Assomption de la Vierge Marie
15 août

1

Talmont/Gironde

1989

l'enfant tressaillit en elle

2

Forces Armées de Guyane

2003

Constitution Apostolique "Munificentissimus Deus " (Pie XII)

3

Bosnie Herzégovine

2004

Discours sur la Dormition de Marie (saint Jean le Théologien)

4

Brigade Franco-Allemande

2008

La maternité de Marie envers l’Eglise (catéchisme de l'Eglise Catholique)

5

Fort Neuf de Vincennes

2010

L'Ancienne Alliance engendre la Nouvelle

6

2011

Préface de l'Assomption

7

Secteur Vermandois

2013

Notre Mère du Ciel

8

2014

La Mère de mon Seigneur

9

2015

Infaillibilité pontificale

10

2016

Magnificat

11

Athies & Nesle

2017

Marie se mit en route

Messe de la veille

1 Chroniques 15,3-4.15-16;16,1-2
Psaume 131
1 Corinthiens 15,54-57
Luc 11,27-28

Messe du jour

Apocalypse 11,19-12,10
Psaume 44
1Corinthiens 15,20-27
Luc 1,39-56

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15 août 1989
Talmont/Gironde

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L'enfant tressaillit en elle

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.
Amen!

Tressaillir, le verbe démontre la surprise, l'inattendu de la situation. L'enfant, Jean-Baptiste, est déjà prophète, dès le ventre de sa mère, il annonce celui qui doit venir. D'ailleurs Elisabeth, sa mère, ne s'y trompe pas et comprend immédiatement que la visite de Marie est un signe précurseur du Messie qui vient pour sauver tous les hommes.

Pour notre vie quotidienne, nous qui avons été baptisés prêtres, prophètes et rois, il est important que nous ayons cette même attitude de surprise mêlée de joie, lorsque, avant la communion, le prêtre montre au peuple de Dieu l'hostie en disant ``Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde'' nous avons ce même étonnement : nous sommes sauvés par le sacrifice du Christ, nous le faisons en mémoire de lui. Nous l'annonçons à ceux qui nous entourent par des signes, signe fruste quelquefois comme notre rassemblement d'aujourd'hui, signe discret dans notre façon de vivre, signe visible lorsque nous prenons une position parce que nous sommes chrétiens...

En cette fête de l'Assomption, où notre Mère est montée au ciel dans son corps, rappelons-nous que le Christ nous y prépare une place et qu'il veut qu'aucune de ses brebis ne se perde. Tenons la place de Jean-Baptiste et montrons au monde la joie que nous avons d'être chrétiens.

Père JeanPaul Bouvier
Curé auxiliaire de Talmont sur Gironde

15 août 2003

Forces Armées de Guyane

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Constitution apostolique "Munificentissimus Deus " de Pie XII (1er novembre 1950)

Tous ces arguments et considérations des saints Pères et des théologiens reposent sur l'Ecriture comme sur leur dernier fondement ; celle-ci nous fait voir en quelque sorte l'auguste mère de Dieu très intimement unie à son divin Fils et partageant toujours son sort. Il semble donc comme impossible de voir celle qui a conçu le Christ, l'a enfanté, nourri de son lait, tenu dans ses bras et serré sur sa poitrine, séparée de lui après cette vie terrestre sinon d'âme, du moins de corps. Puisque notre Rédempteur est le fils de Marie, il ne pouvait pas, lui, si parfaitement soumis à la loi divine, ne pas rendre honneur non seulement au Père éternel mais aussi à sa bien-aimée mère. Puisque donc il pouvait lui faire ce grand honneur de la préserver de la corruption de la mort, il faut croire qu'il l'a fait.

Il faut surtout se rappeler que, depuis le IIème siècle, la Vierge Marie est présentée par les saints Pères comme la nouvelle Eve, soumise sans doute au second Adam, mais très intimement unie à lui, dans le combat contre l'ennemi infernal, combat qui, tel qu'il est préfiguré dans le protévangile, devait aboutir à la victoire totale sur le péché et la mort, toujours unis entre eux dans les écrits de l'Apôtre des Gentils [Rm 5 et 6 ; 1Co 15,21-26.54-57] Par conséquent, comme la glorieuse résurrection du Christ fut une partie essentielle et le dernier trophée de cette victoire, ainsi fallait-il que le combat livré par la Vierge Marie unie à son Fils se terminât par la glorification de son corps virginal ; le même Apôtre ne dit-il pas : "Lorsque... ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors se réalisera la parole de l'Ecriture : la mort a été engloutie dans la victoire " [1Co 15,54]

