1er dimanche de Carême
Année A - saint Matthieu

1

Forces Armées de Guyane

17 février 2002

"Ils connurent qu'ils étaient nus"

2

Garnison d'Angers

13 février 2005

Carême

3

Brigade Franco-Allemande

10 février 2009

Saints Cyrille et Méthode (C.E.F.)

4

Fort Neuf de Vincennes

10 février 2010

Le témoignage du ‘diable

5

Secteur Vermandois

9 mars 2014

Manipulation

6

Athies & Nesle

5 mars 2017

Distorsion de la parole

Genèse 2,7-9 ;3,1-7
Psaume 50
Romains 5,12-19
Matthieu 4,1-11

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17 février 2002

Forces Armées de Guyane

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" Ils connurent qu'ils étaient nus "

Que peut vouloir dire cette phrase ajoutée sous l'inspiration divine ?

Il est évident que le premier couple, Adam et Eve, n'a pas attendu de manger le fruit défendu pour remarquer qu'ils ne portaient pas de vêtements. Il faut donc pousser la réflexion un peu plus loin que la simple nudité physique.

La nudité, ou plutôt l'absence de vêtement, a ceci de particulier que nous ne pouvons rien cacher au regard de l'autre : nous apparaissons tels que Dieu nous a créés : une femme, un homme sans fard, sans rien pour améliorer notre apparence physique, pour dissimuler tel ou tel aspect qui ne nous plaît pas ou que nous estimons inesthétique.

C'est la situation d'Adam et Eve, en croquant dans le fruit de la connaissance du bien et du mal, ils comprennent qu'ils viennent de se couper de la relation d'amour qu'ils avaient avec Dieu : ils ont préféré faire confiance à une créature plutôt qu'au Créateur. Et ils voudraient que Dieu ne le sache pas. Or ils sont nus, physiquement bien sûr, mais aussi spirituellement devant Dieu. Pour éviter le regard du Père, ils se cachent.

Le Fils, homme au milieu des hommes, va aller jusqu'au bout de cette logique, mais en l'inversant. Le premier couple se cachait pour ne pas montrer sa nudité physique et spirituelle à Dieu, Jésus va accepter d'être crucifié, exposé nu aux regards de tous les hommes pour mourir et racheter cette faute.

Sauvés par ce sacrifice du Christ, nous ne devrions plus avoir peur de nous montrer nus devant le Père, dans l'Esprit Saint. Lorsque nous péchons, nous allons vers le Père, guidés par le Fils pour recevoir l'Esprit dans le Sacrement de Réconciliation et de Pénitence en confessant nos péchés. Loin de nous cacher comme nos premiers parents, nous nous présentons devant Dieu pour accepter son pardon.

Mais est-ce bien notre démarche habituelle ?

Trop souvent nous estimons que les péchés que nous avons faits sont si véniels qu'ils en perdent tout intérêt et que nous ne pensons pas devoir ennuyer Dieu avec si peu. Comme si le petit bobo d'un enfant n'avait pas d'importance pour sa mère !

L'esprit du Carême nous propose un retour sur nous-mêmes, de réveiller activement notre conscience, de ne pas nous cacher de Dieu et de revenir vers Lui, même - et peut-être surtout - dans nos petits péchés quotidiens.

Profitons de ces quarante jours pour faire cet effort vers l'amour de Dieu.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier Catholique des Forces Armées en Guyane

13 février 2005

Garnison d'Angers

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Carême

Le pape Jean-Paul II a invité les chrétiens catholiques à vivre une année de méditation eucharistique (octobre 2004-octobre 2005) Dans sa dernière lettre apostolique Mane Nobiscum Domine (Reste avec nous Seigneur) il insiste sur la participation à la messe dominicale. Participation qui n’est pas seulement une présence habituelle à la messe mais un véritable temps de conversion pour notre existence quotidienne.

Le Carême de cette année entre dans cette perspective eucharistique. Les croyants sont appelés à vivre ce temps de préparation au mystère de Pâque d’une façon particulière en se posant la question de la place de l’Eucharistie dans leur vie spirituelle.

Le seul commandement que le Christ a laissé à ses Apôtres est : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » La communion, l’adoration, sont des grâces qui sont données pour que les disciples du Fils de Dieu aient la force de l’Esprit Saint pour mettre en application ce précepte. Les résolutions que nous pouvons prendre pour vivre ce Carême ne seront que des aiguillons qui nous pousseront vers davantage de participation réelle à l’Eucharistie.

JeanPaul Bouvier
Aumônier de la Garnison d'Angers

10 février 2008

Brigade Franco-Allemande

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Saint Cyrille et Méthode (fête le 14 février)
Apôtres des Slaves (9ème s.)

