5ème dimanche de Carême
Année A - saint Matthieu

1

Lycée Militaire d'Autun

21 mars 1999

La nouvelle Alliance ;
Introduction à la semaine Sainte
(Philippe Béguerie)

2

Forces Armées de Guyane

17 mars 2002

"Déliez-le et laissez-le aller"

3

Brigade Franco-Allemande

9 mars 2008

"De profondis"

4

Fort Neuf de Vincennes

10 avril 2011

1. Jésus pleura

5

2. Lazare, viens dehors

6

Secteur Vermandois

6 avril 2014

Si tu avais été là…

7

L'évêque dans Vatican II (Lumen Gentium)

8

Athies & Nesle

2 avril 2017

Celui que tu aimes

Ezéchiel 37,12-14
Psaume 129
Romains 8,8-11
Jean 11,1-45

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21 mars 1999

Lycée Militaire d'Autun

n° 76

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La nouvelle Alliance ; Introduction à la semaine Sainte

Chaque dimanche nous célébrons la résurrection du Seigneur, chaque dimanche nous reprenons les gestes et les paroles de Jésus au soir du Jeudi Saint. Nous le faisons "en mémoire de lui ", comme il nous l'a demandé.

Mais pour bien comprendre ces gestes et pour saisir la portée de ces paroles, il est bon de faire un pèlerinage aux sources.

La communauté chrétienne de Jérusalem, au IIème siècle, est la première à avoir voulu reprendre, au jour le jour, ce chemin douloureux et glorieux accompli par Jésus durant les derniers jours de sa vie au milieu des siens. C'est à Jérusalem que sont nées les grandes étapes de la Semaine Sainte, celles que nous célébrons chaque année comme la source et le sommet de notre foi.

Merveille de la liturgie. Elle ne nous livre pas le discours d'un professeur de théologie, elle nous enseigne par la vie et nous donne à contempler l'œuvre accomplie par Jésus Christ.

Avec la Semaine Sainte nous voici au cœur du mystère chrétien. Où donc ont puisé la vérité de leur témoignage "les saints et les saintes de Dieu dont la vie et la mort ont crié Jésus Christ sur les routes du monde " ? N'est-ce pas dans la certitude d'être associés à ce mystère de la résurrection du Seigneur ? Ils ont voulu, eux aussi, prendre leur part de cette nouvelle Alliance conclue dans le sang du Christ. Ils ont vécu les événements de leur histoire à la lumière de sa Pâque. Ils ont été solidaires de tous leurs frères jusque dans leurs souffrances et dans leurs joies.

Comme Jésus qui a aimé les siens jusqu'au bout, et qui a donné sa vie en sacrifice d'Alliance, eux aussi ont tout donné "pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance " (Jn 10,10).

Il nous revient, à nous chrétiens, de faire de notre vie une Pâque et de marcher ainsi sur les pas du Seigneur.

Père Philippe Béguerie
Prêtre du diocèse de Paris

17 mars 2002

Forces Armées de Guyane

n° 138

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"Déliez-le et laissez-le aller"

Dans beaucoup de civilisations, la personne qui sauve la vie d'un autre possède cette vie et le rescapé devient entièrement dévoué à son sauveteur.

Rien de tel avec Dieu ! Le récit de la réanimation de Lazare en est une illustration : une fois le miracle accompli, Jésus a cette phrase sibylline pour montrer qu'il n'exige pas de Lazare ou de sa famille la moindre reconnaissance, Lazare doit retrouver sa liberté d'homme.

En effet, il ne s'agissait pas de faire un zombi ou un mort-vivant ou un fantôme, mais bien de rendre à son ami une vie d'homme avec toute la liberté que cela implique. Lui qui avait été dans les liens de la mort, dans l'impossibilité de se déplacer, redevient libre et responsable de ses gestes et de ses mouvements.

Les juifs qui étaient présents pour entourer Marthe et Marie dans leur deuil ont cru en Jésus grâce à ce miracle, mais, comme l'indique la parabole du semeur, la semence est tombée dans les buissons et ils ne s'opposeront pas à l'arrestation et la mort du Christ.

