4ème dimanche de l'Avent
Année B - saint Marc

2 Samuel 7,1-16
Psaume 88
Romains 16,25-27
Luc 1,26-38

1

Forces Armées de Guyane

21 décembre 2002

Alors l'Ange la quitta

2

Bosnie Herzégovine

18 décembre 2005

Est-ce toi qui me bâtiras une maison ?

3

Brigade Franco-Allemande

21 décermbre 2008

La maison du Seigneur

4

Fort Neuf de Vincennes

18 décembre 2011

Angélus

5

Secteur Vermandois

21 décembre 2014

La ‘Preuve

6

Athies & Nesle

24 décembre 2017

Je suis la servante du Seigneur

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21 décembre 2002

Forces Armées de Guyane

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Alors l’Ange la quitta.

Si nous voulons réfléchir sur ce texte, pourtant médité par les Pères de l’Eglise et les auteurs chrétiens, il faut se rappeler que toute jeune fille dans le monde juif se prépare depuis les temps de la fin de la royauté en Israël et surtout d’Isaïe et encore de nos jours, à être la mère du messie.

En particulier à l’époque de Marie, les jeunes filles s’attendent à porter un messie temporel suivant les conceptions de l’époque : un nouveau David qui rétablira les frontières instaurées par son ancêtre. Un roi suscité par Dieu qui libérera le pays du joug et de l’occupation romains et qui purifiera les mœurs du peuple pour le ramener au Seigneur.

Une telle naissance aurait dû s’entourer de merveilleux, comme par le passé : une femme stérile qui enfante dans la vieillesse, la femme d’Abraham, Sarah, la mère du fils de la promesse ou bien la femme de Tsorea, la mère de Samson, libérateur de l’emprise philistine ou encore la femme de Elkana, Anne, la mère de Samuel, le grand prophète qui sacre les rois. Le cas d’Elisabeth aurait correspondu davantage à ces critères. Mais les desseins de Dieu étaient différents.

Compte-tenu de ces conceptions Marie n’est donc pas surprise par la venue de l’ange, elle est étonnée. Deux éléments doivent être à la base de son étonnement, la première est que ce soit elle qui soit choisie par Dieu pour cette mission si importante ; le second est que ce soit maintenant le moment de la réalisation de la Promesse.

La question qu’elle pose est purement formelle et est déjà une acceptation, elle demande simplement si le père du messie doit être Joseph auquel elle est fiancée, un autre homme qui serait choisi par Dieu pour engendrer le futur roi, ou encore une autre solution. Dans son interrogation, elle donne déjà son accord à la décision de Dieu quelle qu’elle soit.

L’Archange lui répond que celui qui va naître ne sera pas conçu par un homme mais par l’Esprit Saint ; il ne sera pas un simple roi terrestre : il sera le Fils du Très Haut. Il lui donne une preuve de la véracité de ce qu’il annonce : sa cousine Elisabeth, bien qu’âgée, est enceinte, signe évident que Dieu est à l’œuvre en ces temps pour sauver son peuple, mais son fils, pour exceptionnel qu’il sera n’est pas le messie promis.

Le message délivré et accepté, l’Archange quitte la jeune fille, la laissant dans l’expectative et l’action de grâce.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier catholique des Forces Armées de Guyane

18 décembre 2005

Bosnie Herzégovine

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Est-ce toi qui me bâtiras une maison ?

Pendant l'Exode, Dieu a fait voir à Moïse le Temple céleste et lui a demandé de construire une Tente de la Rencontre sur le même schéma. Signe de sa présence au milieu du peuple errant, l'Arche de l'Alliance est comme le trône de Dieu : la nuée y repose pendant les haltes et lorsqu'il faut partir, elle s'élève au-dessus de la Tente de la Rencontre. Dieu guide son peuple dans le désert.

Une fois arrivée dans la Terre Promise, l'Arche de l'Alliance est toujours sous la Tente de la Rencontre et s'établit en plusieurs endroits successifs.

