Vendredi Saint
Chemin de croix

0

Saint Vincent de Paul

24 mars 1989

Chemin de Croix en 7 étapes (enfants catéchisés)

00

Lycée Fénelon Sainte Marie

mai 1996

Chemin de Croix pour/par lycéens

1

Forces Armées de Guyane

29 mars 2002

Chemin de Croix

2

18 avril 2003

Chemin de Croix

3

Garnison d'Angers

9 avril 2004

Chemin de Croix

4

25 mars 2005

A partir du récit de la chute (Gn 3)

5

Brigade Franco-Allemande

6 avril 2007

Chemin de Croix

6

22 mars 2008

Chemin de Croix

7

10 avril 2009

Chemin de Croix

8

Fort Neuf de Vincennes

22 avril 2011

Sur les causes physiques du décès de JésusChrist (collectif médical)

9

6 avril 2012

Chemin de Croix

10

Secteur Vermandois

29 mars 2013

Chemin de Croix

11

18 avril 2014

Chemin de Croix

12

Athies & Nesle

14 avril 2017

Chhemin de Croix

Si vous désirez recevoir toutes les semaines - en général le jeudi - l'éditorial pour le dimanche suivant,
envoyez-moi votre adresse de courriel et vous serez inscrit dans la liste de diffusion.

24 mars 1989

Saint Vincent de Paul

n°3a

retour en haut de la page

CHEMIN DE CROIX
en 7 étapes

(pour enfants catéchisés)

 

Ecoute, Ecoute, (T 40)

R/. Ecoute, Ecoute, surtout ne fais pas de bruit,
On marche sur la route, on marche dans la nuit.
Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi,
Il marche sur ta route, il marche près de toi.

couplets 1, 2 et 3

 

     

Première étape : JESUS EST CONDAMNE A MORT ET CHARGE DE SA CROIX.

 

Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! »  Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.  (Matthieu 27,24-26) Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. (Jean 19,17)

Dieu silence (U 28)

R.  Dieu silence, tu nous as parlé :
Lumière dans nos yeux, ferment dans notre pain.

couplets 1, 2 et 3

 
     

Deuxième étape : JESUS TOMBE

 

C’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. (Isaïe 53,4)

Ne craignez pas (G 139)

 

couplets 1, 2, 3 et 4

 
     

Troisième étape : SIMON DE CYRENE AIDE JESUS A PORTER SA CROIX.

 

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. (Luc 23,26)

Nous venons toucher la croix pour manifester notre aide

O Seigneur, je viens vers toi (E 116)

R/. O Seigneur, je viens vers Toi, je viens vers Toi
Je Te cherche, mon Dieu.
O Seigneur, écoute-moi, écoute-moi,
Je T'espère, mon Dieu.

couplets 1, 2, 3 et 4

 
     

Quatrième étape : JESUS RENCONTRE LES FEMMES DE JERUSALEM

 

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !”  (Luc 23,27-29)

   Je vous salue Marie, pleine de grâces,
Le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.
   

Toi, Notre Dame (V 153)

R.  Toi, notre Dame, nous te chantons !
Toi, notre Mère, nous te prions !
couplets 1, 2et 3  
     

Cinquième étape : JESUS EST ATTACHE A LA CROIX

 

C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs.  (Jean 19,19)

Lumière des hommes (G 128)

R/. Lumière des hommes, nous marchons vers toi.
Fils de Dieu, tu nous sauveras !

couplets 1, 2et 3

 
     

Sixième étape : JESUS MEURT SUR LA CROIX

 

C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira. (Luc 23,44-46)

  Notre Père, qui es aux Cieux
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel
donne-nous aujourd'hui
notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.
   
     

Septième étape : JESUS EST MIS AU TOMBEAU

 

Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.  (Jean 19,40-42)


mai 1996

Saint Charles de Monceau

retour en haut de la page

n°37a


Chemin de Croix ‘FRAT’ de Lourdes 1996

Répartis en équipes, les pélerins (Lycée Fénelon-Sainte Marie) du ‘Fraternel’ de Lourdes (aumôneries des lycées)  reçoivent une piste de départ et donnent leur réflexion pendant le chemin de croix

Première station : Jésus est condamné à mort.

Piste : Comment concevoir l'innocence par excellence condamnée "justement," par le pouvoir civil et le pouvoir religieux. La souffrance morale de Jésus est d'autant plus grande qu'il a conscience d'être puni pour un crime qu'il n'a pas commis.

Jésus, Fils de Dieu, s'est fait homme pour vivre notre condition d'homme. Il va se laisser condamner par l'Eglise et le Peuple pour de fausses accusations portées contre lui. Alors, avant de crier "Crucifie-le", donnons la chance à l'accusé, écoutons-le comme Jésus nous demande d'écouter nos frères, notre prochain. Sans oublier la Parole de Dieu qui nous guide dans notre vie.

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix.

Piste : La barre transversale de la Croix vient ajouter à la douleur physique en reposant sur les traces laissées par les coups de fouet de la flagellation. "Et c'est le poids de nos péchés qu'il portait." (Is 53)

Après avoir été frappé et humilié, le Christ, abandonné de tous les hommes, doit porter sa croix. Il subit donc le mépris profond et l'indifférence de ceux qui furent ses amis. La souffrance morale s'ajoute à la souffrance physique : le poids de nos péchés s'ajoute au poids de la croix.

Mais Jésus ne renonce pas à la tâche que son Père lui a confiée puisqu'il assume jusqu'au bout les fautes de son peuple.

En se sacrifiant pour nous, Jésus traduit sa propre justice qui doit devenir la nôtre.

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois.

Piste : Le poids est trop grand! Nos péchés seraient-ils trop lourds pour le Fils de Dieu? Pourtant l'homme ne peut jamais tomber assez bas pour que Dieu ne puisse le relever.

Jésus est homme et il n'a pas la force physique pour supporter nos péchés, mais Dieu le relève nous montrant ainsi qu'il peut nous relever d'aussi bas que nous soyons tombés, nous pardonner de n'importe quel péché.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère.

Piste : Quel regard entre Jésus et Marie?! Comment peut-elle se souvenir de la visite de l'Archange Gabriel (Lc 1,26ss)? de Siméon (Lc 2,33ss)? Même si ce dernier lui avait prédit qu'un glaive lui transpercerait le coeur, ne lui avait-il pas dit aussi que Jésus serait le relèvement de beaucoup en Israël?

Marie savait que Jésus, étant le Fils de Dieu, n'aurait pas pu rester sans agir, sans essayer de transmettre un message, sans parler de son Père. Mais elle ne savait pas qu'il agirait ainsi en attirant tant de foules.

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

Piste : Dieu a besoin de l'homme, même et peut-être surtout pour porter nos péchés. Il ne veut rien faire contre nous; il veut tout faire avec nous.

Dieu nous aime et est prêt à nous pardonner tous nos péchés. Nous ressentons parfois sa présence; il est proche de chacun de nous à chaque moment de notre vie et essaie de nous aider dans les moments difficiles.
Nous ne pensons pas que Dieu veuille nous faire du mal. Il a su pardonner tous nos péchés et le fera le jour de notre mort.

Sixième station : Sainte Véronique essuie le visage de Jésus.

Piste : Sainte Véronique est compatissante : elle essuie avec un linge le visage ensanglanté, couvert de crachats. Elle va garder le visage du Christ imprimé sur ce linge.

Sainte Véronique est aussi une figure de l'Eglise qui continue à porter le visage du Christ incarné, de celui qui est venu parmi les hommes pour les diriger, tel un berger aimant, vers le Père.

Sainte Véronique assiste le Christ ensanglanté. Loin de rejeter cette image de Jésus, elle vient vers lui pour apaiser ses souffrances.
De même, aujourd'hui, et à Lourdes, nous devons essayer d'imiter Sainte Véronique en aidant ceux qui souffrent.

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois.

Piste : Deuxième chute, le même mot est utilisé pour la chute de Jésus et pour la chute d'Adam et Eve. Le Fils Unique de Dieu ne nous montre-t-il pas qu'il y a un lien entre ces chutes? Celle du premier couple entraîne celle du Fils de Dieu.

La chute du premier couple entraîne la chute du Fils de Dieu dans son projet de faire régner le paradis sur terre. Chaque fois que nous faisons un péché, c'est Dieu qui chute avec nous.

On compare ici une chute abstraite, celle d'Adam et Eve et une chute concrète, celle de Jésus qui tombe sous le poids de la croix. Mais cette croix peut aussi représenter les péchés des hommes, ce qui signifierait que Jésus s'effondre sous le lourd poids de nos péchés, or ce péché débuta lors de la chute originelle d'Adam et Eve.

Huitième station : Jésus pleure sur les femmes de Jérusalem.

Piste : Les femmes de Jérusalem sont des "pleureuses", elles se lamentent sur le passage des condamnés. Jésus leur rappelle qu'elles se trompent de lamentations : c'est sur l'homme séparé de Dieu qu'il faut pleurer et non pas sur celui qui lui est uni.

L'homme séparé de Dieu est l'homme pécheur, l'homme en général. L'homme uni à Dieu est Jésus, l'envoyé de Dieu sur terre. Les hommes n'ont rien compris au message de Dieu, de Jésus. Cette station montre aussi l'incohérence des hommes : ils condamnent à mort Jésus et ensuite des femmes viennent se lamenter sur les souffrances que cela implique.

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

Piste : Troisième fois que Jésus tombe. Ne se souvient-il pas des trois chutes de Saint Pierre qui l'a renié trois fois?

Dieu a pris un corps humain avec toutes ses faiblesses : comme Pierre à trois reprises, il faiblit, mais il ne renonce pas. Il souffre sa Passion jusqu'au bout. Il se relève et porte sa croix, c'est à dire nos péchés, jusqu'au Golgotha.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Piste : Jésus est dépouillé de ses vêtements, comme Job : "Nu je suis né de ma mère, nu j'y retournerai". Il donne tout ce qui lui est extérieur. Il donne tout, même sa vie, même sa mère. Il est dans le don total de Dieu à l'homme.

En étant dépouillé de ses vêtements, Jésus est humilié mais en réalité il se rapproche plus de son Père, Dieu. Jésus subit une souffrance morale, mais au fond de lui-même, il supporte le péché des hommes.

Les hommes l'ont condamné, il subit en sa personne le poids du péché, de l'impureté.

Onzième station : Jésus est cloué sur la croix

Piste : Chaque coup de masse sur les clous résonne dans le corps entier de Jésus. Il ne peut plus penser, il s'abandonne au Père. "Que ta volonté soit faite" disait-il au jardin des oliviers. Elle se fait! Le Père donne son Fils pour sauver les hommes. Il accepte que nous prenions tout, même celui qui est Dieu.

Douzième station : Jésus meurt sur la croix.

Piste : "Tout est accompli" est un des derniers mots de Jésus. Cela ne veut pas dire que c'est fini, mais rendu complet. Le message d'amour que Dieu délivre aux hommes depuis deux mille ans est rendu complet : voilà jusqu'où le Père aime les hommes...

Par amour pour nous, Jésus meurt sur la croix; Par là il nous montre à quel point nous sommes pécheurs; par cet acte il nous redonne l'espérance. Dès lors c'est à notre tour de prouver notre amour envers notre prochain, dans notre vie de tous les jours et quoi qu'il nous en coûte.

Treizième station : Jésus est descendu de la croix.

Piste : La descente de la croix pourrait vouloir dire la fin de l'enfer que Jésus a vécu dans sa Passion. Mais dans la tradition de l'Eglise, elle est le prélude à la "descente aux enfers" où Jésus va prendre Adam par la main pour le relever, pour le remettre debout. Le péché est absous. La mort spirituelle de l'homme s'achève là où la mort du Fils de Dieu commence.

Lorsque les icônes orientales représentent la descente aux enfers, on peut y voir Jésus, debout sur la croix, prenant la main d'Adam, couché. En regardant cette icône de près, nous reconnaissons le même visage pour Adam, premier homme et Jésus, premier né d'entre les morts. Celui qui a été créé à l'image de Dieu est sauvé par Dieu qui a pris son image.

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau.

Piste : Jésus est mis au tombeau. On ferme! La pièce est terminée. Les acteurs rentrent chez eux tels ces deux compagnons qui retournent à Emmaüs. Ils n'ont pas aimé la fin de la pièce, mais le rideau est tombé. Définitivement! Définitivement?

N'y a-t-il pas d'autre issue que l'image même de la mort? Quel regard portons-nous sur ceux qui nous ont précédés? Notre vie doit-elle s'arrêter à la souffrance et à la mort, puis à la déchéance du corps et après plus rien? C'est vrai, Seigneur, nous ne supportons pas de voir un homme souffrir dans sa chair et partir défiguré.

Note :

A Lourdes figure une Quinzième station qui n'est bien sûr pas citée le jour du Vendredi Saint :

Quinzième station : Le Tombeau est ouvert et vide.


29 mars 2002

Forces Armées de Guyane

retour en haut de la page



Première Station :

Jésus est condamné à mort.

Comment concevoir l'innocence par excellence condamnée "justement," par le pouvoir civil et le pouvoir religieux. La souffrance morale de Jésus est d'autant plus grande qu'il a conscience d'être puni pour un crime qu'il n'a pas commis.

Jésus, Fils de Dieu, s'est fait homme pour vivre notre condition d'homme. Il va se laisser condamner le Peuple pour de fausses accusations portées contre lui. Alors, avant de crier "Crucifie-le", donnons la chance à l'accusé, écoutons-le comme Jésus nous demande d'écouter nos frères, notre prochain. Sans oublier la Parole de Dieu qui nous guide dans notre vie.

Deuxième Station :

Jésus est chargé de sa croix.

La barre transversale de la Croix vient ajouter à la douleur physique en reposant sur les traces laissées par les coups de fouet de la flagellation. « Et c'est le poids de nos péchés qu'il portait. » (Is 53)

Après avoir été frappé et humilié, le Christ, abandonné de tous les hommes, doit porter sa croix. Il subit donc le mépris profond et l'indifférence de ceux qui furent ses amis. La souffrance morale s'ajoute à la souffrance physique : le poids de nos péchés s'ajoute au poids de la croix.

Mais Jésus ne renonce pas à la tâche que son Père lui a confiée puisqu'il assume jusqu'au bout les fautes de son peuple.

En se sacrifiant pour nous, Jésus traduit sa propre justice qui doit devenir la nôtre.

Troisième Station :

Jésus tombe pour la première fois.

Le poids est trop grand! Nos péchés seraient-ils trop lourds pour le Fils de Dieu? Pourtant l'homme ne peut jamais tomber assez bas pour que Dieu ne puisse le relever.

Jésus est homme et il n'a pas la force physique pour supporter nos péchés, mais Dieu le relève nous montrant ainsi qu'il peut nous relever d'aussi bas que nous soyons tombés, nous pardonner de n'importe quel péché.

Quatrième Station :

Jésus rencontre sa mère.

Quel regard entre Jésus et Marie?! Comment peut-elle se souvenir de la visite de l'Archange Gabriel (Lc 1,26ss)? de Siméon (Lc 2,33ss)? Même si ce dernier lui avait prédit qu'un glaive lui transpercerait le cœur, ne lui avait-il pas dit aussi que Jésus serait le relèvement de beaucoup en Israël?

Marie savait que Jésus, étant le Fils de Dieu, n'aurait pas pu rester sans agir, sans essayer de transmettre un message, sans parler de son Père. Mais elle ne savait pas qu'il agirait ainsi en attirant tant de foules et surtout tant de haine.

Cinquième Station :

Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

Dieu a besoin de l'homme, même et peut-être surtout pour porter nos péchés. Il ne veut rien faire contre nous; il veut tout faire avec nous.

Dieu nous aime et est prêt à nous pardonner tous nos péchés. Nous ressentons parfois sa présence; il est proche de chacun de nous à chaque moment de notre vie et essaie de nous aider dans les moments difficiles.

Nous ne pensons pas que Dieu veuille nous faire du mal. Il a su pardonner tous nos péchés et le fera le jour de notre mort.

Sixième Station :

Sainte Véronique essuie le visage de Jésus.

Sainte Véronique est compatissante : elle essuie avec un linge le visage ensanglanté, couvert de crachats. Elle va garder le visage du Christ imprimé sur ce linge.

Sainte Véronique est aussi une figure de l'Eglise qui continue à porter le visage du Christ incarné, de celui qui est venu parmi les hommes pour les diriger, tel un berger aimant, vers le Père.

Sainte Véronique assiste le Christ ensanglanté. Loin de rejeter cette image de Jésus, elle vient vers lui pour apaiser ses souffrances.

De même, aujourd'hui, nous devons essayer d'imiter Sainte Véronique en aidant ceux qui souffrent en qui nous reconnaissons le Christ.

Septième Station :

Jésus tombe pour la deuxième fois.

Deuxième chute, le même mot est utilisé pour la chute de Jésus et pour la chute d'Adam et Eve. Le Fils Unique de Dieu ne nous montre-t-il pas qu'il y a un lien entre ces chutes? Celle du premier couple entraîne celle du Fils de Dieu.

La chute du premier couple entraîne la chute du Fils de Dieu dans son projet de faire régner le paradis sur terre. Chaque fois que nous faisons un péché, c'est Dieu qui chute avec nous.

On compare ici une chute abstraite, celle d'Adam et Eve et une chute concrète, celle de Jésus qui tombe sous le poids de la croix. Mais cette croix peut aussi représenter les péchés des hommes, ce qui signifierait que Jésus s'effondre sous le lourd poids de nos péchés, or ce péché débuta lors de la chute originelle d'Adam et Eve.

Huitième Station :

Jésus pleure sur les femmes de Jérusalem.

Les femmes de Jérusalem sont des "pleureuses", elles se lamentent sur le passage des condamnés. Jésus leur rappelle qu'elles se trompent de lamentations : c'est sur l'homme séparé de Dieu qu'il faut pleurer et non pas sur celui qui lui est uni.

L'homme séparé de Dieu est l'homme pécheur, l'homme en général. L'homme uni à Dieu est Jésus, l'envoyé de Dieu sur terre. Les hommes n'ont rien compris au message de Dieu, de Jésus. Cette Station montre aussi l'incohérence des hommes : ils condamnent à mort Jésus et ensuite des femmes viennent se lamenter sur les souffrances que cela implique.

Neuvième Station :

Jésus tombe pour la troisième fois.

Une troisième fois Jésus tombe. Ne se souvient-il pas des trois chutes de Saint Pierre qui l'a renié trois fois?

Dieu a pris un corps humain avec toutes ses faiblesses : comme Pierre à trois reprises, il faiblit, mais il ne renonce pas. Il souffre sa Passion jusqu'au bout. Il se relève et porte sa croix, c'est à dire nos péchés, jusqu'au Golgotha.

Dixième Station :

Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Jésus est dépouillé de ses vêtements, comme Job : « Nu je suis né de ma mère, nu j'y retournerai. » Il donne tout ce qui lui est extérieur. Il donne tout, même sa vie, même sa mère. Il est dans le don total de Dieu à l'homme.

En étant dépouillé de ses vêtements, Jésus est humilié mais en réalité il se rapproche plus de son Père, Dieu. Jésus subit une souffrance morale, mais au fond de lui-même, il supporte le péché des hommes.

Les hommes l'ont condamné, il subit en sa personne le poids du péché, de l'impureté.

Onzième Station :

Jésus est cloué sur la croix

Chaque coup de masse sur les clous résonne dans le corps entier de Jésus. Il ne peut plus penser, il s'abandonne au Père. « Que ta volonté soit faite » disait-il au jardin des oliviers. Elle se fait! Le Père donne son Fils pour sauver les hommes. Il accepte que nous prenions tout, même celui qui est Dieu.

Douzième Station :

Jésus meurt sur la croix.

« Tout est accompli » est un des derniers mots de Jésus. Cela ne veut pas dire que c'est fini, mais rendu complet. Le message d'amour que Dieu délivre aux hommes depuis Adam est rendu complet : voilà jusqu'où le Père aime les hommes...

