3ème dimanche de Carême
Année B - saint Marc

Exode 20,1-17
Psaume 18
1Corinthiens 1,22-25
Jean 2,13-25

1

Saint Charles de Monceau

mars 1994

témoignage de chefs scouts
( Valentine Courcoux et Cédric d'Hauthuille)

2

Lycée Militaire d'Autun

26 mars 2000

Scandale et folie

3

Forces Armées de Guyane

22 mars 2003

la juste colère

4

Brigade Franco-Allemande

15 mars 2009

Ne faites pas de la Maison de mon Père
une maison de trafics

5

Fort Neuf de Vincennes

11 mars 2012

Le Temple de Jérusalem

6

Secteur Vermandois

8 mars 2015

Le sanctuaire de son Corps

7

Athies & Nesle

4 mars 2018

Vendeurs et changeurs

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mars 1994

Saint Charles de Monceau

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Scoutisme

Lorsque nous avons préparé la messe avec les cheftaines et les chefs scouts, je leur avais demandé s'ils voulaient faire l'éditorial de la feuille paroissiale. Deux volontaires se sont désignés et voici le texte qu'ils ont écrit. La réflexion que nous avions mené sur les passages de l'Ecriture de ce dimanche, n'est évoquée que dans le premier paragraphe, mais ce qui compte, c'est leur expression.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier des Scouts et des Guides de saint Charles de Monceau

Comme le Serpent de Bronze fut élevé par Moïse dans le désert, comme le Fils de l'homme fut élevé des ténèbres, le scoutisme nous a été révélé.

En effet, le scoutisme nous a été présenté comme une occasion d'ouverture, vers les autres, vers la nature et vers Dieu. Cet idéal ne nous a été nullement imposé, et a demandé, de la part de ceux qui en font partie, un investissement personnel et permanent.

Les Scouts ne s'engagent-ils pas à être toujours prêts? Prêts à se tourner vers la lumière, prêts à être Scouts, y compris en dehors des réunions, dans notre environnement quotidien. Prêts à donner, à échanger, à recevoir. Prêts à être responsables d'Eglise, à être des "acteurs chrétiens du développement". Prêts à être serviteurs des autres. Prêts à accueillir. Prêts à être témoins.

Tout ceci pourrait nous permettre de nous tourner vers une lumière qui pourrait être la joie des enfants, une veillée bien construite, un contact plus intime avec la nature, un épanouissement personnel.

Merci Seigneur de nous avoir donné la force de nous engager dans le Scoutisme.

Valentine COURCOUX et Cédric d'HAUTHUILLE
Chefs 215ème Louveteaux - saint Charles de Monceau

26 mars 2000

Lycée Militaire d'Autun

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Scandale et folie

Saint Paul écartelé entre deux mondes très différents, le monde juif et le monde grec, recherche ce qui fait leur essence. Les Juifs attendent le Messie en mettant toute leur confiance en ce Dieu qui les fait sortir d'Egypte les libérant le l'esclavage et qui leur a promis la venue d'un Messie, prophète plus grand que Moïse, roi plus grand que David ; Les Grecs recherchent la sagesse en mettant toute leur confiance dans l'homme et sa pensée qui peut expliquer toute chose.

Ayant souligné les trait majeurs de ces deux mondes, saint Paul annonce le Christ.

Mais pour les Juifs, ce Messie-là ne correspond pas très bien à leur attente, ils veulent un roi qui boutera les Romains hors de Palestine, qui restaurera la puissance d'Israël, qui montrera au monde entier la puissance de leur Dieu et l'amour qu'il porte à son peuple. Pire même, ce pharisien converti au nouveau culte prêche une incarnation de Dieu. Sacrilège et blasphématoire.

Mais pour les Grecs, cette doctrine ne correspond pas très bien à leurs schémas de pensée. Des demi-dieux, ils en ont plein leur panthéon ; de nombreuses légendes content les avatars des fils et des filles de dieux, mais ce ne sont que des contes et les penseurs grecs estiment que ce ne sont là que des fariboles bonnes pour le bas peuple mais la pensée humaine digne de ce nom ne peut se contenter de ces fables. Pire même ce citoyen romain prêche un Dieu unique en trois personnes et la résurrection des corps. Incroyable et insensé.

Face aux incompréhensions juives, saint Paul explique aux Corinthiens que c'est justement dans le scandale de la Croix que Dieu montre la puissance de sa royauté (les premières représentations du Christ en croix, le montre revêtu de la toge royale) et de son amour, que les Juifs comprennent que ce Jésus leur offre une nouvelle libération, de l'esclavage du péché et de la mort, qui est l'accomplissement définitif de la promesse faite à Abraham.

