Mercredi des Cendres
(tous les ans)

1

Forces Armées de Guyane

5 mars 2003

Nous sommes les ambassadeurs du Christ

2

Garnison d'Angers

25 février 2004

Carême

3

Laissez-vous réconcilier avec Dieu !

4

Brigade Franco-Allemande

25 février 2009

La confession
(compodium du catéchisme de l'Eglise Catholique)

5

Fort Neuf de Vincennes

17 février 2010

Ils ont leur récompense !

6

13 mars 2011

Ne laissez pas sans effet la grâce reçue de Dieu !

7

22 février 2012

Cheminement

8

Secteur Vermandois

13 février 2013

Dans le secret

9

5 mars 2014

Pour vivre l'Eucharistie pendant le Carême

10

Carême et liturgie

11

18 février 2015

Mais toi…

12

10 février 2016

L'esprit du Carême

13

Athies & Nesle

1er mars 2017

Mardi gras’ et Mercredi des Cendres

Joël 2,12-18
Psaume 50
2Corinthiens 5,20-6,2
Matthieu 6,1-6.16-18

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5 mars 2003

Forces Armées de Guyane

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Nous sommes les ambassadeurs du Christ

Un ambassadeur est une personne envoyée par un pays, une société ou une personne privée pour le représenter auprès d’un pays, d’une société ou une personne privée avec tout pouvoir pour parler en son nom est place.

Cette expression de saint Paul est donc très forte, ambassadeur du Christ, cela signifie que chacun d’entre nous parle au nom du Christ. Avec tout pouvoir !

Vers qui sommes-nous envoyés ? Vers tous les hommes et toutes les femmes qu’ils soient croyants ou non, qu’ils soient disposés à nous écouter ou non.

Le message que nous avons à délivrer au nom du Christ n’est pas agréable à entendre : ‘Convertissez-vous !’ car il signifie que la vie de mon interlocuteur n’est pas appropriée au projet de Dieu sur l’homme ; et il est d’autant plus difficile à transmettre que la mienne non plus n’est pas conforme à l’appel divin. La tentation serait forte d’attendre que je sois moi-même parfait avant d’appeler les autres à la conversion, mais dans ce cas le message du Christ ne serait jamais délivré (‘Mais ce trésor, nous le portons en des vases d'argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous’ 2Co 4,7)

En appelant les autres à se convertir, je me prêche à moi-même et mon discours s’adresse à tous y compris à celui qui le prononce : moi ! Plus j’appellerai les autres à se convertir plus je sentirai en moi la nécessité de cette conversion. Les mots que l’Esprit Saint met dans ma bouche pour proclamer la Bonne Nouvelle du Salut sont d’abord pour moi.

Les discours sont utiles mais pas exclusifs, l’Evangile passe d’abord par un changement de vie et cette modification de ma façon de vivre quotidiennement qui sera la meilleure prédicatrice de l’appel chrétien.

Enfin souvenons-nous de la phrase de sainte Bernadette de Lourdes qui disait à son curé qui refusait de la croire : « La Dame m’a chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire ! » Nous devons parler au nom du Christ, nous ne forçons pas les gens à nous croire

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier militaire de Guyane

25 février 2004

Garnison d'Angers

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Carême

L’évènement important de ce mois ci pour l’Eglise Catholique est le début du Carême, un temps de quarante jours pour que le croyant se prépare au fait inouï de la Résurrection du Christ. Ce n’est pas un temps triste, même s’il est une période de pénitence pour mieux s’approprier le Salut qui nous est donné.

Quarante jours de méditation, de prières, pour nous identifier au Christ Jésus qui est resté quarante jours dans le désert avant d’entamer sa mission, annoncer à tous les hommes que Dieu ne les oublie pas mais qu’il est toujours proche d’eux, même s’ils s’éloignent de lui.

Il est conseillé de choisir un effort de Carême sur lequel va porter toute notre attention. Il est nécessaire de prendre un effort qui nous coûte mais qui soit dans nos possibilités, pas quelque chose d'irréalisable.

Si nous prenons une décision qui est en dehors de nos forces, immanquablement nous n’irons pas au bout de cette épreuve trop importante, et nous culpabiliserons de notre manque de foi. Par contre si nous choisissons une facilité, cela ne servira à rien.

Nous devons donc discerner, avec l’aide d’un conseiller spirituel par exemple, la juste mesure de l’effort réalisable. Puisse le Seigneur nous aider à le trouver pour que ce Carême 2004 soit profitable.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier de la Garnison d'Angers

Laissez-vous réconcilier avec Dieu

Aujourd'hui encore, nous pourrions laisser ce cri jaillir de notre cœur vis-à-vis de nos contemporains : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » Les personnes qui nous entourent, y compris les chrétiens, n'ont pas cette confiance en Dieu à laquelle nous exhorte saint Paul : Dieu a accepté la vie de son propre Fils pour nous sauver et nous restaurer dans l'état de communion dans lequel il a voulu que nous soyons créés.