Par amour pour nous, Jésus meurt sur la croix; Par là il nous montre à quel point nous sommes pécheurs; par cet acte il nous redonne l'espérance. Dès lors c'est à notre tour de prouver notre amour envers notre prochain, dans notre vie de tous les jours et quoi qu'il nous en coûte.

Treizième Station :

Jésus est descendu de la croix.

La descente de la croix pourrait vouloir dire la fin de l'enfer que Jésus a vécu dans sa Passion. Mais dans la tradition de l'Eglise, elle est le prélude à la descente aux enfers où Jésus va prendre Adam par la main pour le relever, pour le remettre debout. Le péché est absous. La mort spirituelle de l'homme s'achève là où la mort du Fils de Dieu commence.

Lorsque les icônes orientales représentent la descente aux enfers, on peut y voir Jésus, debout sur la croix, prenant la main d'Adam, couché. En regardant cette icône de près, nous reconnaissons le même visage pour Adam, premier homme et Jésus, premier né d'entre les morts. Celui qui a été créé à l'image de Dieu est sauvé par Dieu qui a pris son image.

Quatorzième Station :

Jésus est mis au tombeau.

Jésus est mis au tombeau. On ferme! La pièce est terminée. Les acteurs rentrent chez eux tels ces deux compagnons qui retournent à Emmaüs. Ils n'ont pas aimé la fin de la pièce, mais le rideau est tombé. Définitivement ! Définitivement ?

N'y a-t-il pas d'autre issue que l'image même de la mort? Quel regard portons-nous sur ceux qui nous ont précédés?

Notre vie doit-elle s'arrêter à la souffrance et à la mort, puis à la déchéance du corps et après plus rien?

C'est vrai, Seigneur, nous ne supportons pas de voir un homme souffrir dans sa chair et partir défiguré.


18 avril 2003

Forces Armées de Guyane

retour en haut de la page


Première station : Jésus est condamné à mort

De l’évangile selon saint Jean : Pilate dit aux juifs : « Voici votre roi » Ils criaient : « A mort, crucifie-le - Crucifierai-je votre roi? - Nous n’avons pas d’autre roi que César! » (Jn 19,14-15)

Et nous, quel est notre roi?

Ce corps a été livré, le sang a été versé pour nous et pour la multitude, en rémission de nos péchés. Comment recevons-nous le don que le Christ nous fait de sa vie? Avons-nous l’attitude de Pilate : ‘‘Je suis innocent de ce sang!’’ Ou bien acceptons-nous d’être sauvés?

Les contemporains de Jésus ont fait un choix sous le coup de la colère : ‘Que son sang retombe sur nous et nos enfants!’ Nous avons à faire aujourd’hui consciemment un choix : nous réclamer de ce sang qui a été versé pour nous sauver.

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix

De l’évangile selon saint Jean : Ils prirent donc Jésus et, chargé lui-même de sa Croix, il sortit vers le lieu dit "du crâne" qui se dit en hébreu ‘Golgotha’ (Jn 19,16-17)

Du livre de la Genèse : Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Isaac s'adressa à son père Abraham et dit: « Mon père ! » Il lui répondit: « Me voici, mon fils ! » Il reprit: « Voici le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit: « C'est Dieu qui pourvoira à l'agneau pour l'holocauste, mon fils » et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Quand ils furent arrivés à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. 

Lorsque Isaac, chargé du bois pour le bûcher, monte vers le lieu du sacrifice, il réalise que c’est lui qui va être sacrifié. Mais il continue, sans rien dire, parce qu’il sait que l’offrande de sa vie est agréable à Dieu qui la demande.

Jésus, chargé de sa croix, souffre doublement : dans son corps torturé, mais aussi dans son cœur parce qu’il voit le péché de l’homme qui va jusqu’au refus de Dieu, jusqu’au refus de la délivrance, jusqu’à l’incompréhension totale. Le sacrifice du Christ n’est même pas agréable à ceux qui l’exigent puisque c’est la haine qui règne.

Troisième station : Jésus tombe une première fois

Du Psaume 35 : Ils se rient de ma chute, ils s’attroupent, ils s’attroupent contre moi, des étrangers sans que je sache, déchirent sans répit. Si je tombe, ils m’encerclent, ils grincent des dents contre moi. (Ps 35,15-16)

Chargé d’un poids trop lourd, Jésus tombe. Il porte physiquement sur ses épaules la Croix, mais aussi spirituellement le péché de l’homme. Il tombe écrasé par les deux réunis, le poids moral n’est pas moins lourd que le poids physique. Le Fils de Dieu incarné est bafoué, il est allé jusqu’au bout des limites humaines : il n’en peut plus.

Cela fait trente-six heures qu’il n’a pas dormi mais qu’il est passé des injures au jugement et du jugement aux tortures.

Cela fait trois ans qu’il n’est pas compris, que son message d’amour est refusé par les hommes.

Cela fait deux mille ans que les hommes acceptent l’Alliance que son Père leur propose, puis s’en détournent. Cette Alliance qu’il est venu sceller définitivement dans son sang.

Epuisé de tout cela, Jésus tombe une première fois.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère

De l’évangile selon saint Luc : Syméon les bénit et leur dit à Marie sa mère : « Vois! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction; et toi-même une épée te transpercera l’âme. » (Lc 2,34-35)

Quelle épreuve pour Jésus et pour Marie!

Quel regard ils échangent!

La mère voit son fils exténué, couvert de sang, injurié. Et elle sait qu’il est le Fils de Dieu. Le fils voit la détresse de sa mère, et il est la cause de cette détresse. Quel amour il y a dans ce dialogue muet ! Les paroles ne sont plus de mise, elles n’ont plus de sens : il ne reste que le regard et la douleur muette.

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène

De l’évangile selon saint Marc : « Et ils requirent un homme qui passait, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus qui venait des champs pour qu’il porte sa Croix. » (Mc 15,21)

Un homme revenait tranquillement des champs. Il n’était pas au courant de ce qui se tramait. Il n’avait pas demandé la mort de cet homme comme toute cette foule qui se presse autour de lui : il travaillait dans les champs et il rentrait pour se préparer pour le soir de la Pâque. Il ne semblait ni pour, ni contre Jésus : il ne savait pas. Et voilà qu’on fait appel à lui, qu’on le réquisitionne pour porter la Croix de cet homme épuisé.

Ce ne sont ni les Apôtres ni les disciples qui se précipitent pour aider Jésus dans cette épreuve, ils ont tous disparu, effrayés de la condamnation de leur maître. Pierre l’a renié trois fois cette nuit, tous le renient dans cet après midi.

Un innocent aide le Fils de Dieu qui est l’Innocent par excellence, à porter la Croix. Ni l’un ni l’autre n’ont mérité cette infamie, mais ils l’acceptent, le premier par contrainte après une dure journée de labeur, le second par amour après une journée de tortures et d’injures.

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus

De l’évangile selon saint Matthieu : Il fut transfiguré devant eux et son visage brilla comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. (Mt 17,2)

La face du Christ transfigurée a été déformée par la haine et l’aveuglement des hommes. Les hommes détruisent ce que Dieu fait pour eux. Le Fils de Dieu est maltraité, injurié, rejeté. Les hommes ne veulent pas voir Dieu face à face alors ils le défigurent pour éviter d’avoir à le reconnaître.

L’homme détruit l’homme parce qu’il est image de Dieu. En lui-même, l’homme dissimule l’image de Dieu par son propre péché.

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois

Du Psaume 55 : Mon cœur se tord en moi. Les affres de la mort tombent sur moi; crainte et tremblement me pénètrent, un frisson m’étreint. (Ps 55,5-6)

A bout de souffle et de forces, Jésus tombe une deuxième fois.

Allongé sur le sol, dans la poussière et la boue, il n’a même pas le temps de se reposer : les hommes sont impatients de se débarrasser de lui, de ce gêneur qui dit que l’amour est premier, l’amour de Dieu, l’amour des autres.

Pour les soldats, c’est la routine, ils relèvent Jésus sans ménagement et le poussent à continuer. Il n’a pas le droit de mourir maintenant, ce serait contraire à la loi, aux ordres reçus. Il ne doit pas mourir seulement : on doit le TUER.

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem

De l’évangile selon saint Luc : « Filles de Jérusalem ne pleurez pas sur moi! Pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants. » (Lc 23,28)

Les femmes de Jérusalem pleurent sur ce condamné à mort. Mais Jésus les prévient : ce n’est pas sa mort à lui qui est importante parce que sa mort est source du salut pour le monde. L’important, ce sur quoi il faut pleurer, c’est le péché de l’homme qui nous empêche de vivre comme des fils de Dieu.

La vraie mort est une mort spirituelle dont il faut se prémunir. La mort du Christ appelle sa résurrection avec Dieu, le péché entraîne la séparation d’avec Dieu.

La mort du Christ est le sacrifice pour le pardon de tous les péchés.

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois

Du prophète Isaïe : Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je? Qui ira pour nous ? » Et je dis : « Me voici, envoie-moi ! » (Is 6,8)

Dieu a envoyé le Christ Jésus, son propre Fils, après nous avoir envoyé ses prophètes. Et le monde ne l’a pas reconnu ! Jésus tombe pour la troisième fois. Ses forces physiques le trahissent, une troisième fois. Son Apôtre Pierre aussi l’a trahi trois fois! L’épuisement physique et moral est complet, et dans la route qui va au calvaire, il y a un changement de tonalité : jusque là le Christ était actif : il portait la Croix, il parlait aux femmes de Jérusalem, il tombait. A partir de cette troisième chute, il devient passif : ce sont les autres qui agissent sur son corps. Les limites sont atteintes : il ne reste plus que la mort.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Du Psaume 22 : Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. (Ps 22,19)

Du livre de Job : Alors Job se leva, déchira son vêtement et se rasa la tête. Puis, tombant sur le sol, il se prosterna et dit: « Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris: que le nom du Seigneur soit béni!

Les soldats qui enlevèrent les vêtements du Christ sont une image, un symbole de ce que le Christ a fait pour nous. Ces vêtements tachés de sang par les tortures, salis par les chutes successives, ne sont pas autre chose que nos péchés que le Christ pardonne par sa mort et sa Résurrection. Comme le dit saint Paul et ce que nous redisons après lui à tous les Baptêmes : Nous avons dépouillé le vieil homme qui est en nous et nous avons revêtu le Christ.

Onzième station : Jésus est mis en Croix

De l’évangile selon saint Jean : Pilate rédigea un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : Jésus le Nazaréen, le Roi des Juifs (Jn 19,19)

De Nazareth, ce pays perdu, isolé, il ne pouvait rien sortir de bon. Les chefs des prêtres ont essayé de faire modifier cet écriteau qui était pour eux un scandale. Mais Pilate a tenu bon : c’est pour ce motif que Jésus a été crucifié, par la haine de son peuple qui ne le comprenait pas, c’est donc ce motif qui est inscrit sur la Croix. Et pour être sûr que tout le monde comprendra, Pilate le fait écrire en trois langues : latin, grec, hébreu, le monde entier doit savoir que le peuple de Dieu a tué son roi, à cause de la haine, de l’offense et du doute.

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix

De l’évangile selon saint Jean : Voyant sa Mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme voici ton fils ! » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère !. » (Jn 19,26-27)

Contemplons cet homme nu, déchiré dans sa chair et dans son esprit, cloué sur la Croix. Cet homme est le Fils de Dieu. Il est venu nous donner l’amour et nous lui avons pris jusqu’à ses vêtements. Il parlait du Royaume de Dieu à ses disciples, et ils l’ont abandonné, renié.

Pourtant, dans cet instant même, alors qu’il n’a plus rien, qu’il ne peut plus rien humainement, le Christ, le Fils de Dieu, nous donne sa mère. Il a tout donné aux hommes, même sa mère.

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix

De l’évangile selon saint Jean : Arrivés à Jésus, ils le trouvèrent mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. (Jn 19,33)

Jésus est détaché de la Croix, mais avant, il y a ces derniers sévices, gratuits, sur son corps inanimé, pour s’assurer de sa mort. Le sang et l’eau qui coulent rappellent aux témoins la prophétie d’Ezéchiel sur le nouveau Temple de Dieu : L’homme qui me guidait me fit revenir à l’entrée du Temple, et voici sous le seuil du Temple, de l’eau jaillissait du côté droit de la façade du Temple et passait au sud de l’autel. (Ez 47,1)

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau

De l’évangile selon saint Marc : Et, ayant acheté un linceul, l’ayant descendu, il l’enveloppa dans le linceul et le mit dans une tombe qui avait été taillée dans le roc et il roula la pierre contre la porte du tombeau. (Mc 15,46)

C’est fini!

L’espérance a quitté le coeur des disciples! Où sont ceux qui avaient dit : « Allons, nous aussi afin de mourir avec lui ! »

Les Apôtres se cachent au Cénacle parce qu’ils ont peur de la foule, des romains, des grands prêtres.

Certains disciples quittent Jérusalem, tristes, ils n’ont plus rien à faire ici. Ils étaient venus avec Jésus, repartent seuls. Deux d’entre eux prennent le chemin d’Emmaüs.

Ils ont tous oublié les paroles du Christ : « Je m’en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers mon Père parce que le Père est plus grand que moi » (Jn 14,28)


9 avril 2004

Garnison d'Angers

retour en haut de la page


Introduction :

Frères et sœurs, dans cette célébration, nous nous souvenons que le Fils unique de Dieu n’a pas hésité à livrer sa vie en rançon pour la multitude. En le suivant jusqu’au tombeau, demandons-lui d’avoir la lucidité de voir ceux qui souffrent aujourd’hui et  la force de les accompagner dans leur souffrance.

Homme au milieu des hommes (A 220-1)

1. Tu sais de quoi nous sommes pétris,
tu te souviens que nous sommes poussière,
Jésus, homme au milieu des hommes
Prends pitié de tout homme pécheur (ter)

2. Tu n'agis pas selon nos péchés,
ne nous rends pas pesant nos offenses,
Jésus, homme au milieu des hommes
Prends pitié de tout homme pécheur (ter)

3. Et comme est loin couchant du levant,
tu mets au loin le fardeau de nos fautes,
Jésus, homme au milieu des hommes
Prends pitié de tout homme pécheur (ter)

Première Station : Jésus est condamné à mort.

De l'évangile de saint Jean (19,14-16) : C'était la préparation de la Pâque; c'était environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : « Voilà votre Roi. » Ils vociférèrent donc : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n'avons de roi que César. » Alors donc, il le leur livra pour être crucifié.

Du livre de l'Exode (12,6) : Vous garderez l'agneau [male et sans défaut] jusqu'au quatorzième jour du mois, et l'assemblée entière de la communauté d'Israël l'immolera entre les deux soirs. On prendra de son sang et on en mettra sur les deux montants et le linteau des maisons où on le mangera.

En affirmant qu’ils n’ont qu’un roi, César, les grands prêtres font eux-mêmes un blasphème : pour les juifs, le seul roi d’Israël reconnu est Dieu, même David n’est que le représentant de Dieu, celui qui a reçu l’onction royale qui le délègue comme intendant du pays.

Ces prêtres sacrilèges, après avoir excité la foule à réclamer la mort de Jésus vont faire les sacrifices pour le péché avant de procéder à l'immolation de l'agneau pascal de l'Ancienne Alliance dans le Temple de Jérusalem. Ils ne pouvaient pas savoir qu’en obligeant Pilate à condamner Jésus, ils préparaient le Sacrifice de la Nouvelle Alliance. Sacrifice perpétuel qui ne nécessite pas d'être renouvelé tous les ans.

Le sang de l'agneau pascal mis sur les montants et le linteau des portes le soir du départ de l'Egypte avait protégé le peuple hébreu de la mort de leurs premiers-nés par l'ange exterminateur ; le sang de l’Agneau immolé sur la Croix libère tous les hommes de la mort du péché.

L'agneau sans tâche, le Christ Jésus, Fils de Dieu, homme sans péché, voilà la victime sacrifiée pour nos péchés.

C’est la consommation du Mystère de Dieu !

Mystère du calvaire (H 44)

1. Mystère du Calvaire, scandale de la croix :
Le Maître de la terre, esclave sur ce bois !
Victime dérisoire, toi seul es sauveur,
Toi seul, le roi de gloire, au rang des malfaiteurs.

2. Tu sais combien les hommes ignorent ce qu'ils font.
Tu n'as jugé personne, tu donnes ton pardon ;
Partout des pauvres pleurent, partout on fait souffrir ;
Pitié pour ceux qui meurent et ceux qui font mourir.

3. Afin que vienne l'heure promise à toute chair,
Seigneur, ta croix demeure dressée sur l'univers ;
sommet de notre terre où meurt la mort vaincue,
Où Dieu se montre Père en nous donnant Jésus.

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix

Du livre de la Genèse (22,6-8) : Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Isaac s'adressa à son père Abraham et dit: « Mon père! » Il lui répondit: « Me voici, mon fils! » Il reprit: « Voici le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste? » Abraham répondit: « C'est Dieu qui pourvoira à l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allèrent tous deux ensemble.

Cette réponse d’Abraham prend tout son sens dans la montée au Calvaire, c’est vraiment Dieu qui pourvoie à l’Agneau pour le sacrifice ; véritable offrande pour le véritable sacrifice. Comme Abraham n’hésitant pas à sacrifier son fils unique par sa confiance en Dieu, le Père éternel accepte le don de la vie de son propre Fils unique pour marquer son amour de l'être humain et son désir de voir toute l'humanité revenir vers lui.

Lors de son baptême par Jean dans le Jourdain, Jésus avait pris spirituellement les péchés que le peuple avait laissés dans le fleuve en venant vivre cette démarche de conversion ; lorsque Jésus est chargé de la lourde croix, il prend physiquement sur son dos le poids des péchés de tous les hommes.

Isaac et Jésus, deux personnes montent vers le sacrifice de leur vie chargés du bois de leur supplice, le premier pensant rendre Dieu favorable à son père humain, le second certain de remettre les hommes en pleine communion avec leur Père des cieux ; le premier acceptant que son père prenne sa vie pour le bénéfice immédiat d’un seul homme, le second a dit à ses Apôtres que personne ne prend sa vie mais qu’il la donne pour le bonheur éternel de la multitude (cf. Jn 10,15)

Victoire (H 32)

R/.         Victoire tu règneras !
Ô Croix tu nous sauveras !

1. Rayonne sur le monde qui cherche la vérité,
Ô Croix, source féconde d’amour et de liberté.

2. Redonne la vaillance au pauvre et au malheureux ;
C'est toi notre espérance, qui nous mèneras vers Dieu

3. Rassemble tous nos frères à l'ombre de tes grands bras.
Par toi, Dieu notre Père au ciel nous accueilleras.

Troisième station : Jésus tombe une première fois

Du prophète Jérémie (38,4-6) : Alors les princes dirent au roi: « Que cet individu soit mis à mort ! En vérité, il décourage les combattants, qui sont restés dans cette ville, et tout le peuple, en leur tenant semblables propos. Oui, cet individu ne cherche nullement la paix pour ce peuple, mais son malheur. » Le roi Sédécias répondit: « Voici, il est entre vos mains, car le roi n'a aucun pouvoir en face de vous ! » Ils se saisirent donc de Jérémie et le jetèrent dans la citerne de Malkiyyahu, fils du roi, dans la cour de garde; ils le descendirent à l'aide de cordes. Dans cette citerne il n'y avait point d'eau, mais de la vase, et Jérémie s'enfonça dans la vase.

Jérémie n’avait fait qu’annoncer, au nom de Dieu, que des malheurs s’abattraient sur Jérusalem si le roi continuait ses alliances politiques douteuses et les conseillers ne pouvaient supporter ces allégations.

Jésus n’a prédit aucun malheur, au contraire, dans la synagogue de Nazareth n’avait-il pas dit qu’il venait accomplir la prophétie d’Isaïe annonçant des temps nouveaux où les aveugles verront, les sourds entendront et les boiteux marcheront.