Lorsque David choisit Jérusalem comme capitale de son nouveau royaume, il se fait construire un palais somptueux et quelques temps après il se souvient que l'Arche d'Alliance est encore sous la toile. C'est à ce moment que se situe le texte de la première lecture de ce 4ème dimanche de l'Avent : il envisage de faire construire un palais pour Dieu, un temple dont la munificence sera supérieure à celle des temples des autres peuples.

Le prophète Nathan ne voit dans ce dessein qu'une excellente façon d'affirmer la présence de Dieu dans la capitale et encourage le projet du roi.

La réponse de Dieu vient dans un songe du prophète : Dieu n'a pas besoin d'un temple de pierre aussi imposant soit-il, la présence de Dieu ne tient pas dans un édifice mais dans son peuple. C'est chaque homme et chaque femme d'Israël qui est temple de Dieu. D'ailleurs la promesse du Seigneur faite aux descendants d'Abraham n'est pas d'avoir un lieu de culte mais d'être au milieu d'eux.

Dieu renverse la proposition : ce n'est pas David qui va lui construire une maison, mais lui qui va construire une maison (dans le sens descendance) à David. La promesse qui est faite est de susciter dans la postérité du roi un homme qui sera réellement la présence de Dieu et qui sera universel.

Le Temple de Jérusalem, unique lieu de culte de la religion d'Israël, sera construit par Salomon, le propre fils de David. Mais pour nous, chrétiens, il est significatif que ce Temple, reconstruit et embelli plusieurs fois, est totalement détruit en 70, une trentaine d'année après la mort et la résurrection du Christ, le Fils unique de Dieu, Dieu fait homme. La maison promise est construite dans le Royaume de Dieu, le culte rendu est fait une fois pour toutes. Le Temple de Dieu est le Christ lui-même, tête de l'Eglise.

Quant à la présence de Dieu elle est réalisée selon la parole de Jésus : " Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux ! "

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier de la force Astrée

21 décembre 2008

Brigade Franco-Allemande

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La maison du Seigneur

Le roi David s’est installé confortablement à Jérusalem après avoir mené des guerres tribales contre ses opposants ; il s’est fait construire un palais avec des matériaux de prix (de cèdre dit le texte) C’est alors qu’il pense à l’Arche d’Alliance est toujours localisée dans la Tente de la Rencontre que le Seigneur avait fait élaborer à Moïse dans le désert, une demeure de nomades !

L’Arche est considérée comme le trône de Dieu parmi les hommes, le roi n’existe que parce que le peuple en a demandé un mais il n’est que le lieutenant du Seigneur, le seul et unique roi d’Israël est Dieu ! Il est donc important de donner à cette présence réelle de Dieu parmi son peuple un véritable palais avec une salle du Trône.

Comme Dieu lui fait comprendre par le prophète Nathan, ce n’est pas lui, David, qui construira cette demeure mais son fils. Effectivement, le roi Salomon, fils de David, fera des travaux gigantesques pour construire un Temple suivant le plan de la Tente de la Rencontre que Dieu avait donné : il n’aurait pu être question de choisir une autre disposition que celle choisie par Dieu lui-même.

Cette lecture, à quelques jours de Noël, fait réfléchir : pourquoi l’Eglise nous donne-t-elle à méditer un texte qui serait davantage à sa place pour une fête de dédicace de bâtiments religieux ?

Jésus, dont Noël commémore la naissance, a dit de ce Temple : « Détruisez-le et en trois jours je le rebâtirai ! » et l’évangéliste ajoute : « Il parlait du Temple de son Corps » (Jean 2,19.21) Nous sommes donc à quelques jours de la construction d’un nouveau Temple. Ce n’est pas nous qui le construisons mais le Fils de l’homme, pour donner à l’ensemble du monde une nouvelle présence réelle de Dieu. Le plan de ce Temple nouveau est aussi ce que Dieu a voulu donner aux hommes : un corps avec au cœur de la ‘construction’ la présence de son Esprit.