C'étaient de purs enfants de Byzance, la capitale de l'Orient chrétien. Nés à Thessalonique, Méthode et son petit frère surdoué, Constantin (qui recevra sur son lit de mort l'habit monastique sous le nom de Cyrille) sont envoyés en mission par le patriarche de Constantinople, tout d'abord chez les Khazars, peuple venu de l'Asie lointaine et qui ont adhéré au judaïsme. Puis ils sont envoyés en Moravie où les Allemands s'installaient en maître. Pour évangéliser les peuples slaves, Cyrille crée un alphabet adapté à leur langue. Les Eglises qui utilisent le slavon se remplissent et les autres se vident. Ce n'est pas l'actuel alphabet cyrillique qu'un autre religieux bulgare adaptera en se mettant sous le patronyme du célèbre moine. Cyrille traduit les textes biblique et liturgiques. Mais ils sont très vite attaqués par des clercs germaniques qui leur reprochent de brader les textes sacrés et d'y mettre des germes d'hérésies en utilisant une langue vulgaire. Le Pape Hadrien II les soutient. C'est d'ailleurs à Rome que meurt Cyrille en 869. Son corps fut rapatrié à Salonique en 1976, en signe de la volonté de communion entre l'Eglise latine et les Eglises orientales. Méthode va reprendre le flambeau. Moins brillant que Cyrille, mais d'une persévérance à toute épreuve, il enracine et fait fructifier, au milieu des tribulations, l'oeuvre évangélisatrice de son frère. Dénoncé comme hérétique par ses adversaires, il sera mis en prison pendant deux ans par les Allemands. Lui aussi aura la confiance des papes qui l'ont nommé évêque de Moravie et Pannonie. Ils sont ainsi tous deux témoins de l'Eglise indivise dans la pluralité des rites et des langues, fidèles au pape comme au patriarche de Constantinople dont ils étaient les fils, Cyrille et Méthode ont été nommés co-patrons de l'Europe, avec saint Benoît, sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède, et Soeur Thérèse Bénédicte de la Croix - Sainte Edith Stein.

Les saints, site de la Conférence Episcopale Française

"De culture grecque et de tradition orientale, d'une mission à l'origine très politique, les deux frères vont faire un stage d'immersion culturelle permettant l'émancipation culturelle, concevant le nouvel alphabet le cyrillique. Ils adoptent la langue slave pour les offices. Ils ont rendus les slaves membres à part entière de l'Eglise, refusant de choisir Rome ou Constantinople."

La Croix 08/04

13 mars 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Le témoignage du ‘diable

Le texte grec de l’évangile de saint Matthieu parle du ‘diable’ (diabolos) c'est-à-dire, littéralement ‘celui qui divise’ et les trois tentations qu’il va présenter à Jésus, Fils de Dieu incarné, sont des propositions de puissance personnelle afin de diviser l’union qui existe dans la Sainte Trinité :

  • Proposition de manifester son rôle de Créateur divin en transformant des pierres en pains ;
  • Proposition de manifester sa puissance éternelle de vie en se jetant du haut du Temple de Jérusalem, où réside la Présence de Dieu ;
  • Proposition de manifester la puissance temporelle en étant glorifié par tous les royaumes du monde.

A chaque fois, Jésus repousse ces propositions en citant des Paroles de l’Ecriture qui a été inspirée par le Père le Fils et l’Esprit, il refuse la division en s’appropriant quoi que ce soit de personnel dans la puissance divine.

Contrairement à ce qu’il désirait, le diable fait donner à Jésus un véritable témoignage sur sa personne au début de sa mission : Jésus ne refuse pas les titres de roi, de Dieu ou d’éternel, il les remet dans la volonté du Père.

Dans le même évangile de saint Matthieu, Jésus avait déjà reçu des témoignages identiques sur ses titres de roi, Dieu et éternel par les présents que les mages avaient apportés à la crèche, au début de sa vie terrestre : l’or, symbole de la puissance temporelle, l’encens, symbole de la divinité et la myrrhe, symbole de l’éternité.

Ce sont trois tentations bien humaines qui sont suggérées par le démon à Jésus dans le désert, mais aussi à toute l’humanité, à chacun d’entre nous. La sainteté consiste à résister à ces propositions en les remettant simplement entre les mains de notre intercesseur qui a été victorieux au désert. Comme le père de l’enfant possédé nous pouvons dire avec force : « Je crois! Viens en aide à mon peu de foi ! » (Marc 9,24)

La lecture de cet évangile au début du temps de Carême invite le croyant à regarder sa vie en se posant les mêmes questions que celles du démon ; Comment y répondre ? La réponse est dans la Parole inspirée qui peut permettre une victoire totale sur les tentations. En particulier, le croyant devra profiter de ce temps privilégié dans l’année liturgique pour accroître sa connaissance de la Parole de Dieu par une lecture suivie et méditée.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

9 mars 2014

Secteur Vermandois

n° 735

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Manipulation

Dans sa question insidieuse : « Alors, Dieu vous a dit : 'Vous ne mangerez le fruit d’aucun arbre du jardin' », (Genèse 3,1) le démon attire le regard de la femme sur le seul arbre qui est interdit. Elle découvre que son fruit est attirant et qu’il « devait être savoureux » Jusqu’à présent, l’homme et la femme ne prêtaient pas de véritable attention à cet arbre, ils faisaient confiance à l’avertissement de Dieu de ne pas en manger afin de ne pas mourir. L’affirmation du serpent : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! […] vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3,4-5) introduit une notion de méfiance vis-à-vis des dons faits par leur Créateur. Dieu aurait-il pu leur mentir ? Voudrait-il les garder en dépendance, les empêcher d’être libres comme lui ? Quoi d’autre les empêche-t-il de connaître ? Toutes ces questions se pressent dans l’esprit de l’homme et la femme ; ils mangent le fruit défendu pour avoir des réponses.

