Temps Ordinaire
15ème dimanche
Année A - saint Matthieu

1

Brigade Franco-Allemande

13 juillet 2008

La liturgie de Vatican II (Jean-Paul II)

2

Fort Neuf de Vincennes

10 juillet 2011

Ils écoutent sans écouter

3

Secteur Vermandois

13 juillet 2014

Le Semeur

4

Athies & Nesle

16 juillet 2017

Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?

Isaïe 55,10-11
Psaume 64
Romains 8,18-23
Matthieu 13,1-23

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13 juillet 2008

Brigade Franco-Allemande

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La liturgie de Vatican II

Au début du Missel romain de 1962 figurait la déclaration de Jean XXIII selon laquelle « les grands principes commandant la réforme de l’ensemble de la liturgie devaient être proposés aux Pères au cours du prochain Concile œcuménique »

Une telle réforme d’ensemble de la liturgie répondait à une attente générale dans l’Église. Car l’esprit liturgique s’était répandu de plus en plus dans presque tous les milieux, avec le désir d’une « participation active aux mystères sacro-saints et à la prière solennelle de l’Église », avec aussi l’aspiration à entendre la parole de Dieu plus largement. Liée au renouveau biblique, au mouvement oecuménique, à l’élan missionnaire, à la recherche ecclésiologique, la réforme de la liturgie devait contribuer à la rénovation globale de l’Église.

Je l’ai rappelé dans ma lettre Dominicae Cenae: « Il existe en effet un lien très étroit et organique entre le renouveau de la liturgie et le renouveau de toute la vie de l’Église. L’Église agit dans la liturgie, mais elle s’y exprime aussi, elle vit de la liturgie et elle puise dans la liturgie ses forces vitales »

La réforme des rites et des livres liturgiques a été entreprise presque aussitôt après la promulgation de la Constitution Sacrosanctum Concilium et réalisée en quelques années grâce au travail considérable et désintéressé d’un grand nombre d’experts et de pasteurs de toutes les parties du monde. Ce travail a été accompli suivant le principe conciliaire : fidélité à la tradition et ouverture à un progrès légitime. Aussi peut-on dire que la réforme liturgique est strictement traditionnelle ad normam Sanctorum Patrum.

Les principes directeurs de la Constitution, qui ont été à la base de la réforme, demeurent fondamentaux pour introduire les fidèles à une célébration active des mystères, « source première et indispensable du véritable esprit chrétien » Maintenant que la plupart des livres liturgiques ont été publiés, traduits et mis en usage, il demeure nécessaire d’avoir sans cesse ces principes devant les yeux et de les approfondir.

Jean-Paul II (pape du 16/10/78 au 2/04/2005)
Lettre apostolique Vicesimus Quintus Annus
4 décembre 1988

10 juillet 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Ils écoutent sans écouter

Dans le conte du ‘Petit Prince’, Saint-Exupéry écrit : « on ne voit bien qu’avec le cœur », nous pourrions le paraphraser en disant qu’on écoute bien qu’avec le cœur. C’est justement ce que Jésus reproche à ses auditeurs : ils ne regardent ou n’écoutent que d’une façon formelle, sans y attacher l’importance que les agissements et les paroles du Seigneur méritent.

Ce reproche est tout à fait d’actualité dans nos églises aujourd’hui. Il y a quelques années, j’avais demandé aux louveteaux et aux jeannettes de la paroisse de se poster aux sorties de l’église et de demander aux fidèles qui sortaient à la fin de la messe dominicale quel avait été l’évangile du jour… Très peu de personnes avaient pu répondre à cette simple question. A fortiori si la question avait porté sur le contenu de l’homélie, les réponses auraient sans doute été encore plus évasives.

Lorsque le prêtre ou le diacre commence à lire le passage d’évangile du jour, le réflexe humain est de penser : « Je connais cette histoire ! » et aussitôt l’attention se relâche, l’esprit se met à vagabonder et nous écoutons sans écouter jusqu’à la réponse machinale : « Louange à toi, Seigneur Jésus ! » Pourtant nous savons de façon intellectuelle que la Parole est vivante et qu’elle nous parle ici et maintenant pour nous faire avancer sur le chemin qui mène au Royaume. Mais nous avons beau faire, la plupart du temps nous ne l’écoutons que distraitement. Ceci est encore plus vrai des deux autres lectures et des versets du Psaume qui précèdent la proclamation de l’Evangile ; l’attention des auditeurs dépend aussi de la qualité des lecteurs qui, quelquefois, n’y mettent que peu de conviction, sont inaudibles ou monocordes.

« L'homme ne vit pas seulement de pain, mais l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur » Cette phrase est tirée du livre du Deutéronome (8,3) elle souligne l’importance vitale pour l’homme de se nourrir de cette Parole de Dieu qui est un don pour l’humanité. En négligeant l’écoute attentive de l’Ecriture (Ancien et Nouveau Testaments) nous entravons l’épanouissement de notre humanité.

« Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique » (Luc 8,21) L’écoute –attentive – de la Parole de Dieu n’est pas suffisante en soi, elle doit s’accompagner d’une mise en pratique ; la Parole n’est pas une théorie ou une philosophie, elle est « Vivante, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur. » (Hébreux 4,12) Combien de fois entendons-nous reprocher à l’Eglise ses fidèles qui sont assidus à la messe dominicale mais qui ne vivent pas de façon chrétienne le reste de la semaine ?