Aussi l'auguste mère de Dieu, unie d'une manière mystérieuse à Jésus Christ "dans un seul et même décret " de prédestination, immaculée dans sa conception, vierge très pure dans sa divine maternité, compagne généreuse du divin Rédempteur qui a remporté un triomphe total sur le péché et ses suites, a enfin obtenu, comme le couronnement suprême de ses privilèges, d'avoir été préservée de la corruption du tombeau et, comme son Fils, après avoir vaincu la mort, d'être élevée en corps et en âme à la gloire au plus haut des cieux, pour y resplendir comme une reine à la droite de son Fils, le roi immortel des siècles [1Tm 1,l7]

L'Eglise universelle, dans laquelle vit l'Esprit de vérité, qui la dirige infailliblement pour qu'elle arrive à la connaissance des vérités révélées, a manifesté sa foi de multiple manière au cours des siècles ; les évêques du monde entier demandent d'un accord presque unanime que la vérité de l'Assomption corporelle de la bienheureuse Vierge Marie dans le ciel soit définie comme un dogme de foi divine et catholique, cette vérité qui s'appuie sur l'Ecriture sainte, qui est enracinée dans le cœur, des fidèles, manifestée depuis les temps les plus reculés par le culte de l'Eglise, dans le plus parfait accord avec les autres vérités révélées, magnifiquement expliquée et exposée par les travaux, la science et la sagesse des théologiens. Pour ces motifs, nous croyons venu le moment fixé par les desseins de la divine Providence de proclamer solennellement cet insigne privilège de la bienheureuse Vierge Marie.

Après avoir très souvent adressé à Dieu nos supplications, invoqué la lumière de l'Esprit de vérité, pour la gloire du Dieu tout-puissant qui a répandu sur la Vierge Marie les largesses d'une bienveillance toute particulière, pour l'honneur de son Fils, roi immortel des siècles et vainqueur du péché et de la mort, pour une plus grande gloire de son auguste mère et pour la joie et l'exultation de toute l'Eglise, par l'autorité de notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et par notre propre autorité, Nous affirmons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que : l'immaculée mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste.

Par conséquent, si quelqu'un, ce qu'à Dieu ne plaise, osait volontairement mettre en doute ce qui a été défini par Nous, qu'il sache qu'il a totalement abandonné la foi divine et catholique.

15 août 2004

Bosnie Herzégovine

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Discours de saint Jean le Théologien sur la Dormition de Marie

Discours de saint Jean le Théologien sur la Dormition de Marie

38. Ce même dimanche, la mère du Seigneur dit aux apôtres : « Jetez de l'encens, car le Christ vient avec une armée d'anges. » Et voici, le Christ se présenta, assis sur le trône des chérubins. Et, pendant que nous étions tous en prière, apparurent une multitude innombrable d'anges et le Seigneur, arrivé au-dessus des chérubins avec une grande puissance. Et voici qu'un éclat de lumière se porta sur la Sainte Vierge par la venue de son Fils unique. Toutes les puissances célestes se prosternèrent et l'adorèrent.
…/…
44. Alors, le Seigneur se tournant vers Pierre lui dit : « Le moment est venu d'entonner l'hymne. » Quand Pierre entonna l'hymne, toutes les puissances des cieux répondirent par l'Alléluia. Alors, le visage de la mère du Seigneur brilla plus que la lumière. Et, se levant, elle bénit de sa propre main chacun des apôtres. Et tous glorifièrent Dieu. Le Seigneur, étendant ses mains pures, reçut son âme sainte et irréprochable.

45. Et, pendant que sortait cette âme irréprochable, le lieu fut rempli d'un parfum et d'une lumière indicible. Et voici qu'on entendait une voix céleste qui disait : « Bienheureuse es-tu parmi les femmes. » Pierre et moi - Jean - avec Paul et Thomas, nous nous empressons d'embrasser ses précieux pieds pour être sanctifiés. Les douze apôtres, alors, déposèrent son corps précieux et saint dans une bière et l'emportèrent.
…/…
48. Les apôtres portèrent la bière et déposèrent le précieux et saint corps à Gethsémani, dans un tombeau neuf. Et voici qu'un parfum délicat se dégagea du saint tombeau de notre Maîtresse, la Mère de Dieu. Et, pendant trois jours, on entendit des voix d'anges invisibles qui glorifiaient le Christ, notre Dieu, né d'elle. Et, le troisième jour achevé, on n'entendit plus les voix. Dès lors, nous sûmes tous que son corps irréprochable et précieux avait été transféré au paradis.

