saint Luc

Le Baptême du Christ
Année C
Evangile de saint Luc

Isaïe 40,1-11
Psaume 103
Tite 2,11-14.3,4-7
Luc 3,15-22

1

Lycée Militaire d'Autun

11 janvier 1998

Le Ciel s'ouvrit

2

Secteur Vermandois

10 janvier 2016

Le peuple était en attente

3

Athies & Nesle

13 janvier 2019

Dénouer la courroie de ses sandales

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11 janvier 1998

Lycée Militaire d'Autun

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n°44

Le ciel s'ouvrit

Cette expression peut nous surprendre, nous la trouvons irrationnelle, mythologique. Mais avec de telles réactions, nous oublions que les textes bibliques, s’ils sont inspirés par Dieu, s’adressent à une population précise, incarnée en un temps donné.

Il est donc nécessaire que nous nous replongions dans la conception du monde en Judée à l’époque de Jésus. A l’exception de quelques mathématiciens grecs, les hommes pensent que la terre est plate. Pour les Juifs, le Firmament est conçu comme une tente de bédouin soutenue par les «colonnes du ciel »et à laquelle sont accrochés les astres, la lune et le soleil. Au-delà du Firmament se trouve la demeure de Dieu. Autour de la Demeure de Dieu et au-dessus du Firmament il y a les «eaux d’en haut » qui fournissent la pluie. Sous la terre qui repose également sur des colonnes se situent le Shéol, séjour des morts, et les «eaux d’en bas » qui alimentent les mers et les puits.

Compte tenu de cette perception nous pouvons mieux comprendre ce que veulent les habitants de Babel lorsqu’ils entreprennent de construire une tour : ils désirent entrer dans la Demeure de Dieu par effraction, en ouvrant le Firmament (cf. Gn 11,1-9). Leur manque de confiance en Dieu est leur péché : l’homme ne peut entrer de force dans la Demeure de Dieu puisque Dieu lui-même leur tient l’entrée grande ouverte.

Les cieux avaient été fermés pour empêcher le retour d’Adam et d’Eve et gardés par un ange à l’épée flamboyante (cf. Gn 3,1-24). Lors du Baptême du Christ, les cieux s’ouvrent à nouveau et l’Esprit comme une colombe qui témoigne de la terre retrouvée pour Noé (cf. Gn 8,1-14) vient apporter cette Bonne Nouvelle aux personnes baptisées par Jean : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. ».

L’interprétation de la tradition de l’Eglise voit dans la descente du Christ dans les eaux du Jourdain par Jean, non pas le Baptême de repentir que vivaient les Juifs, mais la prise en charge des péchés dont les hommes s’y étaient dépouillés. Ainsi la boucle est refermée, le péché d’Adam et d’Eve dans le Jardin d’Eden, celui des habitants de Babel, est déjà absout par le Fils unique du Père, l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde : le ciel est de nouveau ouvert aux hommes par l’amour du Père par le Fils dans l’Esprit.

Notre conception du monde a sans doute changé, peur de personnes pensent que la terre est plate et que Dieu est quelque part dans le ciel. Mais le message reste le même, les images utilisées par les évangélistes sont peut-être dépassées, la Bonne Nouvelle qu’ils annoncent est toujours d’actualité, c’est aussi celui des anges à Noël : « Aujourd’hui il vous est né un Sauveur ».

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Lycée Militaire d'Autun

10 janvier 2016

Secteur Vermandois

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n°854

Le peuple était en attente

Le contexte socio-politique de la Palestine à l’époque de Jean-Baptiste et de Jésus est telle que le peuple juif est dans l’impatience de la venue du Messie. Le roi n’est qu'un simulacre de royauté, le véritable pouvoir est entre les mains des romains ; le grand prêtre lui-même est contesté dans sa légitimité.

La prédication de Jean-Baptiste rappelle les grands principes mis en avant par les prophètes des temps anciens ; le geste symbolique du bain purificateur évoque un nouveau passage de la mer Rouge et la libération de l’esclavage. L’homme qui prêche avec cette force ne serait-il pas le Messie ? Un nouveau Moïse qui libérera le peuple de l’oppression étrangère ? Un nouveau roi David qui restaurera la véritable royauté : celle de Dieu !

Jean-Baptiste se défend d’être celui qu’ils attendent avec une telle ferveur, il affirme qu’il n’est « que » celui qui annonce la venue du Messie envoyé par Dieu.

Devant cette effervescence dans le peuple, Jésus aurait pu se manifester, se lever et révéler sa mission ; il aurait pu clamer qu’il était ce Messie, le Fils de Dieu. Mais il choisit d’être baptisé lui aussi par Jean et de se retirer à l’écart pour prier le Père.

La manifestation de Dieu attendue par le peuple vient du Père qui envoie l’Esprit sous l’apparence d’une colombe et d’une voix venue du Ciel présentant le Messie : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Luc 3,22)

C’est pour nous un modèle dans notre vie chrétienne. Avant d’entreprendre la mission qui nous est confiée par Dieu, nous devons prendre le temps de prier avant de la mettre en œuvre et surtout attendre la reconnaissance pour la commencer. Ce n’est plus une colombe descendue du Ciel, mais c’est l’approbation de l’Eglise, présence du Christ dans le monde qui nous confortera dans l’Esprit pour pouvoir mener à bien la tâche qui nous est assignée par le Père.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
& Administrateur de Nesle et Athies (secteur Haute Somme)

13 janvier 2019

Paroisses Nesle & Athies

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n°1056

Dénouer la courroie de ses sandales

Lorsqu’un homme arrivait en visiteur à une maison, le maître des lieux dépêchait un serviteur ou un esclave qui lui déliait les sandales et grâce à une jatte d’eau, lui lavait les pieds pour le détendre et enlever la poussière accumulée par la route ; si la personne était importante, le maître venait lui-même s’acquitter de cette tâche plutôt que d’envoyer un subalterne. C’était un geste de déférence.

Si Jean le Baptiste ne s’estime « pas digne de dénouer la  courroie de ses sandales » qui pourrait l’être puisque Jésus affirmait à son sujet : « Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. » (Luc 7,28) ? Le Christ ne s’intéresse pas à la dignité sociale de la personne qui lui rend hommage, il regarde la sincérité du  cœur ; il accepte l’hommage que lui fait la pécheresse chez le pharisien, celle qui « se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. » (Luc 7,38)

Plus encore, le soir de la Cène, Jésus « se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. » (Jean 13,4) Par ce geste il montre aux Apôtres qu’il ne s’agit pas d’une convention sociale mais d’un geste d’amour, de service envers son prochain. Malgré son ressentiment envers le traître, le IVème évangéliste l’inclut parmi ceux à qui le Seigneur lave les pieds « alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, » (Jean 13,2).

Jésus ne retient pas ce que Jean disait de son indignité à dénouer la courroie de ses sandales : en recevant avec humilité le Baptême de Jean, Jésus nous indique que cette action n’est pas une fin en soi, aussitôt être remonté du Jourdain, il prie ! La prière est la source de son ministère : il remet toujours entre les mains du Père sa prédication, ses miracles et sa vie. Le ciel qui s’ouvre est le signe de la communion totale de la Sainte Trinité, Père, Fils, Esprit.

Configurés au Christ par le Baptême de l’Esprit Saint et du feu, nous suivons les traces de Celui qui est ‘le Chemin, la Vérité et la Vie’ en remettant nous aussi ce baptême entre les mains du Père dans la prière par l’intercession de celui qui est notre avocat : le Fils, l’Esprit nous sera alors donné à profusion et nous entendrons dans notre cœur : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde d’Athies


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