Ainsi en est-il pour nous-mêmes. Nous voyons tous les jours ce que Dieu fait pour les hommes, nous avons la certitude que le sacrifice du Christ nous a rachetés de la mort et nous ouvre la vie éternelle, seule vie d'homme, mais souvent les soucis de la vie quotidienne nous empêchent de témoigner du don qui nous est fait.

Dans quinze jours, nous fêterons, non pas la réanimation d'un homme, mais la résurrection du Fils de Dieu, libérant définitivement l'homme de la mort, que ce soit, pour nous, une occasion de manifester notre attachement au Christ et de montrer que nous vivons comme des gens qui sommes déjà ressuscités.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

9 mars 2008

Brigade Franco-Allemande

n° 362

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De profondis !

La liturgie catholique nous propose dans ce 5ème dimanche de Carême la lecture (ou le chant) d’une partie du Psaume 129 (appelé d’après les deux premiers mots latins ‘De profondis’) entre les deux premières lectures. Ce Psaume est souvent associé à l’idée d’enterrement car il est fréquemment pris comme méditation ou lors de l’encensement du corps.

Toutefois, il ne faudrait pas le considérer comme un chant écrit et réservé aux célébrations mortuaires, c’est avant tout une hymne d’espoir et de confiance dans le Seigneur. Ainsi le dernier couplet nous invite à nous abandonner dans l’amour de Dieu :

Oui, près du Seigneur est l'amour ; près de lui abonde le rachat.
C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes

Dans ce temps de Carême, il nous est demandé de chercher à retrouver le chemin qui mène vers le Père par le Fils dans l’Esprit ; et en particulier de regarder nos péchés avec franchise et lucidité pour les présenter au pardon par le ministère de l’Eglise.

Beaucoup, même parmi les chrétiens fervents, se demandent pourquoi faire appel à une tierce personne ; le dialogue honnête avec le Père ne suffit-il pas ? La réponse est également dans le Psaume : nous sommes dans les profondeurs, c’est à dire sans recul pour juger de l’aspect peccamineux de nos fautes, le fait de les exposer avec les circonstances précises à un homme permet de les remettre à une juste place, plus grave ou plus futile que nous ne pouvions le penser de prime abord.

Un péché ne peut pas être une généralité c’est un événement de notre vie, volontaire et précis. Les examens de conscience qui peuvent nous aider ne sont que des pistes pour découvrir les instants de notre vie où nous nous sommes obstinément séparé de la voie royale que le Fils nous offre, lui qui nous a dit : ‘Je suis le chemin, la vérité la vie’.

Dans cette dernière semaine avant la Semaine Sainte laissons résonner en nous les paroles du psalmiste : ‘Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Père JeanPaul Bouvier


Fort Neuf de Vincennes

n° 529

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Jésus pleura

Jésus aimait Marthe et sa sœur’ écrit saint Jean. L’homme Jésus avait un cercle de familiers avec lesquels il aimait partager un moment d’amitié, comme en d’autres occasions il aimait prendre des temps de solitude avec son Père, l’un n’excluant pas l’autre. Cela est différent du précepte qu’il donne comme le seul commandement : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13,34 et 15,12)

C’est dans le cadre de cette amitié sincère que Jésus est « bouleversé d’une émotion profonde » non pas à cause de la mort de ce dernier mais en constatant la douleur réelle manifestée par les larmes de Marie qu’entraîne ce décès. Pourtant Marthe avait affirmé sa foi en la résurrection : « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour ! » L’affliction de ces femmes pleurant leur frère vient de la séparation et non pas d’un manque d’espérance. Loin de condamner cette attitude en expliquant qu’il est venu pour sauver l’humanité, Jésus participe à cette souffrance par les larmes qu’il verse devant le tombeau.

Les deux sœurs ont tellement foi en Jésus qu’elles lui disent toutes les deux l’une après l’autre dès qu’elles sont en sa présence : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Ce n’est pas un reproche qu’elles lui font mais une simple constatation, elles croient fermement que Jésus est envoyé par le Père.

Ce passage est pour nous un réconfort lorsque nous perdons un être cher, parent ou ami, nous souffrons de la séparation, la foi en la résurrection est alors une aide qui nous est donnée par Dieu pour vivre cette situation d’absence, ce n’est pas une consolation : la peine demeure malgré l’espérance sinon ce ne serait qu’un fatalisme incompatible avec la conviction chrétienne. Comme Marthe et Marie, nous n’avons pas à reprocher telle ou telle mort qui nous paraît injuste, mais faire confiance au Christ Rédempteur.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes


Lazare, viens dehors !