Face aux incompréhensions grecques, saint Paul explique que c'est dans cette folie apparente que Dieu se montre sage, il leur montre que c'est une valorisation de l'homme et de sa pensée puisque Dieu remet toujours l'homme face à sa propre conscience, il ne s'agit plus de dieux qui viennent semer la zizanie au milieu des hommes mais d'un Dieu qui fait confiance à l'homme et l'estimant pleinement responsable.

Nous avons une civilisation bien différente de l'attente juive ou de la pensée grecque, une civilisation marquée par le matérialisme immédiat et une conception de la réussite limitée à cette vie terrestre. Comment pouvons annoncer la résurrection d'un Christ crucifié ayant toutes les apparences de l'échec de sa vie et de son message pour nos contemporains ?

Ce genre de démon ne se chasse que par le jeûne et la prière (Mt 17,21). Profitons de nos efforts de carême pour prier Dieu, Père Fils et Esprit de nous donner d'être des prédicateurs explicites.

Père JeanPaul Bouvier

22 mars 2003

Forces Armées de Guyane

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La juste Colère

Jésus paraît comme celui qui supporte tout, l’injure, l’incompréhension, la critique et même la mort. L’évangile de ce jour nous propose un épisode de la vie de Jésus où il a des gestes violents et, semble-t-il colérique.

Ce mouvement prouve, s’il en est besoin, la réalité de l’humanité de Jésus. Devant l’injustice sacrilège de ces hommes qui profitent des pèlerins au sein même du Temple de Dieu, la moutarde lui monte au nez. Il s’agit d’un réflexe incontrôlable comme un parent qui après avoir arraché son enfant à un danger immédiat va le gifler, non pour le punir mais pour exorciser la peur qu’il a eue.

Pourtant, juste après, Jésus montre que le Temple n’est qu’un accessoire de la foi, il peut être détruit car il est devenu périmé par la présence du Fils unique de Dieu. Comme il le dit à la Samaritaine dans l’évangile de saint Jean : « Mais l'heure vient-et c'est maintenant-où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent adorer. » (Jn 4,23-24)

Jésus reproche aux vendeurs du Temple leur esprit de cupidité. Ils ne sont pas là pour permettre aux personnes pieuses d’offrir un sacrifice dans la sérénité  et d’adorer Dieu ; ils ne respectent pas le Seigneur et sa présence réelle dans le Temple ; ils ne viennent que pour amasser de l’argent : « Nul ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent. » (Mt 6,24) ils mettent à l’approche de l’édifice sacré une ambiance mercantile faite de marchandages et de propositions concurrentielles.

Il nous est facile de condamner ces marchands ! Mais la présence de Dieu n’était réelle que dans le Temple de Jérusalem, pour nous, chrétiens, il est réellement présent dans le tabernacle de toutes les églises ; spirituellement présent lorsque nous sommes à deux où trois réunis en son nom ; et matériellement présent en chacun de nos frères et chacune de nos sœurs. Dans ces présences, n’avons-nous pas quelquefois des attitudes de profit qui ne sont pas conformes à l’esprit de l’Evangile ?

L’amour de la maison du Seigneur dont parle l’évangile fait-il notre tourment ? Depuis la résurrection, la maison du Seigneur est constituée de tous les hommes et femmes, essayons d’y penser pendant le temps de Carême qui nous reste !

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier catholique des Forces Armées de Guyane

15 mars 2009

Brigade Franco-Allemande

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Ne faites pas de la Maison de mon Père une maison de trafics

Sur le parvis du Temple de Jérusalem de nombreuses échoppes s’étaient installées pour les besoins de la liturgie quotidienne ; les offrandes que devaient faire les croyants et les boutiques de changeurs pour les juifs de la Diaspora, c’est-à-dire tous ceux qui habitaient à l’extérieur de la Palestine mais qui venaient régulièrement en pèlerinage à Jérusalem.

L’homme étant ainsi fait, les profits étaient sans doute exagérés par ces marchands, en raison de la différence commerciale entre l’offre et la demande : les pèlerins voulaient tous l’agneau sans tache prévu pour les sacrifices ou les deux colombes pour resocialiser les femmes qui avaient accouché.

Il est facile de condamner ces profiteurs vingt siècles après ! Mais ne constatons-nous pas les mêmes excès à proximité des lieux de pèlerinage d’aujourd’hui ? Ces vendeurs du Temple ont des continuateurs !

Toutefois, avant de lancer un anathème quelconque sur ces personnes qui exploitent le désir spirituel de personnes pieuses, il faudrait que nous-mêmes fassions un examen de conscience. Lorsque nous participons à un office ou à une démarche religieuse, nous cherchons principalement un profit spirituel personnel alors que le Fils nous demande de porter la Bonne Nouvelle, l’Evangile au sens propre, à tous nos frères qui n’ont pas eu la chance de rencontrer le Seigneur. Nous ressemblons alors à ces marchands qui cherchent un bénéfice sans se préoccuper de la démarche de ceux qu’ils côtoyaient ?

