2ème dimanche de Carême
Année "C"

Genèse 15,5-18 - Psaume 26 - Philippiens 3,17-4,1 - Luc 9,28-36

 

1

Lycée Militaire d'Autun

10 mars 2001

Prenez-moi tous pour modèle

2

Brigade Franco-Allemande

4 mars 2007

Rituel d'alliance

3

Fort Neuf de Vincennes

28 février 2010

Moïse - Elie - Jésus

4

Secteur Vermandois

24 février 2013

La ‘Nuée

5

21 février 2016

Lumière des hommes

6

Athiées & Nesle

17 mars 2019

Un sommeil mystérieux

 

13 mars 2022

Transfiguration

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3 mars 2001

Lycée Militaire d'Autun

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Prenez-moi tous pour modèle

Saint Paul ne manque pas d'aplomb pour avoir dicté cette phrase. Et il est sincère !

En fait, le terme grec summimètè désigne celui qui imite avec d'autres. Il s'agit donc bien d'un ensemble, d'une communauté qui est invitée à imiter Paul. Dans le cœur de cette communauté, je me dois d'imiter l'Apôtre, mais je me dois aussi d'imiter mes frères tout en les incitant à imiter le modèle. Saint Paul ne prétend pas être parfait à lui tout seul et la suite de la phrase le prouve " regardez bien ceux qui vivent selon l'exemple que nous vous donnons ", il ne demande pas à la communauté d'imiter servilement ou bêtement comme un singe peut mimer l'homme, ou un humoriste faire une caricature, mais au contraire d'être dynamique, inventive.

D'ailleurs si nous utilisons une comparaison artistique, entre le modèle et l'œuvre, il y a un monde d'écart. Le même modèle peut avoir une interprétation différente suivant l'interprète. La même sonate jouée par des pianistes différents prend des colorations diverses ; les peintres et les sculpteurs ont rendu les mêmes scènes de la vie de Jésus et de Marie en fonction de leur propre vue de ces événements.

Ainsi en est-il de l'imitation de l'Apôtre en particulier et des saints en général, il ne s'agit pas de faire la même chose, il s'agit de répondre à l'appel de Dieu dans MA vie. En copiant grossièrement tel ou tel saint, je ne réponds pas à mon appel personnel, je m'applique à répondre à la vocation de ce saint, mais pas à la mienne.

Alors comment faire ?

Faire comme eux ne signifie pas faire la même chose. Faire comme eux c'est écouter et méditer la Parole de Dieu, pour pouvoir l'annoncer ; c'est célébrer les sacrements, confession et eucharistie, pour pouvoir en vivre ; c'est prier seul et avec d'autres, en dialoguant avec Dieu, Père Fils et Esprit plutôt qu'en soliloquant ou en ânonnant ; c'est faire confiance à l'Eglise, Corps du Christ, car elle nous montre le chemin qui conduit vers le Royaume, même si je suis souvent sur le bas-côté ; c'est voir le Christ dans mes frères, et découvrir ceux qui souffrent spirituellement, matériellement, physiquement, moralement.

Si je réussis cela, je serais non seulement un imitateur de l'Apôtre ou des saints, mais aussi de Jésus Christ.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Lycée Militaire d'Autun

4 mars 2007

Brigade Franco-Allemande

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Rituel d’alliance

Dans la lecture du livre de la Genèse qui nous est proposée dans ce 2ème dimanche de Carême, il y a la description du rituel que le Seigneur propose à Abraham pour sceller son alliance. Ces dispositions étaient connues comme pacte entre deux parties à l’époque où les contrats écrits n’avaient pas cours.

Les deux personnes qui désiraient s’allier coupaient un animal (bovin ou ovin) en deux quartiers de la tête à la queue. Puis ayant séparé ces deux morceaux, ils passaient entre les deux en invoquant leurs dieux respectifs et déclarant que s’ils n’étaient pas fidèles à cet accord, il leur soit fait comme à ces animaux.