Jérémie s'enfonce dans la fange d'un puits ; Jésus s'enfonce dans la terre qui a donné naissance à l'homme.

La parole de Dieu est provocante, elle remet l’homme devant sa conscience, et il préfère briser ceux qui la portent parce qu’ils dérangent dans les petites habitudes humaines. L’ensemble des péchés passés, présents et futurs est matérialisé par la croix qui écrase le Fils venu annoncer l’amour du Père.

Silence…

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère

De l’évangile de saint Luc (2,25-35) : Et voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint reposait sur lui. Et il avait été divinement averti par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au Temple, poussé par l'Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s'en aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » Son père et sa mère étaient dans l'étonnement de ce qui se disait de lui. Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère: « Vois! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction, - et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. »

L’étonnement que Marie avait manifesté devant les déclarations de Siméon se transforme en stupeur et en douleur. Se souvient-elle à ce moment-là de la visite de l’ange ? Il lui avait promis que son fils serait appelé fils du très Haut et elle vient de le voir dans la boue, accablé d’injures et de sarcasmes. Où est le trône de David son père ?

A Cana Jésus lui avait dit Mon heure n’est pas encore venue ! Elle n’avait peut-être pas compris ce qu’il voulait dire, pas plus qu’elle ne pouvait comprendre en voyant Jésus écrasé par la croix que cette heure était venue, une heure de souffrance et d’abnégation. Comment comprendre humainement que la montée au Golgotha est l’heure de Gloire d’un Dieu fait homme ?

Lorsqu’elle était venue le chercher avec sa famille, il lui avait fait répondre : Qui sont ma mère, mes frères et mes sœurs ? Ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique. (cf. Mt 12,48) Où sont-ils ces frères et sœurs qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique ? Tous se sont enfuis ! Même ceux auxquels il avait dit : Je ne vous appelle plus serviteurs, car la serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. (Jn 15,15).

Dans le regard que Marie et Jésus échangent à cet instant, elle demande des réponses à toutes ces questions se pressent dans son esprit de mère. Les éclaircissements viendront en leur temps. Comme une trentaine d’année plus tôt, Marie pense Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole !

Marie, par son humilité, s’unit au Sacrifice de son fils en acceptant de le donner pour le salut de tous les hommes.

Donne-nous ton Fils (V 116)

R.          Vierge bénie entre toutes les femmes,
Mère choisie entre toutes les mères,
Mère du Christ et mère des hommes,
Donne-nous ton Fils, donne-nous ton Fils.

1. Entre toutes les femmes du monde le Seigneur t'a choisie
Pour que brille à jamais sur la terre la lumière de Dieu.

2. Comme coule la source limpide, la tendresse de Dieu
Envahit chaque instant de ta vie et nous donne un sauveur.

3. L'univers tout entier te contemple, il acclame ton fils,
Grâce à toi, au milieu de son Peuple, le Seigneur est présent.

4. Tu chemines avec nous sur la route, tu connais notre espoir,
Au milieu de nos croix et nos larmes, tu nous montres ton fils.

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène

De l’évangile de saint Marc (15,21) : Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par-là, revenant des champs.

  Du prophète Amos (7,12-15) : Amasias (prêtre à Béthel) dit à Amos : «Va-t'en d'ici, voyant, va-t'en au pays de Juda ; là tu gagneras ton pain à faire le prophète. Mais à Béthel, tu ne continueras pas à prophétiser, car c'est un sanctuaire royal, le palais du souverain. » Amos répondait à Amasias : «Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète. Je suis bouvier, et je fais la cueillette des fruits du sycomore. Le Seigneur m'a pris derrière le troupeau, il m'a dit : Va, prophétise contre mon peuple Israël. »

Simon de Cyrène, ce parfait inconnu, est celui qui est choisi par Dieu pour aider Jésus à porter une croix trop lourde.

Ce n’est pas un Apôtre car ils ont disparu dans la tourmente. Ce n’est pas un proche de Jésus. Cet homme ne demandait rien à personne comme le prophète Amos, il rentrait tranquillement des champs où il avait passé la journée et comme le prophète Amos, il est saisi par Dieu. Il ne savait pas ce qui se passait à Jérusalem. Il ne connaissait pas l’acharnement avec lequel les prêtres avaient fait condamner Jésus. Il ignorait tout. Et c’est lui qui aide Jésus à porter cette croix matérialisation des péchés humains ! Un innocent aide l’Innocent par excellence !

Va et prophétise ! dit Dieu à Amos. Simon a été sans doute transformé pas ce chemin qu’il fait avec Jésus, il n’a peut-être pas entendu son enseignement comme les disciples, mais il voit de ses yeux, il ressent dans ses mains l’œuvre de Dieu. N’est-il pas le seul qui ait obéi à la demande de Jésus : Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix chaque jour, et qu'il me suive. (cf. Mt 16,24) Il fait plus encore : il ne s'est pas chargé de sa propre croix, il porte celle du Fils de Dieu.

Son fils Rufus est cité dans l’épître de saint Paul aux Romains, c’est un indice que Simon avait su transmettre à ses enfants cette connaissance de Jésus et ce regard que Jésus lui a lancé lorsqu'il l'a débarrassé de la croix.

Trouver dans ma vie ta présence (P 205)

R. Trouver dans ma vie ta présence, tenir une lampe allumée,
Choisir avec toi la confiance, aimer et se savoir aimé.

1. Croiser ton regard dans le doute, brûler à l'écho de ta voix.
Rester pour le pain de la route, savoir reconnaître ton pas.

2. Brûler quand le feu devient cendre, partir vers celui qui attend.
Choisir de donner sans reprendre, fêter le retour d'un enfant.

3. Ouvrir quand tu frappes à ma porte, briser les verrous de ma peur.
Savoir tout ce que tu m'apportes, rester et devenir veilleur.

Sixième station : sainte Véronique essuie le visage de Jésus

Du livre de la Genèse (1,26-28) Dieu dit: « Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu'ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre. » Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit: « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. »

L’image de Dieu que sont l’homme et la femme est déformée par le péché. C’est ce dont témoigne le visage essuyé par sainte Véronique. Cet homme dont la face est dissimulée par le sang, la boue, les crachats, la douleur et l’épuisement est l’image de Dieu, l’image d’un Dieu souffrant du non-amour de l’être humain.

Qui mieux que Dieu le Fils incarné pouvait être l’image parfaite que Dieu, Père, Fils et Saint Esprit avait voulue lors de la Création ? C’est cette image parfaite qui est contrefaite, rendue monstrueuse par les hommes et les femmes de son temps et du nôtre. Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reconnu (Jn 1,11)

Mais aujourd’hui, se manifestera-t-elle la personne qui osera essuyer la face de celui qui souffre ? Serons-nous une nouvelle Véronique, nous qui prétendons être l’amour, la paix, la joie du Christ ?

Je cherche le visage (SM 2)

R.          Je cherche le visage, le visage du Seigneur,
Je cherche son image tout au fond de vos coeurs.

1. Vous êtes le corps du Christ, Vous êtes le sang du Christ
Vous êtes l'amour du Christ, Alors qu'avez-vous fait de lui ?

2. Vous êtes le corps du Christ, Vous êtes le sang du Christ
Vous êtes la paix du Christ, Alors qu'avez-vous fait de lui ?

3. Vous êtes le corps du Christ, Vous êtes le sang du Christ
Vous êtes la joie du Christ, Alors qu'avez-vous fait de lui ?

Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois

Du Psaume 55 : Pitié, mon Dieu! Des hommes s'acharnent contre moi ; Tout le jour, ils me combattent, ils me harcèlent. Ils s'acharnent, ils me guettent tout le jour; mais là-haut, une armée combat pour moi. Le jour où j'ai peu, je prends appui sur toi sur Dieu dont j'exalte la parole, sur Dieu, je prends appui ; plus rien ne me fait peur : Que peuvent sur moi des êtres de chair?

Bien que Simon de Cyrène porte le bois de la croix, le chemin est trop difficile pour cet homme anéanti sur lequel les foules s’acharnent.

Les souffrances physiques qu’il a subies depuis trente-six heures sont terribles : promené comme une bête curieuse de Caïphe à Pilate, de Pilate à Hérode, de Hérode à Pilate, exhibé devant une foule haineuse, couronné d’épines et moqué par les soldats romains, flagellé, chargé d'un bois rugueux et lourd, sans un instant de soulagement, ni une parole de réconfort. Son corps est physiquement épuisé.

Et que dire des souffrances morales ? Cet homme a été incompris de tous, trahi par les siens, traîné devant des tribunaux iniques, confronté à de faux témoins, condamné alors qu’il est innocent des crimes dont il est accusé et maintenant hué par la foule. Son corps est moralement écrasé.

Qui pourrait reconnaître le Fils de Dieu dans cet homme ?

(silence)

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem

De l’évangile de saint Jean (4,23-24) : Jésus dit à la Samaritaine : « l'heure vient où vous n'irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons, nous, celui que nous connaissons car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, et c'est maintenant, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils doivent l'adorer. »

Les filles de Jérusalem sont des pleureuses qui se mettent sur le chemin des condamnés à mort pour se lamenter sur leur sort. C’est pourquoi Jésus leur dit de ne pas pleurer sur lui mais plutôt sur elles qui ne cherchent pas le sens de leurs lamentations mais qui le font par devoir social. Au contraire la Samaritaine, bien que faisant partie d’un peuple méprisé par les Juifs cherchait un sens à ces dissensions entre Juifs et Samaritains. Pourquoi se référant au même Dieu ne pouvaient-ils s’entendre ? Pourquoi ces affirmations haineuses entre ces deux peuples issus du même Abraham ?

Jésus pourrait dire aux filles de Jérusalem, vous pleurez sur ce que vous ne connaissez pas, moi je pleure sur ce peuple incapable de reconnaître le Messie de Dieu, incapable de relire sa Parole. Le Verbe s’est fait chair et les siens ne l’ont pas reconnu, voilà ce sur quoi il faut pleurer.

La souffrance morale prend encore le pas sur la peine physique de Jésus, il est venu apporter l’amour de Dieu, il récolte la haine des hommes. Il surprend ces pleureuses et les légionnaires romains par le même regard que celui destiné au jeune homme riche ou à la femme pécheresse car il aime les hommes comme ils sont et non pas comme il voudrait qu'ils soient.

Oserions-nous être nous-même sous le regard du Christ ?

N’aie pas peur (G 249)

R/.          N’aie pas peur ! Laisse-toi regarder par le Christ ;
Laisse-toi regarder, car il t’aime

1. il a posé sur moi son regard,
un regard plein de tendresse
il a posé sur moi son regard,
un regard long de promesse

2. il a posé sur moi son regard,
alors j’ai vu qu’il pleurait
il a posé sur moi son regard,
alors j’ai su qu’il m’aimait

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois

De l’évangile de saint Luc (22,54-62) : Quant à Pierre, il suivait de loin. Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis autour, Pierre s'assit au milieu d'eux. Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit: "Celui-là aussi était avec lui!" Mais lui nia en disant: "Femme, je ne le connais pas." Peu après, un autre, l'ayant vu, déclara: "Toi aussi, tu en es !" Mais Pierre déclara: "Homme, je n'en suis pas." Environ une heure plus tard, un autre soutenait avec insistance: "Sûrement, celui-là aussi était avec lui, et d'ailleurs il est Galiléen!" Mais Pierre dit: "Homme, je ne sais ce que tu dis." Et à l'instant même, comme il parlait encore, un coq chanta, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre. Et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, qui lui avait dit: "Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois." Et, sortant dehors, il pleura amèrement.

Dans la nuit, avant d’être arrêté, Jésus tombait face contre terre pour demander à son Père d’éloigner ce calice loin de lui. En acceptant la volonté du Père, Il accepte aussi l’ingratitude des hommes. Pierre qu’il avait établi chef des Apôtres, celui auquel il avait dit Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise (cf. Mt 16,18) celui auquel il donne le pouvoir de remettre ou de maintenir les péchés (cf. Jn 20,23) est aussi celui qui le renie par trois fois.

Se souvenant du regard qu’il a échangé avec Pierre et de la détresse de son Apôtre, Jésus tombe pour la troisième fois, comme pour récupérer cette désertion, comme pour marquer auprès de Pierre que la chute physique ou psychique est toujours possible.

Judas avait vendu Jésus et s’apercevant du péché commis, il avait jeté l’argent de la trahison à travers le palais du grand Prêtre, puis il était parti se pendre car il ne croyait pas que sa faute fût pardonnable. Pierre, par le regard que Jésus a posé sur lui et en le voyant de loin trébucher pour la troisième fois sait que sa faute est déjà pardonnée que Jésus tombe sous le poids du péché de Judas, celui de Pierre et ceux de tous les hommes.

Trois, le chiffre de la Trinité ! Cela nous rappelle le pouvoir que Jésus a donné à Pierre et à travers lui à tous les évêques et les prêtres : Et moi, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, je te pardonne tous tes péchés (formule d’absolution du rituel du Sacrement de Réconciliation et de Pénitence)

(silence)

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Du livre de Job (1,20-21) : Alors Job se leva, déchira son vêtement et se rasa la tête. Puis, tombant sur le sol, il se prosterna et dit: « Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris: que le nom du Seigneur soit béni ! »

Le condamné est mis à nu, pour ajouter encore à son humiliation dans un peuple où la nudité est réservée au conjoint, une culture où voir la nudité de l’autre est un péché. Jésus, fils d’Adam, se montre tel qu’à son incarnation, il n’est venu qu’avec l’amour, il repart vers son Père sans rien emporter.

Mieux encore, cet homme a qui tout est pris, la liberté, les vêtements, la mobilité puisqu’il va être cloué sur le bois, va encore trouver à donner ce que personne ne peut lui prendre : sa mère. Femme, voici ton fils ; Voici ta mère ! (Jn 19,26-27) une fois qu’il aura donné sa propre mère au disciple qu’il aimait, c’est à dire non seulement celui qui est au pied de la croix mais à tous les futurs disciples que Jésus aime d’avance. A ce moment-là, il peut quitter le monde dépouillé de tout, ayant vraiment tout donné aux hommes par amour.

En donnant tout ce qu’il avait sur terre, Jésus vient au secours des faiblesses humaines et montre son attention à toutes les détresses des hommes et des femmes. En nous configurant à lui par le Baptême et la Confirmation, il nous invite à en faire autant.

Ta nuit sera lumière de midi (G 212)

1. Si tu dénoues les liens de servitude,
Si tu libères ton frère enchaîné
La nuit de ton chemin sera lumière de midi (bis)
Alors de tes mains, pourra naître une source,
La source qui fait vivre la terre de demain,
La source qui fait vivre la terre de Dieu.

4. Si tu dénonces le mal qui brise l'homme,
Si tu soutiens ton frère abandonné,
La nuit de ton appel sera lumière de midi.         (bis)
Alors de tes yeux pourra luire une étoile,
L'étoile qui annonce la terre de demain,
L'étoile qui annonce la terre de Dieu.

Onzième station : Jésus est mis en croix

Du livre des Nombres (21,7-9) : Le peuple vint dire à Moïse: « Nous avons péché en parlant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous ces serpents. » Moïse intercéda pour le peuple et le Seigneur lui répondit: « Façonne-toi un serpent brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie. » Moïse façonna donc un serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le serpent d'airain et restait en vie.

Ce gibet, instrument de supplice infamant réservé aux meurtriers, cette croix va devenir le symbole de l’amour de Dieu pour l’humanité et le signe de reconnaissance des chrétiens entre eux. Dressée sur un monticule à l’entrée de Jérusalem pour être vue par tous les pèlerins de la Pâque, elle deviendra la bannière d’un groupuscule qui va s’étendre en quelques années à l'ensemble du monde connu en prêchant la Bonne Nouvelle du Salut.

Pour ceux qui sont autour de la croix, qui se moquent encore de cet homme qui se prétend le Fils de Dieu, les apparences sont contraires ; c’est la fin d’une aventure comme il y en avait eu d’autres, des pseudos libérateurs que les Romains avaient réduits au silence. L’espérance de tous ces gens est clouée sur la même croix que Jésus.

Même les Apôtres ont fui, apeurés. L’infamie de la croix les a tous désespéré. Seule sa mère et le disciple qu’il aimait sont présents. Pourtant c’est à ce moment que le Fils s’offre à son Père comme Sacrifice éternel en rémission des péchés. Comme pour l’incarnation, Les siens ne l’ont pas reconnu !

Jésus ajoute Père : Pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font ! (Lc 23,34) car il est venu pour le pardon et non pas pour ajouter aux péchés des hommes.

Ô Croix dressée sur le monde (H 30)

1. Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus Christ !
Fleuve dont l'eau féconde du cœur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde, Ô Croix de Jésus Christ !

2. Ô Croix sublime folie, Ô Croix de Jésus Christ !
Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix ;
L’amour de Dieu est folie Ô Croix de Jésus Christ !

3. Ô Croix, sagesse suprême Ô Croix de Jésus Christ !
Le Fils de Dieu lui-même jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême Ô Croix de Jésus Christ !

4. Ô Croix, victoire éclatante, Ô Croix de Jésus Christ !
Tu jugeras le monde au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante, Ô Croix de Jésus Christ !

Douzième station : Jésus meurt sur la croix

De l’évangile de saint Marc (15,37-39) : Or Jésus, jetant un grand cri, expira. Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria: « Vraiment cet homme était fils de Dieu ! »

De l'évangile de saint Matthieu (16,15-16) : Mais pour vous, qui suis-je ? Simon-Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !

Rejeté par tous les siens, le Fils de Dieu est reconnu par un centurion, un païen inspiré par Dieu. Comme pour Simon-Pierre cette révélation ne lui vient pas de la chair et du sang mais du Père qui est dans les cieux.

Le voile du Temple se déchire. Il n'est plus nécessaire de cacher aux yeux des fidèles le lieu où le grand prêtre implore le pardon de Dieu une fois par an pour les péchés du peuple, puisque le sacrifice perpétuel vient d'avoir lieu sur la croix. Le grand prêtre ne doit plus entrer dans le Saint des saints puisque le défenseur de tous les hommes, prêtre à la manière de Melchisédech, est éternellement auprès du Père.

(silence, à genoux)

Treizième station : Jésus est détaché de la croix

Du prophète Isaïe (53,2-5) : Comme un surgeon il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison.

La foule se disperse, il n’y a plus rien à voir. Quelques-uns uns avaient peut-être la secrète espérance qu’il se passerait quelque chose, un miracle comme ceux auxquels Jésus les avait habitués ? Une grâce de Pilate qui était contre cette exécution ? Un soulèvement du peuple ? Mais il ne s’est rien passé, Jésus est mort, il est descendu de la croix par les bourreaux pour être rendu à la famille, les autres condamnés agonisent, les jambes brisées.

Marie reçoit le corps de Jésus sans comprendre. Comme sur le chemin elle revit le message de l’Archange, son enfant devait reprendre le trône de David son père et il est mort !

Dans cette tâche pénible, elle est aidée par Joseph d’Arimathie et Nicodème et sans doute le disciple que Jésus aimait. Trois fidèles qui surmontent la peur des romains et osent braver l'opprobre de tout un peuple

Où est la foule qui l’a suivi sur les chemins de Galilée, de Samarie ou de Judée ? Eparpillée ! Où sont les Douze qu’il avait choisi ? Un l’a trahi, les autres se terrent !

Et nous ? Où sommes-nous ?

Mystère du calvaire (H 44)

1. Mystère du Calvaire, scandale de la croix :
Le Maître de la terre, esclave sur ce bois !
Victime dérisoire, toi seul es sauveur,
Toi seul, le roi de gloire, au rang des malfaiteurs.

2. Tu sais combien les hommes ignorent ce qu'ils font.
Tu n'as jugé personne, tu donnes ton pardon ;
Partout des pauvres pleurent, partout on fait souffrir ;
Pitié pour ceux qui meurent et ceux qui font mourir.