Fort de cette victoire sur le premier couple, le démon ne doute pas qu’en utilisant un stratagème identique, il provoquera aussi une séparation entre le Père et le Fils lequel est envoyé comme un nouvel Adam pour restaurer l’humanité dans la confiance. Mais, « personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » (Matthieu 11,27) Le détournement de la Parole ne peut avoir d’influence sur Celui qui est le ‘Verbe fait chair’ (cf. Jean 1,14) Ni la tentation de satiété (les pierres changées en pain) ni la tentation de s’identifier à Dieu (être porté par les anges) ni la tentation de puissance (dominer toute la terre) ne peuvent infléchir la confiance et la communion entre le Père et le Fils. Le Diable (littéralement celui qui divise) « après l’avoir tenté de toutes ces manières, s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable. » (Luc 4,13)

Après avoir tenté le premier couple et le Fils du Père, le démon n’en reste pas là : il continue à tenter les fils et filles du Père céleste que nous sommes. Sa méthode est toujours identique : instiller la méfiance vis-à-vis de la Révélation. « Le plus rusé de tous les animaux » (Genèse 3,1) utilise les mêmes armes qu’avec Jésus : richesse, être Dieu, domination sont les tentations les plus fréquentes auxquelles il en ajoute une nouvelle : la négation de Dieu. Par l’Esprit Saint, par la Passion et la Résurrection du Christ, par la grâce des Sacrements que nous vivons, par la connaissance de l’Ecriture les chrétiens ont toutes les possibilités de rejeter ces allégations et redire avec confiance l’acte de foi : « Mon Dieu, je crois fermement toutes les vérités que vous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Eglise, parce que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper. »

Père JeanPaul Bouvier
Curé  in solidum du secteur Vermandois

4 mars 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n°926

Distorsion de la parole

Que ce soit dans le récit de la chute (Genèse 3) ou dans la péricope des tentations de Jésus au désert (Matthieu 4) le Diable (Diabolos = celui qui divise) montre qu’il connaît la Parole de Dieu et il l’utilise pour semer le doute dans l’esprit des hommes.

Ainsi par la question faussement naïve qu’il pose à la femme : « Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ? » (Genèse 3,2) il pousse celle-ci à regarder l’arbre de ‘la Connaissance du bien et du mal’ avec davantage d’attention et elle découvre « qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable » (v. 6) En transgressant le commandement que Dieu leur avait donné par amour, l’homme et la femme perdent la communion qu’ils avaient avec Dieu : ils ont quelque chose à lui dissimuler alors qu’ils sont ‘nus’ devant lui. Ce n’est pas tant l’absence de vêtements qui compte, mais la transparence de tout leur être devant Dieu : « ton Père qui voit au plus secret te le rendra. » (Matthieu 6,18) Connaissant désormais le Bien et le Mal, ils savent que ce qu’ils ont fait est ‘mal’ et ils vont se cacher.

Confiant dans son stratagème qui a si bien fonctionné avec l’homme et la femme, le Diable, face à Jésus, cherche à lui faire transgresser l’Incarnation. L’humanité ne pourra être sauvée que si le Fils éternel est réellement un homme, s’il ne triche pas avec la ‘chair’ qu’il a revêtue. Par deux fois, le ‘Tentateur’ l’incite, par l’utilisation déformée de la Parole, à mettre sa nature divine au service de sa nature humaine mais : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur » (Philippiens 2,6-7) Devant l’échec de ses tentatives, le Diable essaie de rompre la communion entre le Père et le Fils, en attisant l’esprit de domination et l’orgueil de la nature humaine de Jésus : posséder le monde s’il se sépare du Père mais : « Le Père et moi, nous sommes UN. » (Jean 10,30) « Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? » (Jean 14,9)

Ces deux récits sont à l’image de toutes nos vies. Chaque homme ou chaque femme est perpétuellement ballotté entre le doute et la confiance en Dieu. Le Diable le sait et vient tenter chacun d’entre nous car il est animé du désir de nous séparer du Père. Comme dans ces pages bibliques, il utilise souvent les Ecritures pour nous tenter. Mais ce n’est pas une Parole morte qui nous est donnée, elle est vivante en nous : « Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique. » (Deutéronome 30,14) C'est-à-dire que pour la mettre en pratique, il est nécessaire que nous la lisions ici et maintenant : loin d’être un faisceau d’interdits elle est la lumière qui éclaire notre conscience.

La prière et le jeûne sincères nous permettront toujours d’avoir l’Esprit Saint pour nous aider à discerner le Bien du Mal.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse Notre Dame de Nesle
& Modérateur de la paroisse sainte Radegonde d’Athies


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