Fête de l'Ascension
année C - saint Luc

1

Bosnie Herzégovine

20 mai 2004

Le Christ se tient pour nous devant Dieu

2

Brigade Franco-Allemande

16 mai 207

Sermon pour l'Ascension (saint Augustin)

3

Fort Neuf de Vincennes

13 mai 2010

Perpétuité du sacrifice du Fils

4

Secteur Vermandois

9 mai 2013

La nuée de Dieu

5

5 mai 2016

Ce rideau est sa chair

Actes des Apôtres 1,1-11
Psaume 46
Hébreux 9,24-10,23
Luc 24,46-53

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20 mai 2004

Bosnie Herzégovine

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Le Christ se tient pour nous devant Dieu

Pour l’auteur de la lettre aux Hébreux, cette affirmation est centrale : le Christ Jésus, Fils unique de Dieu, mort et ressuscité pour le salut des hommes, est le nouveau grand-prêtre de la Nouvelle Alliance. Un prêtre dont les descendants d’Aaron n’étaient que le signe avant coureur car ils étaient pécheurs et devaient offrir des sacrifices pour leur propres péchés avant de pouvoir en offrir pour le peuple élu dans un temple fait de main d’homme.

Le Temple de Jérusalem de Salomon puis d’Hérode, et avant eux la Tente de la Rencontre, avaient été construits d’après la disposition de celui du ciel qui avait été révélé à Moïse (cf. Ex 25) Ils n’en étaient qu’une pâle reproduction faite aux dimensions humaines, signe pour les hommes de la présence de Dieu à son peuple.

Dans la liturgie juive, prescrite par les textes de l’Exode et du Deutéronome, le grand-prêtre de Jérusalem devait, le jour du Yum Kippur entrer dans le Saint des saints du Temple pour y prononcer le Nom de Dieu afin que le pardon soit accordé pour les péchés des hommes. Ce rituel devait être fait tous les ans et accompagné de sacrifices sanglants pour l’absolution des péchés du grand-prêtre d’abord et de tout le peuple ensuite.

A partir de l’Ascension, le Verbe fait chair (cf. Jn 1,14) montre auprès de son Père et revêt la gloire qu’il a de toute éternité présentant son sacrifice d’une façon continuelle et non ponctuelle. Sacrifice pour le péché non plus offert devant l’ersatz du propitiatoire de l’Arche d’Alliance mais devant le Père lui-même !

Libéré de l’esclavage du péché, l’homme se tourne librement vers le Père, le Fils et l’Esprit Saint, conscient de la valeur qu’il a pour la Sainte Trinité qui n’a pas hésiter à incarner et sacrifier une des personnes pour son salut. L’image de Dieu de la Création (cf. Gn 1,26-27) est enfin restaurée et l’homme remis debout peut adorer son Seigneur sans crainte en se remettant à la grâce divine.

Si nous sommes conscients de cet ensemble de bonté et d’amour de la part de notre Dieu, un en trois personnes, nous ne pouvons plus vivre comme les autres hommes ; saint Paul l’exprime en disant : « Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile ! » (1Co 9,16) C’est ce qui devrait transparaître de la vie de tout chrétien !

père JeanPaul Bouvier
Aumônier d'OPEX


16 mai 2007

Brigade Franco-Allemande

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Aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.

Ecoutons ce que nous dit l’Apôtre : « Vous êtes ressuscités avec le, Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. » De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis n’est pas encore réalisé dans notre corps.

Lui a déjà été élevé au-dessus des cieux ; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Et il avait dit aussi : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. »

Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous pouvons cependant le faire par amour, mais en lui.

Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il est descendu pour venir vers nous ; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : « Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel. »…/…

Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.

C’est bien pourquoi saint Paul affirme : « Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous ses membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. » Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit De même en est-il ainsi pour le Christ à l’égard de son corps. Le christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps.

Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.

