saint Luc

4ème dimanche de Carême
Année "C" - saint Luc

Josué 5,10-12
Psaume 33
1Co 5,17-21
Luc 15,1-3.11-32

1

Lycée Militaire d'Autun

22 mars 1998

Ouvrez-vous à l'annonce du salut

2

17 mars 2001

Le Nom de Dieu

3

Garnison d'Angers

21 mars 2004

Attitudes

4

Brigade Franco-Allemande

18 mars 2007

Les deux fils

5

Fort Neuf de Vincennes

4 mars 2010

La manne cessa de tomber !

6

Secteur Vermandois

10 mars 2013

Liberté chérie

7

6 ùmars 2016

Il fallait se réjouir !

8

Athies & Nesle

31 mars 2019

De loin !

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22 mars 1998

Lycée Militaire d'Autun

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n°50

Ouvrez-vous à l'annonce du salut

Accueillir avec Marie la salutation de l'Ange. " Ce n'est pas possible, direz-vous, puisque nous sommes pécheurs, prisonniers de notre peu de foi, alors que la Vierge, elle, est entièrement disponible à la grâce de Dieu. " Oui, mais prier avec Marie, ce n'est pas être Marie : c'est la regarder et, par la foi, partager sa prière. Elle écoute cette Parole de Dieu qui lui est adressée "réjouis-toi, Marie, le Seigneur est avec toi ; tu as trouvé grâce auprès de Dieu. "

Paroles riches d'allusions aux promesses prophétiques. " Réjouis-toi " ne saurait se réduire au banal "salut, bonjour " du mot grec Kaïré ; il évoque la joie de Jérusalem annoncée par Sophonie (3,14sq) : " Fille de Sion, réjouis-toi… Le Seigneur est en toi. "

Et Marie l'entend bien ainsi : elle est toute ébahie de se trouver désignée par Dieu au jour où cette Parole s'accomplit. Si elle reçoit cette annonce avec un cœur disponible malgré l'étonnement qui l'habite, ce n'est pas pour elle seule, mais pour nous, pour tous : pour que Dieu accomplisse le salut du monde.

Bien que nous soyons indignes, ouvrons nos oreilles, notre cœur, notre vie ; et cachés derrière Marie, entendons pour nous, cette Parole inouïe que Dieu adresse aux hommes par cette vierge d'Israël qu'il a choisie entre toutes. D'elle, de la racine de Jessé (Is 11,1), d'elle, fille de Sion, le Christ est né, lui qui a voulu demeurer en nous comme il nous l'a promis : " Demeurez en moi comme je demeure en vous. " (Jn 15,4)

+ Jean-Marie Cardinal Lustiger
Archevêque de Paris

17 mars 2001

Lycée Militaire d'Autun

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n°75

Le nom de Dieu

La révélation de son nom par Dieu à Moïse est une grande preuve de confiance qui lui est donnée. En effet, connaître le nom de quelqu'un c'est avoir le pouvoir de l'appeler, et donc un certain ascendant sur lui. C'est ainsi que Dieu donne à l'homme le pouvoir de nommer tous les animaux pour qu'il domine sur la création (Gn 2,19-20)

En donnant son nom, sous la forme des quatre consonnes YHWH, Dieu donne à Moïse un pouvoir d'invocation et de communication. Moïse est le seul être humain à être désigné comme celui qui parlait face à face avec Dieu, comme un ami parle à son ami (Ex 33,11)La traduction habituelle est un temps verbal hébreu ancien du verbe ETRE, un présent inaccompli ou présent intemporel "je suis [toujours]". Faute d'équivalent, la traduction grecque, latine et française nous donne souvent "Celui qui est, qui était et qui sera" qui est un peu inepte.

Ce nom de Dieu, ou du moins sa prononciation, va être gardé secret à travers les siècles. C'est cela qui est visé dans le commandement de Dieu : "Le nom du Seigneur tu ne prononceras en vain". Seul le Grand-Prêtre connaît ce Nom et a le droit de le prononcer, une fois par an, dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, le jour du Yum Kippur pour appeler Dieu au pardon des péchés de son peuple. Depuis la destruction du Temple (en 70 après Jésus-Christ), nul n'a pu prononcer ce Nom dans les règles.

Mais Jésus lui-même s'applique ce nom par deux fois.

