Jour de Noël
25 décembre

(Tous les ans)

Isaïe 52,7-10
Psaume 97
Hébreux 1,1-6
Jean 1,1-18

1

Bosnien Herzégovine

2006

Et le Verbe s'est fait chair

2

Brigade Franco-Allemande

2008

Il est né le divin Enfant (dessin)

3

Fort Neuf de Vincennes

2011

Le Verbe s'est fait chair !

4

2012

Ils sont nés de Dieu

5

Secteur Vermandois

2013

Dernier évangile

6

2014

Le Fils éternel

7

2015

Au commencement

8

2016

C’est Lui qui a fait connaître le Père

9

Athies & Nesle

2017

Pour nous les hommes et pour notre salut,

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25 décembre 2005

Bosnie Herzégovine

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Et le Verbe s'est fait chair !

Deux précisions linguistiques sont nécessaires pour comprendre toute la portée de cette affirmation du quatrième évangéliste.

Le terme traduit par Verbe en français est dans l'original grec le logos qui a une portée philosophique beaucoup plus importante que sa traduction. Nous retrouvons le sens de ce mot dans la terminaison -logie qui indique une connaissance, une science, une sagesse (e.g. théologie = science qui s'intéresse au divin)

Pour la Chair, l'évangéliste a choisi le mot sarx qui est très matériel puisqu'il est utilisé pour désigner les muscles et la viande alimentaire (e.g. sarcome = cancer du muscle)

Par cette simple formule, le prologue de l'évangile de saint Jean annonce ce qui fera l'originalité de son ouvrage : cet homme Jésus, mort et ressuscité est la Sagesse de Dieu qui est devenu l'Aliment Véritable offert à tous les hommes pour leur salut. D'où des récits particuliers à cet évangile comme les noces de Cana, le discours sur le pain de vie et des rencontres comme celle de Nicodème et de la Samaritaine.

Cela est important pour la foi chrétienne : le Fils unique n'a pas emprunté un corps qui lui serait étranger (comme dans la théologie de la réincarnation du Dalaï Lama) mais il a pris chair, la sienne, d'une femme. L'épître aux hébreux reprend cette affirmation en disant : " Car nous n'avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d'une manière semblable, à l'exception du péché. " (Hé 4,15) et dans la liturgie catholique la quatrième prière eucharistique dit aussi : " Il a vécu notre condition d'homme en toute chose, excepté le péché. "

En célébrant cette fête de Noël, plus de deux mille ans après l'événement, nous ne fêtons pas un anniversaire, nous proclamons l'incarnation du Dieu éternel en la personne du Fils, Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière vrai Dieu né du vrai Dieu comme le précise le symbole de Nicée-Constantinople. Mais cette profession de foi insiste ensuite sur la réalité de l'humanité de la deuxième personne de la Trinité : vrai Dieu et vrai Homme, une personne, deux natures.

En reconnaissant dans l'enfant de Bethléem celui qui vient pour nous sauver, nous proclamons le mystère de la foi !

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Militaire Catholique en Bosnie Herzégovine


25 décembre 2007

Brigade Franco-Allemande

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25 décembre 2010

Fort Neuf de Vincennes

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Le Verbe s’est fait chair !

La puissance de l’expression que saint Jean utilise dans son prologue a subi l’atténuation de l’habitude tellement cette phrase a été utilisée et méditée. En effet, l’auteur du IVème évangile aurait pu simplement dire que le Verbe s’est fait homme, cela nous semblerait tout à fait synonyme ; or il n’en est rien. En disant que le Fils Unique du Père, deuxième personne de la Sainte Trinité, est venu dans notre ‘chair’ il souligne tout ce que cela implique de matériel, de prosaïque pour ne pas dire de vulgaire.

Par cette simple locution, saint Jean affirme la profonde véracité de l’humanité corporelle du fils de la Vierge Marie totalement assumée par le Fils du Père Céleste. L’image charmante du ‘petit Jésus dans la crèche’ ne doit pas occulter ce mystère profond de l’amour de Dieu pour les hommes : le Fils est envoyé homme parmi les hommes afin qu’ils trouvent en Lui le chemin qui conduit au Père grâce au don de l’Esprit.

Dans ce sens, saint Jean peut affirmer à propos de ceux qui croient qu’ils sont enfants de Dieu : ‘Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu’. En se faisant chair, le Fils libère l’humanité des vicissitudes de la chair et lui ouvre le Royaume des Cieux. En d’autres termes, en assumant – comme nous – la naissance d’une femme et tous les aspects de notre vie ‘dans la chair’, le Fils nous montre que le but ultime de la vie humaine est d’accéder – comme Lui – à la résurrection et à la vie de fils et filles de Dieu.

