire, les personnes sont si nombreuses pour si peu de denrées, chacun ne pourra même pas en avoir une miette.

Mais leur confiance envers la parole de ces hommes de Dieu s’avère être plus importante que leur égoïsme, ils donnent ce qu’ils ont.

Au-delà du miracle – pourtant important pour notre foi – il faut aussi remarquer l’abnégation de ces donateurs : comme la pauvre veuve aux deux piécettes du Temple (cf. Marc 12,42-44) eux aussi « ont pris sur leur nécessaire. » Sans chercher de raison particulière, ils donnent tout ce qu’ils ont parce que le Seigneur le leur demande.

Dans notre vie de chrétien d’aujourd’hui, nous devons avoir ces exemples devant les yeux ; nous aussi nous avons des réticences à donner de la nourriture, de l’argent, notre temps, tout ce dont nous estimons être une nécessité absolue pour nous-mêmes. Mais si nous confions cela au Seigneur, au nom de Jésus-Christ, nous constaterons que nous ne serons pas privés de tous ces biens : le Seigneur les aura multipliés pour que chacun ait à satiété : la veuve de Sarepta a pu manger « longtemps » à partir de ce qu’elle gardait pour un dernier repas avant de mourir de faim ; les disciples d’Elisée ont mangé et il en restait ; les foules qui suivaient Jésus ont « mangé à leur faim » et ils « remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge »

Dans un esprit de discernement, nous devons rechercher les dons que le Seigneur a mis en nous – même, et surtout, ce à quoi nous ne penserions pas immédiatement – pour les mettre à la disposition de la communauté humaine : ce dons ne nous seront pas enlevés mais au contraire, ils fructifieront et nous en serons les premiers bénéficiaires : « A celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance » (Matthieu 25,29)

Ainsi « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire » nous pourrons l’entendre dire : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. » car « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25,31.34.40)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

29 juillet 2018

Paroisses Nesle & Athies

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n°1023

Action de grâce

Comme les ‘vierges sages’ qui attendent l’époux au retour de ses noces qui avaient prévu de l’huile pour leur lampe (cf. Matthieu25,1-13), ce jeune garçon avait emporté de quoi manger car il savait bien que l’enseignement de Jésus serait long. Il avait de quoi tenir un ou deux repas. Sans doute d’autres personnes avaient, elles aussi, été prévoyantes, mais c’est un ‘petit’ qui n’est pas encore adulte qui partage librement ce qu’il a : cinq pains d’orge et deux poissons !

Le Christ dit une action de grâce (en grec : ‘eucharisto’) et chacun, « environ cinq mille hommes », a pu manger à sa faim et il reste douze paniers avec les morceaux de pain non consommés, « pour que rien ne se perde » dit Jésus. Ce qui restait de la manne dans le désert devenait infect s’elle était conservée (cf. Exode 16,20) sauf pour le jour du sabbat où la manne ne se déposait pas, celle de la veille se gardait intact alors une journée supplémentaire. Le IVème évangéliste voit dans cette multiplication des pains la préfiguration de l’Eucharistie où la présence du Christ perdure sans altération comme le dit le Psaume (15[16],9-10) : « Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m'abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. »

C’est tout à fait intentionnellement que le ’disciple que Jésus aimait’ utilise dans ce passage la formulation que les autres évangélistes relateront au moment de la Cène : « Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : ‘Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi.’ » (Luc 22,19). Ce geste qui permet aux compagnons d’Emmaüs de le reconnaître (cf. Luc24,35) Le pain rompu que le prêtre élève avant la communion en invitant la foule à reconnaître en lui le corps du Fils : « Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »

La foule qui avait été rassasiée par les cinq pains et les deux poissons du jeune garçon n’ont vu que le miracle extérieur ; ils ont désiré avoir cet homme comme roi afin d’être assurée de manger à sa faim, mais Jésus se retire seul dans la montagne loin d’elle. Au contraire, lorsque notre faim spirituelle est assouvie par la communion au Corps du Christ, le Fils éternel accepte que nous le reconnaissions comme Roi et nous invite à construire le Royaume avec lui en nous envoyant en mission avec ce que nous avons même si nos moyens paraissent faibles « qu’est-ce que cela pour tant de monde ! ». Par l’action de grâce du Christ, le peu que nous mettons à la disposition du Fils permet à une foule immense d’être nourrie par la Parole.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde


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