Nous ne sommes pas aussi découragés que les compagnons d’Emmaüs qui partaient de Jérusalem pensant que Jésus n’était pas le Messie annoncé mais nous aussi nous sommes des « cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes ! » (Luc 24,25) et si, comme eux, nous écoutons le Christ nous enseigner l’Ecriture, nous pourrons dire : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ?< »<

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

13 juillet 2014

Secteur Vermandois

n°763

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Le Semeur

Le Christ Jésus explique lui-même à ses disciples le sens de la parabole avec les grains qui tombent sur des sols différents. Il serait outrecuidant et présomptueux de vouloir expliquer l’explication donnée par le Fils du Père.

Par contre, le Maître ne dit rien sur la personnalité du Semeur laissant les auditeurs libres de leur interprétation.

La première pensée envisage que le Semeur est le Christ lui-même : « Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » (Jean 12,46) Puisqu’il est le ‘Verbe incarné’ (cf. Jean 1,14) toute sa prédication est la Parole de Dieu semée au cœur des hommes, souvent reçue avec joie : « Zachée se hâta de descendre, et le reçut avec joie. » (Luc 19,6) mais aussi quelquefois refusée : « Etonnés de ce qu’ils entendaient, ils le quittèrent, et s’en allèrent. » (Matthieu 22,22)

La venue du Verbe de Dieu est l’aboutissement d’un long temps pédagogique pour préparer l’humanité au Salut par le signe du Peuple de Dieu au milieu des nations. Le Peuple a été choisi par Dieu pour proclamer la Bonne Nouvelle : « Racontez parmi les nations sa gloire, Parmi tous les peuples ses merveilles ! » (Psaume 96,3) Dieu suscite des prophètes au milieu de son peuple pour que le peuple lui-même soit semeur de la Parole en vivant selon la volonté de Dieu : « Leur race sera connue parmi les nations, Et leur postérité parmi les peuples ; Tous ceux qui les verront reconnaîtront Qu’ils sont une race bénie de l’Eternel. » (Isaïe 61,9) et en prêchant la présence de Dieu pour tous les hommes : « Aux îles lointaines, Qui jamais n’ont entendu parler de moi, Et qui n’ont pas vu ma gloire ; Et ils publieront ma gloire parmi les nations. » (Isaïe 66,19)

La mission du Semeur ne s’achève pas avec l’Ascension du Fils à la droite du Père ; par le miracle de la Pentecôte, les disciples du Christ prennent le relais : « Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. » (Jean17,18) Recevant les apostrophes des prophètes à la lumière de l’enseignement de Jésus, les chrétiens ont à cœur d’accomplir le dernier commandement donné par le Seigneur : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28,19-20)

Tous les disciples du Christ sont des semeurs de la Parole, chacun à sa mesure. Comme le semeur agricole, ils ne savent pas d’avance où la semence tombera, si elle sera rejetée ou reçue. Chacun doit se rappeler de la phrase de sainte Bernadette : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire » La réussite ne doit pas nous faire gonfler d’orgueil mais l’échec ne doit pas nous décourager : « Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. » (Luc 17,10)

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

9 juillet 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°951

Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?

La question des disciples a un relent d’hypocrisie : ils demandent pourquoi Jésus parle aux foules en paraboles, ils ne semblent pas demander pour eux-mêmes alors qu’ils n’ont sans doute pas mieux compris que les autres le sens aigu de la parabole. Aussi sont-ils très contents que Jésus fasse pour eux une explication de son homélie. Doublement contents car cela leur permet de comprendre la parabole, mais aussi cela les valorise par rapport aux ‘foules’.

Jésus, Dieu le Fils, « ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1Samuel 16,7) comprend le désarroi de ses disciples. En leur donnant les clefs pour interpréter certaines paraboles – mais pas toutes, Jésus procure un ‘entraînement’ à ses disciples afin qu’ils puissent décrypter par eux-mêmes tout ce qu’il n’aura pas le temps de leur expliquer, mais ce n’est qu’à la Pentecôte, par le don de l’Esprit Saint, qu’ils pourront intégrer l’ensemble de l’enseignement du Christ.

Les disciples –à l’instar des foules – ne sont pas prêts à recevoir la Nouvelle extraordinaire du pardon personnel qui manifeste l’amour infini du Père pour toute l’humanité. Bien sûr, ils ont été subjugués par ce prédicateur qui « enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. » (Marc 1,22) ; mais quand il parle de la Résurrection, « les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. » (Marc 9,32) C’est une des raisons pour lesquelles ils font allusion à l’incompréhension des foules et non pas à la leur.

Aujourd’hui encore, nous avons bien du mal à comprendre les paroles du Christ et surtout à les intégrer dans notre vie quotidienne. Nous avons pourtant reçu tous les moyens pour cela par les grâces qui nous sont données par les Sacrements et par l’Esprit qui nous a été promis ; notre incompréhension est quelquefois volontaire car nous aussi, ‘nous avons peur de l’interroger’ pour éviter qu’il nous rappelle la mission qu’il nous a confiée ou qu’il nous confie une mission à laquelle nous n’aurions pas envie de répondre.

La Parole explique la Parole, c’est par notre fréquentation régulière de la Parole dans un esprit de prière et de méditation que nous pourrons discerner et actualiser son sens pour nous : « ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55,11 – première lecture)

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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