Sainte Marie, Mère de Dieu
1er janvier

Nombres 6,22-27
Psaume 66
Galates 4,4-7
Luc 2,16-21

1

Garnison d'Angers

2004

Les voeux

2

Bosnie Herzégovine

2006

lettre du pape Jean II aux sénateurs de Constantinople (mars 534)

3

Fort Neuf de Vincennes

2011

La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu (Vatican II)

4

2012

Marie retenait et méditait ces événements

5

Secteur Vermandois

2014

Mère de Dieu

6

2015

Il est né d’une femme

7

2016

Après avoir vu, ils racontèrent

8

Athies & Nesle

2017

Dieu le Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse

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1er janvier 2004

Garnison d'Angers

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Les vœux !

Dans ce début d’année civile où nous échangeons des vœux avec toute personne rencontrée, les chrétiens devraient réfléchir sur leur souhait profond. Quelle est l’attente d’un chrétien pour l’avenir ? La réponse est : le retour du Christ ! C’est pour cet événement que nous prions chaque jour ! La première préface de l’Avent nous le dit clairement : Car il est déjà venu, en prenant la condition des hommes, pour accomplir l'éternel dessein de ton amour et nous ouvrir le chemin du salut ; Il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la pleine lumière les biens que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi ; et cette affirmation est soulignée par les différentes anamnèses de la liturgie.

Nous vivons dans l’attente du retour du Christ, la difficulté est de transmettre cette espérance à ceux qui nous entourent. Chacun nous dira : « Je ne suis pas pressé ! », même parmi les baptisés ! Et pourtant, ne demandons-nous pas plusieurs fois par jour Que ton règne vienne ?

Puisque tout le monde nous dit : « … et tout ce que vous souhaitez ! » Cela nous invite à nous poser la question : « Qu’est-ce que je souhaite au fond de moi ? »

La réponse se trouve dans notre vie quotidienne.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier de la Garnison d'Angers

1er janvier 2006

Bosnie Herzégovine

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Notre fils, l'empereur Justinien, comme le contenu de sa lettre vous l'a appris, a fait savoir que des discussions s'étaient élevées sur trois questions :

  • Le Christ notre Dieu peut-il être dit un de la Trinité, c'est-à-dire une Personne sainte des trois Personnes de la sainte Trinité ?
  • Le Christ Dieu, impassible en sa divinité, a-t-il souffert en sa chair ?
  • Marie, toujours Vierge, mère de notre Seigneur et Dieu, le Christ, doit-elle être appelée, en un sens propre et véritable, mère de Dieu et mère de Dieu le Verbe incarné en elle ?

Nous avons approuvé la foi catholique de l'empereur sur ces questions et nous avons montré clairement qu'il en était ainsi, d'après les témoignages des prophètes, des Apôtres ou des Pères.

Le Christ est vraiment un de la sainte Trinité, c'est-à-dire que, des trois de la sainte Trinité, il est une personne ou une subsistance, que les Grecs appellent hypostase, nous l'avons montré clairement par ces témoignages [suivent des citations de : Gn 3,22 ; 1Co 8,6 ; symbole de Nicée]...

Que Dieu a souffert dans la chair, nous le confirmons par ces témoignages [suivent des citations de : Dt 28,66 ; Jn 14,6 ; Ml 3,8 ; Ac 3,15 ; 1Co 2,8 ; Ps 24,8 : Ac 20,28]..

Nous enseignons qu'il est juste que Marie, glorieuse, sainte et toujours vierge, soit appelée par les catholiques, en un sens propre et véritable, mère de Dieu et mère de Dieu le Verbe incarné en elle. Car, en un sens propre et véritable, c'est le même, incarné en ces derniers temps, qui a daigné naître de la sainte et glorieuse Vierge sa mère. C'est pourquoi, le Fils de Dieu s'étant, en un sens propre et véritable, incarné en elle et étant né d'elle, nous confessons qu'en un sens propre et véritable elle est la mère de Dieu qui s'est incarné en elle et qui est né d'elle. En un sens propre, pour qu'on ne croie pas que le Seigneur Jésus ait reçu le nom de Dieu comme un titre d'honneur ou de faveur, comme l'a pensé Nestorius en sa sottise. En un sens véritable, pour qu'on ne croie pas qu'il ait pris une chair imaginaire ou irréelle en quelque façon, comme l'a affirmé Eutychès en son impiété

lettre du pape Jean II aux sénateurs de Constantinople (mars 534)