La première fois lors de son arrestation au Jardin des Oliviers : "Qui cherchez-vous? - Jésus de Nazareth. - Je suis!" (Jn 18,4) Devant la puissance du nom de Dieu, ceux qui venaient l'arrêter reculent et tombent, car nul ne peut entendre ce Nom sans se prosterner.

La seconde fois lors de sa comparution devant Caïphe : "Es-tu le fils du Béni? - Je suis, et vous verrez le fils de l'homme siéger à la droite de la Puissance et revenir sur les nuées du ciel." Le grand-Prêtre déchire alors ses vêtements et déclare devant le Sanhédrin qui n'a pas bougé : N'avez-vous pas entendu le blasphème? Jésus ayant dit le nom de Dieu, Je Suis, seul le grand-Prêtre pouvait comprendre le blasphème de cet homme qui se donne le nom de Dieu.

Pour nous aujourd'hui ce nom est perdu, mais pas la possibilité de l'appel. Le Fils unique de Dieu nous a donné un autre nom pour appeler " Celui qui est " : Notre Père. Il a voulu signifier ainsi que nous sommes, ensemble, aimés de Dieu et héritiers du Royaume puisque par le Baptême nous sommes configurés au Christ, le Premier né d'entre les morts, vivant aujourd'hui dans le Royaume et nous guidant pour que nous-mêmes en prenions possession.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Lycée Miitaire d'Autun

21 mars 2004

Garnison d'Angers

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n+235

Attitudes

Dans la parabole des deux fils qui est proposée par l'Eglise pour ce quatrième dimanche du Carême, le Christ Jésus nous montre avec le fils dépensier deux attitudes qui aussi condamnables l'une que l'autre.

La première consiste à se considérer comme héritier de droit, le fils exige son héritage alors que son père est encore vivant. Il veut pouvoir en jouir sans limites, tout de suite. Pourtant son père expliquera à son fils aîné que tous ses biens sont à leur disposition, sans restriction. Mais le plus jeune estime devoir se dispenser de la relation à son père pour être lui-même.

La seconde attitude est lors de son retour où il se dévalorise en pensant qu'il n'a plus droit au titre de fils. Il ne revient pas par conversion mais un désir de confort. Il ne demande pas à être réintégré dans la famille, mais pouvoir manger à sa faim. Tant qu'à être ouvrier autant l'être chez son père qui traite ses serviteurs avec abondance plutôt que chez ceux qui ne lui donnent même pas les gousses des porcs.

Ainsi en est-il des chrétiens !

Souvent les chrétiens vont penser qu'ils n'ont pas de péchés et qu'il n'est pas utile de rester auprès de leur Père. Les Commandements de Dieu, les conseils évangéliques et la prière leur paraissent superflus. La Parole de Dieu qui invite à se rapprocher de Dieu pour une vie meilleure leur semble archaïque et inadaptée à leur époque. Faisant ainsi, ils se mettent à l'égal de Dieu quant à la motivation de la vie humaine. Pire ils affirment de cette façon qu'ils n'ont pas besoin d'être sauvé, et ne croient pas que le Fils Unique du Père soit venu pour eux afin de les sauver. Dans ces conditions pourquoi vivre un Sacrement que ce soit la Communion ou la Confession ? Peut-être par habitude ou par convention ?

Dans l'autre sens, la dévalorisation de soi-même n'est pas mieux puisque le chrétien va aussi douter que le Christ soit venu pour lui : n'étant plus digne d'être appeler fils, le Fils de Dieu ne va pas livrer sa vie pour lui. Un tel chrétien ne s'approche pas non plus des Sacrements car il ne s'en estime pas digne…

Le Carême nous invite à faire le point sur notre relation à Dieu Père, Fils et Esprit. Est-ce que j'accepte d'être aimé tel que je suis, ni meilleur ni pire que ce que je suis : un fils, créé à l'image de Dieu et restaurer dans cette image par le Fils qui vient pour nous et pour la multitude comme le disent les paroles de la consécration.

père JeanPaul Bouvier
aumônier catholique de la Garnison d’Angers
et du Groupement de Gendarmerie du Maine & Loire

18 mars 2007

Brigade Franco-Allemande

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n°305

Les deux fils

La parabole du fils perdu et retrouvé est située au milieu d’autres paraboles concernant le Royaume de Dieu, saint Luc a regroupé dans un long passage de son évangile les enseignements de Jésus et ses comparaisons simples qu’il prenait pour expliquer l’inexplicable.