C’est ce rituel commercial que Dieu utilise avec Abraham pour lui montrer à quel point il s’engage. Cependant deux différences importantes sont soulignées par l’auteur inspiré de ce passage.

Il n’y a pas d’imprécation particulière : le Seigneur ne peut invoquer son dieu !

Un symbole du Seigneur, un brasier et une torche, passe seul entre les deux quartiers des animaux.

Par sa formulation, le texte biblique affirme l’unicité de Dieu qui dispose à sa guise des possessions terrestres et les donne à qui il veut sans qu’aucune idole ne puisse lui être opposée.

Le Seigneur seul s’engage en passant entre les animaux sacrifiés, Abraham est simplement témoin de l’engagement que Dieu prend de lui donner ce pays.

Quarante siècles après Abraham, les croyants vivent toujours sous cet engagement de Dieu mais les quartiers d’animaux ont été remplacés par un sacrifice plus grand encore : le Fils Unique a donné sa propre vie pour nous affirmer cette Alliance et son renouveau. La terre qui nous est promise n’est plus simplement un bien terrestre mais la possession du Royaume de Dieu dont les humains étaient exclus et comme Abraham nous recevons ce don sans aucune obligation de notre part.

L’Alliance passée avec le père des croyants, transfigurée par le sacrifice du Christ, fait de nous, selon l’expression de saint Paul dans sa lettre aux Philippiens « des citoyens des cieux ! » et à ce titre nous ne sommes plus ces « ennemis de la croix du Christ… qui ne tendent que vers les choses de la terre. »

Le temps de Carême qui nous est proposé nous permet de méditer sur ce Dieu, Père, Fils et Esprit qui s’engage envers les hommes par grâce et par amour.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse militaire

28 février 2010

Fort Neuf de Vincennes

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Moïse – Elie – Jésus

Tout le monde, même les personnes qui n’appartiennent pas au judaïsme ou au christianisme, connaît le personnage de Moïse, ou du moins pense le connaître à travers des représentations approximatives dues à des films hollywoodiens. La mémoire collective va retenir son sauvetage sur les flots du Nil, le buisson ardent ou le don des dix Commandements parce que ces scènes parlent à l’imagination. Pourtant le rôle de Moïse dans la Bible ne se restreint pas à ces images faciles à mettre en scène. Bien avant de lui remettre les tables de la Loi Dieu fait un don beaucoup plus important à Moïse : Il lui donne son NOM. Donner son nom à quelqu’un c’est lui donner en même temps un certain ascendant : il peut appeler Dieu par son Nom ! D’autre part Moïse est celui qui va réaliser la promesse que Dieu a faite à Abraham : constituer le Peuple de Dieu, non plus seulement les descendants héréditaires d’un ancêtre commun, mais une assemblée de personnes liées par l’appartenance à une foi librement reçue et acceptée. Le livre de l’Exode commence par rappeler ceux qui sont arrivés en Egypte, uniquement la famille de Jacob composée de 70 personnes (Exode 1,1-5) ; il se termine par la dédicace de la Tente de la Rencontre (Exode 40) siège de la Gloire de Dieu, qui dirigera désormais le peuple des croyants.

Le prophète Elie est beaucoup moins connu que la figure emblématique de Moïse, pourtant il est aussi remarquable dans la révélation de l’amour de Dieu pour les hommes. Ce prophète exceptionnel a le privilège d’entrer vivant dans la Gloire de Dieu, ce qui avait été refusé à Moïse qui ne pouvait entrer dans la Tente lorsque la Gloire de Dieu y était (Exode 40,35) Le char de Dieu vient enlever Elie devant les yeux de son disciple Elisée. L’ascension d’Elie est un point important qui a donné lieu à toute une littérature post-biblique et le Peuple de Dieu attend le retour d’Elie comme signe l’instauration de Son Royaume.