49. Après qu'il fut transféré, voici que nous vîmes tous Elisabeth, la mère de saint Jean le Baptiste, et Anne, la mère de la Maîtresse, Abraham et Isaac ainsi que Jacob et David, qui psalmodiaient l'Alléluia, pendant que tous les chœurs des saints vénéraient les précieux restes de la mère du Seigneur. Et nous vîmes un lieu lumineux ; rien n'était plus brillant que cette lumière plus brillante que n'importe quelle autre lumière. Et un parfum abondant montait de ce lieu, où avait été transféré son précieux et saint corps, dans le paradis. Et s'élevait aussi le chant de ceux qui célébraient de leurs hymnes celui qui avait été engendré de Marie. Aux vierges et à elles seules, il était donné d'entendre ce chant si doux qu'on ne pouvait en être rassasié.

50. Nous, les apôtres, ayant vu le transfert soudain et précieux de son saint corps, nous avons glorifié Dieu, qui nous a montré ses merveilles à l'occasion du départ de la mère de notre Seigneur Jésus-Christ. Que par ses prières et son intercession nous soient accordés, à nous tous, sa protection, son soutien et son aide, dans ce siècle et dans l'avenir. Nous rendons ensemble gloire en tout temps et en tout lieu à son Fils unique avec son Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen !

15 août 2008

Brigade Franco-Allemande

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La maternité de Marie envers l’Église

Après l’Ascension de son Fils, Marie a " assisté de ses prières l’Église naissante " (Lumen Gentium 69). Réunie avec les apôtres et quelques femmes, " on voit Marie appelant elle aussi de ses prières le don de l’Esprit qui, à l’Annonciation, l’avait déjà elle-même prise sous son ombre " (Lumen Gentium 59).

" Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort " (Lumen Gentium 59 ; cf. la proclamation du dogme de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie par le Pape Pie XII en 1950). L’Assomption de la Sainte Vierge est une participation singulière à la Résurrection de son Fils et une anticipation de la résurrection des autres chrétiens :

Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, dans ta dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu : tu as rejoint la source de la Vie, toi qui conçus le Dieu vivant et qui, par tes prières, délivreras nos âmes de la mort (Liturgie byzantine, Tropaire de la fête de la Dormition)

Par son adhésion entière à la volonté du Père, à l’œuvre rédemptrice de son Fils, à toute motion de l’Esprit Saint, la Vierge Marie est pour l’Église le modèle de la foi et de la charité. Par là elle est " membre suréminent et absolument unique de l’Église " (Lumen Gentium 53), elle constitue même " la réalisation exemplaire ", typus, de l’Église (Lumen Gentium 63).

Mais son rôle par rapport à l’Église et à toute l’humanité va encore plus loin. " Elle a apporté à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareil par son obéissance, sa foi, son espérance, son ardente charité, pour que soit rendue aux âmes la vie surnaturelle. C’est pourquoi elle est devenue pour nous, dans l’ordre de la grâce, notre Mère " (Lumen Gentium 61).

" A partir du consentement qu’elle apporta par sa foi au jour de l’Annonciation et qu’elle maintint dans sa fermeté sous la Croix, cette maternité de Marie dans l’économie de la grâce se continue sans interruption jusqu’à la consommation définitive de tous les élus. En effet, après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas : par son intercession répétée elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. (...) C’est pourquoi la bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, d’auxiliatrice, de secourable, de médiatrice " (Lumen Gentium 62).

" Le rôle maternel de Marie à l’égard des hommes n’offusque cependant et ne diminue en rien l’unique médiation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu. Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge (...) découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu " (Lumen Gentium 60). " Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même plan que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l’unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l’unique médiation du Rédempteur n’exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l’unique source " (Lumen Gentium 62).