Dans le cas de la parabole des deux fils, la comparaison ne nous saute pas aux yeux alors qu’elle était claire pour ses contemporains.

Le fils aîné représente le Peuple d’Israël qui a toujours été avec Dieu, bénéficiant de sa présence matérielle au milieu de lui dans le Temple de Jérusalem véritable trône de Dieu depuis sa construction par le roi Salomon, même depuis que l’Arche d’Alliance a été perdue. Le pèlerinage au Temple est nécessaire au moins une fois par an et à l’occasion d’événements particuliers comme les naissances et/ou retour de couches.

Le plus jeune fils représente ceux qui ont voulu vivre par leurs propres moyens, sans le seul Dieu : ils ont dépensé leur vie et allant se prostituer avec de faux dieux qui leur ont pris tout ce qu’ils avaient d’aspiration vers le transcendant et ont laissé leurs âmes affamées de spiritualité. Le retour du fils puîné dans la parabole apparaît comme peu glorieux : il ne revient que parce qu’il a faim et non pas par amour de son père, il revient par intérêt !

Les textes bibliques et tout spécialement évangéliques étant intemporels, il faut rechercher dans cette parabole, ce qu’elle nous dit aujourd’hui.

Chrétiens, nous avons la chance de vire avec Dieu, mais en nous cohabitent les deux fils. De temps en temps nous sommes le fils aîné qui obéit aux conseils de la Parole de Dieu en essayant de l’appliquer au plus juste dans notre vie quotidienne, c’est sans doute la majeure partie de notre vie. Et quelquefois, nous prenons la place du fils cadet en allant loin de l’amour de Dieu, nous égarant sur les chemins du péché en succombant aux tentations du monde avant de revenir, penauds, à une meilleure adhésion à la foi catholique.

Dans son amour des hommes et des femmes, le Fils Unique de Dieu a laissé à ceux qui croient en lui, à travers ses Apôtres et leurs successeurs les évêques, un moyen simple de marquer ce retour vers le Père : le Sacrement de Réconciliation et de Pénitence : la confession des péchés et le pardon qui y est accordé. Comme le second fils, nous revenons quelquefois par intérêt, sentant bien que notre vie spirituelle est en cause, nous venons avouer nos fautes avec peu de contrition, mais le Père, par l’intercession de son Fils nous donne toujours l’Esprit Saint pour que nous repartions sur de nouvelles bases. Il organise une fête en nous donnant le plus beau vêtement : la robe immaculée du Baptême.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse militaire

14 mars 2010

Fort Neuf de Vincennes

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n°455

La manne cessa de tomber !

Après la longue errance dans le désert, le Peuple de Dieu arrive enfin au pays que Dieu avait promis à leurs pères Abraham, Isaac et Jacob. Lorsqu’ils y pénètrent, ils récoltent les produits du pays que d’autres avaient semés et la manne, cette nourriture céleste qui les a nourris pendant quarante ans, esse de tomber chaque jour. Dieu ne donne pas à son Peuple un pays stérile mais au contraire un pays où « coulent le lait et le miel » comme il l’a promis (cf. Exode 3,8)

L’évocation de cette pérégrination et de son aboutissement est la réalisation de la promesse faite à Abraham :

  • un peuple aussi nombreux que les étoiles dans le ciel ;
  • une terre riche et féconde ;
  • la présence de Dieu dans la Tente de la Rencontre qui accompagne le Peuple.

Le récit de l’amour de Dieu pour son Peuple pourrait s’arrêter à ce moment de l’entrée dans la Terre Promise par le peuple d’Israël. Dieu a tenu la promesse qu’il avait faite à un homme ! Mais Dieu a un projet beaucoup plus important que de simplement favoriser une lignée humaine, en même temps Il lui donnait une mission : être signe de son amour pour tous les hommes au cœur même de l’humanité.

Dieu a multiplié les signes pour montrer à son Peuple qu’il n’était pas le seul bénéficiaire de son amour mais Ses prophètes n’étaient pas toujours reçus comme ils l’auraient mérité. Alors « quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la Loi » (Galates 4,4) Du milieu de Son peuple Dieu envoie Son Fils à l’ensemble de l’humanité. La mort est la résurrection du Christ est un nouveau départ qui conduit vers la véritable Terre Promise, là où la Promesse sera totalement achevée, accomplie.