Le pardon de Dieu nous est acquis par les mérites de Jésus Christ dès le moment où nous péchons ; mais pour se réconcilier il faut être deux, il faut que le fautif accepte le pardon de l'offensé. Or, bien souvent, les chrétiens pensent que leurs péchés sont trop peu importants pour nécessiter une démarche spécifique, voire même qu'ils ne sont pas des péchés.

Le péché est une pensée, une parole, un acte ou une omission volontaire et circonstancié qui nous sépare de Dieu. Combien de fois dans une journée faisons-nous de tels péchés ?

Volontaire car un péché ne peut pas être un accident, l'être humain est responsable de ses actes, s'il n'y a pas de volonté, il ne peut pas y avoir de péché ; mais l'accident peut être le résultat non prévu d'un acte responsable, d'où l'importance de peser ce que nous faisons avec l'aide de la prière.

Circonstancié car ce qui peut être un péché dans certains cas peut s'avérer être bon dans d'autres circonstances, c'est pourquoi lorsque je vis le Sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation, il est nécessaire de préciser l'environnement des péchés que je présente devant l'amour de Dieu. Ainsi, si les mêmes circonstances se présentent à nouveau, j'aurais la force de l'Esprit pour résister et ne pas pécher.

Le meilleur examen de conscience qui puisse être fait est de se poser la question : « Qu'est-ce que je voudrais que Dieu ne sache pas ? » car c'est justement cela que je dois lui confier.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier de la Garnison d'Angers

25 février 2009

Brigade Franco-Allemande

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La confession

On doit confesser tous les péchés graves qui n’ont pas encore été confessés et dont on se souvient après un sérieux examen de conscience. La confession des péchés graves est l’unique moyen ordinaire pour obtenir le pardon. (1456)

Tout fidèle ayant atteint l’âge de raison est tenu à l’obligation de confesser ses péchés graves au moins une fois dans l’année et, de toute façon, avant de recevoir la Communion. (1457)

Bien que la confession des péchés véniels ne soit pas nécessaire au sens strict, elle est vivement recommandée par l’Église, parce qu’elle contribue à former la conscience droite et à lutter contre les inclinations mauvaises, pour se laisser guérir par le Christ et progresser dans la vie de l’Esprit. (1458)

Le Christ a confié le ministère de la Réconciliation à ses Apôtres, aux Évêques, leurs successeurs, et aux prêtres, leurs collaborateurs, qui deviennent ainsi les instruments de la miséricorde et de la justice de Dieu. Ils exercent le pouvoir de pardonner les péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. (1461-1466 ; 1495)

L’absolution de certains péchés particulièrement graves (comme ceux qui sont punis d’excommunication) est réservée au Siège apostolique ou à l’Évêque du lieu ou aux prêtres autorisés par eux, bien que tout prêtre puisse absoudre de tout péché et de toute excommunication quiconque est en danger de mort. (1463)

Étant donné la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes, tout confesseur est tenu, sans exception aucune et sous peine de sanctions très sévères, de garder le sceau sacramentel, c’est-à-dire l’absolu secret au sujet des péchés dont il a connaissance par la confession. (1467)

Les effets du sacrement de la Pénitence sont : la réconciliation avec Dieu, et donc le pardon des péchés; la réconciliation avec l’Église; le retour dans l’état de grâce s’il avait été perdu; la rémission de la peine éternelle méritée à cause des péchés mortels et celle, au moins en partie, des peines temporelles qui sont les conséquences du péché; la paix et la sérénité de la conscience, ainsi que la consolation spirituelle; l’accroissement des forces spirituelles pour le combat chrétien. (1468-1470 ; 1496)

Compodium du catéchisme de l’Eglise Catholique
(Les chiffres renvoient aux articles du catéchisme)

17 février 2010

Fort Neuf de Vincennes

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Ils ont leur récompense !

Comme il est facile de fustiger les exemples que Jésus donne à ses disciples ! Mais nous ne devons pas nous arrêter à la première partie de ces exemples, il faut continuer les propositions par le ‘Mais toi…’  qui complète l’instruction de Dieu le Fils.

Ce sont plus que des conseils c’est ce qui nous permet de vivre la foi dans l’esprit de l’évangile ! Reprenons-les un par un

L’aumône n’est pas un prêt, lorsque je donne un peu d’argent à une personne, je ne dois pas exiger qu’elle en fasse ce que je voudrais, dans ce cas ce ne serait plus un don et je ferais mieux d’acheter directement ce dont j’estime qu’elle a besoin. Dieu a créé l’être humain libre, qui suis-je pour m’ériger en censeur ? La personne qui a reçu le don est libre d’en faire ce qu’elle veut, même si je pense qu’elle a tort de l’utiliser de cette façon. Si j’exigeais qu’elle en use comme je le veux, je serais dans la même situation que ceux « qui font sonner la trompette » mais au contraire « que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite. » !