La fête de l’Incarnation – littéralement la venue dans la chair – ouvre une nouvelle ère de rédemption selon la prédication même de Jean-Baptiste : « après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. » L’Humanité créée à l’image de Dieu est restaurée par la naissance du Fils. Pour souligner cela, l’évangéliste inaugure son ouvrage par un rappel de la Création, allusion directe au début du livre de la Genèse (1,1) : « Au commencement… »

Pour nous, aujourd’hui, nous côtoyons des personnes pour qui Noël n’est qu’une fête pour les enfants, un prétexte à un échange de cadeaux ; nous devons profiter de cette période pour « rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient » Nous sommes plus grands que Jean-Baptiste puisque nous sommes entrés dans le Royaume par notre Baptême (cf. Matthieu 11,11) notre rôle de témoins n’en est que plus important.

Notre vie quotidienne doit montrer notre foi en ce Dieu fait homme qui vient pour montrer son amour de l’humanité. A travers l’Enfant de la crèche, nous sommes appelés à restaurer la dignité de tout homme et toute femme et à leur permettre d’être pleinement fils et filles du Père.

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes


25 décembre 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Ils sont nés de Dieu

Dans les récits de création Dieu modèle l’homme à partir de glaise pour lui insuffler la vie (cf. Genèse 2) ou qu’il le fasse surgir par sa Parole « Homme et femme il le créa. » (cf. Genèse 1) Mais il y a une grande distinction entre être créé par Dieu et naître de Dieu. Pour l’auteur du IVème évangile, le ‘Verbe’ participe à la création du monde : « Par lui, tout s’est fait et rien de ce qui s’est fait, ne s’est fait sans lui. » et donc de l’humanité. La création ne trouve son accomplissement que dans le Christ : « Je suis l’Alpha et l’Oméga ! » (Apocalypse 22,13) De même que la Création est universelle, de même le Verbe de Dieu est universel : le message s'adresse à tout homme sans limites. Il est la Vie, il est la Lumière

La naissance du ‘Verbe’ dans notre chair est un prélude à une nouvelle naissance de tous les hommes, non plus d’un père et d’une mère mais naissance de Dieu : « à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. » (Jean 3,5-6) Tous ceux qui reconnaissent le ‘Verbe’ incarné et qui croient en son Nom reçoivent le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

« Nous avons vu sa Gloire ! » C’est dans l’humanité de Jésus que l’évangéliste voit la gloire de Dieu – ce terme n’est appliqué qu’à Dieu dans l’Ancien Testament. Ce même évangéliste voit la Gloire de Dieu dans l’absence du Corps dans le tombeau le jour de Pâque : « Il vit et il crut ! » (Jean 20,28) Le fait de voir est indissociable de la foi, c’est un appel à l’action missionnaire, à être des témoins de cet amour de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, l'Unique Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jean 3,16)

L'incarnation du Verbe parmi les hommes et son entrée dans le temps donnent leur sens dernier au monde et à l'histoire : en lui l'histoire devient histoire du salut. L’union des deux natures, divine et humaine, dans le Fils de Dieu montre l’amour qui est porté à l’humanité. En lui, « Le Seigneur a montré la force divine de son bras aux yeux de toutes les nations ; et, d’un bout à l’autre de la terre, elles verront le Salut de notre Dieu. » (Isaïe 52,10)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes


25 décembre 2012

Secteur Vermandois

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Dernier évangile

Dans la célébration de la messe issue du Concile de Trente (1545-1563) dite ‘messe de saint Pie V’ la dernière action du prêtre à l’autel était de lire – en latin – le prologue de l’évangile de saint Jean appelé ‘dernier évangile qui est proposé pour la fête de la Nativité. Cette répétition de jour en jour avait pour but de donner à ceux qui participaient à la messe une proclamation et une méditation quotidienne du Mystère de l’Incarnation. La pratique habituelle de la triple récitation de l’‘Angélus’ (7h00 – 12h00 – 19h00) scandée par les sonneries de l’église du village rappelait encore ce qui est le centre de la foi chrétienne :

« Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ! »

Au commencement, par amour, le Père a organisé toute la Création pour l’Homme et autour de lui en lui donnant tout pouvoir sur tout ce qui avait été créé (cf. Genèse 1 & 2) Source de reconnaissance et d’émerveillement pour les Psalmistes : « A peine le fis-tu moindre qu'un dieu; tu le couronnes de gloire et de beauté, pour qu'il domine sur l’œuvre de tes mains; tout fut mis par toi sous ses pieds » (Psaumes 8,6-7 et par.) Un rappel que l’auteur de l’épître aux Hébreux donne à méditer à ses lecteurs : « Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ? Ou le fils de l'homme pour que tu le prennes en considération ? » (Hébreux 2,6)

Le Père ne peut se résoudre à ce que les hommes vivent séparés de son Amour : « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par un Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les mondes » (Hébreux 1,1-2) La naissance insérée dans le temps du Fils éternel du Père est l’aboutissement de cette pédagogie divine que la Sainte Trinité a distillé au cours des siècles pour que l’humanité soit en pleine communion avec lui.