Actuellement les disciples du Christ sont nourris spirituellement par les Sacrements et tout particulièrement par le Corps du Christ qui nous est donné à satiété. Comme pour la manne, ceux qui récoltent plus n’en ont pas plus que ceux qui récoltent moins : juste à la mesure des besoins de chacun. Il ne s’agit pas pour les chrétiens d’attendre l’entrée dans le Royaume de Dieu aussi impatiemment que les hébreux dans le désert attendaient l’arrivée en Canaan : ils y sont déjà entrés par le Baptême et comme le Peuple de Dieu installé dans son pays, ils reçoivent la même mission :être signes de l’amour de Dieu pour tous les hommes.

Sachons être ces signes vivants !

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes

10 mars 2013

Secteur Vermandois

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n°663

Liberté chérie

En partant après avoir réclamé sa part d’héritage, le plus jeune fils se prive volontairement de deux biens beaucoup plus précieux que l’argent qu’il reçoit : l’amour et la présence de son père. Le père de son côté aime tellement ses fils qu’il les laisse libres de leurs choix, même si la décision du puîné le chagrine, il accepte son désir d’indépendance.

Ce jeune fils, enivré par sa nouvelle autonomie, se perd dans les arcanes des tentations diverses ; il ne se rend pas compte que si la liberté semble être la possibilité de tout faire, elle implique aussi la possibilité de refuser des entreprises qui seraient négatives. N’ayant que sa jouissance personnelle et immédiate comme objectif, il dépense rapidement toute la fortune venant de son père « en menant une vie de désordre » c'est-à-dire une vie sans visée ultime.

N’ayant plus que ses bras pour travailler, il se résout à accepter un travail infâmant : garder des porcs ; sa déchéance est si grande qu’il en arrive à envier la nourriture de ces bêtes considérées comme impures. Ce n’est que du fond de sa détresse qu’« il réfléchit » et réalise la façon équitable dont son père traite les ouvriers qu’il emploie. Son retour au bercail ne sera pas guidé par l’amour qu’il porte à son père, mais par le désir de manger à sa faim : il ne pense même pas que son père pourrait lui accorder un autre pardon que de lui concéder l’autorisation de travailler dans ses champs comme simple ouvrier.

C’est un tout autre scénario qui l’attend ; sans regrets apparents, il ne revenait que par intérêt personnel et non pas par amour, son père guettait son retour avec amour rempli du regret de son départ et « comme il était encore loin » il se précipite vers lui pour « le couvrir de baisers »

Le jeune fils pensait que son péché était impardonnable comme le souligne la formule à laquelle il a longuement pensé : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils ! » Le père se réjouit de son retour et le rétabli sans attendre dans sa dignité de fils et lui donnant « le plus beau vêtement » et en lui faisant mettre « une bague au doigt »

Cette parabole nous touche au plus haut point en raison du sens que prend le mot ‘liberté’ : dans notre siècle il devient synonyme de ‘Je fais ce que je veux’ sans accorder la moindre importance aux conséquences personnelles ou vis-à-vis des autres. Nous exigeons des droits en refusant les devoirs. Le Carême est pour les chrétiens l’équivalent du ‘gardiennage des porcs’ un temps d’introspection pour constater jusqu’où nous sommes tombés mais, contrairement au jeune fils, nous ressentons des regrets de la séparation et nous savons que le Père nous a déjà pardonné : il attend avec patience et amour le retour de ceux qui sont toujours ses enfants.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

6 mars 2016

Secteur Vermandois

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n°863

Il fallait se réjouir !

Dans cette parabole dite ‘du fils prodigue’ le dialogue entre le père et du fils aîné est la pointe de ce passage d’évangile. Peu importe ce que le fils cadet ait pu faire : il est revenu, la fête est nécessaire. L’amour que le père porte à son enfant est supérieur à ce qui peut lui être reproché. La jalousie du frère n’est pas justifiée, il devrait aussi se réjouir du retour de celui qui avait exigé sa part d’héritage. Jésus ne conclut pas la parabole, il laisse à son auditoire – nous ? – à sa conscience : à la place de l’aîné aurait-il pardonné à son frère et se serait-il réjoui à son tour ? Ou bien se serait-il enfermé dans son égoïsme en refusant de participer à la fête ?