La prière personnelle est un rapport d’amour entre la Sainte Trinité et moi et, à ce titre, elle est intime et ne doit pas être exposée en public : elle doit rester dans un cœur à cœur, suivant l’expression de Jean-Jacques Olier (fondateur des prêtres de saint Sulpice) Autre chose est la prière communautaire qui, par définition, est l’expression publique de l’Eglise et dans laquelle les chrétiens doivent montrer la joie qu’ils retirent de cette communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint. L’oraison que je fais me prépare à cette allégresse communautaire ; la méditation personnelle des textes offerts par l’Eglise contribuera à une meilleure participation aux célébrations qu’elle propose.

Le jeûne chrétien ne se réduit pas une privation de nourriture, l’Eglise indique qu’une journée de jeûne est composée d’un repas léger et d’une collation ; en sont dispensés – s’ils le désirent – les mineurs, les malades et les personnes de plus de 65 ans. Quelques jours seulement sont souhaitables : le Mercredi des Cendres, les Vendredis de Carême et le Samedi Saint jusqu’à l’office de la Résurrection. Les autres jours sont laissés à la conscience et à la dévotion de chacun, mais le dimanche, jour de la Résurrection, ne peut pas être un jour de jeûne : « Pouvez-vous faire jeûner les compagnons de l'époux pendant que l'époux est avec eux ? » (Luc 5,34)

Ainsi l’aumône, la prière personnelle et le jeûne sont trois façons particulières d’être intimement unis avec Dieu, ne les gâchons pas en en faisant des motifs de gloriole éphémère !

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes

9 mars 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Ne laissez pas sans effet la grâce reçue de Dieu !

Cette exhortation de saint Paul aux Corinthiens provoque une réflexion en nous aujourd’hui et nous aurions bien besoin d’une mise au point sur la grâce donnée par les Sacrements dont il est peu parlé dans nos catéchismes et nos homélies.

Chaque Sacrement, vécu dans la foi, comporte en lui-même une grâce particulière.

Nous sommes – à peu près – à l’aise avec la grâce du Baptême qui fait de nous des enfants de Dieu, frères et sœurs de Jésus Christ, configurés à lui prêtre, prophète et roi (cf. rituel du Baptême) et héritiers du Royaume. Malheureusement, cet état ne transparaît pas toujours de façon évidente dans nos vies…

L’Ordination ne pose pas non plus de problèmes majeurs, d’abord parce que ce Sacrement s’adresse à des hommes qui ont été formés pour cela, ensuite parce que nous voyons ce qu’ils font et, éventuellement, ce qu’ils ne peuvent pas faire par manque de vocations – sans pour autant chercher à appeler soit directement soit par la manifestation habituelle de notre vie chrétienne. La profession religieuse, quoique non sacramentelle, procure une grâce identique pour la mission qui est propre à l’ordre religieux. Combien de parents proposent-ils cette vie consacrée à leurs fils ou leurs filles ?

Dès que nous abordons les autres Sacrements, notre approche est beaucoup plus floue, pourtant nous en vivons deux de façon régulière : la Communion et le Sacrement de Réconciliation et de Pénitence. Il est donc important de s’y arrêter.

Le pape saint Pie X préconisait la Communion fréquente, le Concile Vatican II a repris ce conseil lors de l’aggiornamento de la liturgie de la messe. Les catholiques communient maintenant à toutes les messes auxquelles ils assistent au lieu de ne communier que lors des grandes fêtes – voire même qu’à Pâques. Ce geste, en devenant habituel, fait s’émousser le désir de recevoir le Corps du Christ, moment privilégié où nous sommes présents autour de la table de la Cène. Il serait nécessaire de nous rappeler : « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? » (1 Corinthiens 10,16) pour profiter de la grâce qui nous est donnée dans ce Sacrement où le Seigneur se met entre nos mains.

Autre aspect de la Communion : l’assemblée est essentielle. Mis à part la Communion portée aux malades qui se fait toujours en lien avec la communauté locale, l’Eucharistie ne peut être célébrée que dans une assemblée, en d’autres termes, le Corps du Christ (hostie consacrée) ne peut être donné que dans le Corps du Christ (Eglise)

La grâce qui est donnée est également double : elle constitue l’église locale et elle permet à chaque membre de se construire en tant que chrétien.