Plus encore que par le passé, les chrétiens sont confrontés à la disparition du sens profond de la Nativité : transformé en une ‘Fête des enfants’ avec matraquage médiatique des nouveaux jouets et gadgets de l’année, Noël devient un simple jour chômé ave possibilité de faire un ‘pont’ si – par chance – le 25 tombe un jour de semaine.

C’est donc à nous, chrétiens d’aujourd’hui qu’il appartient de proclamer la merveille de l’Incarnation en rappelant les paroles de saint Paul : « Lui étant dans la forme de Dieu n'a pas usé de son droit d'être traité comme un dieu mais il s'est dépouillé prenant la forme d'esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme il s'est abaissé devenant obéissant jusqu'à la mort à la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a souverainement élevé et lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux sur la terre et sous la terre et que toute langue proclame que le Seigneur c'est Jésus Christ à la gloire de Dieu le Père. » (Philippiens 2,6-11)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois


25 décembre 2013

Secteur Vermandois

n°721

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Le Fils éternel

Lorsqu’au catéchisme nous essayons d’expliquer aux enfants que le Fils est auprès du Père avant la naissance de Jésus, ils nous regardent d’un air dubitatif en se demandant si nous sommes sains d’esprit. Certains adultes auraient peut-être la même réaction… Pourtant c’est un des éléments essentiels de la foi catholique : « Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles » (symbole de Nicée Constantinople)

Les deux auteurs de l’épître aux Hébreux et du IVème évangile font de cette affirmation la base de leur prédication en spécifiant dès l’introduction de leurs textes cette présence du Fils auprès du Père dès avant la création du monde à laquelle il participe avec le Père : « Fils qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes » (Hébreux 1,2) « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. » (Jean 1,1-3)

Quelles que soient les révélations qu’ils avaient eues, les prophètes n’avaient qu’une conscience imparfaite du Dieu qui se manifestait à eux. Le Fils, lui, est en pleine communion avec le Père : « personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père, ni qui est le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » (Luc 10,22) En venant dans notre chair, le Fils nous présente Dieu ; en s’incarnant dans notre humanité il nous montre de quel amour nous sommes aimés et il nous attire vers le Père : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1Jean 3,2)

La naissance du Fils Unique du Père indique qu’il ne veut pas ‘tricher’ avec notre humanité, mais il désire la vivre pleinement : il n’a pas ‘pris chair’ déjà homme adulte, il a tenu à naître d’une femme comme chacun d’entre nous. La naissance humaine implique une vie humaine et une mort humaine. La Résurrection de cet homme véritable préfigure la résurrection de tous les hommes : le mystère de Noël annonce le mystère de Pâque.

Nous avons donc raison de fêter avec faste cette naissance extraordinaire : elle est le signe de notre Salut ; comme les bergers nous voyons l’enfant couché dans une mangeoire et avec les anges nous chantons : « Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Luc 2,14)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois


25 décembre 2014

Secteur Vermandois

n°795

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Au commencement

Le IVème évangéliste inaugure le texte qu’il va transmettre aux générations futures exactement par le même terme que le premier mot de la Bible ‘Au commencement’ (Beréchit en Hébreu – en archè en grec) Il désire montrer par cette similitude que le ‘Verbe’ est coéternel avec le Père, qu’il en est distinct « Le Verbe était auprès de Dieu », qu’il est Dieu lui-même : « Le Verbe était Dieu » et qu’il est co-créateur avec le Père « par lui tout est venu à l’existence »

Par sa profession de foi « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique » le IVème évangéliste affirme l’incarnation de ce ‘Verbe’ désigné alors comme ‘Fils unique’. Il ne s’agit plus d’un homme saisi par Dieu pour annoncer la Parole comme l’étaient les prophètes : « Le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.” » (Amos 7,15) dont les exhortations faites au nom de Dieu n’avaient pas toujours la réception qui aurait pu en être attendue car le peuple n’aime pas s’entendre dire qu’il s’éloigne du chemin qui conduit à Dieu.