Catéchisme de l’Eglise Catholique § 965-970

15 août 2010

Fort Neuf de Vincennes

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L’Ancienne Alliance engendre la Nouvelle

Le passage de l’Apocalypse de saint Jean qui est proposé en première lecture commence par l’ouverture du Temple céleste laissant voir l’Arche de l’Alliance, puis il enchaîne sur le signe de la Femme accouchant dans le ciel.

Chacun d’entre nous a en tête la structure du Temple de Jérusalem où Jésus allait tous les jours lorsqu’il résidait dans cette ville ou à proximité. Il est conçu comme un ensemble s’enchevêtrant du plus sacré (le Saint des saints) au plus profane (la cour des gentils) Au cœur de ce Temple était disposée l’Arche d’Alliance, trône de Dieu, réelle présence de Dieu au milieu des hommes. Le texte nous dit que ce Temple s’ouvre pour laisser voir cette Arche.

Aussitôt l’auteur décrit cette Femme enceinte qui accouche d’un fils, un enfant mâle. Le parallélisme est flagrant entre les deux, la Femme représente le Temple, l’enfant l’Arche. La présence de Dieu parmi les hommes a changé, elle est désormais assurée par un ‘Fils d’homme’ ; un enfant qui est enlevé auprès de Dieu, sur son trône, la preuve s’il en était besoin de son origine divine.

La Femme s’enfuit au désert où Dieu lui a préparé une place. Toute la Bible présente le désert comme un lieu privilégié de rencontre avec Dieu, que ce soit lors de l’Exode pour le peuple hébreu libéré de l’esclavage d’Egypte, ou bien lorsque, après son Baptême, Jésus s’y retire pour prier. Loin d’être abandonnée aux puissances du mal après avoir donné le jour à l’enfant, cette Femme est protégée de l’attaque du ‘dragon’ par une intervention divine.

Dès le IIème siècle, la Tradition de l’Eglise présente la sainte Mère de Jésus comme participant étroitement avec son Fils à la victoire sur le mal ; la Nouvelle Eve est celle que le livre de la Genèse présente comme écrasant la tête du Serpent (cf. Genèse 3,15) Exempte du péché, Marie ne pouvait en subir la conséquence de la séparation de l’âme et du corps.

« Aussi l'auguste mère de Dieu, unie d'une manière mystérieuse à Jésus Christ ‘dans un seul et même décret’ de prédestination, immaculée dans sa conception, vierge très pure dans sa divine maternité, compagne généreuse du divin Rédempteur qui a remporté un triomphe total sur le péché et ses suites, a enfin obtenu, comme le couronnement suprême de ses privilèges, d'avoir été préservée de la corruption du tombeau et, comme son Fils, après avoir vaincu la mort, d'être élevée en corps et en âme à la gloire au plus haut des cieux, pour y resplendir comme une reine à la droite de son Fils, le roi immortel des siècles (cf. 1Timothée 1,l7) » (Constitution apostolique "Munificentissimus Deus " de Pie XII - 1er novembre 1950)

Le texte de l’Apocalypse qui montre le changement radical de la présence de Dieu parmi les hommes est précurseur de cette définition donnée par Pie XII.

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes

15 août 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Préface de l’Assomption

Aujourd’hui la Vierge Marie, la Mère de Dieu,
Est élevée dans la gloire du ciel ;
Parfaite image de l’Eglise à venir,
Aurore de l’Eglise triomphante,
Elle guide et soutient l’espérance de ton peuple encore en chemin.
Tu as préservé de la dégradation du tombeau
Le corps qui avait porté ton propre Fils
Et mis au monde l’auteur de la vie.

Les textes des préfaces sont souvent mal entendus quelquefois avec un bruit de fond de chaises déplacées et de piécettes tombant dans un panier, rarement écoutés avec l’attention qu’ils méritent. La plupart du temps, ils présentent un point particulier de la foi catholique.

Lorsqu’il définit le dogme de l’Assomption (constitution apostolique ‘Munificentissimus Deus’ du 1er novembre 1950) le pape Pie XII ne fait qu’entériner une dévotion populaire qui remonte aux débuts de l’Eglise. Le choix de la date de promulgation (la Toussaint d’une année jubilaire) montre à quel point il voulait souligner la place éminente de Marie dans l’immense cortège de tous les saints et son rôle comme modèle de l’Eglise et comme mère de tous ceux qui désirent suivre le Christ.