Le Sacrement de Réconciliation et de Pénitence, aussi appelé confession, est connu des catholiques. Il est perçu comme un Sacrement désagréable puisqu’il nous impose de regarder notre vie sans complaisance et de la raconter à une tierce personne. Double erreur ! Ce sacrement n’est pas tourné vers le passé mais vers l’avenir : si nous avouons des péchés avec leurs circonstances et le regret de les avoir commis, Dieu s’engage à nous rappeler que, si les mêmes circonstances se produisent, ce péché a été pardonné et que nous avons pris la « ferme résolution de ne plus recommencer » (Acte de Contrition) nous conférant ainsi  une force qui permet de ne pas retomber dans les mêmes errements. Quant à la ‘tierce personne’, c’est in personna Christi c'est-à-dire dans la personne du Christ qu’il intervient. La grâce de l’Ordination comprend aussi la grâce de l’oubli lors des confessions.

Baptême, Ordination, Communion et Confession sont les quatre Sacrements auxquels les catholiques participent le plus souvent et même si leur compréhension n’est pas parfaite, ils en ont une certaine perception. Les trois restants, Confirmation, Mariage et Sacrement des Malades ont davantage de difficultés à être connus parce qu’ils sont occultés par des éléments externes.

En premier lieu la Confirmation est mal située par les catholiques. Elle est présentée quelquefois comme le don de l’Esprit Saint en complément du Baptême ce qui entraîne une incompréhension, le Baptême ne confère-t-il pas l’Esprit Saint ? Les liturgies orientales célèbrent en même temps, quel que soit l’âge, les trois Sacrements Baptême, Confirmation, Communion manifestant ainsi le lien étroit qui les unit. La liturgie latine a préféré que la Confirmation soit un lien avec l’église représentée par l’évêque : « [Les Samaritains] avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l'Esprit Saint. » (cf. Actes des Apôtres 8,14-17) La réception de ce Sacrement permet aux confirmés d’être adultes dans l’Eglise, porteurs de la Bonne Nouvelle. Trop souvent cette proposition est inversée et il est demandé à la personne d’être adulte dans la foi avant d’être confirmé, oubliant ainsi la force de grâce du Sacrement.

Le Mariage est perçu – dans le meilleur des cas – comme un moment indispensable pour les catholiques qui désirent une vie commune sous le regard de Dieu : l’homme et la femme s’engagent l’un envers l’autre, c’est leur ‘OUI’ mutuel qui constitue le Sacrement. Mais Dieu n’est pas un simple témoin, il s’engage lui aussi envers les époux pour être dans leur couple, les aider à chaque fois qu’ils le demanderont et à leur donner la grâce d’abandonner leur vie célibataire pour construire un foyer ‘bâti sur le roc’ et passer outre les difficultés.

Le Sacrement des Malades a souffert du nom qu’il portait avant la réforme liturgique : ‘Extrême-Onction’ ! Le sens même d’extrême signifiait pour la plupart des gens qu’il fallait vraiment attendre le dernier moment de la vie pour recevoir de Sacrement, trop souvent le prêtre est appelé trop tard et fait l’onction sur un mourant, malheureusement cette conception a la vie dure et persiste encore.. Ce Sacrement est un don de la grâce de Dieu pour permettre à une personne atteinte d’une maladie grave de vivre avec cette épreuve et de trouver une dimension nouvelle où exercer sa foi. Il peut-être reçu autant de fois que nécessaire lorsqu’une autre maladie apparaît ; ce n’est pas à proprement parler un Sacrement pour les vieillards encore qu’ils peuvent en tirer un grand profit spirituel pour vivre la diminution de leurs moyens physiques. Toute personne atteinte dans l’intégrité de son corps et de sa santé devrait le demander pour recevoir ce don de grâce si particulier.

Les Sacrements sont pour les vivants ! Ce ne sont que des signes qui nous sont donnés en attendant que nous soyons dans le Royaume des Cieux. La grâce qui est donnée par chacun d’entre eux est spécifique à des moments précis de la vie humaine. Sachons profiter de ces signes qui manifestent l’amour de Dieu sans s’y habituer de façon qui serait routinière et spirituellement infructueuse.

« Un Sacrement est un signe efficace de la grâce de Dieu »
(définition du catéchisme du Concile de Trente)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

22 février 2012

Fort Neuf de Vincennes

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Cheminement

De même que les hébreux libérés de l’esclavage d’Egypte ont eu quarante ans pour se préparer à l’entrée dans la Terre Promise, nous avons quarante jours pour nous préparer à cet événement inouï : la Résurrection du Fils de Dieu, premier-né d’entre les morts. Dans les deux cas, il s’agit d’une purification des habitudes et de la foi.

Les hébreux ont cru devoir sculpter une idole, un veau en or, pour représenter Dieu comme ils avaient vu faire en Egypte où des dieux innombrables étaient statufiés ; ils avaient besoin d’un laps de temps pour changer de mentalité et pour comprendre que Dieu ne peut être représenté par un objet, fut-il en matière précieuse. La pédagogie de Dieu les a nourris avec la manne et abreuvés avec des sources vives sur le long chemin entre l’esclavage et la liberté du peuple de Dieu.