Ce sont ces deux personnages notables de l’Ancien Testament qui viennent rendre un hommage à Jésus lors de la Transfiguration dans la Nuée divine ! Ainsi Jésus, présenté par le Père comme étant le Fils, montre à ses Apôtres qu’il reprend les missions inaccomplies de Moïse et d’Elie.

  • De Moïse en étant celui qui constituera le Peuple de Dieu universel composé de tous les hommes et femmes qui reconnaîtront le Fils dans son rôle salvifique, la Gloire de Dieu n’est plus seulement dans la Tente de la Rencontre mais en chaque homme et chaque femme ;
  • D’Elie en étant celui qui instaure le Règne de Dieu sur la terre et qui fait entrer l’humanité vivante dans le Royaume.

Après des hommes inspirés mais pécheurs, témoins avant-coureurs, le Père envoie son propre Fils pour manifester son amour à l’humanité pour rendre complète la Révélation

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes

24 février 2013

Secteur Vermandois

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La ‘Nuée

Les Apôtres Pierre, Jacques et Jean sont juifs et ils ont été imprégnés dès l’enfance par la tradition de l’Ecriture. Le Seigneur parlant dans la Nuée évoque pour eux les récits de l’Exode où Dieu guide son Peuple par la Nuée le jour et une colonne de feu la nuit. En particulier lorsque la ‘Tente de la Rencontre’ est achevée, Dieu vient prendre possession de son trône au milieu du campement israélite « Alors la nuée couvrit la Tente de la Rencontre, et la gloire de l’Eternel remplit le tabernacle. Moïse ne pouvait pas entrer dans la Tente de la Rencontre parce que la nuée restait dessus, et que la gloire de l’Eternel remplissait le tabernacle A toutes leurs étapes, lorsque la nuée s'élevait au-dessus de la Demeure, les Israélites se mettaient en marche. Si la nuée ne s'élevait pas, ils ne se mettaient pas en marche jusqu'au jour où elle s'élevait. Car, le jour, la nuée de Dieu était sur la Demeure et, la nuit, il y avait dedans un feu, aux yeux de toute la maison d'Israël, à toutes leurs étapes. » (Exode 40,34-38)

De même lors de la dédicace du Temple de Salomon (# 950 avant Jésus-Christ) « « Or quand les prêtres sortirent du sanctuaire, la Nuée remplit le Temple du Seigneur et les prêtres ne purent pas continuer leur fonction, à cause de la Nuée: la gloire du Seigneur remplissait le Temple du Seigneur ! » (1Rois 8,10-11)

La présence de Moïse et du grand prophète Elie dont le retour est attendu ne fait que renforcer la certitude des Apôtres : Jésus est bien le Messie, et il est le Fils bien-aimé de Dieu, Dieu lui-même car il entre dans la Nuée et il y fait entrer Moïse et Elie. Ainsi Jésus se révèle comme le Nouveau Temple, là où Dieu parle aux hommes : « Jésus leur répondit : "Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai." […] Mais il parlait du sanctuaire de son corps. » (Jean2,19.21)

Nous n’avons pas la culture de l’Ecriture comme pouvaient l’avoir les juifs contemporains de Jésus, et pour nous cet épisode n’est pas aussi évocateur que pour les Apôtres. La lecture régulière de la Bible nous apporte des éléments de réflexion sur cette ‘Nuée’ qui est présence de Dieu, qui guide le peuple, qui révèle Jésus comme Fils égal au Père. Elle ne se manifeste plus parce que désormais le Christ guide le peuple chrétien et il est présent dans les Sacrements qu’il nous a donnés, tout particulièrement dans son Corps visible de l’Eucharistie, également dans son Eglise, son corps mystique, et surtout dans le ‘prochain’ : « dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (Matthieu 25,40)

La Transfiguration et la Nuée sont des signes du passage de la Loi de Moïse et des prophètes à l’enseignement des Apôtres, de l’Ancienne Alliance à la Nouvelle. En Jésus, le peuple de Dieu est lui aussi transfiguré des descendants d’Abraham à toute l’humanité.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

21 février 2016

Secteur Vermandois

n°861

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Lumière des hommes

Jésus apparaît comme Dieu le Fils : dans la Gloire. L’évangéliste ne trouve pas d’autres termes pour décrire cette apparition, il écrit que son vêtement devint d’une « blancheur éblouissante » c'est-à-dire comme une lumière qui jaillissait de lui.