3. Afin que vienne l'heure promise à toute chair,
Seigneur, ta croix demeure dressée sur l'univers ;
sommet de notre terre où meurt la mort vaincue,
Où Dieu se montre Père en nous donnant Jésus.

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau

Du livre de la Genèse (1,31-2,3) : Dieu vit tout ce qu'il avait fait: cela était très bon. Il y eut un soir et il y eut un matin: sixième jour.

Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et toute leur armée. Dieu acheva, le septième jour, le travail qu'il avait fait ; et il chôma, le septième jour après tout le travail qu'il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu'en ce jour, Dieu avait chômé, après tout le travail qu'il avait fait en créant.

La Création avait son achèvement, son apothéose dans l’incarnation de Dieu le Fils. Par la mort de Jésus, Fils de Dieu et fils de Marie, la Création est complète, l’être humain est racheté. Le septième Jour, Dieu se reposa ; le septième jour, le Fils repose dans le tombeau après avoir annoncé la Bonne Nouvelle du salut, avant le premier jour d’une nouvelle semaine et la Création de l'homme Nouveau.

Notre Père, qui es aux Cieux
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.


25 mars 2005

Garnison d'Angers

retour en haut de la page


Lecture du livre de la Genèse (3,1-4,1)

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu a dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin. Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort. » Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. » La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes. Ils entendirent le pas du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l'homme et sa femme se cachèrent devant Le Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin. Le Seigneur Dieu appela l'homme : « Où es-tu ? » dit-il.. « J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme; j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. » Il reprit : « Et qui t'a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger ! » L'homme répondit : « C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé ! » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu'as-tu fait là ? » Et la femme répondit : « C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé ! » Alors Le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon. » A la femme, il dit : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » A l'homme, il dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. » L'homme appela sa femme ‘Eve’, parce qu'elle fut la mère de tous les vivants. Le Seigneur Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis Le Seigneur Dieu dit : « Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal! Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours ! » Et Le Seigneur Dieu le renvoya du jardin d'Éden pour cultiver le sol d'où il avait été tiré. Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie.

L'homme connut Eve, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : « J'ai acquis un homme de par Le Seigneur. »

Chant de procession : Ô Croix dressée sur le monde (H 30)

1. Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus Christ !
Fleuve dont l'eau féconde du cœur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde, Ô Croix de Jésus Christ !

Première station : Jésus est condamné à mort.

(Gn 3,22) : Puis le Seigneur Dieu dit : « Voilà que l'homme est devenu comme l'un de nous, pour connaître le bien et le mal ! Qu'il n'étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l'arbre de vie, n'en mange et ne vive pour toujours ! »

La condamnation à mort de Jésus répond à notre propre condamnation par le péché. C’est notre connaissance du bien et du mal qui forme notre péché et qui nous conduit à une mort spirituelle. En acceptant la mort de la croix, le Fils éternel du Père nous montre que l’amour va plus loin que cette sentence capitale : le Père ne peut se résoudre à constater que les êtres humains soient séparés de lui. Le Fils, engendré et non créé, se porte garant pour nous ; la caution qu’il doit donner est sa propre vie humaine. L’homme condamne un innocent alors que la Sainte Trinité acquitte un coupable.

2. Ô Croix sublime folie, Ô Croix de Jésus Christ !
Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix ;
L’amour de Dieu est folie Ô Croix de Jésus Christ !

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix.

(Gn 3,16-17) : A la femme, Le Seigneur dit : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » A l'homme, il dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. »

La difficulté de la vie quotidienne est reprise par la croix du Christ. N’a-t-il pas dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et me suive. » Il a voulu nous montrer que l’existence de tous les jours est notre croix. Une vie dont nous ne pouvons supporter les épreuves que lorsque nous les vivons en communion avec le Père, dans la force de l’Esprit Saint, comme le Fils trouve la force de porter la croix parce qu’il est en union consciente avec son Père et notre Père.

3. Ô Croix, sagesse suprême Ô Croix de Jésus Christ !
Le Fils de Dieu lui-même jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême Ô Croix de Jésus Christ !

Troisième station : Jésus tombe une première fois.

(Gn 3,6a) : La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement.

Première occasion de péché, se défier de ce que Dieu leur a dit. Dans son désir d’acquérir le discernement, l’être humain veut être l’égal du Créateur : tout savoir pour être capable de se diriger seul, sans guide, sans repères, par ses propres moyens. Le doute germe dans l’esprit : pourquoi Dieu interdit-il cet arbre bon à manger ? N’aimerait-il pas sa créature pour lui interdire quelque chose de bon ? La première chute de Jésus, épuisé par le port de la croix répond à la tentation de la femme dans le jardin.

4. Ô Croix, victoire éclatante, Ô Croix de Jésus Christ !
Tu jugeras le monde au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante, Ô Croix de Jésus Christ !

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère.

(Gn 3,14-15) : Alors Le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon. »

La punition du serpent est en même temps une promesse : une femme écrasera la tête du démon, c’est à dire l’empêchera d’agir, de parler, d’ourdir des plans pour entraîner l’homme dans le péché. En rencontrant sa mère, Jésus rencontre la nouvelle Eve, celle qui a dit : « Je suis la servante du Seigneur. Qu’il me soit fait selon ta parole ! » celle qui résiste à la tentation de douter de l’amour de Dieu, même en cet instant où elle voit le Fils souffrir. Elle accepte la mort de son enfant puisque c’est la volonté divine. A-t-elle entendu Jésus dire : « Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne ! »

2. Ô Croix sublime folie, Ô Croix de Jésus Christ !
Dieu rend par toi la vie Et nous rachète à grand prix ;
L’amour de Dieu est folie Ô Croix de Jésus Christ !

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

(Gn 3,12) : L'homme répondit : « C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé ! »

Depuis l’épisode du jardin d’Eden, l’homme n’a cessé de rejeter ses fautes sur les autres. Adam refuse d’assumer son acte : il accuse Eve. N’était-il pas libre de refuser ? Il n’a pas voulu la dissuader de prendre le fruit ! La faute d’un seul couple est portée par tous. Ainsi Simon de Cyrène est celui qui aide le Christ à porter le péché du monde. Le texte évangélique nous dit que les gardes réquisitionnèrent un passant, c’est à dire n’importe qui. Cela aura pu être l’un d’entre nous. Sommes-nous conscient que nous aidons le Christ à porter le monde sur ses épaules ?

3. Ô Croix, sagesse suprême Ô Croix de Jésus Christ !
Le Fils de Dieu lui-même jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême Ô Croix de Jésus Christ !

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus.

(Gn 3,4-5) : Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »

Etre comme des dieux, vieux rêve humain qui est aussi manifeste aujourd’hui qu’à l’époque de Jésus ou à celle d’Adam. Pourtant l’homme se trompe sur la nature divine : s’arroger le droit de vie et de mort sur ses semblables, détruire la nature, mépriser son prochain, ne compter que sur soi ne sont pas les qualités d’un dieu, mais des actes bien humains. Le Père est au contraire tout amour pour sa création. Les disciples de son Fils que nous revendiquons d’être doivent écouter la parole du Christ : « Pour vous, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

4. Ô Croix, victoire éclatante, Ô Croix de Jésus Christ !
Tu jugeras le monde au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante, Ô Croix de Jésus Christ !

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois.

(Gn 3,6b) : Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea.

Deuxième source de péchés, après la tentation, l’action de tenter les autres. Consciente d’avoir mal agi aux yeux de Dieu, la femme ne veut pas rester seule dans la séparation et va entraîner l’homme à la rejoindre dans l’erreur. Ainsi en est-il souvent pour nous ! Enferrés dans le péché, nous allons essayer d’entraîner les autres dans les mêmes égarements pour nous justifier et ne pas être condamnés. Jésus trébuche sur ce deuxième écueil.

1. Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus Christ !
Fleuve dont l'eau féconde du cœur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde, Ô Croix de Jésus Christ !

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem.

(Gn 3,9) : Le Seigneur Dieu appela l'homme : « Où es-tu ? »

Les femmes s’exclamaient au passage de Jésus lorsqu’il prêchait  : « Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! » (Lc 11,27) Les mêmes ont vociféré pour réclamer la mort de Jésus ; les mêmes se sont placées sur le chemin du condamné pour y faire les pleureuses et s’apitoyer sur le sort de cet homme qu’elles ont rejeté. Jésus pourrait aussi leur dire : « Où es-tu ? » Nous-mêmes, aujourd’hui nous venons pour méditer sur ce chemin de Croix, mais nous nous cachons de ceux qui ont besoin de notre aide parce que nous avons peur d’entendre notre frère nous crier : « Où es-tu ? »

2. Ô Croix sublime folie, Ô Croix de Jésus Christ !
Dieu rend par toi la vie Et nous rachète à grand prix ;
L’amour de Dieu est folie Ô Croix de Jésus Christ !

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

(Gn 3,8) : . Ils entendirent le pas du Seigneur Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l'homme et sa femme se cachèrent devant le Seigneur Dieu parmi les arbres du jardin.

Le refus de l’homme de se reconnaître pécheur, il se cache de Dieu. Nous avons toujours des raisons aux fautes que nous commettons, les circonstances ont fait que nous étions obligés de pécher, nous n’étions pas libres de nos actes. L’homme et la femme ont l’attitude de l’autruche : en ne voyant pas le danger, ils ont l’impression qu’il n’existe plus. Peuvent-ils penser un seul instant que Dieu ne les verrait pas qu’il ne les chercherait pas ? Peut-être puisque nous pensons que Dieu peut être dupe de nos excuses. Troisième pierre d’achoppement qui fait tomber notre Seigneur.

3. Ô Croix, sagesse suprême Ô Croix de Jésus Christ !
Le Fils de Dieu lui-même Jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême Ô Croix de Jésus Christ !

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

(Gn 3,7) : Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes

La nudité du premier couple n’est pas tant la nudité physique que la nudité spirituelle. Avant de se séparer de Dieu, ils n’avaient rien à lui cacher, maintenant ils ont honte de leur faute, de leur condition d’homme et de femme, de leurs différences. La nudité du Christ lui est imposée par les hommes, mais en même temps, sans le savoir, ils restaurent l’être humain dans son état originel suivant la formule de Job : « Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. » (Job1,21) Par la grâce du sacrifice du Christ nous sommes à nouveau nus devant Dieu.

4. Ô Croix, victoire éclatante, Ô Croix de Jésus Christ !
Tu jugeras le monde au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante, Ô Croix de Jésus Christ !

Onzième station : Jésus est mis en Croix.

(Gn 3,18) : Le Seigneur Dieu dit à l’homme : « Le sol produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs

La punition encourue par le premier couple est la souffrance quotidienne pour vivre et survivre dans un monde qui leur semble devenu hostile parce qu’ils croient y être privés de la présence de Dieu. Les souffrances que Jésus endure lors du crucifiement sont le résultat du péché des hommes qui refusent Dieu et son message d’amour ; mais en souffrant sur la croix, le Christ assume toutes les peines humaines et la punition initiale.

1. Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus Christ !
Fleuve dont l'eau féconde du cœur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde, Ô Croix de Jésus Christ !

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix.

(Gn 3,24) : Il bannit l'homme et il posta devant le jardin d'Éden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l'arbre de vie.

Exclu de la communion parfaite et totale avec Dieu, le couple primitif va vers la terre dont il a été tiré. Avant de mourir le Christ dit au pécheur par excellence, au brigand crucifié avec lui : « En vérité je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis ! » (Lc 23,43) disant cela au malfaiteur il dit à tous les hommes que les chérubins ont cessé leur garde, le chemin de l’arbre de vie est ouvert à nouveau.

2. Ô Croix sublime folie, Ô Croix de Jésus Christ !
Dieu rend par toi la vie Et nous rachète à grand prix ;
L’amour de Dieu est folie Ô Croix de Jésus Christ !

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix.

(Gn 3,21) : Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit.

Les pagnes que le couple avait faits avec des feuilles servaient à cacher leur nudité spirituelle. Les tuniques que Dieu leur confectionne servent à les protéger. Celui qui est né avant toutes les créatures est recouvert d’un linceul pour être enseveli. Le corps n’est même pas lavé du sang, de la sueur et des crachats. Nicodème et Joseph d’Arimathie ne cherchent pas à donner à Jésus une sépulture décente au risque de braver le repos du sabbat. La prévenance de Dieu va plus loin montrant ainsi à ceux qui se croient exclus de son amour qu’il est toujours présent auprès d’eux, attentif à leurs nécessités immédiates.

3. Ô Croix, sagesse suprême Ô Croix de Jésus Christ !
Le Fils de Dieu lui-même Jusqu’à la mort obéit ;
Ton dénuement est extrême Ô Croix de Jésus Christ !

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau.

(Gn 3,19) : Le Seigneur Dieu dit à l’homme : « A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. »

La séparation durera jusqu’à ce que l’homme retourne au sol dont il a été tiré. La promesse de Dieu s’accomplit, la faute est pardonnée, le châtiment s’achève : Le fils de l’homme est mis en terre. Une nouvelle relation entre Dieu, Père Fils et Esprit et les hommes peut s’instaurer.

4. Ô Croix, victoire éclatante, Ô Croix de Jésus Christ !
Tu jugeras le monde au jour que Dieu s'est choisi,
Croix à jamais triomphante, Ô Croix de Jésus Christ !

Mystère du calvaire (H 44)

1. Mystère du Calvaire, scandale de la croix :
Le Maître de la terre, esclave sur ce bois !
Victime dérisoire, toi seul es sauveur,
Toi seul, le roi de gloire, au rang des malfaiteurs.

2. Tu sais combien les hommes ignorent ce qu'ils font.
Tu n'as jugé personne, tu donnes ton pardon ;
Partout des pauvres pleurent, partout on fait souffrir ;
Pitié pour ceux qui meurent et ceux qui font mourir.

3. Afin que vienne l'heure promise à toute chair,
Seigneur, ta croix demeure dressée sur l'univers ;
sommet de notre terre où meurt la mort vaincue,
Où Dieu se montre Père en nous donnant Jésus.

Notre Père :

Notre Père, qui es aux Cieux
que ton Nom soit sanctifié,
que ton Règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel
donne-nous aujourd'hui
notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés
et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du mal.


6 avril 2007

Brigade Franco-Allemande

retour en haut de la page


Première Station : Jésus est condamné à mort.

Deuxième Station : Jésus est chargé de sa croix.

Troisième Station : Jésus tombe pour la première fois.

Quatrième Station : Jésus rencontre sa mère.

Cinquième Station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

Sixième Station : Sainte Véronique essuie le visage de Jésus.

Septième Station : Jésus tombe pour la deuxième fois.

Huitième Station : Jésus pleure sur les femmes de Jérusalem.

Neuvième Station : Jésus tombe pour la troisième fois.

Dixième Station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Onzième Station : Jésus est cloué sur la croix

Douzième Station : Jésus meurt sur la croix.

Treizième Station : Jésus est descendu de la croix.

Quatorzième Station : Jésus est mis au tombeau.


22 mars 2008

Brigade Franco-Allemande

retour en haut de la page


Agneau de Dieu, Agneau vainqueur (A 221)

Agneau de Dieu, Agneau vainqueur, prends pitié de nous pécheurs. (bis)
Heureux qui lave son vêtement dans le sang de l’Agneau,
Il aura droit aux fruits de l’arbre de la Vie.

Première station : Jésus est condamné à mort.

Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit ‘Vous n’en mangerez pas, sinon vous mourrez.’ » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3,2-3)

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix.

Abraham prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Isaac s'adressa à son père Abraham et dit: "Mon père!" Il lui répondit: "Me voici, mon fils!" Il reprit: "Voici le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste?" Abraham répondit: "C'est Dieu qui pourvoira à l'agneau pour l'holocauste, mon fils", et ils s'en allèrent tous deux ensemble. Quand ils furent arrivés à l'endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.  . (Genèse 22,6-10)

Troisième station : Jésus tombe une première fois.

Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ! » Mais Jésus lui répondit : « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (Matthieu 4,3-4)

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère.

Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! –afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » (Luc 2,34-35)

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Ils le mènent dehors afin de le crucifier. Et ils requièrent, pour porter sa croix, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus, qui passait par là, revenant des champs. Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne.  20  Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Et ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit lieu du Crâne. (Marc 15,20-22)

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus.

Lorsque Moïse redescendit de la montagne du Sinaï, les deux tables du Témoignage étaient dans la main de Moïse quand il descendit de la montagne, et Moïse ne savait pas que la peau de son visage rayonnait parce qu'il avait parlé avec lui. Aaron et tous les Israélites virent Moïse, et voici que la peau de son visage rayonnait, et ils avaient peur de l'approcher. (Exode 34,29-30)

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois.

Alors le démon l’emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : ‘Il donnera pour toi des ordres à ses anges’ et ‘ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre’ » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : ‘Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.’ (Matthieu 4,5-7)

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem.

La femme lui dit: "Seigneur, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites: C'est à Jérusalem qu'est le lieu où il faut adorer." Jésus lui dit: "Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. (Jean 4,19-22)

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

Le démon l’emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer » Alors Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! Car il est écrit : ‘C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu adoreras.’ » Alors le démon le quitte. (Matthieu 4,8-10)

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il avait un aspect agréable et qu’il était désirable, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils connurent qu’ils étaient nus. (Genèse 3,6-7)

Onzième station : Jésus est mis en Croix.

Le peuple vint dire à Moïse: "Nous avons péché en parlant contre Yahvé et contre toi. Intercède auprès de Yahvé pour qu'il éloigne de nous ces serpents." Moïse intercéda pour le peuple et Yahvé lui répondit: "Façonne-toi un Brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie." Moïse façonna donc un serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le serpent d'airain et restait en vie. (Nombres 21,7-9)

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix.

Or Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit. Et voilà que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas; la terre trembla, les rochers se fendirent, (Matthieu 27,50-51)

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix.

Le soir venu, il vint un homme riche d'Arimathie, du nom de Joseph, qui s'était fait, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu'on le lui remît. (Matthieu 27,57-58)

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau.

Joseph prit donc le corps, le roula dans un linceul propre et le mit dans le tombeau neuf qu'il s'était fait tailler dans le roc; puis il roula une grande pierre à l'entrée du tombeau et s'en alla. Or il y avait là Marie de Magdala et l'autre Marie, assises en face du sépulcre. (Matthieu 27,59-61)


10 avril 2009

Brigade Franco-Allemande

retour en haut de la page


Vendredi Saint
Méditation sur le chemin de Croix

Première station : Jésus est condamné à mort

De l’évangile selon saint Jean : « Pilate dit aux juifs : ‘‘Voici votre roi’’ Ils criaient : ‘‘A mort, crucifie-le - Crucifierai-je votre roi? - Nous n’avons pas d’autre roi que César! » (Jn 19,14-15)

 
 

Ce corps a été livré, le sang a été versé pour nous et pour la multitude, en rémission de nos péchés. Comment recevons-nous le don que le Christ nous fait de sa vie? Avons-nous l’attitude de Pilate : ‘‘Je suis innocent de ce sang!’’ Ou bien acceptons-nous d’être sauvés?

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix

De l’évangile selon saint Jean : « Ils prirent donc Jésus et, chargé lui-même de sa Croix, il sortit vers le lieu dit "du crâne" qui se dit en hébreu ‘‘Golgotha » (Jn 19,16-17).

 
 

Jésus, chargé de sa croix, souffre doublement : dans son corps torturé, mais aussi dans son cœur parce qu’il voit le péché de l’homme qui va jusqu’au refus de Dieu, jusqu’au refus de la délivrance, jusqu’à l’incompréhension totale. Le sacrifice du Christ n’est même pas agréable à ceux qui l’exigent puisque c’est la haine qui règne.