1er janvier 2011

Fort Neuf de Vincennes

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La bienheureuse Vierge Marie, mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l'Eglise

52. La Sainte Vierge dans le mystère du Christ

Ayant résolu, dans sa très grande bonté et sagesse, d'opérer la rédemption du monde, Dieu "quand vint la plénitude du temps, envoya son Fils né d'une femme... pour faire de nous des fils adoptifs" (Galates 4,4-5) C'est ainsi que son Fils, "à cause de nous les hommes et pour notre salut, descendit du ciel et prit chair de la Vierge Marie par l'action du Saint-Esprit". Ce divin mystère de salut se révèle pour nous et se continue dans l'Eglise, que le Seigneur a établie comme son Corps et dans laquelle les croyants, attachés au Christ chef et unis dans une même communion avec tous ses saints, se doivent de vénérer, "en tout premier lieu la mémoire de la glorieuse Marie, toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ.

60. Marie, servante du Seigneur

Unique est notre Médiateur selon les paroles de l'Apôtre : "Car, il n'y a qu'un Dieu, il n'y a aussi qu'un Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est donné en rançon pour tous" (1Timothée 2,5-6) Mais le rôle maternel de Marie à l'égard des hommes n'offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu.. . Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne naît pas d'une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s'appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d'où elle tire toute sa vertu ; l'union immédiate des croyants avec le Christ ne s'en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire aidée.

61. La bienheureuse Vierge, prédestinée de toute éternité, à l'intérieur du dessein d'incarnation du Verbe, pour être la Mère de Dieu, fut sur la terre, en vertu d'une disposition de la Providence divine, la vénérable Mère du divin Rédempteur, généreusement associée à son œuvre à un titre absolument unique, humble servante du Seigneur. En concevant le Christ, en le mettant au monde, en le nourrissant, en le présentant dans le Temple à son Père, en souffrant avec son Fils qui mourrait sur la croix, elle apporta à l'œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C'est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l'ordre de la grâce, notre Mère.

62. A partir du consentement qu'elle apporta par sa foi au jour de l'Annonciation et qu'elle maintint dans sa fermeté sous la croix, cette maternité de Marie dans l'économie de la grâce se continue sans interruption jusqu'à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s'interrompt pas: par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n'est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu'à ce qu'ils parviennent à la patrie bienheureuse. C'est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l'Eglise sous les titres d'avocate, d'auxiliatrice, de secourable, de médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n'en résulte quant à la dignité et à l'efficacité de l'unique Médiateur, le Christ. Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l'unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l'unique source.. Ce rôle subordonné de Marie, l'Eglise le professe sans hésitation ; elle ne cesse d'en faire l'expérience ; elle le recommande au cœur des fidèles pour que cet appui et ce secours maternels les aident à s'attacher plus intimement au Médiateur et Sauveur.

63. Marie, modèle de l'Eglise

La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternité qui l'unissent à son fils, le Rédempteur, et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont les siennes, se trouve également en intime union avec l'Eglise : de l'Eglise, selon l'enseignement de saint Ambroise, la Mère de Dieu est le modèle dans l'ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ. En effet, dans le mystère de l'Eglise, qui reçoit elle aussi à juste titre le nom de Mère et de Vierge, la bienheureuse Vierge Marie occupe la première place, offrant, à un titre éminent et singulier, le modèle de la vierge et de la mère : c'est dans sa foi et dans son obéissance qu'elle a engendré sur la terre le Fils du Père, sans connaître d'homme, enveloppée par l'Esprit-Saint, comme une nouvelle Eve qui donne, non à l'antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi que nul doute n'altère. Elle engendra son Fils, dont Dieu a fait le premier-né parmi beaucoup de frères (Romains 8,29), c'est-à-dire parmi les croyants, à la naissance et à l'éducation desquels elle apporte la coopération de son amour maternel.