La lumière est la première et la seule chose créée le premier jour ; c’est le premier acte de Dieu – Père, Fils et Esprit – dans la Création « et il vit que la lumière était bonne ».(cf. Genèse 1,3-4) et la lumière gagne sur les ténèbres ! (cf. Genèse 5)

Dieu promettait la venue du Messie comme une lumière pour l’humanité : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » (Isaïe 9,1)

A la naissance de Jésus, ce sont les bergers qui sont avertis : « L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. » (Luc 2,9) Jésus est déjà annoncé par la ‘lumière de la Gloire de Dieu’.

Les ‘mages venus d’Orient’ sont guidés par la lumière d’une étoile apparue dans le ciel et vienne à Bethléem adorer l’enfant en lui offrant des cadeaux symbolisant sa royauté (l’or) son éternité (la myrrhe) et sa divinité (l’encens) (cf. Matthieu 2,11)

Lors de la présentation au Temple, Siméon reconnaît l’enfant comme celui dont il devait voir la révélation avant de mourir, il s’exclame : « Mes yeux ont vu le Salut […] lumière que Tu préparais à la face des peuple » (Luc 2,30.32)

Le IVème évangéliste fait dire à Jésus comme une révélation : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jean 9,12)

Au moment où Jésus va mourir sur la Croix « C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure » (Luc 23,44) signifiant que la lumière de l’humanité s’éteint.

Pendant la Vigile Pascale le cierge, symbole de la Résurrection du Christ, est solennellement allumé comme le feu nouveau, cette flamme présidera à tous les Baptêmes en signe d’adoption par le Père comme le Fils bien-aimé, et à toutes les funérailles chrétiennes en signe de notre espérance en la Résurrection des corps.

Aujourd’hui, le Christ nous dit : « Vous êtes la lumière du monde. […] De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Matthieu 5,14.16)

Cette lumière éclaire nos vies et nos consciences. En suivant cette lumière nous sommes sûrs de suivre le chemin de Dieu et d’être des témoins de l’amour et de la miséricorde du Père devant tous les hommes.

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
administrateur des paroisses de Nesle et Athies

17 mars 2019

Paroisses Nesle & Athies

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n°1067

Un sommeil mystérieux

Le récit de la Genèse montre le patriarche Abram qui succombe à ‘un sommeil mystérieux’ et ‘une sombre et profonde frayeur tomba sur lui’ (v.12). Ainsi, il ne peut distinguer le passage des signes de Dieu, ‘un brasier fumant et une torche enflammée’ qui passent entre les moitiés d’animaux pour conclure l’Alliance que Dieu lui propose.

Ce ‘sommeil mystérieux’ rappelle d’autres manifestations de Dieu dans l’Ancien Testament. Par exemple celui où Jacob voit en songe les anges qui montent et descendent du ciel sur une échelle (cf. Genèse 28,10-22) ; le plus connu est celui qui est rapporté pour le premier homme : « L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde. Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place. » (Genèse 2,20-21)

Dans ces trois cas – Adam, Abram et Jacob – le ‘sommeil mystérieux’ les empêche de voir la Gloire de Dieu, ils ne font que constater les conséquences de l’action divine : création de la femme, conclusion de l’Alliance et l’assistance de Dieu à celui qui recevra le nom d’Israël.