Troisième station : Jésus tombe une première fois

Du Psaume 35 : »Ils se rient de ma chute, ils s’attroupent, ils s’attroupent contre moi, des étrangers sans que je sache, déchirent sans répit. Si je tombe, ils m’encerclent, ils grincent des dents contre moi. » (Ps 35,15-16)

 
 

Cela fait trente-six heures qu’il n’a pas dormi mais qu’il est passé des injures au jugement et du jugement aux tortures. Cela fait trois ans qu’il n’est pas compris, que son message d’amour est refusé par les hommes. Cela fait deux mille ans que les hommes acceptent l’Alliance que son Père leur propose, puis s’en détournent. Cette Alliance qu’il est venu sceller définitivement dans son sang. Epuisé de tout cela, Jésus tombe une première fois.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère

De l’évangile selon saint Luc : « Syméon les bénit et leur dit à Marie sa mère : ‘‘Vois! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction; et toi-même une épée te transpercera l’âme. » (Lc 2,34-35)

 
 

La mère voit son fils exténué, couvert de sang, injurié. Et elle sait qu’il est le Fils de Dieu. Le fils voit la détresse de sa mère, et il est la cause de cette détresse. Quel amour il y a dans ce dialogue muet! Les paroles ne sont plus de mise, elles n’ont plus de sens : il ne reste que la douleur, muette.

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène

De l’évangile selon saint Marc : « Et ils requirent un homme qui passait, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus qui venait des champs pour qu’il porte sa Croix. » (Mc 15,21)

 
 

Un homme revenait tranquillement des champs. Il n’était pas au courant de ce qui se tramait. Il n’avait pas demandé la mort de cet homme comme toute cette foule qui se presse autour de lui : il travaillait dans les champs et il rentrait pour se préparer pour le soir de la Pâque. Il ne semblait ni pour, ni contre Jésus : il ne savait pas. Et voilà qu’on fait appel à lui, qu’on le réquisitionne pour porter la Croix de cet homme épuisé.

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus

De l’évangile selon saint Matthieu : « Il fut transfiguré devant eux et son visage brilla comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. » (Mt 17,2)

 
 

La face du Christ transfigurée a été déformée par la haine et l’aveuglement des hommes. Les hommes détruisent ce que Dieu fait pour eux. Le Fils de Dieu est maltraité, injurié, rejeté. Les hommes ne veulent pas voir Dieu face à face alors ils le défigurent pour éviter d’avoir à la reconnaître.

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois

Du Psaume 55 : « Mon coeur se tord en moi. Les affres de la mort tombent sur moi; crainte et tremblement me pénètrent, un frisson m’étreint. » (Ps 55,5-6)

 
 

Allongé sur le sol, dans la poussière et la boue, il n’a même pas le temps de se reposer : les hommes sont impatients de se débarrasser de lui, de ce gêneur qui dit que l’amour est premier, l’amour de Dieu, l’amour des autres. Il n’a pas le droit de mourir maintenant, ce serait contraire à la loi, aux ordres reçus. Il ne doit pas mourir : on doit le TUER.

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem

De l’évangile selon saint Luc : « Filles de Jérusalem ne pleurez pas sur moi! Pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants. » (Lc 23,28)

 
 

Les femmes de Jérusalem pleurent sur ce condamné à mort. Mais Jésus les prévient : ce n’est pas sa mort à lui qui est importante parce que sa mort est source du salut pour le monde. L’important, ce sur quoi il faut pleurer, c’est le péché de l’homme qui nous empêche de vivre comme des fils de Dieu.

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois

Du prophète Isaïe : « Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait : "Qui enverrai-je? Qui ira pour nous?’’ Et je dis : ‘‘Me voici, envoie-moi"! » (Is 6,8)

 
 

Dieu a envoyé le Christ Jésus, son propre Fils, après nous avoir envoyé ses prophètes. Et le ‘‘monde ne l’a pas reconnu!’’ Jésus tombe pour la troisième fois. Ses forces physiques le trahissent, une troisième fois. Son Apôtre Pierre aussi l’a trahi trois fois! L’épuisement physique et moral est complet. Les limites sont atteintes : il ne reste plus que la mort.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Du Psaume 22 : « Ces gens me voient, ils me regardent. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. » (Ps 22,19)

 
 

Ces vêtements tachés de sang par les tortures, salis par les chutes successives, ne sont pas autre chose que nos péchés que le Christ pardonne par sa mort et sa Résurrection. Comme le dit Saint Paul et ce que nous redisons après lui à tous les Baptêmes : ‘‘Nous avons dépouillé le vieil homme qui est en nous et nous avons revêtu le Christ.’’

Onzième station : Jésus est mis en Croix

De l’évangile selon saint Jean : « Pilate rédigea un écriteau et le fit placer sur la croix. Il y était écrit : "Jésus le Nazaréen, le Roi des Juifs" » (Jn 19,19)

 
 

De Nazareth, ce pays perdu, isolé, il ne pouvait rien sortir de bon. Les chefs des prêtres ont essayé de faire modifier cet écriteau qui était pour eux un scandale. Mais Pilate a tenu bon : c’est pour ce motif que Jésus a été crucifié, par la haine de son peuple qui ne le comprenait pas, c’est donc ce motif qui est inscrit sur la Croix. Et pour être sûr que tout le monde comprenne, Pilate le fait écrire en trois langues : latin, grec, hébreu, le monde entier doit savoir que le peuple de Dieu a tué son roi, à cause de la haine, de l’offense et du doute.

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix

De l’évangile selon saint Jean : « Voyant sa Mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : "Femme voici ton fils!" Puis il dit au disciple : "Voici ta mère!". » (Jn 19,26-27)

 
 

Contemplons cet homme nu, déchiré dans sa chair et dans son esprit, cloué sur la Croix. Cet homme est le Fils de Dieu. Il est venu nous donner l’amour et nous lui avons pris jusqu’à ses vêtements. Il parlait du Royaume de Dieu à ses disciples, et ils l’ont abandonné, renié. Pourtant, dans cet instant même, alors qu’il n’a plus rien, qu’il ne peut plus rien humainement, le Christ, le Fils de Dieu, nous donne sa mère. C’est tout ce qui lui restait.

 

Jésus est détaché de la Croix, mais avant, il y a ces derniers sévices, gratuits, sur son corps inanimé, pour s’assurer de sa mort. Le sang et l’eau qui coulent montrent à l’Eglise qui va naître les deux sacrements essentiels le Baptême et la Communion où nous sommes sauvés

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix

De l’évangile selon saint Jean : « Arrivés à Jésus, ils le trouvèrent mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. » (Jn 19,33)

 
     

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau

De l’évangile selon saint Marc : « Et, ayant acheté un linceul, l’ayant descendu, il l’enveloppa dans le linceul et le mit dans une tombe qui avait été taillée dans le roc et il roula la pierre contre la porte du tombeau. » (Mc 15,46)

 
 

C’est fini! L’espérance a quitté le cœur des disciples! Où sont ceux qui avaient dit : ‘‘Allons, nous aussi afin de mourir avec lui!’’ Les Apôtres se cachent au Cénacle parce qu’ils ont peur de la foule, des romains, des grands prêtres. Certains disciples quittent Jérusalem, tristes, ils n’ont plus rien à faire ici. Ils étaient venus avec Jésus, repartent seuls. Deux d’entre eux prennent le chemin d’Emmaüs. Ils ont tous oublié les paroles du Christ : ‘‘Je m’en vais et je reviendrai vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers mon Père parce que le Père est plus grand que moi » (Jn 14,28)...

 

 

Père JeanPaul Bouvier


2 avril 2010

Fort Neuf de Vincennes

retour en haut de la page


Sur les causes physiques du décès de Jésus Christ

d'après William D. Edwards, MD; Wesley J. Gabel, M. Div.; Floyd E. Hosmer, M S, AMI. Departments of Pathology and Médical Graphics, Mayo Clinic, Rochester, Minn; Homestead United Methodist Church, Rochester, Minn, et West Bethel United Methodist Church, Bethel, Minn.

Jésus de Nazareth comparut devant les Juifs et les Romains, fut flagellé, et condamné à mort par crucifixion. La flagellation a provoqué des zébrures profondes et une hémorragie appréciable, survie probablement d'un choc hypovolémique, comme en atteste le fait qu'il était trop affaibli pour porter la traverse de la croix (patibulum) sur le Golgotha. Sur le site de la crucifixion, ses poignets ont été cloués au patibulum, et une fois celui-ci fixé au pilier, ses pieds ont été cloués. Le principal effet physiopathologique de la crucifixion est d'entraver la respiration normale. Le choc hypovolémique et l'asphyxie par épuisement sont donc responsables de la mort du Christ, confirmée par un coup de lance au côté droit porté par un soldat. L'interprétation médicale moderne des données historiques montre que Jésus était décédé lorsqu'il a été déposé de la croix.

La vie et l'enseignement de Jésus de Nazareth ont été à la base d'une importante religion mondiale (le christianisme). Ils ont notablement influencé l'histoire de l'humanité et, en raison de son attitude compatissante à l'égard des malades, ont aussi contribué au développement de la médecine moderne. La grandeur de Jésus en tant que personnage historique, sa souffrance et les controverses associées à sa mort nous ont incité à étudier, de façon multidisciplinaire, les circonstances de sa crucifixion. Notre intention est donc de présenter non pas l'aspect théologique, mais plutôt un rapport médical et historiquement précis de la mort physique de Jésus-Christ.

Sources

Les informations sur la mort du Christ proviennent de la littérature, et non de sa dépouille physique ou de son squelette. Aussi, la crédibilité de tout débat sur la mort de Jésus repose-t-elle principalement sur celle des sources utilisées. Pour cet article, les informations ont été tirées des écritures des anciens, chrétiens et non-chrétiens, des textes des auteurs modernes, et du suaire de Turin. En utilisant la méthode d'investigation scientifique historico-légale, les érudits ont prouvé la fiabilité et la véracité des anciens manuscrits.

Les descriptions les plus globales et détaillées de la vie et de la mort de Jésus figurent dans les évangiles de St Matthieu, St Marc, St Luc et St Jean du Nouveau Testament. Les 23 autres livres du Nouveau Testament confirment les détails notés dans les évangiles sans autre précision. Les auteurs chrétiens et juifs contemporains ont apporté des informations supplémentaires sur le système judiciaire des Juifs et des Romains du premier siècle et des détails sur la flagellation et la crucifixion. Sénèque, Tite-Live et Plutarque ont mentionné la pratique de la crucifixion dans leurs écrits. Nombre d'auteurs anciens ont spécifiquement mentionné Jésus (ou sa crucifixion) : les historiens romains Cornélius Tacite, Pline le Jeune, et Suétone, les historiens non romains Thallus et Phlegon, l'écrivain satirique Lucien de Samosate, le Talmud Juif, et l'historien juif Flavius Josephus, bien que l'authenticité d'une partie des textes de ce dernier soit problématique.

Le suaire de Turin est considéré par de nombreux auteurs comme le véritable linceul de Jésus, et les conclusions de plusieurs publications sur les aspects médicaux de sa mort reposent sur cette assertion. Le suaire de Turin et les découvertes archéologiques récentes fournissent des informations valables sur la crucifixion chez les Romains. Les interprétations des auteurs modernes, basées sur des connaissances scientifiques et médicales non disponibles au premier siècle, apportent des éclaircissements sur les mécanismes possibles de la mort de Jésus.

Considérés ensemble, certains éléments (les témoignages extensifs et précoces des partisans et des opposants des Chrétiens et leur acceptation universelle de la réalité historique de Jésus, l'éthique des auteurs des évangiles, la faible durée écoulée entre les faits et les manuscrits existants, et la confirmation des descriptions des évangiles par les découvertes historiques et archéologiques fournissent un témoignage valide permettant une interprétation médicale moderne de la mort de Jésus.

Gethsémani

Après que Jésus et ses disciples aient pris le repas de Pâques dans la salle haute d'une maison au sud-ouest de Jérusalem, ils sont allés au Mont des Oliviers, au nord-est de la ville :


Cliquer pour aggrandir

(fig. 1). Plan de Jérusalem à l'époque du Christ. Jésus quitta la salle haute et se rendit à pied avec ses disciples au Mont des Oliviers et au jardin de Gethsémani (1), où il a été arrêté et emmené d'abord devant Hanne puis Caïphe (2). Après Sa première comparution devant le Sanhédrin politique à la résidence de Caïphe, Jésus a de nouveau comparu devant le Sanhédrin religieux, probablement au Temple (3). Puis, il a comparu devant Ponce Pilate (45 qui l'a envoyé à Hérode Antipas (5). Hérode a renvoyé Jésus à Pilate (6), et Pilate livra finalement Jésus pour qu'il soit flagellé à la forteresse Antonia et crucifié au Golgotha (7). Modifié d'après Pfeiffer et coil. [30]

En raison des variantes du calendrier, l'année de la naissance et de la mort de Jésus restent controversées. Cependant, il est probable que Jésus est né en l'an 4 ou 6 avant JC et mort en l'an 30 après JC. Durant le cycle de Pâques de l'an 30 après JC, le dernier repas a dû être pris le jeudi soir 6 avril [13 nisan] et Jésus aurait été crucifié le vendredi 7 avril [14 nisan]. Aux environs de Gethsémani, Jésus, sachant apparemment que sa fin était proche, a présenté une grande angoisse, et selon la description du médecin Luc, sa sueur est devenue sanguinolente.

Bien que ce phénomène soit très rare, la sécrétion de sueurs sanglantes (hémathidrose) peut survenir en cas de violent stress émotionnel ou chez des sujets ayant des troubles de l'hémostase. L'hémorragie des glandes sudoripares provoque une fragilité et des douleurs cutanées. La description de Luc est en faveur du diagnostic d'hémathidrose plutôt que de chromidrose exocrine (sueur brunâtre ou jaune-verdâtre) ou de stigmates (saignement des paumes ou d'autres téguments). Bien que certains auteurs aient suggéré que l'hémathidrose provoque une hypovolémie, nous pensons avec Bucklin que la perte de sang réelle était probablement minime. Cependant, dans la fraîcheur de la nuit, elle a pu déclencher des frissons.

Comparutions

Comparutions devant les Juifs

Peu après minuit, Jésus a été arrêté à Gethsémani par les autorités du Temple et amené devant Hanne puis Caïphe, grand prêtre juif cette année-là (fig. 1) Entre 1 h du matin et le lever du jour, Jésus a comparu devant Caïphe et l'instance politique du Sanhédrin, et fut déclaré coupable de blasphème. Les gardes ont alors mis un bandeau sur les yeux de Jésus, lui ont craché dessus et donné des coups de poing au visage. Peu après le lever du jour, sans doute au Temple (fig. 1), Jésus a comparu devant l'instance religieuse du Sanhédrin (avec les Pharisiens et les Saducéens) et a été à nouveau reconnu coupable de blasphème, crime puni de mort.

Comparutions devant les Romains

Comme l'exécution était soumise à l'autorité des Romains , Jésus a été transféré tôt dans la matinée par les représentants du Temple au Practorium de la Forteresse Antonia, résidence et siège du gouvernement de Ponce Pilate, procurateur de Judée (fig. 1). Cependant, Jésus n'a pas été présenté à Pilate comme un blasphémateur, mais plutôt comme un prétendant au titre de roi, cherchant à miner l'autorité des Romains . Pilate, n'ayant rien retenu contre Jésus, l'envoya auprès d'Hérode Antipas, tétrarque de Judée . De même, Hérode ne porta aucune accusation officielle et renvoya Jésus à Pilate (fig. 1) Là encore, Pilate ne trouva pas de motif d'inculpation légale contre Jésus, mais le peuple persistait à réclamer sa crucifixion. Pilate accéda finalement à leur demande et livra Jésus pour qu'il soit flagellé (fouetté) et crucifié. (McDowell a étudié le climat politique, religieux et économique de Jérusalem à l'époque de la mort de Jésus et Bucklin  a décrit les diverses irrégularités commises au cours des comparutions devant les Juifs et les Romains.)

Santé de Jésus

Les rigueurs du ministère de Jésus (sa traversée de la Palestine à pied) auraient été incompatibles avec une maladie grave ou une faible constitution. Il est donc raisonnable de supposer que Jésus était en bonne condition physique avant sa marche vers Gethsémani. Cependant, pendant les 12 heures comprises entre le jeudi à 9 h du soir et le vendredi à 9 h du matin, il a subi un grave stress émotionnel (comme en témoigne l'hémathidrose); il a été abandonné par ses plus proches amis (les disciples) et battu physiquement (après la première comparution devant les Juifs). De plus, au cours d'une nuit traumatisante et sans sommeil, il a dû parcourir plus de 4 km entre ses différentes comparutions (fig. 1). Ces facteurs physiques et psychologiques ont pu rendre Jésus particulièrement vulnérable aux effets hémodynamiques nocifs de la flagellation.

Flagellation

Modes de flagellation

La flagellation était un préliminaire légal à chaque exécution chez les Romains, et seuls les femmes, les sénateurs ou les soldats romains (sauf en cas de désertion) en étaient exemptés . L'instrument utilisé était un fouet à manche court (flagrum ou flagellum) comportant plusieurs lanières de cuir isolées ou tressées de longueurs variables, sur lesquelles étaient fixées de petites billes d'acier ou des os de mouton acérés (fig. 2) Parfois, des verges étaient également utilisées. L'homme était déshabillé et lié par les mains à un pieu vertical (fig. 2) .

Fig. 2. — Flagellation. A gauche, fouet à manche court (flagrum) dont les lanières de cuir sont garnies de billes de plomb et d'os de mouton. Au centre gauche, la victime nue est attachée au poteau de flagellation. Les zébrures profondes étaient habituellement associées à une hémorragie considérable. Centre droit, vue d'en haut montrant la position des licteurs. A droite, orientation inféro-interne des plaies.

Le dos, les fesses et les jambes étaient fouettés par deux soldats (licteurs) ou un seul qui changeait de côté. L'intensité de la flagellation dépendait de la disposition des licteurs et était destinée à affaiblir la victime jusqu'à ce qu'elle soit proche de l'évanouissement ou de la mort . Après la flagellation, les soldats accablaient souvent de sarcasmes leur victime .

Aspects médicaux de la flagellation

Lorsque les soldats romains frappaient avec force le dos de leur victime, les billes de fer provoquaient des contusions profondes, et les lanières de cuir et les os de mouton déchiraient la peau et le tissu sous-cutané . La poursuite de la flagellation provoquait la dilacération des muscles squelettiques sous-jacents et détachait des lambeaux de chairs sanglantes. La douleur et l'hémorragie provoquaient généralement un choc circulatoire . L'importance de la spoliation sanguine peut très bien avoir déterminé la durée de la survie de la victime sur la croix .

Flagellation de Jésus

Au prétoire, Jésus a été sévèrement fouetté. (Bien que la sévérité de la flagellation ne soit pas mentionnée dans les quatre évangiles, elle est implicite dans l'un des épîtres [1 Pierre 2 : 24]. L'étude détaillée du texte en grec ancien de ce verset indique que la flagellation de Jésus a été particulièrement rude. On ne sait pas si le nombre de coups de fouets s'est limité à 39, conformément à la loi juive . Les soldats romains, se moquant de cet homme affaibli qui prétendait être un roi, ont placé une tunique sur ses épaules, une couronne d'épines sur sa tête, et un bâton de bois en guise de sceptre dans sa main droite , Ensuite, ils ont craché sur Jésus et l'ont frappé sur la tête avec le bâton . De plus, lorsque les soldats ont déchiré la tunique de Jésus, ils ont sans doute réouvert les plaies de la flagellation  La flagellation intense, par la forte douleur et l'hémorragie appréciable qu'elle entraîne, a probablement laissé Jésus dans un état de pré-choc. De plus, l'hémathidrose avait rendu sa peau particulièrement sensible. Les cruautés physiques et mentales exercées par les juifs et les Romains, ainsi que la privation de nourriture, d'eau et de sommeil, ont aussi contribué à son affaiblissement général. Ainsi, avant même la crucifixion, sur l'état physique de Jésus était sérieusement atteint, peut-être même de façon critique.