Les chrétiens profitent de ce temps spirituel pour détruire les idoles qu’ils se sont confectionnées parce qu’ils ont vu, et quelquefois admiré ou envié, leurs contemporains glorifiant de faux dieux. La pédagogie de Dieu, Père, Fils et Esprit nourrit les chrétiens et les abreuve par le Sacrement du Corps et du Sang du Christ sur le long chemin qui mène à la sainteté.

Les hébreux récriminaient contre Moïse et contre Dieu parce qu’ils regrettaient le confort qu’ils avaient en Egypte malgré l’esclavage, ils ne voyaient pas l’intérêt immédiat de cette transhumance qui ne finissait pas ; il a fallu toute une génération pour que le Peuple de Dieu puisse être prêt à entrer dans cette Terre promise à Abraham où ‘ruisselait le lait et le miel’.

Les chrétiens placent quelquefois leur foi au second rang parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt dans le monde contemporain : c’est du domaine privé, comme dit l’évangile ils ‘prient dans le secret’ mais, contrairement à l’exhortation de saint Paul, ils ‘laissent sans effet la grâce reçue de Dieu’. La prière dans le secret est un ressourcement pour aller vers l’autre et non un moment égoïste d’intimité avec le Père.

Pour être au milieu de son peuple, Dieu a fait construire la ‘Tente de la Rencontre’ pour être sous la tente comme les hébreux : Il n’était plus au loin sur la montagne mais tout proche, au centre du campement des hébreux.

Pour être au milieu des hommes, le Père a envoyé le Fils, né d’une femme « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ! » (Jean 1,14) Il n’est plus au loin dans un Temple mais au cœur même de l’humanité.

Nous avons ces quarante jours de Carême pour nous convertir afin d’accueillir avec un cœur nouveau la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Fils, nouvelle promesse faite à tous les hommes de nous donner l’entrée au Royaume.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

13 février 2013

Secteur Vermandois

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Dans le secret

Jésus remarque ces personnes qui agissent ostensiblement afin que chacun sache qu'ils respectent scrupuleusement les prescriptions données par Dieu à Moïse et aux prophètes. En disant qu'ils « ont touché leur récompense » Jésus souligne qu'ils ne font cela que par forfanterie, pour une gloriole fugace et strictement humaine ; ils n'attendent rien de Dieu et ils sont satisfaits de l'admiration de leurs contemporains.

En s'adressant à ses disciples, Jésus les invite à se mettre en face du Père et de rechercher - non pas une célébrité temporelle - mais une réelle relation d'amour avec le Père. Il ne s'agit donc pas tant de se cacher aux yeux des autres que de le faire simplement sans esprit de récompense : « que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite. »

Dans ces exercices de piété, aumône, prière, jeûne, Dieu demande à ce que l'homme ne soit pas humilié, l'aumône doit être faite par amour du prochain et non pas par condescendance ni exigence : ce qui est donné est donné, le donateur n'a plus de ‘droit de regard' sur ce qui va être fait avec ce qu'il a offert sinon ce n'est plus un don. La prière que Jésus apprend à ses disciples est de retrouver leur dignité en appelant Dieu ‘Père' et en reconnaissant dans le prochain un frère en disant 'Notre Père'. Le jeûne qui plaît à Dieu est une action envers l'autre qui peut éventuellement entraîner une privation pour celui qui effectue ce geste : « Est-ce là le jeûne qui me plaît, le jour où l'homme se mortifie ? Courber la tête comme un jonc, se faire une couche de sac et de cendre, est-ce là ce que tu appelles un jeûne, un jour agréable au Seigneur ? N'est-ce pas plutôt ceci, le jeûne que je préfère: défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs ? N'est-ce pas partager ton pain avec l'affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, si tu vois un homme nu, le vêtir, ne pas te dérober devant celui qui est ta propre chair ? » (Isaïe 58,5-7) ce qui est repris dans la description du 'Jugement dernier' (cf. Matthieu 25,31-46)

Il est bon d'admirer les personnes dont les actions retentissantes font le bien de leurs contemporains, mais il ne faut pas être obnubilés par elles au point d'oublier de rendre grâces à Dieu pour tous les anonymes qui - dans le secret - font bien plus que ces quelques personnes mises en exergue.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

5 mars 2014

Secteur Vermandois

n° 733

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Pour vivre l'Eucharistie pendant le Carême

« Pour l'usage, nos Pères ont justement et sagement distingué trois manières de recevoir ce saint sacrement. Ils enseignent que les uns ne le reçoivent que sacramentellement ce sont les pécheurs. D'autres ne le reçoivent que spirituellement, ce sont ceux qui, mangeant en désir le pain céleste qui leur est offert avec cette "foi" vive qui opère par la charité" [Galates 5,6], en ressentent le fruit et l'utilité. D'autres encore le reçoivent à la fois sacramentellement et spirituellement, ce sont ceux « qui s'éprouvent et se préparent de telle sorte que, vêtus de la robe nuptiale [Matthieu 22,11sv.), ils s'approchent de cette table divine » (Concile de Trente 13ème session – 11 octobre 1551 – Décret sur la très sainte Eucharistie chap. 8)

Dans le voyage vers le cœur de l’Eucharistie que nous propose ce Carême 2014, il est essentiel de reconsidérer notre façon de communier et cette citation du Concile de Trente nous en donne quelques pistes.