Cette parabole vient après deux autres qui manifestent aussi l’amour du Père pour ses enfants : la parabole de la brebis perdue que le berger va rechercher et rapporte sur ses épaules (Luc 15,4-6) et la parabole de la drachme perdue que la femme cherche en balayant avec soin toute sa maison (Luc 15,7-10)

Ces trois paraboles n’en font qu’une seule pour expliquer l’attitude du Père céleste vis-à-vis de l’humanité ; trois cas bien différents :

  • la brebis s’est échappée, elle s’est perdue par elle-même, s’éloignant du berger peut-être comme le fils prodigue pour vivre une aventure mais elle n’a pas les moyens de faire un retour sur elle-même aussi le berger va-t-il la chercher.
  • La drachme n’a pas de volonté, elle n’a pas choisi de se séparer des autres pièces, elle n’a pas de connaissance, la femme met tout en œuvre pour la retrouver et la replacer dans le portemonnaie.
  • Le fils cadet a les moyens de faire un retour sur lui-même, sa motivation pour revenir chez son père n’est peut-être pas glorieuse puisque c’est la faim qui le pousse, mais il fait confiance : son père pourra l’employer comme un ouvrier quelconque.

Ainsi en est-il de l’homme, de nous :

  • Comme la brebis, nous choisissons de nous séparer de Dieu, considérant que nous sommes assez grands pour nous passer de ces consignes qui apparaissent comme des contraintes d’un autre âge ; le Seigneur met sur notre route des témoins qui nous permettent de retrouver le sens de l’amour de Dieu.
  • Comme la drachme, nous sommes frappés par l’indifférence, la monotonie, sans nous en apercevoir nous nous séparons de Dieu et notre vie spirituelle devient inerte. Le Père envoie l’Esprit que nous avons reçu au Baptême et à la Confirmation, cet Esprit nous réveille et nous fait revenir à la Vie.
  • Comme le fils cadet nous tournons le dos à Dieu, mais notre conscience éclairée par le rappel des merveilles que le Père a fait dans notre vie et dans celle des autres hommes, nous revenons vers lui, repentant de nos actions et dans la confiance en son amour.

Ces paraboles nous permettent de mieux appréhender combien le Père aime l’humanité et chaque personne  en particulier : pleinement, sans préférence, infiniment.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies

31 mars 2019

Paroisses Nesle & Athies

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n°1070

De loin !

Dans cette parabole du père et des deux fils, l’attitude du plus jeune parait à la fois très humaine et scandaleuse : humainement, il voudrait pouvoir profiter du fruit de son travail mais il envisage de ne le faire qu’égoïstement, pour son seul intérêt. En ne voyant que la jouissance immédiate de la vie, il a vite fait de dépenser tout ce qu’il avait dans les excès. Etranger et devenu pauvre, il est exploité par ‘un habitant du pays’.

Descendu au plus bas, réduit à garder des porcs – des animaux impurs – il se résout à retourner chez lui, à avouer son échec, à prendre humblement une place de serviteur et ne pas réclamer son rang de fils.

C’est à ce moment de la parabole que se situe une phrase importante : « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. » (v.20). En quelques mots, Jésus présente un père qui depuis le départ de son fils scrute l’horizon avec patience dans l’espérance et l’attente de son retour. Lorsque le jour tant attendu se présente, qu’il aperçoit son fils alors qu’il est encore loin, c’est le père qui se met à courir vers celui qui revient la tête basse pour serrer dans ses bras cet enfant qui lui manquait tant, pour être sûr qu’il est revenu.

Si le fils cadet n’envisageait son retour que d’un point de vue matériel et alimentaire : il serait payé et nourri en échange d’un travail d’ouvrier, il n’en est pas de même pour le père qui ne voit que son enfant revenu auprès de lui : « car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » (v.24)

Une parabole est un récit imagé pour que les auditeurs puissent comprendre une chose plus importante. Jésus raconte celle-ci pour nous faire comprendre que nous sommes tous des fils qui dilapidons l’héritage qui nous a été donné mais notre Père des cieux est là ; il attend le moindre signe d’un retour vers lui pour se précipiter vers nous aussi loin que nous pouvions être ; pour nous restaurer dans notre état de fils ; pour nous recouvrir du plus beau vêtement : le pardon.

Le cadet devant les porcs mangeant des caroubes, fait une introspection sur sa vie. Le carême par le jeûne, l’aumône et la prière permet au croyant de faire cette même réflexion qui a pour effet de nous rapprocher de ce Père qui aime et qui pardonne.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde d’Athies


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