Crucifixion

Mode de crucifixion

La crucifixion remonte sans doute aux Perses ]. Alexandre le Grand a introduit cette pratique en Egypte et à Carthage, et les Romains semblent l'avoir apprise auprès des Carthaginois . Bien que les Romains n'aient pas inventé la crucifixion, ils l'ont perfectionnée en tant que mode de torture et d'exécution capitale conçu pour provoquer une mort lente accompagnée du maximum de souffrance. C'était l'une des méthodes d'exécution les plus horribles et cruelles, habituellement réservée aux esclaves, aux étrangers, aux révolutionnaires et aux plus vils criminels. La loi romaine interdisait habituellement la crucifixion des citoyens romains , à l'exception peut-être des soldats déserteurs.

Dans sa forme initiale en Perse, la victime était fixée à un arbre ou encore attachée ou empalée sur un pieu vertical, afin que les pieds du coupable ne touchent pas la terre sainte. Une véritable croix n'a été utilisée que plus tard : elle était composée d'un pilier vertical et d'une traverse horizontale (patibulum), et avec plusieurs variantes , Bien que les données archéologiques et historiques indiquent fortement que les Romains de Palestine préféraient la croix en tau à l'époque du Christ (fig. 3) les modes de crucifixion variaient souvent dans une région géographique donnée et selon l'imagination des bourreaux. La croix latine ainsi que d'autres formes peuvent également avoir été utilisées.

La coutume voulait que le condamné porte sa croix du lieu de flagellation jusqu'au site de crucifixion en dehors des murs de la ville. Il était habituellement nu, sauf si cela était interdit par les coutumes locales . Comme la croix dans son entier pesait probablement plus de 130 kg, seule la traverse était portée (fig. 3) . Le patibulum pesant 34 à 57 kg était placé sur la nuque et les épaules de la victime. Habituellement, les bras écartés étaient liés à la traverse . La procession jusqu'au lieu de crucifixion était conduite par une garde militaire romaine dirigée par un centurion. Un des soldats portait une tablette (titulus) mentionnant le nom et le crime du condamné (fig. 3)

 Fig. 3. — Croix et titulus. A gauche, victime transportant la traverse (patibulum) jusqu'au pilier de crucifixion. Au centre, croix courte en tau (crux commissa)., souvent utilisée par les Romains à l'époque du Christ. En haut à droite, inscriptions sur le titulum de Jésus, mentionnant son nom et !e crime commis (Jésus de Nazareth, Roi des Juifs) en hébreu, latin et grec. En bas à droite, méthodes defixation du titulus à la croix en Tau (à gauche) et à la croix latine (à droite)

Plus tard, le titulus était fixé au sommet de la croix . Les gardes romains ne quittaient pas la victime jusqu'à ce qu'ils soient sûrs de sa mort Le lourd pilier vertical en bois sur lequel était attaché le patibulum était dressé en permanence en dehors des murs de la ville. Dans le cas de la croix en tau, la traverse était fixée par un assemblage à mortaise et tenon, éventuellement renforcé par des cordages. Pour prolonger la durée de la crucifixion, un bloc de bois ou une planche horizontale, servant de sellette (sedile ou sedilum) était souvent attaché à mi-hauteur sur le pilier. Très rarement, et probablement après l'époque du Christ, un bloc supplémentaire (suppedaneum) était utilisé pour l'enclouage des pieds. Sur le lieu de l'exécution, la loi prescrivait de donner un breuvage amer composé de vin et de myrrhe comme analgésique léger. Le criminel était alors renversé sur le dos, les bras déployés le long du patibulum . Les mains pouvaient être clouées ou liées à la traverse, nais il semble que les Romains préféraient l’enclouage. Les vestiges archéologiques d'un corps crucifié, trouvé dans un ossuaire près de Jérusalem et datant de l'époque du Christ, montrent que les clous étaient des points de fer forgé d'environ 13 à 18 cm de long et d'une section de 1 cm2. De plus, les observations dans les ossuaires et le suaire de Turin ont montré que les clous étaient souvent enfoncés au niveau des poignets plutôt que dans les paumes (fig. 4)

Lorsque les deux bras étaient fixés à la traverse, le patibulum et la victime étaient hissés simultanément sur le pilier . Avec la petite croix, quatre soldats pouvaient y parvenir relativement facilement. Cependant, avec la grande croix, les soldats utilisaient des fourches ou des échelles de bois . Ensuite, les pieds étaient fixés à la croix à l'aide de clous ou de cordages. Les observations sur les ossuaires et le suaire de Turin suggèrent que les Romains préféraient l'enclouage. Bien que les pieds aient pu être fixés sur les côtés du pieu ou sur une tablette en bois (suppedaneum), ils étaient habituellement cloués directement sur la face avant du pilier (fig. 5) . Pour ce faire, la flexion des genoux devait être assez accentuée, et les jambes pliées devaient être tournées sur le côté (fig. 6)

Fig. 4. — Enclouage des poignets. A gauche, taille des clous en fer. Au centre, implantation du clou dans le poignet, entre le carpe et le radius. A droite, section transversale du poignet, au niveau du plan dessiné à gauche, montrant le trajet du clou, sectionnant probablement le nerf médian et empalant le long fléchisseur propre du pouce, mais sans léser les gros troncs artériels ni provoquer de fractures osseuses.

Fig. 5. — Enclouage des pieds. A gauche, position des pieds se chevauchant et cloués au poteau. En haut à droite, emplacement du ciou dans Se deuxième espace inter-métatarsien. En bas à droite, section transversale du pied au niveau du plan dessiné à gauche, montrant le trajet du clou.

Lorsque l'enclouage était terminé, le titulus était fixé à la croix à l'aide de clous ou de cordes, juste au-dessus de la tête de la victime . Souvent, les soldats et la foule des citoyens se moquaient et insultaient le condamné, et les soldats se partageaient traditionnellement ses vêtements. La survie durait généralement de trois ou quatre heures à trois ou quatre jours et devait être inversement proportionnelle à la gravité de la flagellation. Cependant, même si la flagellation était relativement modérée, les soldats romains pouvaient hâter le décès en brisant les jambes en-dessous des genoux (crurifragium ou skelokopia)

Fig. 6.  — Respiration pendant la crucifixion. A gauche, inspiration. Les coudes étant tendus et les épaules en abduction, les muscles respiratoires de l'inspiration sont étirés passivement avec expansion du thorax. A droite, expiration. Les coudes étant fléchis et les épaules en adduction, le poids du corps reposant sur les pieds cloués, l'expiration s'effectue activement plutôt que passivement. La fracture des jambes en-dessous des genoux faisant porter tout le travail expiratoire sur les muscles des épaules et des bras, devait 'provoquer rapidement l'asphyxie par épuisement..

Assez souvent, des insectes se posaient sur les plaies ouvertes des yeux, du nez et des oreilles de la victime mourante et sans défense, et les oiseaux de proie dilacéraient les blessures . De plus, il était habituel de laisser le cadavre sur la croix pour qu'il soit dévoré par les animaux prédateurs. Cependant, selon la loi romaine, la famille du condamné pouvait récupérer le corps pour les funérailles, après avoir obtenu la permission du juge romain .

Comme personne ne devait survivre à la crucifixion, le corps n'était pas rendu à la famille tant que les soldats ne s'étaient pas assurés de la mort de la victime. Selon la coutume, un des gardes romains transperçait le corps avec une lance. Traditionnellement, il s'agissait d'une plaie pénétrante du cœur à travers le côté droit du thorax, blessure fatale, probablement enseignée à la plupart des soldats romains . Le suaire de Turin confirme ce type de lésion. De plus, le modèle standard de lance d'infanterie, long de 1,5 à 1,8 m, permettait facilement d'atteindre le thorax d'un homme crucifié sur la petite croix en usage .

Aspects médicaux de la crucifixion

Grâce aux connaissances de l'anatomie et des modes antiques de crucifixion, il est possible de reconstituer les aspects médicaux de cette forme d'exécution lente. Chaque blessure semblait destinée à provoquer une horrible agonie, et le décès avait des causes multiples. La flagellation précédant la crucifixion servait à affaiblir le condamné et, si l'hémorragie était importante, à provoquer une hypotension orthostatique voire un choc hypovolémique. Lorsque la victime était allongée par terre sur le dos en vue de l'enclouage des mains, les plaies de flagellation étaient sans doute réouvertes et souillées. De plus, à chaque respiration, les plaies douloureuses devaient frotter contre le bois grossier du pilier . Ainsi, le dos continuait sans doute à saigner pendant toute la crucifixion. Les bras étant déployés mais non tendus, les poignets étaient cloués au patibulum. Il a été montré que les ligaments et les os du poignet peuvent soutenir le poids du corps suspendu, mais pas les paumes . En conséquence, les clous de fer étaient probablement plantés entre le radius et le carpe, ou entre les deux rangées d'os carpien, soit en dedans soit à travers le solide ligament annulaire antérieur du carpe et les divers ligaments carpiens (fig. 4). Comme un clou planté ainsi dans le poignet peut passer entre les os et ne pas provoquer de fracture, la probabilité d'une lésion périostée douloureuse semble élevée. De plus, le clou devait écraser ou sectionner le volumineux nerf médian sensitivomoteur (fig. 4) La stimulation du nerf devait provoquer des accès de douleurs cuisantes dans les deux bras. Bien que la section du nerf médian devait provoquer la paralysie d'une partie de la main, la contracture ischémique et l'empalement de divers ligaments par le clou devait donner à la main une forme en griffe. Le plus souvent, les pieds étaient fixés à l'avant du pilier à l'aide d'un clou de fer planté à travers le premier ou le deuxième espace inter-métatarsien, juste avant l'articulation tarso-métatarsienne. Il est probable que le nerf tibial antérieur et les branches des nerfs plantaires interne et externe étaient lésés par le clou (fig. 5). Bien que la flagellation puisse provoquer une hémorragie considérable, la crucifixion était en elle-même une procédure relativement non sanglante, car aucune artère importante, sauf peut-être l'arcade plantaire profonde, traverse les sites anatomiques de transfixion.

Le principal effet physiopathologique de la crucifixion, en dehors de la douleur atroce, était de gêner notablement la respiration normale, en particulier l'expiration (fig. 6) Le poids du corps, tirant sur les bras écartés et les épaules, tend à immobiliser les muscles intercostaux en phase inspiratoire et entrave donc l'expiration passive. En conséquence, l'expiration était principalement diaphragmatique, et la respiration superficielle. Il est probable que cette forme de respiration était insuffisante et provoquait rapidement une hypercapnie. L'apparition de crampes musculaires ou de contractions tétanisantes due à la fatigue ou à l'hypercapnie devait entraver plus encore la respiration .

Pour expirer, le crucifié devait soulever son corps en poussant sur ses pieds, en fléchissant ses coudes et en portant ses épaules en adduction (fig. 6) . Cependant, cette manœuvre devait faire porter tout le poids du corps sur le tarse et déclencher une douleur terrible . De plus, la flexion des coudes devait provoquer une rotation des poignets sur les clous d'acier et déclencher une atroce douleur sur le trajet du nerf médian lésé . Le soulèvement du corps devait également provoquer un frottement douloureux du dos flagellé contre les rugosités du pilier en bois. La gêne était accentuée par les crampes musculaires et les paresthésies des bras tendus et surélevés . Ainsi, chaque effort respiratoire devenait un supplice épuisant et provoquait finalement l'asphyxie.

En fait, la cause du décès était multifactorielle et variait quelque peu dans chaque cas, mais les deux causes majeures étaient probablement le choc hypovolémique et l'asphyxie par épuisement, D'autres facteurs pouvaient s'associer, comme la déshydratation, les arythmies induites par le stress , et l'insuffisance cardiaque avec constitution rapide d'un épanchement péricardique et peut-être pleural. La crucifracture (fracture des jambes en-dessous des genoux) provoquait la mort par asphyxie en quelques minutes . Le décès par crucifixion était, dans tous les sens du terme, atroce (Latin, excruciatits, • hors de la croix »)

Crucifixion de Jésus

Après la flagellation et les insultes, vers 9 h du matin, les soldats romains ont rhabillé Jésus et l'ont emmené avec deux voleurs pour être crucifié. Jésus était si affaibli par la sévère flagellation qu'il n'a pu transporter le patibulum du Prétoire au site de crucifixion éloigné de 600 à 650 m. Simon de Cyrène a été sommé de transporter la croix de Jésus, et la procession se dirigea vers le Golgotha (ou le Calvaire, choisi pour lieu de crucifixion. Là, les habits de Jésus ont été à nouveau enlevés, à l'exception d'un pagne en lin, rouvrant probablement ses blessures. Un verre de vin mélangé avec de la myrrhe lui a été tendu, mais après l'avoir goûté, il a refusé de le boire . Finalement, Jésus et les deux voleurs ont été crucifiés. Bien que les sources bibliques indiquent l'enclouage des mains , ceci ne va pas à l'encontre des observations archéologiques montrant des plaies au niveau des poignets, car les anciens considéraient les poignets comme faisant partie des mains. Le titulus a été attaché au-dessus de la tête de Jésus (fig. 3). On ne sait pas si Jésus a été crucifié sur une croix en tau ou sur une croix latine; les observations archéologiques sont en faveur de la première hypothèse , et les traditions anciennes en faveur de la seconde, Le fait qu'une éponge imbibée de vinaigre ait été tendue à Jésus au bout d'une tige d'hysope (plante d'environ 50 cm de hauteur) suggère fortement qu'il a été crucifié sur la croix courte .

Les soldats et la foule des citoyens ont accablé Jésus de sarcasmes pendant toute la crucifixion, et les soldats ont tiré au sort le partage de ses vêtements. Le Christ parla sept fois sur la croix . Comme la parole nécessite une expiration, ces quelques propos ont dû être particulièrement difficiles et pénibles. Ce vendredi, vers trois heures du matin, Jésus a poussé un cri rauque, a penché sa tête, et est mort . Les soldats romains et les témoins ont compris qu'il était mort à cet instant

Fig. 7. — Plaie du thorax. A gauche, trajet probable de la lance. A droite, section transversale du thorax au niveau du plan représenté à gauche, montrant les organes perforés par la lance. OG, oreillette gauche; VG, ventricule gauche; OD, oreillette droite; VD, ventricule droit.

Comme les Juifs ne voulaient pas que le corps reste sur la croix après le lever du soleil correspondant au début du sabbat, ils ont demandé à Ponce Pilate d'ordonner la crucifracture pour hâter le décès des trois crucifiés . Les soldats ont brisé les jambes des deux voleurs, mais voyant que Jésus était déjà mort, ils se sont abstenus . Par contre, un des soldats a percé son côté, probablement avec une lance d'infanterie, d'où s'écoula un flot de sang et d'eau . Plus tard, dans la journée, le corps de Jésus a été descendu de la croix et placé dans une tombe .

Mort de Jésus

Deux aspects de la mort de Jésus ont soulevé d'importantes controverses, à savoir la nature de la plaie au côté et la cause de sa mort après seulement quelques heures de séjour sur la croix. L'évangile de Jean décrit le coup de lance au côté de Jésus et souligne le flot brutal de sang et d'eau . Certains auteurs ont considéré qu'il s'agissait de liquide d'ascite  ou d'urine, dû à une perforation de la vessie sur la ligne médiane de l'abdomen . Cependant, le mot grec (pleura, ou plèvre) utilisé par Jean indique bien une latéralité et désigne souvent les côtes. Il est donc probable que la plaie était thoracique et à distance de la ligne médiane de l'abdomen. Bien que Jean n'ait pas précisé le côté de la blessure, elle est traditionnellement représentée à droite , Plaide en faveur de cette hypothèse le fait qu'un flot volumineux de sang est plus susceptible d'apparaître en cas de perforation des cavités cardiaques droites distendues et à parois minces que celle du ventricule gauche contracté et à parois épaisses. Il ne sera jamais possible d'établir avec certitude le côté de la plaie, mais il semble plus probable qu'elle ait été située à droite.

La description de Jean a soulevé un certain scepticisme tant il est difficile d'expliquer précisément sur le plan médical le flot de sang et d'eau. Cette difficulté repose en partie sur l'hypothèse que le sang s'était écoulé en premier suivi par l'eau. Cependant, en grec classique, l'ordre des mots correspond généralement à l'ordre d'importance et pas nécessairement à la succession chronologique. Ainsi, il est probable que Jean soulignait la prépondérance du sang écoulé plutôt que son ordre d'apparition.

Ainsi, l'eau pourrait correspondre à un épanchement pleural et péricardique et se serait écoulée en premier et de façon moins abondante que le sang. Dans l'hypothèse d'une hypovolémie et d'une défaillance cardiaque imminente, des épanchements pleuraux et péricardiques se seraient constitués et auraient augmenté le volume d'eau écoulée. Par contre, le sang pouvait provenir de l'oreillette ou du ventricule droit (fig. 7), ou bien d'un hémopéricarde.

Le décès de Jésus après trois à six heures de crucifixation seulement a surpris même Ponce Pilate . Le fait que Jésus ait poussé un cri rauque puis ait penché sa tête avant de décéder évoque une complication terminale brutale. Selon une croyance populaire, Jésus serait mort de rupture cardiaque. En raison de la flagellation et de la crucifixion, avec hypovolémie, hypoxémie et peut-être troubles de la coagulation associés, des agrégats thrombotiques friables non infectieux ont pu se former dans l'aorte ou la valvule mitrale. Ils ont pu ensuite se détacher et s'emboliser dans la circulation coronaire, provoquant ainsi un infarctus myocardique transmural. De tels amas thrombotiques valvulaires ont été rapportés dans des conditions traumatiques aiguës analogues. Une rupture de la paroi libre du ventricule gauche peut se produire, bien que rarement, dans les premières heures suivant un infarctus.

Cependant, une autre explication semble plus probable. La mort de Jésus a pu simplement être hâtée par son état d'épuisement et par la gravité de la flagellation, provoquant une spoliation sanguine et un état de préchoc . Le fait qu'il n'ait pu transporter le patibulum confirme cette interprétation. La cause effective du décès de Jésus, comme celle d'autres crucifiés, peut avoir une origine multifactorielle, tout en étant principalement liée au choc hypovolémique, à l'asphyxie par épuisement, et peut-être à la défaillance cardiaque aiguë. Un trouble du rythme cardiaque fatal a pu contribuer à la complication terminale brutale.

Cependant, l'élément important n'est pas de savoir comment il est mort mais plutôt si il est mort [sur la croix]. Les arguments historiques et médicaux indiquent clairement que Jésus était mort avant d'avoir été blessé au côté et confirment l'opinion classique selon laquelle la lance, en pénétrant entre les cotes droites, a probablement perforé non seulement le poumon mais aussi le péricarde et le cœur, confirmant ainsi le décès (fig. 7). Les interprétations basées sur l'hypothèse que Jésus n'est pas mort sur la croix semblent donc en contradiction avec les connaissances médicales actuelles.


6 avril 2012

Fort Neuf de Vincennes

retour en haut de la page


Introduction : Agneau de Dieu, Agneau vainqueur (A 221)

Agneau de Dieu, Agneau vainqueur, prends pitié de nous pécheurs. (bis)
Heureux qui lave son vêtement dans le sang de l’Agneau,
Il aura droit aux fruits de l’arbre de la Vie.

Première station :

Jésus est condamné à mort.