Dans cette préface, à côté de l’affirmation de la montée au ciel de Marie dans son corps, deux dogmes concomitants sont rappelés :

-   Sa virginité : la conception de Jésus est indépendante d’une intervention humaine « L'Esprit saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. » (Luc 1,35)

-   Son état de Mère de Dieu : « Ce n'est pas que d'abord un homme ordinaire soit né de la Sainte Vierge et que sur lui, ensuite, le Verbe soit descendu, mais nous disons que, sorti du sein maternel uni à la chair, il a accepté une naissance charnelle, parce qu'il revendique cette naissance charnelle comme la sienne propre... Ainsi [les saints Pères] n'hésitèrent pas à appeler la Sainte Vierge mère de Dieu (théotokos) » (Concile d’Ephèse 431)

Elle est confiée comme mère à toute l’humanité par l’intermédiaire du Disciple que Jésus aimait (cf. Jean 19,27) et l’Eglise s’identifie à Elle, la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge est une préfiguration de l’assomption de toute l’Eglise qui aura lieu à la fin des temps.

Ainsi, comme elle, chacun de nous peut s’exclamer : « Le Puissant fit pour moi des merveilles. Saint est son Nom. » (cf. Luc 1,49)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

15 août 2013

Secteur Vermandois

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Notre Mère du Ciel

Lorsque le pape Pie XII (1939-1958)  publie la Constitution Apostolique ‘Munificentissimus Deus’ le 1er novembre 1950, il érige en dogme une tradition populaire qui remonte aux premiers siècles de l’Eglise : dès le IIIème siècle un auteur – le ‘Pseudo Jean’ appelé aussi ‘Jean le théologien’ – écrit la ‘Dormition de la Vierge Marie’ où tous les Apôtres se trouvent miraculeusement transportés auprès de Marie et ils assistent à l’envol de Marie emportée dans les cieux par les anges.

La ferveur mariale ne cesse de se développer, surtout après le Concile d’Ephèse (431) qui définit de façon dogmatique que Marie peut être dite ‘Mère de Dieu’ et la montée au ciel de la Vierge devient un moment de dévotion particulièrement important dans la vie des églises locales.

Le pape Pie XII, en précisant « L'Eglise universelle, dans laquelle vit l'Esprit de vérité, qui la dirige infailliblement pour qu'elle arrive à la connaissance des vérités révélées, a manifesté sa foi de multiple manière au cours des siècles ; les évêques du monde entier demandent d'un accord presque unanime que la vérité de l'Assomption corporelle de la bienheureuse Vierge Marie dans le ciel soit définie comme un dogme de foi divine et catholique… » déclare ‘ex cathédra’ le dogme de l’Assomption de Marie conformément à l’infaillibilité pontificale définie dans la Constitution apostolique ‘Pastor AEternus’ (18 juillet 1870)

Pour nous aujourd’hui, la présence de la Vierge Marie auprès de son fils dans le Ciel nous rappelle qu’elle était aussi près de la Croix lorsque Jésus en mourant lui a confié le ‘disciple qu’il aimait’ (cf. Jean 19,26) et nous sommes ces disciples qu’il aime : à travers celui qui est au pied de la Croix, chaque homme et chaque femme reconnaît en Marie, la Mère de Dieu, celle qui veille sur nous avec amour comme notre propre mère.

En fêtant Marie le 15 août, accueillons sa bienveillance et confions-lui notre vie comme un enfant met toute sa confiance dans les paroles et les gestes de sa mère.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

15 août 2014

Secteur Vermandois

n°769

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La Mère de mon Seigneur

C’est « remplie de l’Esprit Saint » qu’Elisabeth prononce cette phrase. Grâce à la réaction de l’enfant qu’elle porte, le futur Jean-Baptiste, Elisabeth reconnaît dès la salutation de Marie que les temps promis par les prophètes sont arrivés et le Seigneur pour vient sauver son peuple. Le terme ‘Seigneur’ est sans ambiguïté : il n’est utilisé par les juifs que pour désigner Dieu lui-même.

Si la conception est miraculeuse comme l’ange l’avait annoncé : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. » (Luc 1,35) la grossesse de Marie est ‘normale’, Elisabeth le proclame : c’est bien le « fruit de tes entrailles » qui est le Seigneur.