La fête de la dédicace du Temple par le roi Salomon avait été munificente avec force sacrifices et holocaustes et tout le peuple y avait pris part (cf. 1 Rois 8,63) et tous les ans une fête grandiose rappelait cet événement. Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? Accueillons-nous avec la même liesse la venue du Messie, la nouvelle présence de Dieu aux hommes : le Fils unique du Père venu parmi nous : « Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire que, Fils unique plein de grâce et de vérité, il tient du Père. » (Jean 1,14)

L’enfant de l’étable de Bethléem est réellement le nouveau Temple et comme dit Jésus à la Samaritaine : « Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité. »

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la paroisse militaire en Allemagne

18 décembre 2011

Fort Neuf de Vincennes

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Angélus

L'ange du Seigneur apporta le message à Marie ;
Et elle conçut du Saint- Esprit. - Je vous salue Marie...

Voici la servante du Seigneur ;
Qu'il me soit fait selon sa parole. - Je vous salue Marie...

Et le Verbe s'est fait chair ;
Et Il a habité parmi nous. - Je vous salue Marie...

En peu de mots, cette prière résume toute l’Annonciation. Nous sommes invités à la dire trois fois par jour : à l’aube, à midi et au crépuscule. Pour nous le rappeler les carillonneurs des églises ont une sonnerie de cloche particulière : trois fois trois coups et une volée. Le célèbre tableau de Jean-François Millet nous montre un couple travaillant aux champs qui arrête son ouvrage pour prendre un – petit – temps d’oraison.

Qu’en est-il aujourd’hui ? La plupart de nos églises ont automatisé cette sonnerie qui retentit toujours dans nos cités. Mais combien de personnes voyons-nous s’arrêter et prendre ce temps d’oraison ? Nous-mêmes, chrétiens convaincus, faisons-nous cette halte spirituelle ? Nous voyons plutôt des personnes qui regardent leur montre en pensant ‘Ciel ! Déjà !

Ces quelques versets – encore une fois – résument un des événements les plus importants depuis la Création : l’Incarnation du Fils Unique de Dieu qui vient, après avoir préparé le monde par ses prophètes, pour sauver l’humanité d’elle-même et de la réconcilier avec le Père. Cela mérite bien un temps de méditation !

« Elle conçut du Saint Esprit. » Dans cette prière, chacun de nous est invité à considérer comment il relaye l’action de l’Esprit Saint dans le monde ; nous ne porterons pas physiquement – dans nos entrailles – le Fils de Dieu, mais nous le portons spirituellement pour transmettre au monde son message d’amour et de paix.

« Qu’il me soit fait selon ta parole » Nous avons reçu une mission lors du Baptême et de la Confirmation, elle est variable en fonction des capacités que le Père a mis en nous, mais elle est réalisable par chacun de nous : l’Esprit est avec nous pour la mener à bien : « N’ayez pas peur ! » dit Jésus à ses Apôtres (Matthieu 17,7 ; Jean 6,20)

« Il a habité parmi nous. » Le Fils unique du Père n’est pas seulement de façon symbolique le petit personnage de la crèche : il est présent au milieu de nous dans son Eglise et dans toute personne souffrant dans le monde : « Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (Matthieu 25,40)

Lorsque nous entendrons l’angélus sonner à l’église pensons à l’acceptation de la mission et comme la Vierge Marie, acceptons-la avec confiance.

Père JeanPaul Bouvier
Aumônier du Fort Neuf de Vincennes

21 décembre 2014

n°791

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La ‘Preuve

Marie, ‘comblée de grâces’, connaît bien les Ecritures – mieux sans doute que les autres jeunes filles de son âge – en particulier la prophétie de Nathan faite à David : « je te donnerai un successeur dans ta descendance […]  Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. » (2Samuel 7,12b.14a) et celle d’Isaïe au roi Acaz : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). » (Isaïe 14,7b) Comme toute jeune fille juive de la ‘maison de David’, Marie a été préparée spirituellement à cette mission confiée par Dieu : porter l’enfant qui sera le successeur du roi David et qui inaugurera une période de paix pour son peuple.

Marie est donc surprise par la visite de l’ange Gabriel mais elle n’est pas étonnée : le temps de la réalisation de la promesse de Dieu est arrivé et c’est elle qui sera la mère de ce ‘messie’. L’ange lui explique que cette naissance sera miraculeuse et sans l’intervention de Joseph, son fiancé : « l’Esprit Saint la couvrira de son ombre ».