Lorsque, le dimanche, nos distractions, nos préoccupations, nos péchés nous entraînent à entrer dans la procession de communion de façon quasi-automatique, nous ne communions que sacramentellement, c'est-à-dire que nous avons le signe de notre Salut mais notre esprit est ailleurs. C’est sans doute e cas le plus fréquent ; notre foi nous enseigne qu’il est important même dans ces conditions de recevoir le Corps du Christ : la grâce du Sacrement est efficace par elle-même et elle agit sans que nous en ayons conscience. Cette grâce nous permet d’avancer vers le cœur de l’Eucharistie bien que nous ne le percevions encore qu’imparfaitement.

Lorsque nous sommes empêchés de participer à la messe dominicale par la maladie, la distance, des occupations légitimes, l’absence de prêtres, nous pouvons prendre un temps de méditation pour exacerber notre désir de recevoir la communion. Nous recevons alors la grâce spirituellement. Lors des assemblées dominicales en absence de prêtre, il n’est pas nécessaire de recevoir une hostie consacrée car notre participation au sacrifice du Christ n’est pas matérielle mais elle est tout aussi réelle. L’aspiration à vivre pleinement une messe nous permet d’avancer vers le cœur de l’Eucharistie.

Lorsque nous sommes saisis par l’Esprit Saint et que nous suivons attentivement le crescendo de la célébration Eucharistique : pardon des péchés véniels, enseignement de Dieu par sa Parole, actualisation de la Cène, nous sommes parmi les Apôtres, comme eux nous recevons de la main du Seigneur son Corps et, par la grâce, nous sommes rendus forts, prêts à être envoyés en mission pour annoncer le salut à tous les hommes obéissant ainsi aux consignes du Christ : « Partez ; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » (Luc 10,3) et, après sa Résurrection – c'est-à-dire aujourd’hui – : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28,19-20)

En conclusion relisons la catéchèse du pape François sur l’Eucharistie : « L’Eucharistie constitue le sommet de l’action de salut de Dieu : le Seigneur Jésus, se faisant pain rompu pour nous, déverse en effet sur nous toute sa miséricorde et son amour, de manière à renouveler notre cœur, notre existence et notre façon de nous mettre en relation avec Lui et avec nos frères. C’est pourquoi communément, quand on s’approche de ce sacrement, on dit « recevoir la communion », « faire la communion » : cela signifie que dans la puissance du Saint-Esprit, la participation à la table eucharistique nous configure de manière unique et profonde au Christ, en nous faisant goûter dès à présent la pleine communion avec le Père » (audience du 5 février 2014)

Abbé JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

5 mars 2014

Secteur Vermandois

n° 734

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Carême et liturgie

Un participant peu attentif ou occasionnel ne verrait pas les différences entre les célébrations lors des différents temps liturgiques de l’Eglise ; elles paraissent minimes mais pourtant elles sont chargées d’un sens profond quelquefois oublié. Au moment d’entrer en Carême, il n’est peut-être pas inutile de les rappeler

En premier lieu la couleur liturgique est le changement le plus visible mais peu de personnes, même parmi celles qui pratiquent régulièrement, se posent la question du sens de ces variations de couleur… Quatre principales sont utilisées au long de l’année liturgique : Vert, Blanc, Rouge et Violet, quatre autres sont plus rares Rose (3ème dimanche de l’Avent et 4ème dimanche de Carême) Bleu (fêtes de la Vierge Marie) Noir (deuils) et Doré (à la place du blanc pour les solennités)