Saint Luc reporte une situation similaire dans le récit de la Transfiguration : « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil » (v.32a) mais contrairement aux Patriarches « restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus » (v.32b). Depuis tout le temps qu’ils suivaient Jésus, ils étaient avec Dieu-le-Fils et, ce jour-là, ils découvrent qui il est réellement. La présence à ses côtés de Moïse et de Elie leur montre que Jésus est depuis les origines l’inspirateur de la Loi symbolisée par Moïse et de toutes les prophéties symbolisées par Elie. La nuée, présence de la Gloire de Dieu dans les récits de l’Exode, vient confirmer ce que les Apôtres voient : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le » (v.35)

C’est la présence du Christ qui a permis aux Apôtres de rester éveillés. Aujourd’hui l’Eglise, corps mystique du Christ, permet à ses fidèles de rester éveillés et de voir la Gloire de Dieu même si le péché de l’Homme, c'est-à-dire nos péchés, tente d’occulter la Gloire. La progressivité du Carême et son appel à la conversion permettent de clarifier le regard dans l’attente du jour du Seigneur : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. » (1Jean 3,2) En attendant, agissons en enfants de Dieu !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde d’Athies

13 mars 2022

Paroisses Nesle & Athies

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n°1263

Transfiguration

Moïse est le grand prophète, celui qui, au nom de Dieu ; a fait sortir le peuple hébreu d’Egypte. Le seul homme qui parlait avec Dieu « Le Seigneur parlait avec Moïse face à face, comme on parle d’homme à homme. » (Exode 33,11). Même s’il se retire sur la montagne pour y mourir, sa mort n’est pas vraiment relatée et il n’y a été gardé aucune trace de son tombeau ; aussi la tradition juive a-t-elle en envisagé qu’il ne soit pas mort mais enlevé aux cieux auprès de Dieu.

Elie, autre grand prophète, est enlevé sur le Char de Dieu devant les yeux de son disciple Elisée. Il est parti dans les cieux auprès du Seigneur : « ls étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan. » (2Rois 2,11) La tradition juive a supposé qu’il reviendrait pour annoncer le règne de Dieu et de son Messie. C’est pourquoi les foules posent la question à Jen le Baptiste : «  Ils lui demandèrent : ‘Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ?’ Il répondit : ‘Je ne le suis pas.‘ » (Jean 1,21)

Ce sont ces deux personnages qui apparaissent soudainement autour d’un Jésus transfiguré, rayonnant de la lumière divine. Pour Pierre, Jacques et Jean cela ne fait aucun doute, comme au jour du Baptême de Jésus, les cieux se sont ouverts, la terre et le ciel sont en communicationet revenus en communion. Ceux qui sont aux cieux, Moïse et Elie, peuvent venir sur terre et s’entretenir face-à-face avec Jésus

En voyant des personnages aussi importants de la foi juive s’entretenir avec Jésus, Pierre, malgré sa frayeur, aimerait que cela dure toujours, aussi propose-t-il de s’installer, de dresser trois tentes. A peine a-t-il fait sa proposition qu’une voix vient du ciel pour affirmer : ‘Celui-ci est mon Fils bien-aimé’ au cas où les Apôtres n’auraient pas compris que le face-à-face de ces prophètes avec Jésus manifestait sa divinité.

Nous aurions facilement tendance à envier les Apôtres qui sont témoins de tels événements. Mais nous avons aussi bien sinon mieux comme signes, en particulier la transsubstantiation, c’est à dire que, même si l’apparence reste, le pain de l’hostie est transformé dans sa substance en Corps du Christ. Sur l’autel le Christ ressuscité est présent, les cieux sont ouverts : celui qui par excellence est auprès du Père, le Fils unique, vient sur terre pour s’entretenir avec nous par sa Parole.

Comme Pierre, nous aimerions que cela dure toujours et nous voudrions nous installer, mais au contraire de ce passage d’évangile, le Christ est ressuscité et donc, loin de nous taire, nous devons en parler à tous les hommes. La communion que nous recevons, nous envoie vers tous. C’est le sens de l’Ite missa est ou Allez la mission existe !

Père JeanPaul Bouvier
Curé de Notre Dame de Nesle
& Modérateur de Sainte Radegonde


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