saint Luc

4ème dimanche de l'Avent
Année C
Evangile de saint Luc

1

Fort Neuf de Vincennes 20 décembre 2009 Première annonce de Jean-Baptiste

2

Secteur Vermandois

23 décembre 2012

Le ‘fruit de tes entrailles

3

20 décembre 2015

Elisabeth et Marie

4

Athies & Nesle

23 décembre 2018

Passation

Michée 5,1-4a - Psaume 79 - Hébreux 10,5-10

Luc 1,39-45

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20 décembre 2009

Fort Neuf de Vincennes

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n°454

Première annonce de Jean-Baptiste

A côté du dialogue entre la Vierge Maris et de sa cousine Elisabeth, nous voyons le fœtus du futur Jean Baptiste tressaillir dans le sein de sa mère. Il ne s’agit pas d’un simple déplacement fœtal comme ceux que sa mère sent habituellement, elle reconnaît que ce mouvement est particulier.

Elle connaît aussi l’origine miraculeuse de l’enfant qu’elle porte, elle qu’on appelait la stérile, aussi ce sursaut de l’enfant signifie un moment important, elle comprend que cette manifestation est due à la fois à la surprise et à la joie de son fils, sans doute se rappelle-t-elle de ce que son mari Zacharie lui a expliqué de la visite de l’ange dans le Temple de Jérusalem : « Il ramènera de nombreux fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu. Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Elie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé. » (Luc 1,16-17)

Cet enfant muni de la puissance d’Elie annoncera la venue du Messie. Elisabeth ne s’y trompe pas et comprend que la prophétie d’Isaïe s’accomplit devant elle avec la grossesse de sa cousine : « Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. » (Isaïe 7,14) La traduction des LXX (IIème siècle avant Jésus Christ) avait déjà fait une interpolation : de l’hébreu le terme jeune fille est passé en grec au mot Vierge.

Avertie par ce tressaillement, Elisabeth peut s’exclamer : «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. » Dans cette expression, elle exprime toute la foi chrétienne en un Dieu qui s’incarne en un homme véritable, porté par une femme, formé de chair et d’os comme tout être humain.

Il y a bien longtemps que Jean-Baptiste est né, qu’il a parcouru les routes de Palestine en baptisant et en appelant à la conversion. Pourtant cette première réaction devant Celui qui devait venir est encore aujourd’hui un témoignage pour les croyants. Un enfant dans le ventre de sa mère a pu reconnaître le Sauveur grâce à l’Esprit Saint, combien plus nous, qui avons reçu l’ensemble du message de l’Incarnation, devons-nous reconnaître l’importance de cet événement comme le IVème évangéliste l’affirme au début de son écrit : « Et le Verbe est devenu chair, et il a séjourné parmi nous. Et nous avons contemplé sa gloire, gloire comme celle que tient de son Père un Fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jean 1,14)

La période de l’Avent nous invite à méditer cette Bonne Nouvelle : « Soyez sans crainte, car voici, je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie, qui sera pour tout le peuple : il vous est né aujourd'hui dans la ville de David, un Sauveur qui est Christ et Seigneur » (Luc 2,10-11)

Père JeanPaul Bouvier
aumônier de Vincennes

23 décembre 2012

Secteur Vermandois

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n°649

Le ‘fruit de tes entrailles

Beaucoup de personnes sont gênées par la trivialité de cette locution et cherchent à l’édulcorer ; pourtant c’est un des points fondamentaux de la foi catholique : le Fils éternel du Père n’a pas triché en prenant l’humanité, il a voulu naître d’une femme comme n’importe quel homme. Même si sa conception est miraculeuse : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. » (Luc 1,35) la grossesse de Marie semble tout à fait ordinaire aux yeux des hommes au point d’abuser Joseph qui se résout à la répudier en secret. Mais le dessein du Père est que son Fils grandisse dans une famille véritable, composée d’un père et d’une mère, dans ce but il avertit celui à qui il confie l’éducation humaine de son Fils : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Matthieu 1,20b-21)

Lors de la visite de Marie à sa cousine enceinte malgré son âge, l’enfant que porte Elisabeth n’est pas trompé par les apparences : il reconnaît la présence du Sauveur dans le ventre de sa mère, conformément à ce qui avait été annoncé à son père Zacharie : « Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni boisson forte ; il sera rempli d'Esprit Saint dès le sein de sa mère et il ramènera de nombreux fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu. Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé. » (Luc 1,15-17)

Comme il le fera plus tard pour ses disciples, Jean-Baptiste désigne à sa mère l’‘Agneau de Dieu’ par un tressaillement inhabituel ; Elisabeth réalise alors que Marie est celle qui a été choisie pour porter le Messie dont son fils doit préparer le chemin et elle s’exclame : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Et comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Luc 1,42-43) Ces deux versets affirment la double nature de l’enfant que porte Marie : nature humaine en étant le fruit des entrailles d’une femme, nature divine puisque cette femme est appelée la mère du Seigneur.

L’Eglise reprend cette exclamation d’Elisabeth en affirmant : « Par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme. » (symbole de Nicée-Constantinople)

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois

20 décembre 2015

Secteur Vermandois

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n°849

Elisabeth et Marie

Deux femmes très différentes sont appelées chacune à une mission par le Seigneur ; les deux missions sont liées par le même projet d’amour et de miséricorde du Seigneur.

