7ème dimanche de Pâques
Année "B"

Actes 1,15-17.20a-20c.26
Psaume 102
1Jean 4,11-16
Jean 17,11-19

1

Fort Neuf de Vincennes

20 mai 2012

Discernement

2

Secteur Vermandois

17 mai 2015

Appartenir au monde ?

3

Athies & Nesle

13 mai 2018

Choix de Dieu

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20 mai 2012

Fort Neuf de Vincennes

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Discernement

Voulant remplacer Judas qui est mort après avoir livré Jésus aux grands prêtres, les Apôtres imposent un certain nombre de critères : il faut que l’homme qui complétera le nombre de douze soit un disciple des premières heures, depuis le baptême par Jean jusqu’à l’Ascension en passant par la Passion. Il sera ainsi un témoin véridique – identique aux Apôtres – de l’ensemble du ministère de Jésus sur terre.

Ne correspondent à ces exigences que deux hommes : Matthias et Joseph Barsabbas surnommé Justus. Il peut paraître surprenant qu’il n’y ait que deux personnes qui répondent à ces critères sur les cent vingt qui entourent les Apôtres ce jour-là. Mais c’est un de trop pour conserver le chiffre symbolique de douze qui montre la volonté du Seigneur de marquer la continuité avec les douze tribus du peuple choisi, libéré de l’esclavage d’Egypte. Pour que la décision vienne de Dieu, les Apôtres ont recours au tirage au sort.

Il ne s’agit pas d’une simple loterie, le tirage au sort était une institution dans l’Ancien Testament. Le grand-prêtre lors des cérémonies avait des ornements spécifiques en particulier l’Ephod, orné de douze pierres précieuses représentant les douze tribus d’Israël, qu’il portait sur la poitrine ; ce pectoral contenait l’‘Urim’ et le ‘Thummim’ (lumières et perfections) Ce sont des objets dont la forme est ignorée mais dont le grand-prêtre se servait pour découvrir la volonté divine dans les cas douteux concernant la nation. Il ne les employait jamais pour s'enquérir de cette volonté à l'égard des individus.

Le fait que les Apôtres utilisent ce moyen signifie deux choses d’une part qu’il ne s’agit pas du sort personnel de Matthias ou de Joseph mais du sort de l’Eglise, nouvelle nation choisie par Dieu pour porter son amour à l’humanité ; d’autre part que les Apôtres se sentent investis et délégués par le seul Grand-Prêtre pour l’éternité : Jésus-Christ.

A la mort des Apôtres plus personne ne correspondait aux critères objectifs pour que leur « charge passe à un autre » (Actes 1,20) Pour pallier cette situation, ils établiront pour leur succéder des anciens et des chefs de communauté dans les églises locales, en définissant d’autres ministères basés sur d’autres critères (cf. 1Timothée 32-12 ; Tite 1,6) et sans se limiter au nombre de douze.

A son tour, l’Eglise d’aujourd’hui définit les critères nécessaires pour conférer à une personne tel ou tel ministère ; le choix dépend uniquement de l’évêque qui discerne les besoins de son église locale, mais les critères des ministères ordonnés ont été précisés par l’Eglise universelle lors des différents Conciles.

Si l’évêque est le seul à pouvoir confier un ministère à une personne, tout chrétien se doit d’aider à ce discernement en éveillant des vocations au nom de Jésus-Christ chez des hommes et des femmes qui se présenteront à l’évêque pour se mettre au service de l’église locale.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

17 mai 2015

Secteur Vermandois

n° 817

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Appartenir au monde ?

Les propositions que pose le quatrième évangéliste semblent être antinomiques : ne pas appartenir au monde et ne pas être retiré du monde ; cette réflexion vaut la peine de s’y arrêter quelques instants.

Le christianisme est une religion de liberté : toute la Loi se résume en un seul commandement comportant deux facettes : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12,29-31) Le disciple de Jésus n’appartient qu’à Dieu, il ne peut appartenir à quoi ou à qui que ce soit d’autre : « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » (Luc 16,13) Appartenir au monde serait mettre le matérialisme avant la foi en Dieu, c'est-à-dire ne voir et ne considérer que sa propre personne. Saint Thomas d’Aquin (1224-1274) dénonce cet aspect dans la ‘Somme Théologique’ (q.84,1a,2ae) et met en exergue les sept péchés capitaux (dont dépendent tous les autres) qui conduisent l’homme uniquement vers la recherche d’une jouissance personnelle et immédiate.