Comme ‘preuve’ qu’il est bien le messager de Dieu, Gabriel indique à Marie que sa cousine Elisabeth est enceinte alors qu’on l’appelait la stérile. Cette ‘preuve’ peut sembler anodine mais elle évoque d’autres dons d’enfants faits par Dieu à chez des parents âgés : Isaac chez Abraham et Sarah, Samson chez Manoah et sa femme, Samuel dans le couple Elcana et Anne… Pour Marie, il ne fait aucun doute que la grossesse de sa cousine est un don de Dieu et cela présage une mission importante pour l’enfant qui naîtra. Forte de cette ‘preuve’ Marie peut dire : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

Nous ne sommes pas la Très Sainte Vierge Marie – loin s’en faut – mais pourtant chacun d’entre nous reçoit la mission de ‘porter le Christ’ et de le donner aux autres, même si quelquefois, nous regimbons à effectuer ce que le Seigneur nous demande. Pour nous conforter dans la mission qu’il nous donne, le Seigneur nous envoie des signes qui pourraient sembler anodins pour les autres hommes et femmes parce qu’ils nous sont spécifiquement adressés : nous sommes les seuls à pourvoir les décrypter correctement avec l’aide de l’Esprit Saint.

L’acceptation de la Vierge Marie a été nécessaire dans l’histoire du Salut ; l’acceptation de notre mission est utile pour le développement de ce Salut dans le monde contemporain. Au moment de célébrer le Christ ‘venu dans notre chair’, écoutons la voix du Seigneur et l’Esprit Saint nous ‘couvrira de son ombre’ pour que nous répondions avec foi et sincérité : ‘Qu’il me soit fait selon ta parole

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

24 déceembre 2017

Paroisses Nesle & Athies

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n° 977

Je suis la servante du Seigneur

La description de la visite de l’ange à Marie est tellement belle qu’elle a inspiré un grand nombre de peintres qui l’ont représentée chacun avec sa vision de l’événement. De même, les auditeurs de ce passage d’évangile ne peuvent s’empêcher d’imaginer à leur tour cette scène si célèbre. Mais en la voyant ainsi se dérouler dans notre esprit, nous risquons de ne plus avoir l’attention nécessaire pour les paroles qui nous sont ainsi données.

Dès les premiers siècles, les chrétiens ont considéré que Marie était la nouvelle Eve correspondant à la promesse de Dieu (cf. Genèse 3,15) Le parallèle entre ces deux femmes se fait par opposition : le serpent (ange déchu) avait tenté Eve en détournant la Parole de Dieu, l’Ange Gabriel délivre un message véridique de la part de Dieu. Le premier jetait le doute sur l’amour de Dieu par une question mensongère (cf. Genèse 3,1), le second au contraire révèle cet amour par une affirmation franche : « Le Seigneur est avec toi ! » L’attention d’Eve a été attirée par la seule interdiction, celle de Marie sur la profondeur de la Grâce. Dieu promettait à Eve des enfantements douloureux après avoir connu son mari, Dieu annonce à Marie par son messager une naissance miraculeuse : elle concevra dans le mystère de sa virginité le « Fils de Dieu ».

« La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. » (Genèse 3,6a) Elle n’avait jamais regardé cet arbre avec attention puisque Dieu leur avait demandé de ne pas y toucher, maintenant que son attention est portée sur lui, elle le considère avec concupiscence, elle n’en voit plus que la satisfaction matérielle. Marie au contraire accepte spontanément la demande de Dieu dans la confiance : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » (v.34) Pour elle, la volonté de Dieu est première : sa question n’est pas un doute mais une totale adhésion à la mission qui lui est confiée : ‘cela va se faire !’ selon le projet divin.

En donnant sa mère à tous ceux qui croient lui, à travers le ‘disciple que Jésus aimait’, le Fils de Dieu nous élève à son rang : il nous la donne comme éducatrice et modèle afin que nous aussi devant la mission qui nous est confiée nous puissions dire : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ! » (v.38)

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde d’Athies


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  1. Secteur Vermandois


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