En une seule phrase, l’Esprit Saint a inspiré à Elisabeth l’ensemble de la foi chrétienne : le fils de Marie est pleinement homme en étant porté par une femme et conçu de l’Esprit Saint, il est pleinement Dieu, le Fils du Père éternel. Marie n’a pas donné le jour à un homme qui serait ‘devenu’ Dieu, l’enfant est Dieu dès sa conception : il a été ‘engendré non pas créé, de même nature que le Père’ (Symbole de Nicée-Constantinople) Toute personne qui mettrait en cause soit l’humanité de Jésus soit sa divinité ne pourrait plus prétendre être chrétien.

Marie, Mère de Dieu, ‘porteuse de Dieu’ (Théotokos cf. Concile d’Ephèse 431) est appelée à une nouvelle maternité spirituelle : alors qu’il allait mourir sur la croix, le Christ lui a confié ‘le disciple qu’il aimait’ et réciproquement. A travers ce disciple, Jésus lui confie tous ceux qui croiront en lui : « quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère. » (Marc 3,35) Tous les baptisés, configurés au Christ, sont ‘enfants de Marie’ ; ils la reçoivent comme mère et ont pour elle la dévotion qu’un enfant doit à celle qui lui a donné le jour.

Marie a enfanté le corps de Jésus, Fils de Dieu. Saint Paul nous rappelle : « Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous participons tous à un même pain. » (1Corinthiens 10,17) Marie est la mère de l’Eglise, Corps du Christ, signe visible de l’amour de Dieu pour les hommes.

Aujourd’hui, notre mère du Ciel prie pour chaque homme et femme, elle prie pour l’Eglise comme une mère attentive. Dans les messages qu’elle a donnés lors de ses apparitions, elle nous demande de prier son fils avec elle.

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

15 août 2015

Secteur Vermandois

n°829

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Infaillibilité pontificale

Le 1er novembre 1950, le pape Pie XII (1939-1958 publie la constitution apostolique ‘Munificentissimus Deus’ qui définit l’Assomption de la Vierge Marie comme un dogme de l’Eglise catholique : « En l'autorité de notre Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par notre propre autorité, nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l'Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste. » (§ 44)

Le premier Concile du Vatican (1869-1870 avait déclaré l’infaillibilité pontificale dans la constitution dogmatique ‘Pastor Æternus’ (18 juillet 1870 votée à l’unanimité moins deux voix par les évêques présents à la session. Ce dogme s’enracine dans la foi de l’Eglise, suivant une antique tradition, le pape Pie IX (1846-1878) avait déjà déclaré dogmatique l’‘Immaculée Conception’ par sa propre autorité dans la bulle ‘Ineffabilis Deus’ (8 décembre 1854)

Le Concile définit : « Le Pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Eglise, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre » (Chap.4)

Le pape Pie XII est le premier – le seul – à avoir utilisé cette prérogative donnée par Vatican I. La doctrine ainsi promue au rang de dogme ne vient pas de nulle part : les premières réflexions sur la fin de la vie terrestre de la ‘Sainte Mère de Dieu’ remontent au IIIème siècle, la fête du 15 août est décrétée dans l’empire d’Orient dès le VIème siècle et elle devient fête d’obligation pour l’Eglise universelle par la déclaration du Concile de Mayence (813 Deux cents père conciliaires de Vatican I avaient demandé cette définition dogmatique. Pie XII s’appuie donc sur une tradition séculaire et, avant de publier cette constitution, il écrit aux évêques l’encyclique ‘Deiparæ Virginis Mariæ’ (1er mai 1946 dans laquelle il signale la demande de nombreux cardinaux, évêques, prêtres et fidèles pour que cette fête soit reconnue ; cet écrit reçoit un accueil très favorable.

La déclaration dogmatique de l’Assomption de la Vierge Marie est une illustration du dogme de l’infaillibilité pontificale : celle-ci ne sert que pour reconnaître ce que l’Eglise, inspirée par l’Esprit Saint, croit et pratique intuitivement ; ‘Vox populi vox Dei’ : la voix du peuple est la voix de Dieu.