Etre retiré du monde aurait un sens équivalent, dès les premiers textes de la Bible l’homme est présenté comme un être qui a besoin d’une compagnie : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » (Genèse 2,18) Etre retiré du monde conduirait l’homme à une solitude qui lui serait néfaste.

Ainsi le Fils dans son intercession pour l’humanité auprès du Père prie pour que l’homme ne soit pas ‘du’ monde mais pour qu’il soit ‘dans’ le monde. Cette prière de Jésus est toujours d’actualité, à travers les générations, la tradition de l’Eglise a transmis cette affirmation fondamentale : le disciple du Christ n’appartient pas au monde, mais en aucun cas il n’est indifférent au monde, au contraire il doit être un membre actif de la construction de la société en ayant pour objectif l’avènement du Royaume.

Déjà le Concile Vatican II dont nous célébrons les cinquante ans était soucieux de répondre aux questions des chrétiens devant l’évolution de la société humaine et invite les fidèles à participer à une réflexion profonde sur leur responsabilités : « Mû par la foi, se sachant conduit par l'Esprit du Seigneur qui remplit l'univers, le peuple de Dieu s'efforce de discerner dans les événements, les exigences et les requêtes de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d'une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l'homme, orientant ainsi l'esprit vers, des solutions pleinement humaines. » Constitution pastorale, l’Eglise dans le monde de ce temps n°11- 7 décembre 1965) Ce texte retentit avec une puissance renouvelée à chaque génération.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

13 mai 2018

Paroisses Nesle & Athies

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n°1011

Choix de Dieu

Il paraît surprenant que les Apôtres aient recours à un tirage au sort pour désigner Matthias comme celui qui succédera à Judas dans leur groupe. Les critères étaient stricts : avoir suivi le Christ tout au long de sa prédication et également être témoin de l’Ascension. Une autre caractéristique aurait peut-être suffit pour distinguer l’un ou l’autre de ceux qui répondaient à ces premiers éléments. Les Apôtres préfèrent laisser Dieu trancher.

Le tirage au sort fait partie de la culture religieuse juive ; c’est de cette façon que le grand prêtre Aaron doit définir le rôle des deux boucs présentés à Dieu le jour du Grand Pardon : à l’issue du choix de Dieu signifié par le sort, l’un sera sacrifié en holocauste, l’autre sera chargé des péchés du peuple et conduit hors du camp dans le désert ; l’homme qui le conduira devra se purifier avant de revenir dans le peuple. (cf. Lévitique 16,5-23)

Que Dieu choisisse les justes semble logique et ‘normal’, les exemples sont nombreux dans l’Ancien Testament : Noé le seul juste dans une humanité dissolue (cf. Genèse 6,13-7,7) ; Abraham qui croit en la Parole qui lui est donnée (Genèse 12,1) ; Loth prêt à offrir ses filles pour sauver des étrangers (cf. Genèse 18,5-8) ; David, le plus jeune, est préféré à ses frères (cf. 1Samuel 16,12-13) etc…

Et dans le Nouveau Testament : « Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres » (Luc 6,13) ; « Le Seigneur dit [à Ananie] : « Va ! Car cet homme [Paul] est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël » (Actes 9,15)

Matthias est donc choisi par Dieu comme tous ces personnes et non pas sur des qualités humaines, intellectuelles ou physiques, qui le distingueraient des autres disciples : comme les autres Apôtres il a été choisi spécifiquement pour cette mission !

Aujourd’hui encore, le Père choisit des hommes et des femmes pour annoncer le Salut par le Fils selon un ministère qui leur est propre et en même temps, il s’engage à donner l’Esprit Saint pour mener à bien ce qu’il demande. A chacun d’entre nous il appartient de répondre avec la même confiance que tous ceux qui nous sont présentés dans l’Ecriture.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde


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