  • Le Vert, couleur de l’espérance, est la couleur du ‘Temps Ordinaire’. Les pays anglo-saxons préfèrent parler de ‘Temps de l’Eglise’. C’est la période où l’évangélisation suit son cours de façon habituelle, le chrétien vit sa foi comme un élément constitutif de son existence, naturellement
  • Le Blanc, couleur de fête dans nos pays, est quelquefois remplacé par le jaune dans les endroits où le blanc est signe de deuil. Il est utilisé pour les fêtes importantes : Temps de Noël et Temps de Pâques, mais aussi fêtes des saints, mariages. Le chrétien vit sa foi en mémoire d’un événement important
  • Le Rouge, couleur du feu et du sang, est le signe de l’Esprit Saint et des martyrs. C’est pourquoi il est choisi pour souligner la Passion du Christ, la Pentecôte, les fêtes de martyrs mais aussi les Sacrements de Baptême, de Confirmation et Ordination où l’onction par le Saint Chrême marque l’effusion de l’Esprit Saint. Le chrétien vit sa foi en recevant l’Esprit qui guide sa vie
  • Le Violet, couleur de l’attente, sera revêtu dans l’attente des grandes fêtes chrétiennes : l’Avent où l’Eglise attend l’Incarnation du Seigneur ; le Carême où l’Eglise attend la Résurrection d’entre les morts. Il est aussi revêtu par l’officiant lors des célébrations d’obsèques (de préférence au Noir, signe de deuil) dans l’attente de notre propre résurrection, de l’Onction des malades dans l’espoir de la guérison et dans le Sacrement du Pardon. Le chrétien vit sa foi en anticipant la venue du Royaume

A côté de cette ‘visibilité’ d’autres éléments de la célébration eucharistique vont être modifiés :

  • Le ‘Gloire à Dieu’ n’est pas chanté dans le Temps de l’Avent ni le Temps du Carême. Le chrétien attend la révélation de la Nativité et de la Résurrection pour montrer sa joie et manifester la Gloire de Dieu dans sa vie
  • L’‘Alléluia’ qui est un mot hébreu signifiant ‘Vive Dieu’ est remplacé pendant le Temps du Carême par une autre acclamation de l’Evangile pour qu’il éclate à nouveau au soir de la Vigile Pascale. Le chrétien vit sa foi en proclamant que Jésus, le Fils de Dieu, est vivant

Ainsi ces variations liturgiques rappellent aux chrétiens de vivre leur foi dans la méditation de ces temps particuliers. La pédagogie de l’Eglise rejoint la pédagogie de Dieu qui a préparé l’humanité pendant des siècles à la totalité de la Révélation

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

18 février 2015

n°804

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Mais toi…

Par trois exemples – l’aumône, la prière et le jeûne – Jésus montre à ses disciples que la relation à Dieu n’est pas une représentation publique que nous pourrions exhiber vis-à-vis des autres hommes pour être valorisés à leurs yeux. La relation à Dieu doit être intime, ‘dans le secret’, car c’est de cette façon qu’elle peut être vraie.

L’aumône ne saurait être que financière, le jugement dernier (cf. Matthieu 25) indique que le souci de l’autre est premier ; si je veux discerner ce dont mon prochain a besoin afin de le secourir efficacement dans ce qui lui manque, je ne peux le faire que dans un esprit de prière et non pas avec un esprit calculateur. Je pourrai alors entendre le Christ dire : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25,40)

Le jeûne ne saurait être une démarche qui avilit ou qui humilie l’homme, image de Dieu : « Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur ? Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? » (Isaïe 58,4b-7)

La prière ne saurait être une succession de paroles apprises et récitées sans penser aux mots qui sont utilisés ; elle est une ouverture du cœur et de l’esprit pour dialoguer avec le Père dans l’Esprit par l’intercession du Fils. Quel dialogue pourrait exister si je parle tout le temps sans laisser un peu de silence pour entendre la réponse à mes questions ? Configurés au Christ par mon Baptême je dois avoir la même attitude de prière que lui : « non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » (Marc 14,36)

Ainsi avec ces trois exemples, le christ montre à ces disciples ce que le monde fait en succombant aux tentations humaines de gloriole et d’admiration, mais il nous dit qu’il ne doit pas en être ainsi pour celui qui veut suivre le chemin qui mène à Dieu. Cette expression « Mais toi… » doit changer mon regard pour me permettre d’avoir une relation au Père qui soit vraie, sincère et désintéressée.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

10 février 2016

n°859

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L’esprit du Carême

Quel meilleur temps liturgique pourrions-nous envisager pour relancer notre cœur dans l’année jubilaire de la Miséricorde proposée par le pape François ? Elle prend dans cette période tout son sens : la réflexion menée pour ‘monter’ jusqu’à Pâques est toute entière sous-tendue par la miséricorde du Père qui « a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jean 3,16) par l’amour du Fils qui « ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu […] devenant obéissant jusqu'à la mort » (Philippiens 2,5.8) et par le don de l’Esprit Saint qui « distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. » (1Corinthiens 12,11)

Les quarante jours de Carême veulent refléter les quarante jours que Jésus a passés au désert pour se préparer à la mission que le Père lui a confiée. Un temps de pleine communion entre le Père et le Fils dans l’Esprit. Pour nous, ce temps liturgique est une préparation à l’événement source de notre Salut : la mort de l’homme ancien, l’Adam et l’Eve désobéissants (cf. Genèse 3) par la mort de Jésus en Croix et la naissance de l’homme nouveau, l’homme et la femme créés à l’image de Dieu (cf. Genèse 1,27) par la résurrection du Fils, « premier-né d’entre les morts » (Colossiens 1,18) Un temps où nous allons rechercher plus intensément que d’habitude cette communion avec le Père et le Fils dans l’Esprit.