Elisabeth, celle « qu’on appelait la femme stérile » (Luc 1,36) est enceinte alors qu’elle « est avancée en âge » (Luc 1,18) Elle rejoint ainsi d’autres femmes qui ont eu des enfants dans leur vieillesse :

  • Sarah donne un fils, l’héritier de la Promesse, à Abraham selon ce que le Seigneur lui avait promis : « ta femme Sara va t’enfanter un fils, tu lui donneras le nom d’Isaac. J’établirai mon alliance avec lui, comme une alliance éternelle avec sa descendance après lui. » (Genèse 17,19)
  • La femme de Manoah reçoit la visite d’un ange qui lui annonce la fin de sa stérilité avec la naissance de Samson : « tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera pas sur sa tête, car il sera voué à Dieu dès le sein de sa mère. » (Juges 13,5) Il ramènera les fils d’Israël vers Dieu.
  •  Anne prie pour avoir un fils dans le Temple et le prêtre Eli lui affirme au nom du Seigneur : « Va en paix, et que le Dieu d’Israël t’accorde ce que tu lui as demandé. » (Samuel 1,17) Elle donnera naissance au prophète Samuel qui oindra le roi David, le ‘Messie’ par excellence.

Ainsi la grossesse d’Elisabeth la fait entrer dans la liste des mères de personnages animés par l’Esprit Saint, des guides qui alertent le Peuple de Dieu sur ses péchés et qui montrent le chemin qui mène à Dieu.

Marie n’entre pas dans la même lignée de femmes, par son acceptation (cf. Luc 1,26-38) elle permet la réalisation de la promesse que a faite pour le salut des hommes : « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). » (Isaïe 7,14) Cette prophétie était comprise dès avant la visite de l’ange à Marie comme la venue du Messie.

  • Donnée par le Fils de Dieu au ‘disciple que Jésus aimait’ comme mère au moment de mourir (cf. Jean 19,26-27) elle devient la nouvelle Eve, génitrice d’un peuple de Dieu, la Mère de tous les hommes rétablis dans la communion au Père.
  •  Elle est le modèle de l’Eglise : « La bienheureuse Vierge, de par le don et la charge de sa maternité qui l'unissent à son fils, le Rédempteur, et de par les grâces et les fonctions singulières qui sont les siennes, se trouve également en intime union avec l'Eglise : de l'Eglise, selon l'enseignement de saint Ambroise, la Mère de Dieu est le modèle dans l'ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ. » (Lumen Gentium n°63)

Ces deux femmes sont porteuses – chacune à sa place – de ce message de miséricorde que Dieu délivre à l’humanité depuis le ‘commencement’ (cf. Genèse 1,1) Elisabeth, avec Zacharie,  engendre le ‘précurseur’. Marie par son ‘Oui’ donne au monde son Sauveur, le « fruit de ses entrailles » (Luc 1,42), le Fils éternel, « venu dans notre chair » (cf. Jean 1,14)).

Père JeanPaul Bouvier
Curé in solidum du secteur Vermandois
& Administrateur de Nesle et Athies (secteur Haute Somme

23 décembre 2018

Paroisses Nesle & Athies

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n°1048

Passation

Dès qu’elle a accepté la mission que l’Ange lui a transmise de la part de Dieu, Marie se rend avec empressement chez sa cousine. Non pas qu’elle veuille vérifier si l’Ange lui a dit la vérité au sujet de cette grossesse miraculeuse, mais il a précisé qu’Elisabeth en était à son sixième mois, Marie devait donc aller rapidement se mettre au service de sa cousine pour préparer l’accouchement – surtout d’une femme âgée.

La description par saint Luc de la rencontre entre les deux femmes permet au lecteur de voir la scène comme si il y avait été présent. Pour Elisabeth ce n’était pas la première fois que l’enfant bougeait en elle, mais elle comprend le signe qui lui est fait, ce n’est pas un simple mouvement, c’est un tressaillement ! La mission de Jean-Baptiste annoncée par son père Zacharie est commencée : «  Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut : tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins » (Luc 1,75-76)

Il ne faut pas que cette description quasi cinématographique de la scène occulte complètement l’aspect symbolique de cette rencontre : une femme âgée enceinte portant un prophète face à une vierge portant le Sauveur promis par Moïse, la Loi et les Prophètes. Saint Luc a voulu montrer la passation entre l’image de l’Ancienne Alliance : le peuple hébreu à l’intérieur duquel s’est développée la révélation jusqu’à Jean le Baptiste et l’image de la Nouvelle Alliance : l’Eglise qui apporte le Salut au monde par l’incarnation, la prédication, la mort et la Résurrection de Dieu-le-Fils.

A travers la salutation d’Elisabeth à la Vierge Marie, la triple promesse que Dieu a faite à Abraham : une terre, un peuple et sa présence au milieu de ce peuple trouve sa réalisation plénière telle qu’elle a été voulue est donnée dès les origines, la terre comme le peuple créé à son image : « Dieu les bénit et leur dit : ‘Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre.’ » (Genèse 1,28).

Avant même sa naissance, Jean-Baptiste concentre en sa personne tous les prophètes qui annonçaient la conversion pour la venue du Seigneur. Non pas une conversion extérieure en offrant des sacrifices et des holocaustes mais un véritable changement du cœur, profond et durable. Pour répondre à cette attente, les chrétiens, configurés au Christ doivent dire avec lui : « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. » (Hébreux 10,7 # Psaume 39[40],7-8) Le temps de l’Avent nous permet de purifier notre relation à celui qui prend notre humanité.

Père JeanPaul Bouvier
Curé de la Paroisse Notre Dame de Nesle
& modérateur de la Paroisse sainte Radegonde


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