Messe de la veille de Noël
24 décembre

(Tous les ans)

Isaïe 62,1-5
Psaume 88
Actes 13,16-17.22-25
Matthieu 1,1-25

1

Secteur Vermandois

2015

Généalogie de Jésus

2

Athies & Nesle

2017

Abraham, David, Exil, Jésus

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24 décembre 2013

Secteur Vermandois

n°792

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Généalogie de Jésus

La lecture (fastidieuse) des ancêtres de Joseph, le père putatif de Jésus, est souvent omise dans la liturgie paroissiale. Cette généalogie figure chez deux évangélistes : Matthieu et Luc qui ont deux objectifs différents.

Matthieu commence à Abraham, le père des croyants et descend jusqu’à Joseph « l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. » (1,16) Pour le juif Matthieu, il est particulièrement important que Jésus s’inscrive dans le Peuple de Dieu, qu’il soit héritier des promesses faites à Abraham. La litanie des ancêtres est en même temps un rappel des moments importants de l’histoire de la révélation faite au Peuple : Abraham, David, l’Exil à Babylone qui aboutissent au Christ.

Luc prend un chemin différent : il part du Christ Jésus et remonte à Adam donné comme ‘fils de Dieu’. Abraham n’est qu’une étape nécessaire. Pour cet évangéliste, scientifique grec, ce qui est le plus important à souligner pour ‘l’excellent Théophile’ est que Jésus, Dieu le Fils est un homme puisqu’il descend du premier homme créé, Adam. Luc met ainsi en avant la double nature, divine et humaine, de la deuxième personne de la sainte Trinité.

Pour les deux auteurs, la paternité de Joseph ne pose aucun problème : la ‘généalogie’ n’est pas la ‘génétique’, peu importe les chromosomes, est père celui qui élève l’enfant et qui lui donne un nom ; adoption et filiation sont synonymes dans le monde Juif. Il est tout aussi important que Joseph accepte ce rôle de père de l’enfant que Marie accepte de le porter.

En rappelant le nom d’Emmanuel (Dieu avec nous) révélé au prophète Isaïe (14,7b) l’ange confirme à Joseph que cet enfant sera le Sauveur attendu par Israël. Joseph comprend le message et assume la mission confiée par le Père en donnant le nom de Jésus (Dieu sauve) à l’enfant né de sa femme.

Joseph pouvait assumer cette mission avec l’aide de l’Esprit car il avait en lui les qualités exceptionnelles de confiance et d’humilité qui étaient nécessaires. L’exemple de saint Joseph permet à chacun de nous de mettre les qualités qui nous sont propres au service du Seigneur : Il ne nous confiera jamais une mission hors de nos capacités et Il nous aidera à la réaliser.

« Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » (Marc10,49)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

24 décembre 2016

Paroisses Nesle & Athies

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n°911

Abraham, David, Exil, Jésus

Dans beaucoup de sociétés, un homme est défini par sa lignée. C’est ce que fait saint Matthieu en détaillant la filiation de Jésus depuis Abraham. Le Fils du  Père céleste sera identifié dans sa vie terrestre : il appartient à la descendance d’Abraham, il est considéré comme fils de Joseph. Dans le monde juif, il n’y pas de différence entre la paternité et l’adoption : le père est celui qui éduque l’enfant quels que soient les liens génétiques. Joseph transmet à Jésus tout ce qu’il sait, il lui permet de devenir un homme.

Saint Matthieu divise cette généalogie en trois parties séparées par quatorze générations et dont les débuts sont soulignés par des hommes ou des événements importants :

  • Abraham est le premier homme qui écoute la voix de Dieu et qui obéit à son appel : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. » (Genèse 12,1) Il fait confiance à Dieu et ne refuse pas d’offrir son propre fils en holocauste (cf. Genèse 22,2-14) Par sa foi en Dieu, il est le père d’une ‘multitude’ et sa postérité par Isaac et Jacob constituera le Peuple Elu, signe parmi les nations de l’amour de Dieu pour tous les hommes.
  • David est le ‘messie’, celui qui a reçu l’onction royale par les mains de Samuel, le petit dernier des huit fils de Jessé, celui qui avait été oublié. C’est celui-là que Dieu choisit : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » (1Samuel 16,7) Et l’Esprit de Dieu reposa sur David qui dans sa faiblesse bénéficie de la force que Seigneur.
  • L’Exil à Babylone (587-538 av.JC.) est une période tragique pour le peuple de Dieu, ils ont perdu tout ce qui constituait la Promesse faite à Abraham : leur peuple réduit à quelques familles prisonnières, une terre dont ils sont proscrits, la présence de Dieu puisque le Temple a été détruit, les sacrifices sont impossibles. Mais une nouvelle approche de Dieu apparait : le peuple est ceux qui se soumettent à la volonté de Dieu, la terre promise est partout où la volonté de Dieu est faite, la présence de Dieu et les sacrifices sont en toute personne qui écoute la volonté de Dieu.
  • Jésus est ainsi présenté comme l’aboutissement de ces générations. Comme Abraham il est celui qui va écouter et accepter la mission confiée par le Père ; Comme David il est oint pour monter la force du Père dans la faiblesse de l’homme ; comme pendant l’Exil, il montre le véritable sacrifice : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé. » (Psaume 50(51),19).

La lecture de ces quarante-deux filiations est fastidieuse, mais elle est le résumé de toute l’histoire d’amour entre Dieu et l’homme. C’est ainsi qu’il faut l’écouter

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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