Saint Augustin (354-430) sermon pour l’Ascension


13 mai 2010

Fort Neuf de Vincennes

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Perpétuité du sacrifice du Fils

De tous temps, les hommes ont offert des sacrifices aux dieux pour se les rendre favorables, mais ces sacrifices avaient un but précis, immédiat, temporaire. Ils offraient un sacrifice, plus ou moins important selon la demande qu’ils avaient à faire ou le remerciement qu’ils voulaient exprimer. Le judaïsme n’a pas échappé à cette règle mais en la codifiant, tel épisode dans la vie du croyant entraînait tel sacrifice selon la Loi. Par exemple les deux petites colombes offertes par la Sainte Famille pour la purification du ‘retour de couches’ de la Vierge Marie après la naissance de Jésus (cf. Luc 2,22-24)

Le Christ Jésus transforme complètement cette perspective : il n’y a plus et il n’y aura jamais plus qu’un seul sacrifice, celui de la Croix ! Le Fils donne sa vie en sacrifice expiatoire pour tous les péchés de l’humanité et, par l’évènement de l’Ascension, il porte son offrande au Père éternellement. Le sacrifice n’est plus un acte ponctuel et temporel comme ceux de l’Ancienne Alliance, il devient constant et éternel : le Fils offre constamment sa vie au Père qui la reçoit.

Lorsque nous célébrons la messe, nous participons à cette offrande et, configurés au Fils par le Baptême, nous offrons aussi notre vie au Père en la remettant entre ses mains sous la forme du pain et du vin. La liturgie terrestre et la liturgie du ciel ne font plus qu’un ; la présence réelle du Corps et du Sang du Christ sur notre autel est la même que la présence du Fils devant le Père dans le Royaume. Le Corps et le Sang présenté par le prêtre ‘in personna Christi’ dans la célébration eucharistique n’est pas différent de ceux que le Fils présente au Père dans le ciel.

La fête de l’Ascension célébrée ce jour n’est pas une séparation entre le Fils incarné et l’humanité, c’est au contraire l’entrée dans le Royaume du Premier-né d’entre les morts qui porte son Sacrifice au Père dans l’éternité. Selon l’expression des ‘hommes en vêtements blancs’ : « Pourquoi regarder le ciel ? » (Actes 1,11) puisque avec le Christ nous y sommes entrés par grâce et pour toujours.

Ce que les Apôtres pouvaient considérer au départ comme une rupture, ils réalisent qu’il s’agit d’une Nouvelle Alliance de communion au Père. L’Ascension est l’aboutissement du triduum pascal : le sacrifice offert sacramentellement dans la Cène, réalisé dans la Croix, sublimé par la Résurrection est porté au Père une fois pour toutes dans le sanctuaire céleste (cf. Hébreux 9,24-27)

Nous vivons aujourd’hui dans cette communion nouvelle avec la Sainte Trinité.

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes


9 mai 2013

Secteur Vermandois

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La nuée de Dieu

En disant que « [Les Apôtres] le virent s’élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. » (Actes 1,9) l’évangéliste saint Luc fait allusion aux autres apparitions de cette ‘Nuée’ qu’il a déjà relatées :

  • En premier lieu lors de la ‘Transfiguration’ celle qui enveloppe Moïse et Elie alors qu’ils parlaient avec Jésus, lorsque la ‘Nuée’ disparaît, ils ne voient plus que Jésus seul (cf. Luc 9,28-36) ;
  • En second lieu, lorsque Jésus enseigne ce qui se passera au jour du jugement : « on verra le Fils de l'homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. » (Luc 21,27)

Saint Luc n’a pas inventé cette figure de la ‘Nuée’, elle se trouve abondamment dans l’Ancien Testament :