Le don des 10 commandements que la première lecture nous rappelle, Jésus l’a résumé en répondant à une question sur le plus grand commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22,37-39) Si nous voulons ne pas être des ‘profiteurs’ de la foi nous ne pouvons venir adorer Dieu, Père, Fils et Esprit sans nous soucier de nos frères et sœurs qui sont autour de nous.

Souvenons-nous de l’exhortation de saint Jacques : « Tu as de la foi; moi aussi, j'ai des oeuvres; prouve-moi ta foi sans les oeuvres et moi, je tirerai de mes oeuvres la preuve de ma foi. » (Jacques 2,18)

Père JeanPaul Bouvier

11 mars 2012

Fort Neuf de Vincennes

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Le Temple de Jérusalem

Pendant l’Exode, Dieu fait construire à Moïse une ‘Tente de la Rencontre’ (cf. Exode 25-31) pour avoir au milieu de son peuple errant dans le désert une demeure en toile contenant l’‘Arche d’Alliance’ qui est le trône de Dieu, seul roi d’Israël. Dieu est logé comme son peuple, sous la tente !

Installé à Jérusalem dont il a fait la capitale du pays, le roi David désire construire pour Dieu un palais qui soit digne de Lui, mais Dieu lui révèle par le prophète Nathan que ce n’est pas lui mais son fils qui construira le Temple (cf. 2Samuel 7,1-29) Salomon, le fils de David et de Bethsabée, entreprend une construction grandiose en ne lésinant sur aucun point : métaux, bois et pierres précieux sont utilisés à profusion. Lors de la dédicace, l’‘Arche d’Alliance’ est déposée dans le Saint des saints, vingt-deux mille bœufs et cent vingt mille moutons sont offerts en sacrifice (cf. 1Rois 8, 62-64)

Nabuchodonosor écrase le Royaume de Judée en 586, déporte les juifs à Babylone et saccage et détruit complètement le Temple en emportant tous les objets liturgiques en or. Alors que les juifs sont en exil à Babylone, Dieu inspire au roi Cyrus (538 av.JC) de laisser partir les juifs et de leur permettre de reconstruire le Temple, il sera achevé en 520 av.JC mais de façon beaucoup plus modeste que celui de Salomon. Profané au début du IIème siècle av.JC, il est restauré et purifié.

A la fin du premier siècle av.JC, le roi Hérode (73-4 av.JC) décide de l’agrandir et de l’embellir pour se mettre dans les bonnes grâces des juifs qui le considèrent comme un usurpateur imposé par les romains ; les travaux durent longtemps puisqu’ils ne sont pas finis lorsque Jésus y proclament son message. Aux grandes fêtes des foules affluent de tout le bassin méditerranéen en pèlerinage pour y offrir holocaustes et sacrifices. Il sera complètement détruit, ainsi que toute la ville de Jérusalem en 70 lors de la révolte contre les romains.


le Temple de Jérusalem à l'époque de Jésus

Le Temple, comme la Tente de la Rencontre avant lui, est le signe de la présence physique de Dieu au milieu de son peuple ; il ne peut être qu’unique, seul lieu où des sacrifices et holocaustes peuvent être offerts. Le Saint des saints ne contient plus l’Arche d’Alliance qui a disparu lors de la mise à sac de Jérusalem par Nabuchodonosor, mais deux grands chérubins en or sont plaqués au mur pour rappeler le propitiatoire de l’Arche.

A la mort de Jésus, les trois évangélistes synoptiques soulignent que le rideau qui sépare le saint du Saint des saints se déchire du haut en bas laissant voir la pièce sacrée (Matthieu 27,51 ; Marc 15,38 ; Luc 23,45) ils voulaient signifier par ce fait que la Résurrection de Jésus, trois jours après, manifestera une nouvelle présence de Dieu non plus localisée mais universelle.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

1er mars 2015

n°807

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Le sanctuaire de son Corps

Lorsque le IVème évangile est écrit – au début du IIème siècle – le Temple de Jérusalem ainsi que toute la ville ont été détruits depuis plus de 30 ans. Les juifs ont été dispersés dans l’ensemble du monde romain ; le Temple, demeure de Dieu parmi les hommes, était l’unique Temple, ils n’ont plus aucune possibilité d’offrir des sacrifices ou des holocaustes à Dieu, et s’ils ont l’espérance de pouvoir le reconstruire un jour, il n’y a aucune perspective dans ce sens.

« Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur. » (Actes 2,46) Si les Apôtres avaient gardé l’habitude d’aller prier au Temple, les disciples réunis au Nom de Jésus pour le partage du pain se réunissaient dans leurs maisons, sachant que le Seigneur était avec eux comme il l’avait promis : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Matthieu 18,20)

En comparant le Temple constitué de pierres assemblées de main d’homme à son Corps de chair, Jésus veut faire comprendre à ses auditeurs que la présence de Dieu n’est plus localisée dans une pièce obscure d’un bâtiment qui peut être détruit – et qui le sera, mais elle réside dans le Corps glorifié du Fils ressuscité, premier-né d’entre les morts (cf. Colossiens1,15-18) mais aussi dans ses disciples, individuellement  : « un de ces petits qui sont mes frères. » (cf. Matthieu 25) ou communautairement : « vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. » (1Corinthiens 12,27)

« Pour définir, pour décrire cette véritable Eglise de Jésus-Christ - celle qui est sainte, catholique, apostolique, romaine - on ne peut trouver rien de plus beau, rien de plus excellent, rien enfin de plus divin que cette expression qui la désigne comme "le Corps mystique de Jésus-Christ" ; c'est celle, du reste, qui découle, qui fleurit pour ainsi dire, de ce que nous exposent fréquemment les saintes Ecritures et les écrits des saints Pères. » (Pie XII – Mystici Corpori – 29 juin 1943) Cette Eglise – Corps Mystique du Christ – naît le dimanche de Pâques lorsque le Ressuscité sort de son tombeau ; comme promis, il est le Temple nouveau rebâti en trois jours.

Configurés au Christ par notre Baptême, nous devons veiller à ce que ce Temple ne soit pas transformé en ‘maison de commerce’ mais reste dans son rôle essentiel de lieu où se rassemblent les véritables adorateurs du Père (cf. Jean 4,19-24) révélé par le Fils dans l’Esprit.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

4 mars 2018

Paroisses Nesle & Athies

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n°996

Vendeurs et changeurs

Lorsque les juifs parlent du Temple, ils englobent toute l’esplanade qui l’entoure. C’est-à-dire, de l’intérieur vers l’extérieur, le Sanctuaire proprement dit, lui-même divisé d’une part le ‘Saint des Saints’ où se trouve la présence de Dieu, seul le Grand-Prêtre peut y pénétrer, une fois par an, le jour du Yum-Kippur pour demander le pardon des péchés du peuple et, d’autre part, le ‘Saint’, devant le Saint des Saints, où se trouvent le chandelier à 7 branches, l’autel de l’encens et la table des petits pains d’oblation (cf. Exode 25), espace dans lequel un prêtre vient plusieurs fois par jour pour entretenir le culte perpétuel (cf. Luc 1,8-22). Autour du Sanctuaire se trouve le parvis des prêtres et lévites qui sacrifient sur l’autel les animaux offerts par les croyants. Vient ensuite le parvis des hommes qui viennent adorer le Seigneur (cf. Luc 18,8-14) puis celui des femmes (cf. la prophétesse Anne – Luc 2,36) et enfin la cour des ‘gentils’ c’est à cet endroit que se trouvent tous ces vendeurs et changeurs que Jésus chasse.

Ce que Jésus condamne, ce n’est pas le juste commerce mais le bénéfice éhonté que ces hommes font sur les obligations rituelles : lors des pèlerinages prescrits par la Loi, les juifs offrent des holocaustes et des sacrifices en grand nombre mais ils ne viennent pas avec les animaux, ils se les procurent sur place et les vendeurs profitent de cette demande pour pratiquer des prix majorés ; de même les changeurs ont des taux de transaction très supérieurs en raison de leur situation incontournable pour les juifs de la diaspora venus à Jérusalem. C’est pourquoi Jésus les traite de ‘voleurs’. Le Fils incarné a une attitude très humaine : devant une telle injustice, il ne peut retenir sa réaction en présence de la malhonnêteté de ces hommes qui utilisent la dévotion sincère des croyants pour s’enrichir.

Au-delà de cette réaction qui montre la réalité de l’humanité de Jésus, Fils de Dieu, ce texte pose aux croyants une véritable question spirituelle sur leur attitude personnelle : ‘Est-ce que je profite d’une position privilégiée pour exploiter les autres ?’ Pas seulement au niveau financier, il y a beaucoup d’autres domaines où les hommes peuvent avoir des avantages sur les autres, mais au lieu de les mettre au service de la communauté, ils vont les utiliser pour un bénéfice personnel et égoïste au détriment de ceux qui n’ont pas ces possibilités.

Face à cette question, quelle est ma réponse ? Le Christ n’a-t-il aucune raison de se mettre en colère contre moi lorsque j’abuse d’une situation que je tiens de lui ? Le Carême est un temps favorable aux examens de conscience. La relation aux autres est un point central pour mettre en pratique le commandement du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde d’Athies


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