Concile Vatican II Constitution dogmatique " Lumen Gentium " chapitre 8 (21 novembre 1964)

1er janvier 2012

Fort Neuf de Vincennes

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Marie retenait et méditait ces événements

A la visite des bergers, le soir de la Nativité, Marie revivait dans son cœur la visite de l’Archange Gabriel, la grossesse qu’elle venait de vivre, l’amour que lui portait Joseph son mari et la confiance qu’il lui avait témoignée, tous ces événements qui découlaient de la demande que le Père avait formulée et de la réponse qu’elle lui avait faite : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ! » (Luc 1,38)

Elle entendait les bergers raconter la manifestation des chœurs célestes, l’annonce faite du Sauveur et elle regardait l’enfant qu’elle avait porté en son sein en se demandant sans doute comment il fera pour sauver tous les hommes…

Cette attitude devant son fils vagissant dans le berceau improvisé dans une mangeoire, la Vierge Marie l’a gardée toute sa vie, retenant et méditant les événements au fur et à mesure qu’ils arrivaient. L’hommage des bergers et des gens de Bethléem (Luc 2,20) ; les cadeaux des mages, personnages savants et importants, venus d’Orient (Matthieu 2,1-12) ; l’exclamation de Syméon et les prophéties d’Anne lors de la présentation au Temple (Luc 2,23-39) ; l’étonnement des docteurs de la Loi lors de l’examen au Temple (Luc 2,41-50) ; l’eau changée en vin à Cana (Jean 2,1-11) ; la crainte dans le développement de sa mission (Marc 3,31-33) ; la crucifixion (Jean 19,25-27) ; la Pentecôte (Actes 2)

Tout cela, la Vierge Marie l’acceptait, le retenait et le méditait sans faillir dans la confiance qu’elle portait à son fils, le Fils Unique du Père. La phrase qui commence son action de grâce devant sa cousine Elisabeth : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! » (Luc 1,48) restait toujours d’actualité même dans les moments les plus difficiles.

La prière des vingt mystères du rosaire permet à chaque personne qui le récite avec foi, sincérité et attention nous permet de rejoindre la Vierge Marie dans sa méditation au long de sa vie. A travers les mystères Joyeux, lumineux, douloureux et glorieux nous nous mettons à côté de la Vierge Marie, Mère de Dieu, dans les événements qu’elle a vécus et, comme elle a su intercéder à Cana pour une chose accessoire, elle intercédera pour nous dès que nous ferons appel à son cœur de mère.

Confiée au ‘disciple que Jésus aimait’ (cf. Jean 19,26-27) et le recevant comme son fils, la Mère de Dieu devient la mère de tous les hommes, nouvelle Eve d’une nouvelle Alliance. Elle est présente à tous les moments de notre vie comme elle l’était auprès du Fils de Dieu.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

1er janvier 2014

Secteur Vermandois

n° 723

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Mère de Dieu

En 313, l’édit de l’empereur Constantin institue la liberté religieuse dans tout l’empire ce qui  entraîne la fin des persécutions contre les chrétiens. Jusque-là l’Eglise n’avait pas de réelle unité et même si les églises locales partageaient la même profession de foi attribuée aux Apôtres des divergences existaient notamment sur la conception du Fils : était-il co-éternel au Père (foi de l’Eglise catholique) ou bien avait-il été créé par le Père établissant ainsi une hiérarchie dans la Sainte Trinité (théorie d’Arius)

Les évêques réunis dans les Conciles Œcuméniques de Nicée (325) et de Constantinople (341) insistent sur l’identité de nature des trois personnes de la Sainte Trinité qui « reçoivent même adoration et même gloire » Le Fils est « engendré et non pas créé » et l’Esprit « procède du Père et du Fils »

Les querelles christologiques ne s’arrêtent pas avec les déclarations de ces Conciles et face à la foi catholique qui professe deux natures en Jésus totalement Dieu et totalement homme d’autres options sont prêchées :

  • Jésus est un ‘super-prophète’ mais n’est pas Dieu qui ne peut n’être qu’UN (unitarisme)
  • Jésus est seulement un homme qui a été investi par le Fils après sa naissance (Nestorianisme)
  • Jésus n’a qu’une nature divine qui a absorbé la nature humaine (Monophysisme)

La conséquence de ces trois affirmations est que – contrairement à une dévotion populaire déjà bien affirmée – la Vierge Marie ne peut en aucun cas être appelée ‘Mère de Dieu’ (Théotokos = porteuse de Dieu)

Le troisième Concile Œcuménique se réunit à Ephèse (431) pour affirmer la foi de l’Eglise catholique en la matière. Cyrille d’Alexandrie écrit à Nestorius pour lui donner la doctrine officielle quant à la maternité de la Vierge Marie : « Ce n'est pas que d'abord un homme ordinaire soit né de la Sainte Vierge et que sur lui, ensuite, le Verbe soit descendu, mais nous disons que, sorti du sein maternel uni à la chair, il a accepté une naissance charnelle, parce qu'il revendique cette naissance charnelle comme la sienne propre... Ainsi [les saints Pères] n'hésitèrent pas à appeler la Sainte Vierge mère de Dieu (théotokos). » C’est une explicitation de l’affirmation du IVème évangéliste : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ! » (Jean 1,14)