Jésus pleure en constatant la détresse de ses amies,  Marthe et Marie, et de la foule venue pour les soutenir dans cette épreuve du deuil ; puis il demande à aller au tombeau de Lazare, l’ayant fait ouvrir malgré les réticences de la pragmatique Marthe, il rend grâce au Père qui l’exauce toujours.

« Après cela, il cria d’une voix forte : ‘Lazare, viens dehors !’ » Cela n’est pas sans rappeler le premier récit de la Création (cf. Genèse ch.1) où l’expression « Dieu dit […] et il en fut ainsi » revient à chaque étape de la formation de l’univers. De cette façon, Jésus montre qu’il est la source de la Vie comme il vient de l’affirmer à Marthe. La parole efficace de Dieu lors de la Création se montre ici par l’apostrophe lancée au corps sans vie de son ami Lazare.

Saint Jean écrit tout son évangile dans la lignée de son prologue : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. » (Jean 1,1) et aussi : « Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie » (Jean1,3-4a) Le Fils venu dans la chair est la Parole efficace de la Création et il le manifeste dans la façon de ressusciter Lazare uniquement en donnant un ordre. A ce titre, ce passage est une véritable théophanie, manifestation de Dieu, comme le sont également les récits du Baptême ou de la Transfiguration.

Le récit de la résurrection de Lazare dépasse largement le fait de redonner la vie à quelqu’un qui était mort, saint Jean relate cet événement pour affirmer à tous ceux qui se revendiqueront du nom de chrétien : l’homme Jésus est l’incarnation du Fils éternel, égal au Père dans l’Esprit. Tout est dit dans cette profession de foi de l’évangéliste, bien avant d’être mise en forme par les Conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381)

Aujourd’hui, nous retrouvons ces paroles efficaces de création dans celles qui ont été confiées aux Apôtres et qui nous sont transmises par la tradition apostolique, d’une part de façon privilégiée dans les paroles de la consécration entraînant la transsubstantiation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ qui nous amènent d’autre part à pouvoir dire ces autres paroles enseignées par le Christ comme prière essentielle : ‘Notre Père’.

Le Christ dit à chacun d’entre nous : « Viens dehors ! » il nous invite à quitter ce qui nous sert de tombeaux et qui nous éloigne de la vie évangélique, nous savons que cette parole est efficace mais nous faisons la sourde oreille alors que nous devrions être comme le psalmiste : « Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur de guette l’aurore. » (Psaume 129)

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

6 avril 2014

Secteur Vermandois

n° 741

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Si tu avais été là…

Cette phrase dite par Marthe (11,21) puis un peu plus tard par Marie (11,32) semble porter un ton de reproche. N’avaient-elles pas averti le Maître que son ami était gravement malade ? Lui qui a guéri un grand nombre de malades et d’infirmes n’aurait-il pas dû venir toutes affaires cessantes pour sauver son ami de l’issue fatale ? Il aurait dû !..

Dans le dialogue qu’elle entretient avec Jésus, Marthe répond à ses questions en affirmant sa foi en la résurrection : « Je sais qu'il [Lazare] ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. » (11,24) et sa confiance envers Jésus : « Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. » (11,27) Marie n’argumente pas avec Jésus : elle pleure.

L’attitude des deux sœurs correspond au récit de saint Luc (cf. Luc 10,38-42) qui se passe dans leur maison. Marthe, l’ouvrière efficace qui s’était mise au service matériel de Jésus, continue son rôle et lorsque Jésus demande à ce que le tombeau soit ouvert, elle prévient : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là. » (11,39) Marie, l’auditrice attentive qui écoutait chaque parole du ‘Rabbi’ assise à ses pieds, se sent désarçonnée par son absence lorsqu’elle et sa sœur ont eu besoin de lui. Chacune avec son caractère propre a pourtant le même reproche latent : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. »