« A la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (Hébreux 1,2) Celui qui était au commencement auprès de Dieu, est, à la fin, par son incarnation, auprès des hommes ; ‘en ces jours où nous sommes’, cela signifie que cette annonce n’était pas uniquement pour les contemporains de l’auteur de l’épître aux hébreux mais également à tous les hommes : « à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »

La fête de la Nativité célèbre la venue dans le monde du Fils unique du Père, et en même temps elle rappelle que l’Homme, par cette incarnation, a été élevé à la dignité d’enfant de Dieu. Le Fils en prenant intégralement notre humanité se met à notre portée pour nous révéler le Père : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. »

En regardant la crèche, nous contemplons l’amour du Père qui nous donne son propre Fils comme frère afin que nous soyons fiers et respectueux de l’humanité.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois


25 décembre 2015

Secteur Vermandois

n°851

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C’est Lui qui a fait connaître le Père

Dès l’introduction de sa lettre, l’auteur de l’épître aux Hébreux montre à ses correspondants juifs la continuité du projet de Dieu entre les écrits des prophètes et la venue parmi les hommes du Fils ‘par qui il a créé les mondes’. Ainsi la Parole de Dieu est maintenant révélée sans intermédiaires et non plus par des hommes inspirés.

Par le passé, « Le Seigneur parlait avec Moïse face à face, comme on parle d’homme à homme. » (Exode 33,11) mais c’était le seul exemple de ‘parole directe’. Avec la venue du Fils, cette Parole n’est plus à la destination d’un seul homme – Moïse – elle est destinée à tous les hommes, à travers le temps et l’espace, aux frères et sœurs en humanité au « Verbe fait chair ». La Parole a été transmise par les Apôtres et leurs successeurs et elle s’adresse à nous aujourd’hui.

Le Fils s’incarne pour donner à toutes les générations la connaissance du Père dans l’Esprit : « Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » (Luc 10,22). Dieu ne choisit pas une ‘élite’, ‘celui à qui le Fils veut le révéler’ est tout homme car Jésus dit à ses disciples : « telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » (Jean 6,39)

Le prologue du IVème évangile présente toute cette révélation en peu de mots ; il parle de la venue du Fils dans notre nature humaine et du but ultime de cette venue : faire connaître le Père dans sa Gloire, et en le faisant connaître il fait de nous des ‘enfants de Dieu’. Acceptant de prendre notre condition mortelle, il nous donne la condition immortelle : « nous sont accordés les dons promis, si précieux et si grands, pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine. » (1Pierre 1,4)

La naissance de Dieu le Fils parmi les hommes est en même temps notre naissance à la vie éternelle ; en nous apportant la connaissance du Père, il nous remet en communion avec Lui. Nous sommes pécheurs mais l’amour de Dieu, Père, Fils, Esprit est plus fort que nos péchés : « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne en rendant juste pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur. » (Romain 5,20-21)

La connaissance du Père nous donne une grâce surabondante. Il nous est demandé de savoir profiter de la ‘grâce d’état’ qui nous a été donnée par le Baptême et la Confirmation pour écouter la Parole et la mettre en pratique.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
& Administrateur de Nesle et Athies (secteur Haute Somme

25 décembre 2016

Paroisses Nesle & Athies

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n°914

Pour nous les hommes et pour notre salut,
il descendit du Ciel

  • « Un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir » (Isaïe 9,6)
  • « Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. » (Michée 5,1)
  • « Et le Verbe s’est fait chair » (Jean 1,14)
  • « ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen. » (Romains 9,5)
  • « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, Ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur devenu semblable aux hommes » (Philippiens 2,6-7)
  • « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. » (Colossiens 1,15)
  • « A bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ;  mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (Hébreux 1,1-2)
  • « Jésus Christ, hier et aujourd’hui, est le même, il l’est pour l’éternité. » (Hébreux 13,8)

ès la prédication apostolique – et même avant – le mystère de l’Incarnation est souligné : le Fils éternel du Père, deuxième personne de la Sainte Trinité, né avant tous les siècles a choisi de naître d’une femme par l’action de l’Esprit Saint et de se ‘faire chair’ pour le salut de tous les hommes.

Face aux nombreuses hérésies à travers les siècles jusqu’à nos jours, l’Eglise a toujours affirmé sa foi, en particulier par les Conciles, le Fils est pleinement Dieu et il est pleinement homme ; deux natures en une seule personne sans fusion ni juxtaposition. Ce n’est ni un ‘demi-dieu’ comme l’envisageaient les grecs et les romains, ni une simple apparence comme les anges : il est ‘vrai Dieu, né du vrai Dieu’ et ‘Par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme’.

L’imagerie populaire de la crèche ne peut montrer que l’humanité de Celui qui est Dieu le Fils, mais lorsque nous posons auprès de l’enfant les bergers en position d’adoration, nous pensons à ce qu’il représente et nous aussi sommes portés à l’adoration du « Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » (Jean 4,23-24) Quand nous passons devant une crèche, prenons le temps de prier en réalisant ce qu’elle représente. A travers cette représentation, nous admirons la sollicitude du Père qui donne son Fils pour notre salut.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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