La foi catholique permet donc une grande dévotion à celle qui a porté le Fils éternel du Père en son sein : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs maintenant et à l’heure de notre mort. »

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

1er janvier 2015

Secteur Vermandois

n°797

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Il est né d’une femme

Dans la lignée de la fête de la Nativité, l’Eglise propose pour le premier jour de l’année une méditation à propos de la maternité de la Vierge Marie. Cette incise dans l’épître aux hébreux est particulièrement importante pour deux raisons principales. L’auteur écrivant à des hébreux sait qu’ils connaissent les prophéties de Nathan (cf. 2Samuel 7,14) et d’Isaïe (cf. Isaïe 14,7) concernant la venue du Messie, il leur annonce la réalisation de cette promesse de Dieu ; cet auteur a précisé juste avant d’évoquer ces prophéties que ce Messie, né d’une femme, était Fils de Dieu. La réalisation des prophéties est donc bien supérieure à la promesse qui avait été faite.

L’affirmation de ce texte sur cette femme ‘Mère de Dieu’ permet de lire les passages des évangiles concernant la Vierge Marie d’un autre œil. Certaines de ces évocations du rôle de Marie soulignent son attitude de mère soucieuse pour l’enfant qu’elle a mis au monde : son inquiétude lorsque Jésus est resté au Temple de Jérusalem lors que pèlerinage de sa bar-mitsva (cf. Luc 2,42-52) et qu’elle et Joseph le cherchent partout, lorsque la foule enserre Jésus et qu’elle a peur pour sa sécurité (cf. Marc 3,32-35), lorsqu’elle reste au pied de la Croix (cf. 19,26) D’autre évocations évangéliques vont souligner la confiance de Marie envers son fils, Fils de Dieu, elle ‘médite dans son cœur’ tout ce qui arrive à Jésus lorsque des personnes viennent l’adorer, des berges, des mages, ou simplement être étonnés comme les docteurs de la Loi à Jérusalem. A Cana (cf. Jean 2,1-10) elle fait confiance au Fils de Dieu qu’elle a élevé et elle lui transmet une simple information.

Ainsi l’attitude de la Vierge Marie oscille entre l’amour d’une mère pour son fils et l’adoration du Fils de Dieu, cela souligne également la double nature de Jésus : pleinement homme par sa mère, pleinement Dieu par le Père. Selon la formule de Cyrille d’Alexandrie à la suite du Concile d’Ephèse (431) : « engendré du Père avant les siècles selon la divinité, né en ces derniers jours, pour nous et pour notre salut, de la Vierge Marie selon l'humanité, consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantiel à nous selon l'humanité. » (lettre aux évêques d’Antioche – 433)

La fête de Marie, Mère de Dieu, est célébrée à la fin de l’octave de la fête de la Nativité ; en choisissant cette date, bien avant qu’elle soit instituée comme le premier jour de l’année, l’Eglise catholique latine a voulu en faire une harmonique de la célébration du Fils du Père ‘venu dans notre chair’.

La dévotion envers la Vierge Marie conduit à l’adoration du ‘fruit de ses entrailles’ : le Sauveur dont la naissance avait été annoncée par l’ange aux bergers.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

1er janvier 2016

Secteur Vermandois

n°852

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Après avoir vu, ils racontèrent

En conclusion de l’octave de la Nativité, la liturgie catholique reprend l’évangile de saint Luc lu à la messe de l’aurore du 25 décembre : l’adoration des bergers. Conformément à la révélation faite par l’ange dans la nuit, « ils découvrirent […] le nouveau-né couché dans une mangeoire. »

Nous sommes toujours surpris par les ‘preuves’ que Dieu donne pour appuyer les révélations qu’il fait aux hommes. A Zacharie, il donne pour indication qu’il sera muet jusqu’à ce que l’enfant soit né et nommé ; à Marie, il annonce que sa cousine Elisabeth, considérée comme stérile, est enceinte ; il avise les bergers qu’ils trouveront un nouveau-né dans une mangeoire.