Le grand rabbin Gamaliel, le mentor de saint Paul a déclaré parlant des chrétiens : « Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. » (Actes 5,38-39) Cette phrase a sans aucun doute inspiré le pape Pie XII.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

15 août 2016

Secteur Vermandois

n°890

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Magnificat

Toutes les femmes qui ont eu la joie d’être mère savent que l’enfant qu’elles ont porté bougeait en elles. Elisabeth est au sixième mois de grossesse, ce n’est donc pas la première fois qu’elle ressent ce mouvement de Jean-Baptiste ; mais elle ne s’y trompe pas, cette fois il ne s’agit pas d’un réflexe spontané du fœtus mais bien d’une réaction coordonnée à la salutation de Marie. Connaissant la promesse qui a été faite à son mari, le prêtre Zacharie, concernant l’enfant conçu dans leur vieillesse, Elisabeth comprend que sa cousine porte Celui que son fils annoncera ; remplie de joie elle proclame ‘d’une voix forte’ avec émotion : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. » (Luc 1,42)

Marie ne s’arrête pas dans l’exaltation de son rôle dans le projet de Dieu, elle redirige les glorifications d’Elisabeth vers le Tout-Puissant rappelant, comme elle l’avait fait à l’ange : « Je suis la servante du Seigneur. » en redisant : « Il s’est penché sur son humble servante. » (Luc 1,38.48) L’humilité et la disponibilité de Marie fait d’elle l’exemple par excellence pour tout croyant en Dieu sincère : ce n’est pas elle qui est importante mais la volonté de Dieu de sauver tous ses enfants.

Dans notre vie spirituelle la Vierge Marie nous invite à reconnaître comme elle le fait que « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Luc 1,49) cette exclamation n’est pas seulement pour elle mais pour toute personne à qui le Seigneur se fait connaître.

La fête de l’Assomption de la Vierge Marie nous rappelle que nous aussi nous aurons notre ‘assomption’. Elle a eu un rôle essentiel dans le projet de Dieu mais notre rôle aussi est important. Comme elle, nous manifestons l’amour du Père à nos contemporains en leur apportant le Christ le Fils éternel venu donner sa vie pour que nous ayons la Vie. Comme elle nous chantons ‘Magnificat

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies

6 août 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°956

Marie se mit en route

« La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternité qui l'unissent à son fils, le Rédempteur, et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont les siennes, se trouve également en intime union avec l'Eglise : de l'Eglise, selon l'enseignement de saint Ambroise, la Mère de Dieu est le modèle dans l'ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ » (Lumen Gentium n°63)

Dans l’esprit du Concile Vatican II, pour les 34èmes Journées Mondiales de la Jeunesse (janvier 2019 à Panama), le pape François propose aux jeunes de se laisser guider par Marie comme modèle de l’Eglise et de suivre son itinéraire : se mettre en route avec elle. Mais cette démarche peut être faite à tout âge, même sans bouger de chez soi.

Dans un premier temps (année 2017), il est demandé, comme la Très Sainte Vierge de reconnaître : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Luc 1,49) C'est-à-dire regarder le passé, tous les dons et les grâces que l’humanité a reçus du Seigneur depuis les origines. Nous ne sommes pas seuls, isolés dans un vingt-et-unième siècle, mais nous faisons partie de l’histoire du Salut, toujours réaffirmée par des témoins – comme nous le sommes – de l’amour du Père pour ses enfants. Nous nous inscrivons dans la longue liste de prophètes qui nous ont précédés dans l’annonce de la Parole. Je ne suis pas bien grand, mais hissé par la réflexion et la foi de tous mes prédécesseurs dans l’Eglise, je suis plus haut et je vois plus loin…

Dans une deuxième étape (année 2018), le pape propose de méditer sur l’aujourd’hui : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Luc 1,30) Dans toute l’histoire du Salut, je suis unique, aimé par le Père, sauvé par le Fils, animé par l’Esprit. J’ai ma place dans le monde, mon rôle dans l’Eglise, ma part dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. Dieu me donne tout cela à moi, personnellement. Moi aussi, comme la Vierge Marie, j’ai ‘trouvé grâce auprès de Dieu’.

Enfin dans l’aboutissement de cette démarche (année 2019), l’adhésion libre et volontaire à la mission qui m’est confiée : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Luc 1,38) Envisager l’avenir avec sérénité est la marque de ceux qui font confiance à la Parole et à l’amour de Dieu qui me connait mieux que moi-même : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. » (Jérémie 1,5)

Cette démarche anime notre vie, Comme la Vierge Marie, nous nous mettons au service du Seigneur et notre modèle nous montre la voie jusqu’à notre assomption personnelle dans le Royaume. Comme elle, mettons nous en marche !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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