Ces hommes s'en vinrent en nombre et trouvèrent Daniel qui suppliait et implorait Dieu. Alors ils s'introduisirent auprès du roi et lui rappelèrent l'interdit royal : « N'as-tu pas signé l'interdit selon lequel tout homme qui, dans les trente jours, adresserait une prière à quiconque, dieu ou homme, autre que toi, ô roi, serait jeté dans la fosse aux lions ? » Le roi répondit : « La chose est tranchée définitivement, selon la loi des Mèdes et des Perses, laquelle ne passe point. » Sur quoi, ils dirent au roi : « Daniel, cet homme d'entre les gens de la déportation de Juda, n'a cure de toi, ô roi, ni de l'interdit que tu as signé: trois fois par jour il s'acquitte de sa prière. » En entendant ces mots, le roi éprouva une grande douleur et résolut de sauver Daniel. Jusqu'au coucher du soleil, il s'ingénia à lui trouver une échappatoire. Mais ces hommes s'empressèrent auprès du roi en disant : « Sache, ô roi, que selon la loi des Mèdes et des Perses aucun interdit ou édit porté par le roi ne peut être révoqué. » Alors, le roi donna ordre de faire venir Daniel et de le jeter dans la fosse aux lions. Le roi dit à Daniel : « Ton Dieu, que tu as servi avec persévérance, c'est lui qui te sauvera. » (Daniel 6,11-16)

Jésus comme le prophète Daniel est condamné comme agitateur, ne respectant pas la loi romaine ; le seul mal qu’il faisait été d’annoncer l’Amour du Père pour tous les hommes. Le roi étranger à la religion de Daniel fait confiance à son Dieu pour le sauver. Jésus fait confiance à son Père, n’a-t-il pas dit au jardin de Gethsémani : « Que ta volonté soit faite et non la mienne ! » Jésus n’a pas recherché le martyre, il accepte de donner sa vie pour la multitude !

Les personnes qui mettent Dieu au premier plan de leur vie ont toujours été persécutées en utilisant de faux prétextes. En méditant la condamnation à mort de Jésus, demandons la force de ne pas prêter attention aux calomnies et médisances qui peuvent tuer physiquement ou socialement ceux qui en sont la cible.

Deuxième station :

Jésus est chargé de sa croix.

A l'homme, Dieu dit : « Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi ! A force de peines tu en tireras subsistance tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardons et tu mangeras l'herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. » (Genèse 3,17-19)

L’homme et la femme ayant péché contre Dieu, ils sont chargés de travaux pénibles, la croix de tout être humain : vivre séparé de Dieu ; Jésus en se chargeant de la Croix prend sur lui tous les péchés depuis le début de l’humanité ; aucune faute n’est exclue, l’amour de Dieu dépasse tout ce qui peut être imaginé. « Comme en effet par la désobéissance d'un seul homme la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l'obéissance d'un seul la multitude sera-t-elle constituée juste. » (Romains 7,19)

Les premiers humains, séduits par le ‘serpent’, ont voulu devenir comme des dieux par la désobéissance ; le Père envoie son Fils devenir un homme pour assumer la condition humaine dans l’obéissance. En méditant cette station, demandons le discernement pour résister à la tentation de nous passer de Dieu.

Troisième station :

Jésus tombe une première fois.

Quand le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne, le peuple s'assembla auprès d'Aaron et lui dit : « Allons, fais-nous un dieu qui aille devant nous, car ce Moïse, l'homme qui nous a fait monter du pays d'Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. » Aaron leur répondit : « Otez les anneaux d'or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles et apportez-les-moi. » Tout le peuple ôta les anneaux d'or qui étaient à leurs oreilles et ils les apportèrent à Aaron. Il reçut l'or de leurs mains, le fit fondre dans un moule et en fit une statue de veau; alors ils dirent : « Voici ton Dieu, Israël, celui qui t'a fait monter du pays d'Égypte. » (Exode 32,1-4)

Le peuple de Dieu marche dans le désert et en l’absence de Moïse, il se souvient de l’Egypte où les dieux innombrables sont représentés et dont les statues sont adorées. Les hébreux désirent avoir un point d’application pour leur ferveur, quelque chose de matériel. La statue du veau est fondue dans un moule indiquant qu’elle peut être reproduite autant de fois que nécessaire. Mais Dieu est unique et ne peut être représenté.

Ce sont ces attitudes qui font chuter Jésus autant que la fatigue et les blessures ; le péché des hommes met des entraves sur le chemin qui conduit au Royaume, Jésus se relève et continue sa marche d’expiation : rien ne peut arrêter le dessein d’amour du Père. En méditant la première chute de Jésus, demandons à ce que nos veaux d’or personnels nous soient révélés et que l’Esprit Saint nous aide à les rejeter.

Quatrième station :

Jésus rencontre sa mère.

« "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. […] L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. » […] Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Et l'ange la quitta. (Luc 1,30-33.35.38)

La Vierge Marie a suivi toutes les pérégrinations de son fils, inquiète comme toutes les mères. Elle se souvient du message de l’ange, de l’avertissement de Siméon lors de la présentation au Temple, de Jésus adolescent face aux docteurs de la Loi. Elle se fraye un passage dans la foule qui pleure mais aussi qui vocifère ; elle suit le cortège entourant les condamnés depuis la prison jusqu’au Golgotha. Elle garde confiance en Dieu en raison de la déclaration qui lui a été transmise par l’ange : Jésus règnera, mais il a dit lui-même que son Royaume n’était pas de ce monde…

La Vierge Marie s’est vue confier toute l’humanité par son fils mourant sur la croix, elle n’oublie pas cette mission et elle est auprès de toute personne en mère attentive. En méditant cette rencontre réalisons l’importance de la prière que nous disons si souvent : « Priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »

Cinquième station :

Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

Alors le Roi dira à ceux de droite : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. » Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t'accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir ? » Et le Roi leur fera cette réponse : « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (Matthieu 25,34-40)

Simon de Cyrène est par excellence celui qui ne sait rien, il était aux champs lorsque la foule a exigé la mort de Jésus devant Pilate, il arrive tout juste, aspirant sans doute à un repos bien mérité, les romains le réquisitionnent pour porter la croix de ce condamné épuisé. Il ne sait même pas qui il aide !

Nous ne sommes pas toujours volontaires pour aider ceux qui nous entourent et quelquefois d’autres nous forcent la main ; mais si nous reconnaissons en l’autre le Christ ‘homme parmi les hommes’ nous le ferons avec joie et non plus par contrainte. Avec Simon de Cyrène, demandons la grâce de regarder nos prochains avec le regard que Jésus pose sur les hommes.

Sixième station :

Sainte Véronique essuie la face de Jésus.

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène seuls, à l'écart, sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux et ses vêtements devinrent resplendissants, d'une telle blancheur qu'aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte. Élie leur apparut avec Moïse et ils s'entretenaient avec Jésus. Alors Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » C'est qu'il ne savait que répondre, car ils étaient saisis de frayeur. Et une nuée survint qui les prit sous son ombre, et une voix partit de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-le. » (Marc 9,1-7)

Pierre, Jacques et Jean ne sont pas sur le chemin vers le Calvaire, ils n’auraient pas pu reconnaître Celui qui s’est montré transfiguré. Il y a cette femme qui prise de pitié pour le condamné passe un linge sur son visage tuméfié, couvert de sueur et de sang. Un geste simple plein de compassion, peut-être est-elle une des femmes qui le suivaient.

Il n’est pas besoin de beaucoup de mots ou d’actions d’éclat pour venir en aide à ceux qui souffrent, une présence discrète suffit la plupart du temps. Avec sainte Véronique, demandons la présence d’esprit du geste simple qui soulage une peine, une douleur ou une solitude.

Septième station :

Jésus tombe une deuxième fois.

Judas Iscarioth, l'un des Douze, s'en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer. A cette nouvelle ils se réjouirent et ils promirent de lui donner de l'argent. Et il cherchait une occasion favorable pour le livrer. […] Comme il parlait encore, survient Judas, l'un des Douze, et avec lui une bande armée de glaives et de bâtons, venant de la part des grands prêtres, des scribes et des anciens. (Marc 14,10-11.43)

Nouvelle embûche pour Jésus, un des Douze le livre aux grands prêtres, un de ceux qu’il a choisis pour être ses proches avec lesquels il parlait ouvertement ; il leur expliquait les paraboles dont le sens profond restait caché aux foules ; il a partagé son dernier repas avec eux ! « Si l'insulte me venait d'un ennemi, je pourrais l'endurer ; Si mon rival s'élevait contre moi, je pourrais me dérober. Mais toi, un homme de mon rang, mon familier, mon intime ! » (Psaume 54,13-14)

Les chrétiens sont disciples de Jésus-Christ : par l’onction du Baptême ils deviennent des christs, ils se nourrissent de la Parole de Dieu et des Sacrements et ils témoignent dans le monde de l’amour de Dieu. Demandons la fermeté dans la foi, l’espérance dans le pardon et la charité envers nos frères.

Huitième station :

Jésus rencontre les filles de Jérusalem.

Chante, réjouis-toi, fille de Sion, car voici que je viens pour demeurer au milieu de toi, oracle du SEIGNEUR ! Des nations nombreuses s'attacheront au SEIGNEUR, en ce jour-là: elles seront pour lui un peuple. Elles habiteront au milieu de toi et tu sauras que DIEU Sabaot m'a envoyé vers toi. (Zacharie 2,14-15)

Les filles de Sion sur le bord du chemin qui conduit les suppliciés vers le lieu de l’exécution ne sont pas dans l’état d’esprit de chanter ou de se réjouir : elles voient l’un d’entre eux subir des outrages et des mauvais traitements. « Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte: c'est Rachel pleurant ses enfants; et ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus. » (Matthieu 2,18) Le massacre des saints Innocents sur ordre du roi Hérode le Grand avait pour but de supprimer Jésus, celui que les mages avaient appelé le ‘Roi des juifs’ va être crucifié sous ce nom.

Jésus sur le chemin de la Croix console les filles de Jérusalem, sa mort ne sera qu’un passage vers une révélation à toutes les nations. Dans les épreuves qui nous touchent directement ou indirectement, sachons demander le soutien du Christ pour vivre avec ses épreuves sans les esquiver ou les oublier. Il nous dit : « Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28,29)

Neuvième station :

Jésus tombe pour la troisième fois.

Comme Pierre était en bas dans la cour, arrive une des servantes du Grand Prêtre.  Voyant Pierre qui se chauffait, elle le dévisagea et dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazarénien Jésus. » Mais lui nia en disant : « Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu dis. » Puis il se retira dehors vers le vestibule et un coq chanta. La servante, l'ayant vu, recommença à dire aux assistants : « Celui-là en est ! » Mais de nouveau il niait. Peu après, à leur tour, les assistants disaient à Pierre : « Vraiment tu en es; et d'ailleurs tu es Galiléen. » Mais il se mit à jurer avec force imprécations : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. » Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Et il éclata en sanglots. (Marc 14,66-72)

Judas avait trahi Jésus pour trente deniers, Pierre le trahit par peur pour sa vie. Judas ne croira pas à un pardon possible et se suicidera en réalisant la faute qu’il a faite ; Pierre acceptera le pardon de Jésus qui lui dira par trois fois : « Pais mes brebis ! » (Jean 21,16)

Chaque jour nous trahissons un peu Jésus, simplement en dissimulant notre état de chrétien : à force d’entendre dire que la foi est du domaine du privé et ne doit pas être étalée, nous en arrivons à ‘hurler avec les loups’ et à agir de façon ‘politiquement correct’. Afin d’enlever les obstacles sur le chemin du Calvaire, demandons l’audace d’être et d’agir en chrétien dans notre monde qui nie Dieu.

Dixième station :

Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Alors Job se leva, déchira son vêtement et se rasa la tête. Puis, tombant sur le sol, il se prosterna et dit : « Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. Le SEIGNEUR avait donné, le SEIGNEUR a repris: que le nom du SEIGNEUR soit béni ! » En tout cela, Job ne pécha point et il n'imputa rien d'indigne à Dieu.  (Job 1,20-22)

Le couple de la Genèse s’aperçut qu’ils étaient nus après avoir transgressé la seule interdiction que Dieu leur avait faite ; la sagesse de Job lui indique que les biens qui passent ne sont rien. Le Christ abandonne tout aux hommes, nu, immobilisé sur la croix, il possède encore l’amour de sa mère et même cela il va le donner au disciple qui est au pied de la croix : « Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit chez lui. » (Jean 19,26-27)

L’homme a toujours été obsédé par la possession et le pouvoir qu’elle procure. En méditant sur Jésus dénudé, posons-nous la question sur notre propre attitude vis-à-vis des possessions que nous pouvons avoir « car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. » (Matthieu 6,21)

Onzième station :

Jésus est mis en Croix.

Dieu dit [à Abraham] : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t'en au pays de Moriyya, et là tu l'offriras en holocauste sur une montagne que je t'indiquerai. » (Genèse 22,2)

Dieu demande l’impossible à Abraham, lui offrir son propre fils, celui sur qui repose la promesse, le fils légitime qui vient de son union avec sa femme Sarah, l’héritier ! Dieu arrête le bras d’Abraham au moment où le couteau va exécuter cet ordre, Dieu ne veut pas de sacrifices humains mais un sacrifice du cœur sans arrière pensée.

Le Père céleste n’arrête pas le bras des hommes contre son propre Fils, Il accepte ce sacrifice pour l’éternité : le ‘Corps est livré, le Sang est versé pour nous et pour la multitude’.

Douzième station :

Jésus meurt sur la Croix.

Ce n'est pas, en effet, dans un sanctuaire fait de main d'homme, dans une image de l'authentique, que le Christ est entré, mais dans le ciel lui-même, afin de paraître maintenant devant la face de Dieu en notre faveur. Ce n'est pas non plus pour s'offrir lui-même à plusieurs reprises, comme fait le grand prêtre qui entre chaque année dans le sanctuaire avec un sang qui n'est pas le sien, car alors il aurait dû souffrir plusieurs fois depuis la fondation du monde. Or c'est maintenant, une fois pour toutes, à la fin des temps, qu'il s'est manifesté pour abolir le péché par son sacrifice. Et comme les hommes ne meurent qu'une fois, après quoi il y a un jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés d'un grand nombre, apparaîtra une seconde fois-hors du péché-à ceux qui l'attendent, pour leur donner le salut. (Hébreux 9,24-28)

La mort du Christ en Croix est le seul sacrifice pour le péché qui ne puisse être refait, mais les chrétiens en font mémoire à chaque messe qu’ils célèbrent. Les sacrifices anciens n’ont plus de sens le sacrifice de la Nouvelle Alliance est fait ‘une fois pour toutes’ !

De son côté ouvert est sorti l’eau du Baptême, l’eau vive qu’il avait promise à la Samaritaine (cf. Jean 4) « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. » (Hébreux 6,4) En méditant sur la mort du Christ en croix, demandons la force de vivre en ressuscités.

Treizième station :

Jésus est détaché de sa Croix.


Pieta de Michelangelo Buonarotti (1540) Musée Isabella Stuart Gardner (Boston)

Quatorzième station :

Jésus est déposé au tombeau.

Ainsi furent achevés le ciel et la terre, avec toute leur armée. Au septième jour Dieu avait terminé tout l'ouvrage qu'il avait fait et, le septième jour, il chôma, après tout l'ouvrage qu'il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il avait chômé après tout son ouvrage de création. (Genèse 2,1-3)

Le Christ mort le Vendredi Saint est mis au tombeau un ‘septième jour’ pour préparer une nouvelle création transformée radicalement nouvelle

Conclusion : Seigneur, Fais de moi un instrument de paix,

Là où est haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le désespoir que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.

Fais que je ne cherche pas tant
à être consolé qu'à consoler,
à être compris qu'à comprendre,
à être aimé qu'à aimer.

Car c'est en donnant qu'on reçoit ;
c'est en s'oubliant soi-même que l'on se trouve ; 
c'est en pardonnant que l'on est pardonné ;
c'est en mourant
que l'on ressuscite à la vie éternelle.

St François d'Assise.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes


29 mars 2013

Secteur Vermandois

Retour en haut de la page


 

Première station : Jésus est condamné à mort.

« Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié; et leurs clameurs gagnaient en violence. » (Luc 23,23)

C’est la foule, animée par les prêtres de Jérusalem qui réclament la mort de Jésus au procurateur qui désirait le libérer. N’est-ce pas ce que nous faisons lorsque nous exigeons une vengeance contre l’un des hommes notre frère alors que nous demandons plusieurs fois par jour : « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » ?

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix.

« Une fois achevée l'expiation du sanctuaire, de la Tente du Rendez-vous et de l'autel, il fera approcher le bouc encore vivant. Aaron lui posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des Israélites, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l'enverra au désert sous la conduite d'un homme qui se tiendra prêt, et le bouc emportera sur lui toutes leurs fautes en un lieu aride. » (Lévitique 16,20-22)

La cérémonie du ‘bouc émissaire’ chargé des fautes du peuple pour les emporter au désert a été instituée sur ordre de Dieu dans le livre du Lévitique, elle devait être refaite tous les ans pour expier les péchés – de façon collective – des hébreux. Jésus chargé de la Croix offre sa propre vie, la vie du Fils Eternel, une fois pour toutes, en sacrifice perpétuel pour les péchés de chaque enfant du Père. Un sacrifice qui ne peut être ni refait ni imité.

Troisième station : Jésus tombe une première fois.

« Car tu ne prends aucun plaisir au sacrifice; un holocauste, tu n'en veux pas. Le sacrifice à Dieu, c'est un esprit brisé; d'un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n'as point de mépris. » (Psaume 50[51],1-19)

Ce Psaume est bien connu, en particulier des prêtres et religieux qui le chantent tous les vendredis matin, mais dans l’esprit de Jésus tombant sous le poids de la Croix, il a dû résonner avec une dimension nouvelle : son cœur est brisé, broyé non pas par le regret de ses péchés comme ceux qui prient ce Psaume mais par cette condamnation injuste de ceux qu’il venait pour sauver et ramener vers le Père. Le sentiment de cette injustice fait partie du sacrifice qu’il offre pour la rédemption des hommes

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère.

« Promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: "Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère." » (Marc 3,34-35)

Marie voit son fils, le Fils du Très Haut annoncé par l’Archange (cf. Luc 1,26-38) et elle réalise ce qu’il lui avait dit à Cana : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore arrivée. » (Jean 2,4) derrière la dureté apparente de cette phrase, il voulait la préparer à ce qui allait arriver lorsque son heure serait venue. Par son attitude de foi et d’humilité, elle est le modèle de tous les chrétiens : ceux qui font la volonté de Dieu

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

« Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. » (Matthieu 11,29)

Un joug est une lourde pièce de bois façonnée pour atteler deux bœufs. Le joug du Christ est léger parce que c’est lui qui en porte la plus grande charge. Simon de Cyrène fatigué par les travaux des champs aide le Christ à porter la Croix. Il est le signe de tous les hommes et femmes qui, éprouvés par les difficultés de la vie – préoccupations, maladies, handicaps, charges familiales – mettent leur foi dans le Seigneur pour les aider à porter ces difficultés : en aidant l’Autre, ils s’aident eux-mêmes

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus.

« En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (Matthieu 25,40)

Cette femme, saisie de pitié, sort de la foule et désire aider le condamné lui donner un signe de compassion, lui redonner un visage humain. Elle prend un linge et éponge la sueur, le sang, les larmes et les crachats qui dissimulaient son visage d’homme pour lui rendre sa dignité. C’est vraiment le plus petit, celui que toute la foule accable et vilipende qui est le bénéficiaire de l’élan généreux. Sait-elle de qui elle essuie le visage ? Elle ne voit qu’un homme en détresse, modèle de tous nos élans généreux et désintéressés.

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois.

« Se relevant de sa prière, il vint vers les disciples qu'il trouva endormis de tristesse,  et il leur dit: "Qu'avez-vous à dormir? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation." » (Luc 22,45-46)

Les Apôtres n’ont pas pu prier avec Jésus ; ils l’ont abandonné à son angoisse du Jardin des Oliviers. Jésus n’a pas réussi à leur faire comprendre combien de moment était important,, combien leur foi en lui allait être mise à l’épreuve devant l’échec apparent de sa mission. Condamné par les prêtres, rejeté par la foule, incompris de ses Apôtres, les forces de Jésus l’abandonnent une deuxième fois malgré l’aide apportée par Simon de Cyrène

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem.