Jésus n’avait pas besoin d’être sur place pour guérir Lazare : il a guéri le serviteur du Centurion qui lui disait : « Je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison : dit seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » (Matthieu 8,8) et le fils du fonctionnaire à une journée de marche : « Va ton fils est guéri ! » (Jean 4,50) Il a différé sa venue à Béthanie pour montrer à ses disciples que : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié » (11,4)

Ainsi en est-il pour nous : quel que soit notre caractère, nous avons facilement tendance à dire aussi : « Si tu avais été là… » rejetant l’échec de nos actions sur une absence supposée du Christ et de son Esprit tout en restant conscients de l’iniquité de cette supposition en raison des promesses qui nous été faites : « Vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent. » (Luc 11,13) « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » (Matthieu 28,20)

Faisons confiance au Christ comme Marthe qui fait ouvrir le tombeau sur la parole de Jésus. Ouvrons-nos nos tombeaux pour l’entendre nous dire : « Viens dehors. »

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois


L'évêque dans Vatican II

Dimanche 6 avril 2014 Mgr Olivier Leborgne sera ordonné évêque d’Amiens. Rappelons ce que dit le Concile Vatican II

20. Les évêques successeurs des apôtres

La mission divine confiée par le Christ aux apôtres est destinée à durer jusqu'à la fin des siècles (cf. Matthieu 28,20), étant donné que l'Evangile qu'ils doivent transmettre est pour l'Eglise principe de toute sa vie, pour toute la durée du temps. C'est pourquoi les apôtres prirent soin d'instituer dans cette société hiérarchiquement ordonnée, des successeurs.

En effet, ils n'eurent pas seulement dans leur ministère des auxiliaires divers, mais, pour que la mission qui leur avait été confiée pût se continuer après leur mort, ils donnèrent mandat, comme par testament, à leurs coopérateurs immédiats d'achever leur tâche et d'affermir l'œuvre commencée par eux , leur recommandant de prendre garde à tout le troupeau dans lequel l'Esprit-Saint les avait institués pour paître l'Eglise de Dieu (cf. Actes 20,28). Ils instituèrent donc des hommes de ce genre, et disposèrent par la suite qu'après leur mort d'autres hommes éprouvés recueilleraient leur ministère. Parmi les différents ministères qui s'exercent dans l'Eglise depuis les premiers temps, la première place, au témoignage de la Tradition, appartient à la fonction de ceux qui, établis dans l'épiscopat, dont la ligne se continue depuis les origines , sont les sarments par lesquels se transmet la semence apostolique . Ainsi, selon le témoignage de saint Irénée, la Tradition apostolique se manifeste et se conserve dans le monde entier par ceux que les apôtres ont faits évêques et par leurs successeurs jusqu'à nous

Ainsi donc, les évêques ont reçu, pour l'exercer avec l'aide des prêtres et des diacres, le ministère de la communauté. Ils président au nom et en place de Dieu le troupeau dont ils sont les pasteurs, par le magistère doctrinal, le sacerdoce du culte sacré, le ministère du gouvernement. De même que la charge confiée personnellement par le Seigneur à Pierre, le premier des apôtres, et destinée à être transmise à ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est également la charge confiée aux apôtres d'être les pasteurs de l'Eglise, charge dont l'ordre sacré des évêques doit assurer la pérennité. C'est pourquoi le saint Concile enseigne que les évêques, en vertu de l'institution divine, succèdent aux apôtres, comme pasteurs de l'Eglise, en sorte que, qui les écoute, écoute le Christ, qui les rejette, rejette le Christ et celui qui a envoyé le Christ (cf. Luc 10,6)

21. La sacramentalité de l'épiscopat

Ainsi donc en la personne des évêques assistés des prêtres, c'est le Seigneur Jésus-Christ, Pontife suprême, qui est présent au milieu des croyants. Assis à la droite de Dieu le Père, il ne cesse d'être présent à la communauté de ses pontifes. C'est par eux en tout premier lieu, par leur service éminent, qu'il prêche la Parole de Dieu à toutes les nations et administre continuellement aux croyants les sacrements de la foi ; c'est par leur paternelle fonction (cf. 1 Corinthiens 4,15) qu'il intègre à son Corps par la régénération surnaturelle des membres nouveaux ; c'est enfin par leur sagesse et leur prudence qu'il dirige et oriente le peuple du Nouveau Testament dans son pèlerinage vers l'éternelle béatitude. Ces pasteurs, choisis pour paître le troupeau du Seigneur, sont les ministres du Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu (cf. 1 Corinthiens 4,1). A eux a été confiée la charge de rendre témoignage de l'Evangile de la grâce de Dieu (cf. Romains 15,16 ; Actes 20,24) et d'exercer le ministère glorieux de l'Esprit et de la justice (cf. 2 Corinthiens 3,8-9).