Bien que ces ‘preuves’ nous paraissent bien faibles, ceux qui reçoivent la révélation y souscrivent avec joie et spontanéité. Zacharie retrouvant la parole prophétise ce que sera l’enfant que le Seigneur lui donne (cf. Luc 1,68-79) ; Marie se met en route pour aider sa cousine dans ses derniers mois de grossesse et sans doute de l’accouchement (cf. Luc 1,39.56) ; les bergers à leur tour annoncent les merveilles de Dieu en chantant sa Gloire (cf. Luc 2,20)

« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » (Luc 2,19) La Vierge Marie, elle-même, a du mal à reconnaître les signes de Dieu sur le moment, ‘elle retient tous ces événements dans son cœur’. Elle, qui a porté Dieu en son sein, découvre progressivement les desseins de son fils, le Verbe éternel par qui tout a été créé (cf. Jean 1,3), tout au long de son ministère et de ses prédications sur les routes de Palestine  jusqu’à Jérusalem ; ne va-t-elle pas le chercher lorsqu’elle le croit en danger ? (cf. Matthieu 12,47)

La Mère de Dieu est le dernier don que Dieu le Fils fait à l’humanité avant de mourir. « Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : ‘Femme, voici ton fils’ Puis il dit au disciple : ‘Voici ta mère.’ » (Jean 19,26-27) Or ‘le disciple que Jésus aime’ c’est chaque homme et chaque femme qui croit en lui. Chacun d’entre nous a ainsi reçu Marie comme mère, et comme telle, elle aide chacun à trouver la voie que laquelle il est appelé.

C’ets ce que rappelle la prière d’ouverture de la messe en l’homme de Marie, Mère de Dieu : « Dieu tout-Puissant, par la maternité virginale de la bienheureuse Marie, tu as offert au genre humain les trésors de la vie éternelle ; accorde-nous de sentir qu’intervient en notre faveur celle qui nous permet d’accueillir l’auteur de la vie, Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur »

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
& Administrateur de Nesle et Athies (secteur Haute Somme

1er janvier 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°915

Dieu le Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse

Le Fils n’a voulu bénéficier d’aucun passe-droit : il s’est incarné dans un peuple et dans une histoire et il a adhéré aux us et coutumes du pays et du temps. Lui qui avait donné, avec son Père dans l’Esprit Saint la Loi au peuple qu’il s’était choisi a voulu observer cette Loi :

  • Il a été circoncis comme tous les enfants males du peuple (cf. Luc 2,21), selon la prescription donnée à Abraham (cf. Genèse 17,10)
  • Il a été présenté au Temple lorsque le temps était venu (cf. Luc 2,23), pour être ‘racheté’ comme tous les fils aînés d’Israël (cf. Exode 13,13)
  • Il a vécu l’examen de la Bar Mitzva devant les docteurs de la loi comme n’importe quel adolescent, mais « tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. » (cf. Luc 2,42-49)
  • Il était semblable aux hommes (cf. Philippiens 2,7)

Marie, en mère attentive, vivait toutes ces étapes, avec Joseph d’abord et seule ensuite et toujours « Elle méditait ces événements dans son cœur. » (Luc 2,19) La prophétie de l’Ange était présente dans sa mémoire : « Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » (Luc 1,32-33) Le peuple Juif attendait la venue du Messie promis. Elle, elle savait que le Messie était là et elle ne pouvait que constater qu’il n’était pas écouté comme il aurait dû l’être si le peuple avait accepté le message délivré par les prophètes.

Marie est à l’origine de la première manifestation de la Puissance de Dieu qui réside en son fils à Cana en lui signalant « Ils n’ont plus de vin » pour la fête des noces : «  Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. » (Jean 2,11) Ainsi, après donné naissance à l’homme, elle donne naissance au prédicateur de la Bonne Nouvelle mais toujours dans l’esprit : « Je suis la servante du Seigneur. » (Luc 1,38)

Veuve sans enfant, Marie n’aurait eu aucun statut social après la mort de Jésus sur la Croix. Il la confie au ‘disciple qu’il aimait’, non pas comme une personne à protéger mais comme une mère. Mais au-delà d’assurer une place dans la société à sa mère, il se dépouille de tout : nu, cloué sur une croix, il n’a plus qu’elle et il la donne à toute l’humanité, à tous ceux qui croiront en lui qui seront des enfants de Marie.

Lorsque nous vénérons la Vierge Marie comme une mère nous sommes ces disciples que Jésus aime.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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