Jésus donne à ses disciples des pistes pour que cette recherche soit fructueuse. Trois d’entre elles sont soulignées dans l’évangile de ce jour : l’aumône, la prière et le jeûne. Jésus ajoute une condition à ces trois voies vers la communion, la gratuité : l’aumône doit être discrète, la prière doit être personnelle et le jeûne doit être secret. Toute personne qui entourerait ces gestes d’une grande publicité manquerait son objectif de faire la volonté de Dieu ; en montrant ostensiblement ses œuvres personnelles, une telle personne s’exhiberait elle-même, mais elle défigurerait l’action de Dieu.

Mais il ne faudrait pas que ces conseils de discrétion nous servent d’excuses pour ne rien faire du tout, ni aumône, ni prière, ni jeûne. Parallèlement à nos actions menées dans l’intimité avec le Père, c’est en communauté chrétienne que ces actions doivent être montrées à nos contemporains : une collecte financière aidera telle ou telle population moins favorisée ; des prières communes montreront la foi et la vitalité du message de l’Evangile ; des soirées de jeûne aboutissant à un partage avec ceux qui ont faim seront témoins de l’amour de Dieu pour les pauvres et les petits. En tout cela nous serons « les ambassadeurs du Christ » (2Corinthiens 5,20) c'est-à-dire ceux qui le rendent présent au monde d’aujourd’hui.

Ces deux attitudes, apparemment opposées, se répondent l’une à l’autre : dans le secret de la solitude, je suis charitable, je prie et je jeûne ; en communauté, dans l’Eglise, et j’agis publiquement en tant que membre du Corps du Christ : « le Verbe de Dieu a voulu se servir de notre nature pour racheter les hommes par ses souffrances et ses tourments, il se sert de même de son Eglise au cours des siècles pour perpétuer l'œuvre commencée » (Pie XII Mystici Corporis Christi)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies

1er mars 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°925

Mardi gras’ et Mercredi des Cendres

La religion chrétienne – et en particulier le catholicisme – a tellement marqué notre société qu’elle subsiste dans les esprits sous des formes qui semblent anodines :

  • Noël, malgré l’interdiction des crèches ‘publiques’, reste un temps de paix et de joie dans l’ensemble du monde et le 2 février les crêpes, symboles du « soleil levant qui vient nous visiter », « lumière qui se révèle aux nations » (cf. Luc 1,76 & 2,32), sont au menu ;
  • Pâques, l’Ascension et la Pentecôte, même si dans la perception générale ce ne sont que des Week-End prolongés, rythment l’année civile ;
  • Le 1er novembre demeure un jour où nos pensées vont vers ceux qui nous ont précédés et qui, au moins de cette façon, sont toujours avec nous.

L’exemple du ‘mardi gras’ est intéressant. A l’origine les chrétiens se préparaient à vivre un temps de jeûne et d’abstinence de quarante jours et ils profitaient de ce dernier jour avant le début du Carême en prenant des repas aussi somptueux que possible. C’était  aussi fin débridée du carnaval. La société, y compris les chrétiens, n’a retenu que l’aspect déguisement et festivités occultant ainsi le sens profond de la préparation au jour de pénitence du Mercredi des Cendres.

Même si toutes les fêtes chrétiennes semblent avoir perdu le sens que leur donne la foi, elles restent présentes dans la mémoire collective ; les prophéties de l’Ancien Testament étaient connues depuis longtemps mais elles n’ont eu leur pleine signification que lors de la venue du Christ. De même ces fêtes connues ainsi célébrées de façon laïque auront pour tous les hommes leur pleine révélation lors de la venue du Fils dans la gloire.

Quant à nous, dans notre façon de vivre intensément ces différents moments liturgiques nous sommes les intendants fidèles tant vantés par le Seigneur. Pendant la célébration de l’imposition des Cendres, le Christ me dit : « Convertis-toi et crois à l’Evangile ! » ce n’est pas une simple formule, c’est le signe qu’il me donne sa force pour me convertir et croire. Ainsi, il ne faut pas choisir des ‘efforts de Carême’ mais laisser le Christ me désigner les actions qui me seront bénéfiques et que je pourrais mettre en œuvre, non pas sans difficultés, mais par la grâce.

Comme le prophète Joël nous entendons dire : « Où donc est leur Dieu ? » (2,17) Nous répondons : ‘Dieu est dans la force qui me permet de faire ces œuvres que vous voyez’ car « C’est le Christ qui vit en moi : » (Galates 2,20) encore faut-il qu’il y ait des œuvres !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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