  • La ‘Colonne de Nuée’ ouvre le chemin de la liberté aux hébreux esclaves en Egypte et empêche les Egyptiens de rejoindre le peuple pendant la nuit qui précède le passage de la mer rouge (cf. Exode 13,21-14,20)
  • C’est au cœur de la Nuée que le Seigneur rencontre Moïse sur la montagne (cf. Exode 19,9-20)
  • Elle conduit Israël dans le désert, lorsqu’elle s’élève les israélites lèvent le camp lorsqu’elle s’arrête ils installent le camp (cf. Exode 40,36-37) ;
  • La Nuée descend sur la ‘Tente de la Rencontre’ construite sur ordre du Seigneur pour en prendre possession lorsqu’elle est achevée (Exode 40,34-35) ;
  • De même lors de la consécration du premier Temple de Jérusalem par le roi Salomon, la Gloire du Seigneur emplit la Demeure par une Nuée telle que les prêtres et le roi ne pouvaient rester à ‘intérieur (cf. 1Rois 8,62-64)
  • Le prophète Elie est enlevé dans la Nuée par le char du Seigneur (2Rois 2,11)

Les chrétiens peuvent aisément remplacer l’expression de ‘la Nuée’ par ‘la Sainte Trinité’ sans changer le sens profond de ces récits mais en les éclairant d’une lumière nouvelle : il ne s’agit plus d’une Nuée matérielle mais de se laisser aspirer par la Sainte Trinité et comme dit Jésus aux croyants : « Pour aller où je m’en vais vous savez le chemin » (Jean 14,4) La Nuée qui guidait les hébreux dans le désert est remplacée  par Celui qui dit « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi. » (Jean 14,6) Le Fils qui a rejoint la Gloire du Père et qui nous envoie l’Esprit pour suivre la voie royale.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois


5 mai 201

Secteur Vermandois

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n°873


Ce rideau est sa chair

« Nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il [Jésus] a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair. » (Hébreux 10,20)

L’auteur de l’épître aux hébreux s’adresse à des juifs pratiquants qui connaissent le Temple de Jérusalem, sans doute y ont-ils faits des pèlerinages ; ils savent d’après les Ecritures qu’il est divisé en deux parties : le ‘Saint’ et le ‘Saint des Saints’ séparées par un immense rideau. Dans le ‘Saint’ se trouvaient le long du mur Nord la ‘table des pains de propitiation’ renouvelés à chaque Sabbat par les prêtres ; au Sud le ‘chandelier à sept branches’ était placé, toujours allumé, alimenté constamment en huile pure ; à l’Ouest, juste devant le rideau l’‘autel des parfums’ où un prêtre venait faire l’offrande du matin et du soir. Au-delà du rideau, dans le ‘Saint des saints’ se trouvait lorsqu’elle était présente l’‘Arche d’Alliance’, le trône de Dieu, signe de la présence de Dieu au milieu de son Peuple. Seul le Grand-Prêtre pouvait franchir le rideau et pénétrer dans le ‘Saint des saints’, une fois par an, le jour du Yum-Kippur pour obtenir le pardon des péchés du Peuple.

Par cette simple phrase, l’auteur de l’épître aux hébreux présente le Christ Jésus comme le véritable Grand-Prêtre, celui qui franchit le rideau, non pas celui du Temple de Jérusalem mais celui du Sanctuaire céleste, ouvrant ainsi une brèche pour que chaque personne qui croira en lui puisse pénétrer à sa suite pour être en présence du Père et implorer son pardon.

Ce ‘chemin nouveau et vivant’ n’est pas constitué d’étoffes précieuses mais c’est la chair du Fils fait homme. Par sa double nature, divine et humaine, Fils engendré avant tous les siècles et fruit des entrailles de Marie, il est le chemin qui mène au Père. Par l’Ascension, la nature humaine est mise en présence de la nature divine dans la Jérusalem céleste : « Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau. La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau. » (Apocalypse 21,22-23) Le rideau est franchi !

Ces lectures ravivent notre espérance. Ce n’est pas par nos forces terrestres que nous pouvons accéder au Royaume promis mais en étant disciples du Christ, en gardant ses commandements comme il a gardé les commandements du Père (cf. Jean 15,10) que nous pourrons être comme aspirés à sa suite et, nous aussi, vivre une ascension personnelle

« Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. » (Hébreux 10,22)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies


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