Pour remplir de si hautes charges, les apôtres furent enrichis par le Christ d'une effusion de l'Esprit-Saint descendant sur eux (cf. Actes 1,8 ; 2,4 ; Jean 20,22-23) ; eux-mêmes, par l'imposition des mains, transmirent à leurs collaborateurs le don spirituel (cf. 1Timothée 4,14 ; 2Timothée 1,6-7) qui s'est communiqué jusqu'à nous à travers la consécration épiscopale. Le saint Concile enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l'Ordre, que la coutume liturgique de l'Eglise et la voix des saints Pères désignent en effet sous le nom de sacerdoce suprême, de réalité totale du ministère sacré. La consécration épiscopale, en même temps que la charge de sanctifier, confère aussi des charges d'enseigner et de gouverner, lesquelles cependant, de par leur nature, ne peuvent s'exercer que dans la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres. En effet, la Tradition qui s'exprime surtout par les rites liturgiques et par l'usage de l'Eglise, tant orientale qu'occidentale, montre à l'évidence que par l'imposition des mains et les paroles de la consécration, la grâce de l'Esprit-Saint est donnée et le caractère sacré imprimé , de telle sorte que les évêques, d'une façon éminente et visible, tiennent la place du Christ lui-même, Maître, Pasteur et Pontife et jouent son rôle . Aux évêques, il revient d'introduire, par le sacrement de l'Ordre, de nouveaux élus dans le corps épiscopal.

Constitution dogmatique sur l’Eglise ‘Lumen Gentium’ 21 novembre 1964

2 avril 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°930

Celui que tu aimes

Les sœurs de Lazare, inquiètes de la dégradation de l’état de santé de leur frère, envoient vers Jésus des messagers. Elles font confiance à leur ami, elles savent que, s’il vient, il pourrait sauver Lazare comme en témoigne le reproche que lui fait Marthe lorsqu’il arrive après la mort de son frère : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » (v. 21) Ce décès n’affecte pas la foi de Marthe qui croit « à la résurrection, au dernier jour » (v. 24) mais, comme beaucoup de croyants, elle aurait préféré profiter, dans l’immédiat, de la présence de son frère en vie le plus longtemps possible.

Dans le message qu’elles envoient à Jésus, les sœurs de Lazare le présentent comme « Celui que tu aimes » (v.3) Cette expression rappelle « le disciple que Jésus aimait » – qui n’est utilisée que dans l’évangile de saint Jean. Ce disciple n’est pas Lazare mais le propriétaire du Cénacle, la salle où Jésus célèbre la Pâque et où il offre son Corps et son Sang « pour vous et pour la multitude » en demandant aux Apôtres : « Vous ferez ceci en mémoire de moi »

Ce parallélisme entre ces deux hommes distincts invite à s’interroger afin de connaître quelles caractéristiques une personne doit posséder pour être aimée de Jésus.

En premier lieu, nous sommes aimés par notre famille, parents et frères et sœurs, l’éclaircissement vient de Jésus : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » (Matthieu 12,49b-50)

Ensuite viennent les personnes avec qui nous nous sentons bien, à qui nous ne cachons rien ; ici encore Jésus donne la réponse : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. » (Jean 15,13-15)

L’appellation ‘celui que Jésus aime’ ne signifie pas que c’est un préféré, aimé plus que tous les autres : Jésus est venu pour tous les hommes et femmes, sans distinction : « telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » (Jean 6,39) A tous le Fils fait connaître l’amour du Père ; à tous le Père et le Fils donnent le Saint Esprit.

A notre tour, configurés au Christ par le Baptême, nous annonçons l’amour du Père, le sacrifice du Fils et le don de l’Esprit Saint. Pour être crédibles, nous devons manifester notre attachement à Dieu : « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13,35)

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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