« A Rama, une voix se fait entendre, une plainte amère; c'est Rachel qui pleure ses fils. Elle ne veut pas être consolée pour ses fils, car ils ne sont plus. » (Jérémie 31,15)

Les femmes de Jérusalem sont sur le bord du chemin parcouru par les condamnés, elles se lamentent sur leur sort. Jésus leur affirme qu’elles sont plus à plaindre que lui car des jours terribles viendront : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Car voici venir des jours où l'on dira : Heureuses les femmes stériles, les entrailles qui n'ont pas enfanté, et les seins qui n'ont pas nourri ! » (Luc 23,28-29) La destruction de Jérusalem, la déportation des juifs et la ruine du Temple seront grands malheurs pour le Peuple de Dieu.

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

« Le Seigneur dit à Caïn: "Où est ton frère Abel ?" Il répondit: "Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?" Le Seigneur reprit: "Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! » (Genèse 4,9-10)

Le Frère par excellence, Celui qui est venu nous rappeler que nous sommes enfants de Dieu en demandant à ses Apôtres de prier en disant ‘Notre Père’ tombe une troisième fois, son sang crie vers le Seigneur Dieu qui nous demande ‘Qu’as-tu fait ?’. Nos péchés ont entraîné la condamnation du Fils mais le Père pardonne et comme il « mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât pas. » (Genèse 4,15) il a mis un signe sur nous, le signe de la Croix, pour que nous soyons sauvés.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

« Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. Le Seigneur avait donné, Le Seigneur a repris: que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job 1,21)

Pour revenir dans la Gloire du Père, le Fils abandonne tout ce qu’il a sur terre, ses vêtements. Il donnera même sa mère, la Vierge Marie à son disciple et à travers lui à tous les hommes et femme : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: "Femme, voici ton fils." Puis il dit au disciple: "Voici ta mère." » (Jean 19,25-27) Dépouillé de tout Jésus offre ce qui lui reste : sa vie.

Onzième station : Jésus est mis en Croix.

« Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme il s'est abaissé devenant obéissant jusqu'à la mort à la mort sur une croix. » (Philippiens 2,7-8)

La mort infamante de la Croix était réservée par les romains aux voleurs et aux émeutiers ; la mort pour sacrilège ou blasphème était la lapidation par tout le peuple selon la loi juive : « Tu le lapideras jusqu'à ce que mort s'ensuive, car il a cherché à t'égarer loin de Yahvé ton Dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. » (Deutéronome 13,11) les chefs des prêtres ont préféré livrer Jésus aux bourreaux romains de peur que le peuple ne veuille pas le lapider ; n’avait-il pas dit : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » (cf. Jean 8,1-11)

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix.

« C'était déjà environ la sixième heure quand, le soleil s'éclipsant, l'obscurité se fit sur la terre entière, jusqu'à la neuvième heure. Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu, et, jetant un grand cri, Jésus dit: "Père, en tes mains je remets mon esprit." Ayant dit cela, il expira.   » (Luc 23,44-45)

Le voile du Temple séparait le Saint où étaient déposés les pains d’oblation et l’encens du Saint des Saints d’où Dieu règne sur son Peuple. En se déchirant spontanément, il montre aux prêtres qui officiaient dans la cour du Temple que Dieu n’est plus présent. La mort de Jésus intervient un vendredi, sixième jour de la Création, jour de la création de l’homme et de la femme. C’est la fin de l’Alliance passée avec Adam, l’ancien homme est mort en Jésus, le Nouvel homme peut naître : « il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l'Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. » (Ephésien 4,22-24)

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix.

« L'Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Apocalypse 7,17)

Le Père avait arrêté le bras l’Abraham lors du sacrifice d’Isaac (cf. Genèse 22,1-13) mais il accepte celui de son Fils car il est celui qui sauve l’humanité par son obéissance. L’Agneau immolé de l’apocalypse sera jugé digne d’ouvrir les sceaux et sera à la tête des sauvés.

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau.

« Après ces événements, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. Nicodème-celui qui précédemment était venu, de nuit, trouver Jésus-vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, d'environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges, avec les aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs. Or il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n'avait encore été mis. A cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus. » (Jean 19,38-42)

Ces deux hommes étaient des disciples de Jésus en secret, ils n’osaient pas se montrer au grand jour par ‘peur des juifs’ ! Ils arrivent à surmonter leur peur en demandant le corps de Jésus à Pilate afin de donner à Jésus une sépulture décente conformément à la loi juive. La myrrhe que les mages avaient apportée à Jésus lors de sa petite enfance sert maintenant à préserver son corps de la décomposition.  Ils le déposent la veille du grand sabbat de Pâque dans un ‘tombeau neuf’ où aucun corps n(avait été déposé : « Au septième jour Dieu avait terminé tout l'ouvrage qu'il avait fait et, le septième jour, il chôma, après tout l'ouvrage qu'il avait fait. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il avait chômé après tout son ouvrage de création. » (Genèse 2,2-3)


18 avril 2014

Secteur Vermandois

Retour en haut de la page


Chemin de Croix

Première station : Jésus est condamné à mort.

« Jésus lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8,10-11)

Où sont donc les ennemis de Jésus ? Ils sont là et ils le condamnent à mort. Considérant leurs péchés, ils n’avaient pas condamné la femme adultère, ignorant la prédication d’amour du Fils du Père, ils le font exécuter par des étrangers pour ne pas se salir les mains.

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix.

« Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s’en allèrent ensemble. Isaac dit à son père Abraham : ‘Mon père ! – Eh bien, mon fils ?’ Isaac reprit : ‘Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ?’ Abraham répondit : ‘Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils.’ » (Genèse 22,6-8)

Dieu a su trouver l’agneau pour l’holocauste : son propre Fils. Dieu demandait à Abraham un acte de foi, il donne aux hommes un acte d’amour : il offre la vie terrestre de son Fils né de la Vierge Marie pour offrir la vie éternelle à toute l’humanité

Troisième station : Jésus tombe une première fois.

« Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. » (Isaïe 53,5)

Le poids des péchés des hommes est lourd ! Si lourd qu’il est au-delà des forces humaines du Fils du Père. Privé de sommeil, battu, flagellé les muscles de Jésus ne répondent plus sous le poids de la Croix. Conscient du sacrifice qu’il offre, il se relève et reprend le chemin vers le gibet.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère.

« Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : ‘Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre.’ » (Luc 2,34-35)

L’Ange avait dit à Marie : « Le Seigneur lui confiera le trône de David son père. » (Luc 1,32) Est-ce là le trône que le Seigneur a promis ? Une croix ! La Mère de Dieu regarde son fils qui souffre et elle ne peut rien faire pour lui sinon pleurer et prier. Depuis ce jour néfaste elle entend et comprend notre demande souvent réitérée : « Priez pour nous sainte Mère de Dieu, maintenant et à l’heure de notre mort »

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

« Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” » (Matthieu 25,40)

L’aide apportée par Simon de Cyrène n’était pas volontaire : il a été réquisitionné par les soldats. Où sont les disciples de cet homme ? Ceux qui disaient : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » (Jean 11,16) Ceux qui l’appelaient ‘Maître’ ? Jésus les avait pourtant prévenus, mais en vain : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » (Matthieu 10,38)

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus.

« Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. » (Luc 7,38)

Cette femme anticipait la sépulture de Jésus (cf. Jean 12-7) Comme elle, sainte Véronique a ce geste de compassion, le sang et la sueur coulent sur le visage de Jésus au point de le rendre méconnaissable ; elle veut que les spectateurs voient celui qu’ils envoient à la mort infâmante de la Croix. Elle redonne un visage à ce condamné : c’est un homme, pas une attraction !

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois.

« Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : ‘Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.’ » (Matthieu 4,5-6)

La deuxième tentation parlait d’éviter la chute depuis le haut du Temple, Jésus refusa la proposition du démon : il accepte la chute sur le chemin du Golgotha, il ne demande pas à son Père d’envoyer les anges. Il assume jusqu’au bout sa nature humaine et sa faiblesse.

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem.

« Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus. » (Jérémie 31,15)

Les pleureuses qui sont sur le chemin poussent des cris de désolation en voyant cet innocent, condamné, épuisé, humilié. Mais Jésus les avertit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » (Luc 23,28) Leurs lamentations doivent se tourner vers ceux qui n’ont pas reçu le message délivré par Dieu le Fils, ceux qui l’acclamaient à tue-tête lors de son entrée à Jérusalem et qui, quelques jours après, ont réclamé sa mort

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

« Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. Alors Jésus revient vers les disciples et leur dit : ‘Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.’ » (Matthieu 26,44-45)

Trois fois, Jésus s’écarte de ses disciples lors de l’agonie au jardin des oliviers ; il prie le Père d’éloigner cette épreuve mais il accepte de s’offrir en sacrifice perpétuel pour le salut de toute l’humanité l’humanité : son corps sera « livré pour vous » et son sang sera « versé pour vous et pour la multitude. » une fois pour toutes.

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

« Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. » (Genèse 3,7)

Le premier péché des hommes leur avait fait prendre conscience qu’ils étaient nus : ayant quelque chose à cacher à Dieu, ils couvrent leur corps. Jésus, nouvel Adam, est dépouillé de ses vêtements pour montrer à tous qu’il fait la volonté du Père et qu’il offre le pardon et la réconciliation ; il restaure l’humanité toute entière, libérée de l’esclavage du péché, dans la pleine communion avec le Père.

Onzième station : Jésus est mis en Croix.

« Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; et ils restaient là, assis, à le garder. Au-dessus de sa tête ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : ‘Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs’. » (Matthieu 27,35-37)

« Pilate leur dit : ‘Vais-je crucifier votre roi ?’ Les grands prêtres répondirent : ‘Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur.’ » (Jean 19,15) Ironie de la part de Ponce Pilate, les chefs des juifs ont voulu faire condamner cet innocent en l’accusant de fomenter des émeutes contre César. Il les ridiculise en faisant mettre ce ‘titulum’ qui les accuse d’avoir prêté une totale allégeance à Rome en livrant leur roi.

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix.

« Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : ‘Femme, voici ton fils.’ Puis il dit au disciple : ‘Voici ta mère.’ Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jean 19,25-27)

En mourant, Jésus possède encore une attache humaine : sa mère. Même elle, il va l’offrir à l’humanité à travers le ‘disciple qu’il aimait’, c'est-à-dire à tous ceux qui croient que Jésus est le Messie envoyé par le Père pour le pardon des péchés.

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix.

« Un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre. » (Matthieu 27,57)

Joseph avait pris soin de ses frères en Egypte, les fils de Jacob, ancêtres éponymes des douze tribus d’Israël (cf. Genèse 42-50) ; Joseph, époux de Marie, avait pris soin de Jésus avant même sa naissance (cf. Matthieu 1,19-24) ; Joseph d’Arimathie prend soin du corps de Jésus. Tous trois ont reçu la mission de veiller sur le projet de Dieu. Tous trois disparaissent des textes une fois leur mission achevée.

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau.

« Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour. » (Genèse 1,31)

La veille du Sabbat, tout est terminé. Le sacrifice du Christ est consommé. La première Création est achevée. Une nouvelle ère, une Nouvelle Alliance se prépare dans l’obscurité et le silence du Tombeau attendant que la Parole retentisse : « Que la lumière soit ! » (Genèse 1,3)

Père JeanPaul Bouvier
Curé ‘in solidum’ du secteur du Vermandois

14 avril 2017

Paroisses Nesle & Athies

Retour en haut de la page

n°934

Chemin de Croix

Première station : Jésus est condamné à mort.

« L’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2,17)

Dieu le Fils assume jusqu’au bout la chair qu’il a revêtue, y compris par le passage par la souffrance et la mort. Trahi par Judas, renié par Pierre, abandonné de tous, Pilate cède à la pression de la foule et leur livre Jésus pour le condamner à mort.

Dans nos vies, nous aussi cédons à la pression de notre entourage et nous avons l’attitude de Pilate…

Pardon Seigneur de ne pas toujours avoir la force de résister.

Chnat : Jésus, berger de toute humanité (G 310)

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix.

« C’est à la sueur de ton visage que tu gagneras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu proviens. » (Genèse 3,19a)

Dernière humiliation pour le condamné : l’obliger à porter le lourd instrument de son supplice jusqu’à l’endroit où celui-ci aura lieu.

Cela doit nous évoquer tous les hommes et femmes qui sont chargés par une croix, la maladie, le handicap, des problèmes physiques ou psychologiques, ceux et celles qui les aident à porter ce poids.

Pardon Seigneur de détourner les yeux pour ne pas voir les personnes en détresse

chant : Mystère du calvaire (H 44)

Troisième station : Jésus tombe une première fois.

« On applaudit à ce qui lui arrive, il quitte sa demeure sous les sifflets. » (Job 27,23)

Au milieu d’une foule bruyante où les hommes vocifèrent sous l’impulsion des grands-prêtres et où les femmes pleurent à grands cris, Jésus épuisé par les dernières heures qu’il a vécues tombe une première fois.

Jésus, transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean, est maintenant défiguré devant les habitants de Jérusalem et les pèlerins venus pour la Pâque. Comment voir en lui le Fils éternel du Père ?

Pardon Seigneur de ne pas reconnaître le Christ dans nos frères et sœurs souffrants

Chant : Ne craignez pas (G 139)

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère.

« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive » (Luc 2,34-35)

Marie a toujours suivi son fils. Elle est présente sur la ‘via dolorosa’, sa souffrance est morale mais elle n’en est pas moins forte ; sans doute se souvient-elle de cette prophétie de Siméon dans le Temple. Elle comprend maintenant ce qu’il voulait dire.

Elle seule sait que Jésus est le Fils du Père : l’ange lui a dit : « celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. » Grâce au regard que lui lance son fils, elle garde confiance : ce n’est pas fini mais tout est achevé.

Chant : Je vous salue Marie,

Cinquième station : Jésus est aidé par Simon de Cyrène.

« Ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. » (Matthieu 27,32)

Cet inconnu rentrait des champs, il ignorait tout de ce qui s’était passé à Jérusalem ce jour-là et comment les grands-prêtres avaient fait condamner Jésus en excitant la foule. Lui-même fatigué par sa journée de travail, il est celui qui aide Jésus à porter la croix trop lourde.

Pardon Seigneur de prétexter trop souvent mes occupations et ma fatigue pour ne pas voir mes frères et sœurs qui ont besoin d’aide.

Chant : Ta nuit sera lumière de midi (G 212)

Sixième station : Sainte Véronique essuie la face de Jésus.

« J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. » (Isaïe 50,6)

Parmi toutes les pleureuses sur le chemin qui conduit Jésus au gibet, une seule se précipite pour essuyer son visage couvert de sang, de sueur et de crachats. Par ce geste elle rend un minimum de dignité à cet homme humilié. Elle lui redonne un visage humain.

L’homme a été créé à l’image de Dieu, mais depuis toujours il s’ingénie à abîmer cette image en lui-même et dans les autres.

Pardon Seigneur de ne pas chercher à restaurer l’image de Dieu dans mes frères et sœurs.

Chant : Je cherche le visage (SM 2)

Septième station : Jésus tombe une deuxième fois.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples » (Matthieu 11,28-29a)

Jésus tombe sous le poids de la croix : c’est lui qui porte tout le fardeau du joug, il porte les péchés de l’homme afin de les emporter dans la mort de la Croix ; le Père les élimine dans le sacrifice du Fils.

Mes péchés sont pardonnés dans les souffrances du Fils, il les a renvoyés au néant. Ce n’est plus le péché du peuple qui est pardonné mais les péchés personnels, ceux que je commets par en pensées, en paroles, par action et par omission.

Pardon Seigneur pour tous ces actes qui me séparent de Toi.

Chant : Ne craignez pas (G 139)

Huitième station : Jésus rencontre les filles de Jérusalem.

« Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » (Luc 23,28)

Les pleurs et les cris de ces filles de Jérusalem sont-ils sincères ou bien répondent-ils à une convention plus ou moins factice selon les circonstances ? Jésus s’adresse à elles pour leur montrer qu’il faut pleurer sur leurs attitudes quotidiennes.

Il est plus facile de s’apitoyer sur les malheurs qui nous entourent plutôt que de faire un véritable examen de conscience et regarder en face mes manquements pour y remédier avec l’aide  de l’Esprit Saint.

Pardon Seigneur de camoufler mes péchés derrière des excuses auxquelles je ne crois pas moi-même.

Chant : Si l’espérance t’a fait marcher (G 213)

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

« Cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » (Matthieu 26,34)

Dans le désert, Jésus avait triomphé sans mal des trois tentations que lui proposait le démon ; il s’appuyait sur la Parole de Dieu. Ce que le Diable n’avait pas réussi sur le plan spirituel, les hommes y parviennent sur le plan physique : Jésus tombe pour la troisième fois.

L’humanité a une tendance à s’acharner sur les faibles, la loi du plus fort s’impose ; calomnies et médisances vont bon train pour détruire telle personne qui ne semble pas être dans la norme.

Pardon Seigneur de prêter une oreille attentive aux ragots et quelquefois de les colporter.

Chant : Ta nuit sera lumière de midi (G 212)

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements.

« Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s’en firent des pagnes. » (Genèse 3,7)

La première chose que font l’homme et la femme après la désobéissance du jardin d’Eden est de se dissimuler derrière des vêtements et ils cherchent à se cacher du regard de Dieu.

Le dernier affront qui est fait à Jésus est de lui retirer ses vêtements. En enlevant la tunique du Fils de l’homme, ils exposent leurs péchés aux yeux de tous. L’ancien homme mourra comme il a été créé, nu. L’homme nouveau pourra advenir.

Pardon Seigneur de cacher mes péchés en les habillant de faux prétextes.

Chant : Kyrie

Onzième station : Jésus est mis en Croix.

« Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. » (Isaïe 53,5)

Le Christ a prévenu ses Apôtres : le corps a été livré et le sang est versé pour eux et pour la multitude dans un ultime et unique sacrifice pour le pardon des péchés

L’autel de la croix reçoit l’oblation de l’Agneau de Dieu à l’heure où les agneaux faisant mémoire de l’Ancienne Alliance sont sacrifiés dans le Temple de Jérusalem.

Pardon Seigneur d’oublier l’action de grâce pour ton Fils qui me donne la Vie.

Chant : Ô Croix dressée sur le monde (H 30)

Douzième station : Jésus meurt sur la Croix.

« Jésus dit : ‘Tout est accompli.’ Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. » (Jean 19,30)

nous nous mettons à genoux (silence)

Chant : Prière de Charles de Foucault

Treizième station : Jésus est détaché de sa Croix.

« Un homme riche, originaire d'Arimathie, qui s'appelait Joseph, et qui était devenu lui aussi disciple de Jésus alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna de le lui remettre. » (Matthieu 27,57)

Joseph, fils de Jacob, avait pris soin de ses frères en Egypte (cf. Genèse 42-50) ; Joseph, époux de Marie, avait pris soin de Jésus avant même sa naissance (cf. Matthieu 1,19-24) ; Joseph d’Arimathie prend soin du corps de Jésus.

Tous les trois ont reçu la mission de veiller sur le projet de Dieu.

Tous les trois disparaissent des textes une fois leur mission achevée.

Pardon Seigneur de délaisser l’Eglise, le Corps du Christ dans le monde.

Chant : Victoire (H 32)

Quatorzième station : Jésus est déposé au tombeau.

« Il a été enseveli, est descendu aux enfers » (Symbole des Apôtres)

Jésus, Fils du Père, glorifié par l’offrande de sa vie, descend aux enfers porter la Bonne Nouvelle : il peut désormais relever Adam et restaurer en lui l’image de Dieu qu’il n’a jamais cessé d’être.

La rémission des péchés est complète. Toutes les fautes sont pardonnées, aucune n’est impardonnable, même celle de vouloir se faire égal à Dieu.

Merci Seigneur de cet amour infini que tu portes à tous les hommes

Chant : De Profondis (Psaume 129)

Conclusion

(revenus au chœur) 

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


Index


papes


Conciles


Prières


Saints


liens


JP Bouvier


éditoriaux


Ministères


Récollections


Réactions